15/02/07
Sur le blog de Jean Quatremer : Coulisses de Bruxelles, UE.

Vous voulez tout savoir sur la « civilisation juive » ? Sur les « différences biologiques » entre les juifs et les « gentils » ? Sur le choix volontaire de la ghettoïsation quaurait fait un « peuple » qui désire ne pas se fondre dans la masse ? Sur limpossibilité de cohabiter avec la « civilisation juive » en Europe ? Lisez le petit livre en anglais - intitulé « Civilisations at war in Europe » [Des civilisations en guerre en Europe] que vient de publier, avec les fonds du Parlement de Strasbourg, le député européen, Maciej Giertych, lun des leaders de la Ligue des familles polonaises (LPR). En couverture, une photo de lauteur et, en bonne place, le logo du Parlement européen, obligatoire pour toutes les publications quil finance (à télécharger ici).
Ce chef-duvre dantisémitisme a été présenté, hier, à Strasbourg, par son auteur, plutôt fier de son coup. La lecture de cet opuscule ramène directement à lavant-guerre, lorsque lantisémitisme était une opinion comme une autre. Maciej Giertych dont le fils Roman, président de la LPR, est vice-Premier ministre et ministre de léducation du gouvernement polonais - explique comment les juifs, qui nont pas de caractères raciaux distinctifs (on peut les confondre avec des Polonais, souligne lauteur), passent dun pays à lautre et adoptent la langue locale tout en refusant de se fondre dans le pays daccueil. « Le "peuple élu" préfère rester entre lui, dans des "ghettos" : « Ils préfèrent volontairement vivre séparés [in apartheid] des communautés qui les entourent. Ils forment leurs propres communautés [kahals]. Ils se gouvernent eux-mêmes selon leurs règles propres et prennent garde de maintenir également une séparation spatiale. Ils forment eux-mêmes des ghettos [...] Cest seulement lAllemagne de Hitler qui a créé le concept de séparation forcée et de ghettos fermés d'où les Juifs n'avaient pas le droit de partir. » [1]
Mieux : si les juifs ne sont pas une race, « le fait qu'ils restent étroitement liés à leur communauté et à leur civilisation propres, et quils vivent à part, a eu pour résultat qu'ils ont développé des différences biologiques » [2]. Bref, on ne peut pas les reconnaître mais en faisant un petit effort, on peut y arriver. Giertych, pour bien nous faire comprendre que les juifs sont partout et toujours prêts à trahir leur pays au profit de leur peuple, explique que, lors des guerres, les juifs sont présents dans les deux camps, évidemment. Mais le juif qui appartient au camp des vainqueurs veille à ce que le juif appartenant au camp des vaincus soit bien traité. « C'est un mode de survie qu'ils ont développé en vivant parmi les gentils » [3]. Les juifs saident entre eux parce quils sont juifs, alors que « nous », les chrétiens, nous nous battons pour nos valeurs et nos idées. Conclusion : «Cela démontre clairement qu'il n'y a pas d'entente possible sur des questions qui différencient ces civilisations.» [4]
Cette littérature puante dune autre époque a pris par surprise le nouveau président du Parlement européen, le chrétien-démocrate allemand, Hans-Gert Pöttering. « Il ny a pas de censure a priori des publications éditées par les députés européens », reconnaît-on dans son entourage. Certes, « cest contraire aux valeurs de lEurope », mais il nest pas sûr que le Parlement puisse faire quelque chose. Etonnant. La socialiste française, Martine Roure, est montée aux créneaux dès mardi soir, scandalisée que des fonds européens puissent servir à financer des écrits antisémites. « Cest épouvantable du début à la fin. Nous avons demandé à des juristes de lire ce texte pour voir si on peut le poursuivre ».
© Jean Quatremer
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Notes de la Rédaction dupjf.org
[1] Texte cité en anglais daprès la version originale de cette brochure : « by their own will, they prefer to live a separate life, in apartheid from the surrounding communities. They form their own communes (kahals), they govern themselves by their own rules and they take care to maintain also a spatial separatness. They form the ghettos themselves (
) It was only Hitlers germany that created the concept of forced separation, of a closed ghetto from which Jews were not allowed to leave ».
[2] « the fact that they stick to their own community, their own civilisation, their own separatness, results in biological difference developing ».
[3] « This is a mode of survival they have developed living among the gentiles ».
[4] « this clearly demonstrates that no middle ground is possible on issues differentiating civilisations ».
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Mis en ligne le 20 février 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org











