09/03/07
Déjà en 2005 Raymond Barre affirmait:
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Q uelques minutes avant la reprise des cours de Bruno Gollnisch à l'université Jean Moulin de Lyon, un groupe de crânes rasés a commencé à sillonner les abords des amphis.Plusieurs dizaines de militants anti-fascistes, qui considèrent qu'un militant d'extrême-droite minimisant la réalité des exterminations nazies n'a rien à faire dans cette enceinte, manifestaient pacifiquement quand la garde rapprochée de Bruno Gollnisch les a violemment agressés sans même se soucier de la présence des caméras de télévision. Des injures antisémites ont été proférées, des coups assenés, et quatre étudiants ont porté plainte contre les nervis. Suite à ces incidents, le ministre de l'Education Nationale a décidé de suspendre les cours du numéro 2bis du Front National, et celui-ci a fait appel au Conseil d'Etat. Le recteur d'Académie, Monsieur Morvan, avait récemment renouvelé son appel à des sanctions effectives contre Gollnisch, mettant ainsi en lumière l'attentisme de la direction de la faculté qui rechigne à prendre la mesure de la gravité des faits (voir aussi notre édition du 28 octobre 2004). Aujourd'hui, c'est l'ancien maire de Lyon, Raymond Barre qui vient au secours de Gollnisch. "C'est un homme sympathique", a-t-il précisé alors qu'on l'interrogeait sur la suspension du dirigeant frontiste de son poste d'enseignant à l'université Lyon 3 pour ses propos sur les chambres à gaz. Monsieur Barre est un habitué du jugement hâtif. Dans les heures qui suivirent l'attentat meurtrier contre la synagogue de la rue Copernic, en 1982, il avait cru bon de dénoncer: "Un attentat odieux qui a voulu frapper les Israélites qui se rendaient à la synagogue et a frappé des Français innocents (nous soulignons, NDLR) qui traversaient la rue". Rappelons qu'en 1978, Raymond Barre n'hésita pas à faire appel à Maurice Papon pour occuper, c'est le mot, un poste au gouvernement. Raymond Barre témoigna au procès de son ancien collaborateur, à Bordeaux. Voici ce qu'il tint à faire savoir: A une question sur le passé de Papon, il répond: Rappelons seulement que quelques mois plus tard, cette excellente réputation se verra récompensée par une condamnation pour complicité de crime contre l'humanité.
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Mais c'est seulement en 2007 que ses propos semblent choquer!
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Antisémitisme : Gollnisch défend Barre
Lors dune conférence de presse à Lyon jeudi, le numéro 2 du Front national a estimé que Raymond Barre "nest pas antisémite, pas davantage" que lui-même.
Et Bruno Gollnisch, qui a été condamné à 3 mois de prison avec sursis début janvier pour négationnisme, dajouter : "Raymond Barre est victime comme Jean-Marie Le Pen et comme moi-même de tentatives de diabolisation".
Lancien maire de Lyon avait créé la polémique pour avoir défendu Bruno Gollnisch, mais aussi Maurice Papon, dans une interview diffusée le 1er mars sur France Culture. Raymond Barre avait également dénoncé le "lobby juif capable de monter des opérations indignes".
SOS Racisme réclame des poursuites contre Barre
Lanzmann accuse Barre "dêtre antisémite"
... Et le feuilleton continue :
Interviewé jeudi sur France Culture, lancien Premier ministre a tenu des propos qui ont «scandalisé» le Conseil représentatif des institutions juives de France.
LIBERATION.FR : mardi 6 mars 2007
Maurice Papon - condamné pour complicité de crime contre l'humanité - a été «un grand Commis de l'Etat», Bruno Gollnisch - condamné pour négationnisme - est «un homme bien» et «un bon conseiller municipal», et l'attentat contre la synagogue de la rue Copernic de 1980 qui visait «des Juifs coupables» a tué «trois Français, non juifs». Interviewé le jeudi 1er mars sur France Culture dans l'émission «le rendez-vous des politiques», Raymond Barre a tenu des propos qui ont «scandalisé» le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).
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De la même façon, Raymond Barre refuse de retirer les propos qu'il avait tenus après l'attentat contre la synagogue de la rue Copernic, en 1980, à Paris. Il avait alors déploré que des «Français innocents» - sous-entendu non-juifs - aient été tués. Jeudi, il est revenu sur ce qualificatif. Selon lui, ceux qui ont commis l'attentat voulaient «châtier des Juifs coupables», malheureusement, «des Français qui circulaient dans la rue ( ) se trouvent fauchés parce qu'on veut faire sauter une synagogue. Alors, ceux qui voulaient s'en prendre aux Juifs, ils auraient pu faire sauter la synagogue et les Juifs. Mais pas du tout, ils font un attentat aveugle et il y a trois Français, non juifs». A l'époque, Raymond Barre avait été vivement critiqué pour avoir parlé de «Français innocents». Sur France Culture, il s'est dit victime d'une «campagne qui a été faite par le lobby juif le plus lié à la gauche». Explication: la France était alors en campagne électorale, et la gauche aurait voulu ainsi lui faire perdre des voix.
Interrogé sur ses relations avec Bruno Gollnisch condamné pour propos négationnistes, lancien Premier ministre se drape de nouveau dans la posture de victime. «Vous revenez aujourd'hui avec toutes les petites critiques sordides que j'ai entendues». Pour lui, Gollnisch a été un bon conseiller municipal à Lyon, où Raymond Barre était maire de 1995 à 2001. Pour le reste, «je suis quelqu'un qui considère que les gens peuvent avoir leur opinion», déclare l'ancien Premier ministre. Certes, «je blâmais les propos de M. Gollnisch, admet-il, mais j'ai tellement entendu les propos de M. Gollnisch à Lyon que cela finissait par ne plus m'émouvoir. Quand on entend à longueur de journée tout ce qui se dit à droite et à gauche, à la fin on n'y porte plus attention».
| Bonfils Jean Pi | NA MonsieurRaymond Barre a eu le courage de dire tout haut ce que de nombreux francais pensent tout bas. La pensee unique, cela suffit. Il faut savoir combattre les citations tronquees, et eviter de por... Mercredi 07 Mars 2007 - 10:56 |
| neness | la honte les collabos sont toujours là et prêts à signer un pacte avec le diable. il n'y a pas et il n'y aura jamais de vrais patriostisme en france car dès qu'il y a un conflit beaucoup sont prêts à se ... Mardi 06 Mars 2007 - 21:48 |
| uzan-sarano dan | reponse à senestre sur Barre ne melez pas la justice et la vertu à la gauche ,par pitié!Mr Barre n'est pas Gateux mais outrecuidant .Et Mitterrand,vous l'avez oublié?la fausseté ,l'hypocrisie et un passé douteux?ils s'aimaie... Mardi 06 Mars 2007 - 21:24 |
| uzan-sarano dan | reponse à adrien sur barre pourquoi melez-vous François bayrou à cette histoire?ce n'est pas sa faute si un vieux gateux dit des choses qui devraient dresser toute la classe politique.Reproche-t-on à Segolène Royale les din... Mardi 06 Mars 2007 - 21:24 |
| lebreiz-chicago | Degout,Tristesse et deshonneur. Assez de paroles steriles! des actes! Je voudrais solennement appeler tous les participants a l'Action. Les paroles sont steriles face aux propos deplaces de monsieur Barre. Monsieur Barre n'est pas antisemite. La France n'est pas antise... Dimanche 04 Mars 2007 - 09:26 |
| jerome | le meilleur economiste Barre possede une villa à st jean cap ferrat (le + bel endroit de la cote d azur):,avec un salaire de prof de fac ou meme de premier ministre ,c est impossible sauf d avoir obtenu des largesses pas... Samedi 03 Mars 2007 - 20:33 |
| Senestre | @ Salomon Votre jugement est célèbre, et nous reconnaissons assez les vertus de l'âge. Si le gâtisme est de tous les âges, il faut rappeler qu'à 7 ans déjà, l'enfance aussi a son franc-parler. On dit bi... Samedi 03 Mars 2007 - 16:52 |
| Salomon | Des vertus de l'âge L'âge a un avantage, il permet un parler libre. Libre d'ambition, donc libre de compromission. Libre du jugement des autres, donc libre également de la nécessité de bien-pensance. Bravo donc à c... Samedi 03 Mars 2007 - 15:55 |
| Marco | Econo-maître Oui, oublions cet homme qui a bien profité du système et qui n'a plus rien à dire...Pour les personnes comme Papon qui n'ont pas su désobéir, il y a plus un manque de courage, de la lâcheté, ... Samedi 03 Mars 2007 - 13:38 |
| FLOGIL | LYONNAIS Quand je pense que ce type a été adopté par les lyonnais qui en ont fait leur maire. Maire de Lyon, ville résistante, à laquelle sont attachée les noms de Jean Moulin, Lassagne et d'autres......... Samedi 03 Mars 2007 - 13:22 |
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Ci-dessous, lintégralité des propos de lancien Maire de Lyon sur Papon, lattentat de Copernic et Bruno Gollnisch.
Maurice Papon était le Ministre du Budget de Raymond Barre de 1978 à 1981. Est-ce quaujourdhui vous ne regrettez pas ?
Raymond Barre : Premièrement, je ne le regrette pas, parce que je sais dans quelle condition, jai proposé au président de la République de nommer Papon, ministre du Budget.
Cétait un grand Commis de lEtat. Je savais quà Bordeaux, cest le Général de Gaulle qui lavait maintenu. Il avait été préfet, notamment en Algérie. Très courageux. Il avait été préfet de police à Paris pendant 10 ans. Dailleurs il a payé surtout à cause de Charonne - entre nous. Le reste cétait un alibi. Moi je suis convaincu quil paye la remise en ordre quil fait, lordre quil maintient, au moment de Charonne.
Il est ensuite à lAssemblée nationale où il est un parlementaire tout à fait raisonnable. Il est à la Commission des Finances, je le connais, il est rapporteur général à la Commission des finances. Et quand en 1978, je suis renommé Premier ministre et que je veux diviser ce bastion quétait le ministère de léconomie et des finances, entre un ministère de léconomie et un ministère des finances, du Budget, je choisis M. Monory pour léconomie, car je savais quil était, comme moi, partisan de la libéralisation des prix, et je choisis M. Papon parce quil est un modéré de lUDR - je ne sais pas encore si le RPR le supportait.
Que saviez-vous de son rôle à la préfecture de Gironde ?
RB : Mais personne nen parlait. A aucun moment ! Cela na paru quen 1981. Certes, le jury dhonneur que M. Papon avait réuni a dit quil navait rien fait de contraire à sa responsabilité de grand Commis de lEtat mais quil aurait pu, le cas échéant, abandonner ses fonctions. Alors nous nous trouvons devant un phénomène essentiel : est-ce que tous les fonctionnaires de lEtat qui étaient en fonction à lépoque auraient dû abandonner leurs responsabilités ? Ou, au contraire, rester pour essayer de limiter la casse si vous me permettez cette expression - et préparer lavènement de la République qui suivrait.
Est-ce que vous comprenez, M. le Premier Ministre quon puisse être coupable de ne pas désobéir ?
RB : Personnellement jai plutôt le tempérament à la désobéissance. Mais quand on a des responsabilités essentielles dans un département, une région ou à plus forte raison dans le pays on ne démissionne pas. On démissionne lorsquil sagit vraiment dun intérêt national majeur.
Ce nétait pas le cas ?
RB : Ce nétait pas le cas car il fallait faire fonctionner la France.
Chirac a reconnu que la France devait se regarder en face, cest considérer que lEtat comme Etat avait participé à la Shoah et donc invoquer la clause de conscience qui existe dans certaines professions. Est-ce quon ne devrait pas introduire une clause de conscience dans lEtat ?
RB : Mais vous avez toujours le droit de faire jouer la clause de conscience et à tout moment. Mais je reviens à ce quétait la France en 1944-1945. Pensez au nombre de fonctionnaires qui étaient en place, qui ont essayé tant bien que mal de limiter ce drame qua été la persécution des Juifs, et noublions pas quand même quen France cest le pays où le nombre de Juifs sauvés a été le plus élevé. Et quest-ce qui se passe à la Libération, ce pays ne peut pas seffondrer, il faut bien que ladministration demeure, sauf ceux qui ont été manifestement des serviteurs de lennemi. Je pense à Bousquet, et M. Mitterrand na pas été dune sévérité extrême à légard de M. Bousquet.
Alors a surgi cette affaire et M. Papon est devenu un bouc émissaire. Je ne porte pas un jugement moral sur lattitude que lon devait avoir à légard des déportations de Juifs ou non. Mais je considère quil y a dans ce pays une hypocrisie fondamentale à chercher quelques boucs émissaires alors quil faut bien le reconnaître : si le pays a continué à fonctionner, cest parce que le général de Gaulle a maintenu ceux qui étaient en place, quand il le pouvait, et ceux qui sétaient trop manifestés dans les voies de la collaboration, il les a envoyés en Allemagne. Noubliez pas cela, tout le personnel français qui est allé gérer la partie de lAllemagne occupée par la France est composé en grande partie de fonctionnaires de grande qualité quil aurait peut-être été nécessaire déliminer sur le plan national mais qui devaient continuer à servir le pays au plan international.
Je mexcuse, je vous ai parlé très franchement. Que vous me fassiez passer pour un antisémite, pour quelquun qui ne reconnaît pas la Shoah, jai entendu cela cent fois et cela mest totalement égal. Mais ce que je viens de dire, je le répète. Et comme M. Papon avait été un ministre parfait, quand il y a eu à Bordeaux son jugement, nous avons été deux hommes politiques à aller porter témoignage : Olivier Guichard quon ne peut pas soupçonner, et moi-même comme ancien Premier Ministre. Alors je voudrais que cela soit clair.
Pourquoi Papon na-t-il pas exprimé des regrets ?
RB: M. Papon a pu expliquer quil sest retrouvé, dans beaucoup de cas dans lobligation - soit du fait de Vichy soit du fait des autorités allemandes - de se livrer à des actes répréhensibles, et quil était resté pour essayer de limiter la casse, mais il lui a manqué la phrase disant que ce qui avait été fait sous son autorité était quand même regrettable et quil lavait fait parce quil pensait que cétait son devoir de le faire. Je crois que cest cela et il na jamais rien dit ensuite, parce que M. Papon était un homme fier. Cest un homme qui exerçait de grandes responsabilités, ce nétait pas quelquun à dire : « je regrette ce que jai fait ».
Regrettez-vous davoir eu ce mot lors de lattentat de la rue Copernic: « un attentat odieux qui voulait frapper les Juifs se trouvant dans cette synagogue et qui a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic ». ?
RB: Non, je me souviens très bien du climat dans lequel jai dit cela. Noubliez pas que dans la même déclaration, je dis que la Communauté juive ne peut pas être séparée de la Communauté française. Quand on cite on cite en entier. Et la campagne qui a été faite par le lobby juif le plus lié à la gauche, venait du fait que nous étions en climat électoral, et moi cela ne ma pas impressionné et ils peuvent continuer à le répéter.
Mais pourquoi « Français innocents » ?
RB: Mais oui parce cétait des Français qui circulaient dans la rue et qui se trouvent fauchés parce quon veut faire sauter une synagogue. Alors, ceux qui voulaient sen prendre aux Juifs, ils auraient pu faire sauter la synagogue et les Juifs. Mais pas du tout, ils font un attentat aveugle et il y a 3 Français, non juifs, cest une réalité, non juifs. Et cela ne veut pas dire que les Juifs, eux ne sont pas Français.
Oui mais « Innocents » ?
RB: Parce que ce qui était la caractéristique de ceux qui faisaient lattentat cétait de châtier des Juifs coupables.
A leurs yeux !
RB: A leurs yeux mais bien sûr. Aux miens, les Français nétaient pas du tout liés à cette affaire. Non, je suis très clair sur ce point. Dailleurs, aucun de mes amis juifs et jen compte ne ma fait grief là-dessus. Là, je tiens à vous dire que sur cette affaire, je considère que le lobby juif pas seulement en ce qui me concerne est capable de monter des opérations qui sont indignes et je tiens à le dire publiquement.
Bruno Gollnisch, conseiller municipal de R. Barre à Lyon pendant 6 ans. Après sa condamnation vous avez dit que cétait quelquun de bien alors quil venait dêtre condamné pour propos négationnistes. Le regrettez-vous ?
RB: Voilà, vous revenez aujourdhui avec toutes les petites critiques sordides que jai entendues. Et je vais mettre les choses au point. Gollnish était mon collègue à Caen, il est universitaire, je le connaissais, je ne le fréquentais pas pour la raison bien simple quil nétait pas de mon bord. Il est élu car il y avait à Lyon, au moins 15 à 20% de la population qui votaient FN. Il est élu, il devient membre du conseil municipal. Il se conduit correctement. Toutes les fois où il veut introduire des considérations qui lui sont propres, dans les débats du Conseil municipal, je lui demande de se taire et il le fait. Pour le reste, pour tout ce dont il est chargé, comme conseiller municipal, il fait les choses dune manière tout à fait correcte. Moi je suis quelquun qui considère que les gens peuvent avoir leur opinion, cest leur opinion et, par ailleurs, quand je les ai vus fonctionner dans un climat particulier, je reconnais leurs qualités. Et ce que jai dit simplement, cest que, certes, je blâmais les propos de M. Gollnisch, mais jai tellement entendu les propos de M. Gollnish à Lyon que cela finissait par ne plus mémouvoir. Quand on entend à longueur de journée tout ce qui se dit à droite et à gauche, à la fin on ny porte plus attention. Et jai dit en parlant de Gollnisch que je blâmais ce quil avait dit, mais que pour le reste je lavais connu et que cétait un homme bien. Cétait un bon conseiller municipal et que ceux qui ne sont pas satisfaits de cela pensent ce quils veulent.
Mis en ligne le 09 mars 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org













