21 octobre 2006
On trouvera, sur le site de lauteur, loriginal allemand, sous le titre : "Verkehrte Welt", ainsi que la version anglaise de ce texte, intitulée "The world - upside down".
Traduction française (à partir de la version anglaise) : Menahem Macina
Traiter des islamistes dangereux, cest vivre dangereusement. Mais parfois le danger ne provient pas des islamistes dAllemagne, mais de ladministration allemande. Cest la tâche de lhistorien de décrire les processus historiques avec leurs antécédents. Le compte-rendu qui suit aidera les générations futures à comprendre pourquoi les chrétiens et la culture occidentale ont, les yeux grands ouverts, perdu la bataille contre des islamistes remplis de haine.
Dans ce contexte, ma personne a peu dimportance, elle est interchangeable. Dautres ont fait la même expérience en soccupant des islamistes en Allemagne. Ils ont gardé le silence à cause de leurs enfants. Et ils gardent le silence parce quils craignent pour leur emploi. Mes lecteurs doivent savoir que ma connaissance des islamistes ne provient pas de livres poussiéreux, mais que je les ai observés durant plus de 15 ans dans leurs pays dorigine : Afghanistan, Iraq, Iran, Liban, Arabie Saoudite, Yémen, Syrie, Emirats, Algérie, Jordanie, Indonésie, et Malaisie. Jai rencontré le groupe qui entourait Ben Laden, vers le milieu des années 90, à Khartoum, capitale du Soudan. Ils avaient un terrain de quelque 400 ares au confluent du Nil Blanc et du Nil Bleu.
Bin Laden avait déjà quitté Khartoum quand je my rendis ; quelques-uns de ses adeptes étaient encore là. Dès laube, les hommes priaient ensemble. Une ferme de produits laitiers, équipée de lair conditionné se trouvait à moins de cent mètres de là. La seule famille juive du Soudan y produisait du lait. Les vaches noires et blanches provenaient des Frisons (plaines du nord de lAllemagne). Les membres dAl-Qaïda du terrain voisin faisaient partie des clients. Dans le monde occidental, Al-Qaïda nétait pas encore un problème. Aucun journal ne parlait de ceux qui se définissaient comme des "combattants de la guerre sainte".
Plus tard, en Afghanistan, je rencontrai à nouveau ces combattants de la guerre sainte. Ils se donnèrent du mal pour me convertir à lislam. Javais fait la même expérience lors des centaines de rencontres avec des partisans du Hamas, du Hezbollah, du Hisb ut-Tahrir [parti de la libération islamique - NDLR dupjf.org], et de quelques autres groupes qui font sans cesse les titres de la presse aujourdhui. Tous sont convaincus que leurs actions mèneront le monde à un avenir prétendument meilleur. Jai pu observer, alors, ces islamistes qui réalisaient des engins piégés et qui étaient équipés de mitraillettes de type AK-47 avec lesquelles nous tirions, à bonne distance, dans le désert, sur des boîtes à conserve vides. Jétais toujours le pire tireur. Tout en sefforçant de me convertir à lislam, ils me faisaient part de leurs plans. Ils parlaient du rétablissement du Califat. Ils parlaient de lEurope, qui serait indubitablement musulmane dici quelques décennies. Ils faisaient léloge du terrorisme. Ils avaient la certitude quils pourraient détruire la culture des "infidèles".
Je me souviens quà Téhéran, un dirigeant islamiste me dit que le chancelier Kohl ferait bien de le flatter, sous peine de le regretter plus tard. Jai noté la chose en riant intérieurement. Je navais pas pris cet homme au sérieux. A lépoque, je métonnais de lincroyable naïveté de ces combattants de la guerre sainte. Avec le recul du temps, je constate que cest moi qui étais naïf. Plus tard, le dirigeant islamiste de Téhéran devait être connu au plan international comme le chef des terroristes qui perpètrent des attaques à lexplosif contre les forces internationales en Iraq, après linvasion américaine. Lui et la plupart de mes connaissances dalors figurent aujourdhui sur les listes des personnes les plus recherchées.
Lorsquon travaille dans des régions en crise et en proie à la guerre, on est inévitablement amené à connaître des membres des services du renseignement. Ces gens parlent de leurs expériences et échangent des informations. Au fil des ans, cela finit par devenir un réseau. Les portes des chancelleries souvrent, la liste de vos contacts sallonge jusquà inclure des milliers de noms. Des documents sont divulgués ; émanant des services secrets, des administrations et aussi de firmes, ces milliers de pièces du puzzle sagencent lentement jusquà composer une grande image. Après les attentats du 11 septembre, cette mosaïque est soudain devenue dintérêt public. Dans les mois qui suivirent, javais résumé ma connaissance dans des articles de presse et des livres. Jenseigne la gestion de la sécurité et la défense contre le terrorisme dans une université du nord de lAllemagne.
Beaucoup de fonctionnaires respectables mont donné des informations que je ne sollicitais pas par exemple, en venant me parler après mes conférences. Des ministres dEtat ou de régions mont invité à des discussions. Tel est larrière-fond de mon livre, Der Krieg in unseren Staedten - Wie radikale Islamisten Deutschland unterwandern (La guerre dans nos villes Comment les islamistes radicaux minent lAllemagne), publié au printemps 2003. Bien que les médias aient déblatéré contre moi à propos de son contenu, ce quil rapporte nest pas de la fiction. Jai fidèlement consigné dans ces pages le résultat de ce que jai trouvé dans les services du renseignement, allemands et autres, sur les réseaux terroristes en Allemagne. Les Frères musulmans, en tant quorganisation regroupant presque tous les groupes radicaux, prêche le "dialogue" à usage externe, tout en incitant à la haine en interne ; ses sous-produits prétendent aussi être pacifiques, tout en soutenant secrètement des actions violentes. Quand je relis les recensions de mon livre je suis toujours surpris de lindignation et des ricanements des médias. De nombreux critiques lont situé à lextrême droite, parce que jinsistais pour que les actions nécessaires soient mises en uvre. Même quand le ministre de lIntérieur, Otto Schily, alla bien au-delà de mes suggestions dans ses mesures de sécurité, au cours des mois suivants, mon image ne sest pas améliorée dans les médias. Avec le temps, on finit par shabituer aux reproches que nous vaut le fait dêtre porteur de mauvaises nouvelles. Cest pourquoi il ma été agréable dêtre honoré, la même année, du "Staatsbuergerlicher Preis" (prix national) pour ma recherche en matière de défense contre le terrorisme. Cest le ministre de lIntérieur de Bavière, Guenther Beckstein, qui prononça léloge.
A la même époque, de plus en plus dislamistes entrèrent en lice pour obtenir un référé contre mon livre. Les dizaines dassignations en référé et les menaces de poursuites judiciaires ne mont pas inquiété au début. Navais-je pas en ma possession plusieurs documents administratifs à lappui de chaque phrase de mon livre ? Jétais heureux. Les islamistes ne pourraient pas lemporter. On peut lire, gravée dans le calcaire à lentrée de lUniversité de Fribourg où jai étudié dans les années 80, la phrase suivante : "Et la vérité vous rendra libres" [citation de lévangile de Jean 8, 32 ; NDLR dupjf.org]. Jai mémorisé cette maxime pour toujours. Je suis passé par là des milliers de fois en allant à la fac de Droit. La vérité ne pouvait pas être abolie, nest-ce pas ?
Malheureusement, mes preuves provenaient des services secrets. Ecoutes téléphoniques enregistrées, photos de réunions dislamistes, prises en secret, filatures. Il sagissait déchanges de résultats de recherche entre services européens. Je navais pas pris en compte le fait quaucun service du renseignement ne dévoilerait devant une cour de justice ni ses sources ni la manière dont il obtient ses renseignements. Cest pourquoi jai comparu seul en justice. Et les documents nont servi à rien car les islamistes, abrités derrière la façade camouflée des Frères Musulmans, se sont contentés de démentir leur contenu. Même quand des rapports publics officiels issus, par exemple du Bureau Fédéral pour la Protection de la Constitution confirmaient mes assertions, les plaignants en démentirent le contenu et intentèrent une autre action en justice contre ladministration concernée. Laffaire devenait coûteuse. Bientôt les frais de procédure dépassèrent les 50.000 euros. Mon impression était que quelques-uns des plaignants exploitaient cyniquement les possibilités que leur offrait la constitution, tout en cherchant à détruire lEtat fondé sur elle : je me souviens dun islamiste de Marbourg, qui avait obtenu une assistance juridique et niait en bloc tous les passages qui le concernaient. Cet homme prétendait être dans le dénuement. Il perdit le procès avant même quil commençât, du fait quil était propriétaire de plusieurs appartements. Léditeur et moi-même avons eu quelques expériences de ce genre. A ce propos, le fils de cet homme est aujourdhui lun des porte-parole les plus connus des organisations islamiques en Allemagne. Les débats au tribunal étaient vraiment intéressants. Les plaignants affirmaient quils navaient jamais célébré les attentats du 11 septembre, alors quils avaient été filmés en train de le faire, par les services secrets. Ils savaient que les membres de ces services ne se présenteraient pas au tribunal.
Si quelquun mavait dit alors que plusieurs services du Renseignement allemand étaient en train denquêter sur moi du chef de trahison par divulgation, je ne laurais pas cru. Les responsables de ces services mencourageaient durant les procès et continuaient à me transmettre secrètement des documents. Dans ce contexte, jinformai le public des structures terroristes et de leurs réseaux. Le 11 mars 2004, des terroristes islamistes commettaient un attentat à Madrid. Plusieurs sources minformèrent, quelques jours plus tard, que les traces des attaquants remontaient à lAllemagne. Je diffusai cette information à la Télévision, les 25 et 26 mars. Jappris que le ministre de lIntérieur, Otto Schily, était furieux. Il rejeta mes affirmations. Hans Leyendecker avait, à lévidence, une connaissance similaire de ma "fausse alerte" et intitula son article dans le Sueddeutsche Zeitung, "Fanfaronnade sans fondement dun expert en terrorisme". Six semaines plus tard, Focus et Der Spiegel rapportaient que lun des attaquants avait habité en Allemagne et faisaient remarquer quil avait été repéré en Allemagne, ce que ladministration avait nié. Hans Leyendecker se trompait.
Entre temps, cependant, ma chance tourna : en mars 2004, plusieurs fonctionnaires de lEtat perquisitionnèrent mon domicile ainsi que les bureaux de mon épouse dans un autre immeuble. Motif : subornation de fonctionnaires et assistance à trahison. Je me croyais dans un film. Je nai jamais proposé dargent pour une information à quelque fonctionnaire que ce soit. Durant plus dune décennie, les autorités mont activement communiqué des informations. Et leurs responsables mont toujours encouragé à publier linformation. Mais le procureur chargé de lenquête avait jadis découvert que des journalistes obtiennent aussi des informations par pot de vin. Et cest ainsi que mon destin prit un tour catastrophique. Le porteur de mauvaises nouvelles était exécuté publiquement.
Les islamistes firent, sur Internet, léloge des déclarations du bureau du procureur de Francfort. La plupart des médias se joignirent à eux dans leur triomphe. Soudain, jétais un repris de justice. Des amis de longue date commencèrent à méviter, des voisins cessèrent de recevoir des envois postaux destinés à un "coupable", et ma femme perdit sa clientèle. Une photo de ses bureaux, prise de lextérieur, sur un placard jaune, faisait en sorte que les clients de son service de comptabilité soient informés de ne pas faire daffaires avec un "coupable". Du fait que le préavis de résiliation du bail de ses bureaux était dun an, ma femme dut payer son loyer durant une pleine année sans clients. Dommage collatéral dû aux autorités allemandes de sécurité. A cette époque, lUniversité de Lueneburg avait décidé délever ma position denseignant à celle dun professorat. Maintenant, je dois dabord attendre la fin de la procédure criminelle à mon encontre.
Comme aucun indice de pot de vin navait pu être trouvé, plusieurs autres enquêtes suivirent. Entre mars 2004 et mars 2005, mon domicile privé et les bureaux de ma femme furent perquisitionnés à deux reprises, une autre enquête dans mes déclarations de revenus pouvait révéler des réceptions, avec la possibilité que figure un fonctionnaire parmi les invités. En dépit du fait que je nai jamais eu de bureau à lUniversité de Lueneburg, et que le procureur de Francfort était au courant de ma nomination imminente au professorat, lUniversité de Lueneburg fit également lobjet dune perquisition apparemment dans lespoir dy trouver des preuves de ce que jy avais invité quelque gros bonnet, donnant ainsi corps à laccusation de subornation de fonctionnaires. Le doyen et les professeurs ont été durablement impressionnés par linvestigation. Je nai jamais invité des fonctionnaires à mes réceptions, à lexception du ministre Beckstein (ma femme confectionna trois gâteaux pour lui et ses gardes du corps), aussi étais-je persuadé que le ministère public de Francfort présenterait des excuses pour ces fausses accusations. Certes, le dossier de pot de vin fut clos en 2005, ainsi que celui de lassistance à trahison. Malheureusement, le procureur ne pouvait être contraint dannoncer la clôture du dossier avec la même publicité qui avait accompagné celle de louverture des poursuites. Aussi, le public reste sous limpression que je pourrais avoir soudoyé des fonctionnaires.
A la place des accusations fausses et calomnieuses évoquées ci-dessus, laccusation enquête maintenant sur mon compte pour avoir, durant plus de deux ans et demi, incité à la révélation de secrets dEtat. Laction a été introduite il y a plus dun an. Malheureusement, le tribunal devant lequel jai pu rapidement prouver que je navais jamais incité aucun fonctionnaire à trahir des secrets dEtat navait pas le temps. Au moment où jécris ces lignes, il ny a pas la moindre lueur despoir dune fixation de date pour le jugement. Après plus de deux ans et demi, je quitte la province de Hessen, parce que je ne veux pas participer au financement de cette procédure avec mes impôts.
Jai entendu dire par beaucoup de fonctionnaires que largent est un problème avec les filatures contre-terroristes. Les enregistrements de conversations téléphoniques demandées durgence dans les milieux des islamistes violents ne sont pas approuvés par laccusation, même si largent ne manque pas pour ce faire. Dans mon cas, pourtant, largent sest envolé et coule librement. Daprès les documents, jai pu voir que mon livre susmentionné a été examiné, phrase par phrase, par quelques employés pour le cas où mon information pourrait remonter à une période excédant quelques semaines. Il y a eu aussi de largent pour les écoutes téléphoniques. Quand je parlais aux journalistes, les responsables sécuritaires étaient au courant. Temporairement jétais PBO [???] suspect sous investigation de la police. Les six perquisitions, lécoute téléphonique, lobservation par des spécialistes venus de loin, et lanalyse des données ont coûté beaucoup dargent un argent qui doit manquer pour enquêter sur les réseaux terroristes.
Pour mémoire, une fois de plus : Personne ne maccuse de diffuser une information inexacte dans des déclarations publiques ou dans des livres sur les réseaux terroristes en Allemagne et sur le danger quelles constituent pour le public. Au contraire, cette information est fondée sur la vérité et est manifestement perçue comme une telle menace pour le public, que sa diffusion doit être évitée. Pourtant, si lon se concentre trop sur le porteur de mauvaises nouvelles, il arrive que le vrai danger soit oublié.
En février 2006, jai publié, dans le magazine Park Avenue, une longue analyse sur linteraction entre des boutiques de téléphonie et des cellules terroristes en Allemagne. Le Bureau Fédéral dInvestigation Criminelle a toujours répondu à mes questions à ce propos quun tel lien nexistait pas, alors que la preuve était en possession des autorités allemandes de sécurité. Si javais rendu publique cette preuve et exposé ainsi le Bureau Fédéral dInvestigation Criminelle, une septième perquisition aurait probablement suivi les précédentes. Il a fallu la tentative de faire exploser des bombes dissimulées dans des attaché-cases, heureusement découverte à temps, par hasard, pour que le Bureau Fédéral dInvestigation Criminelle prenne conscience de la coopération entre les "boutiques de téléphonie" et les cellules terroristes. Aujourdhui, nous savons que les terroristes libanais ont créé leur réseau par le canal dune boutique de téléphonie de Hambourg et de Kiel. A Madrid et à Londres, lautorité en charge de la sécurité a également fait les mêmes découvertes seulement après les attentats.
Mon livre, Der Krieg in unseren Staedten - Wie radikale Islamisten Deutschland unterwandern (La guerre dans nos villes Comment les islamistes radicaux minent lAllemagne), nest plus disponible. On peut seulement lacheter doccasion sur www.amazon.de et ebay. La plupart des prévisions de mes livres ont maintenant été confirmées par la réalité, mais les islamistes ont réussi à contraindre léditeur à le retirer silencieusement du marché, à lété 2006. Après que le livre ait franchi tous les obstacles juridiques en plus de trois ans et alors quil continuait à avoir du succès, des islamistes de Birmingham et de Vienne ont menacé dun flot de plaintes en justice. Plaintes qui, à lévidence, nont pas le moindre fondement. Lun des plaignants affirma quil navait jamais été membre de la confrérie radicale des Frères musulmans. Pourtant, en demandant lasile en Allemagne, il avait affirmé quil était persécuté dans son pays en tant que membre de "Al ikhwan muslimoun" expression arabe signifiant Frères musulmans [litt. : confrérie musulmane - note du traducteur].
Les menaces de ces islamistes étaient encouragées par lannonce que des procès seraient intentés par dautres islamistes, jusquà ce que le livre soit retiré du marché. Aussi, léditeur et lauteur ont-ils retiré le livre de la circulation, du fait que pas un politicien ne voulait lui accorder son soutien. Personne nétait intéressé. La fin des enquêtes sur le "coupable" Ulfkotte nest pas en vue. Un fonctionnaire ma fait savoir dernièrement quune "note anonyme" portant sur des soupçons de pornographie pédophile sur mon ordinateur pourrait suffire à justifier un autre ordre de perquisition. Dans le même temps, je trouve régulièrement dans ma boîte aux lettres des documents officiels du Bureau Fédéral dInvestigation Criminelle et des Services du Renseignement, estampillés "confidentiel", ou "secret", qui me sont envoyés contre mon gré et que je nai pas demandés. Au début, jai retourné, en recommandé, ces documents aux pouvoirs publics. Mais, à ce jour, le "divertissement" ne sest pas arrêté. Quand jappelle pour demander à qui je dois retourner les documents, je nobtiens pas de réponse.
Tout de suite après les nombreuses perquisitions jétais furieux contre les administrations allemandes. Aujourdhui je ne ressens que de la pitié. Mais aussi de la consternation de ce que les politiciens préfèrent fermer les yeux quand, au lieu des terroristes, ce sont ceux qui dévoilent leurs réseaux qui sont poursuivis. Dans les cercles islamistes, le nom de Udo Ulfkotte est maintenant la preuve que les fondamentalistes et ceux qui veulent recourir à la violence sont sur la "bonne" voie. Un jeune musulman dans lentourage de mes étudiants ma dit quil faut voir un signe dAllah dans le fait que lauteur du livre Der Krieg in unseren Staedten est à présent un accusé dans une procédure pénale, tandis que les islamistes continuent à recruter sans en être empêchés.
Cela fait de nombreuses années que je fréquente la chapelle de la forêt du Taunus, le matin. Jallume une bougie et je puise, dans la prière, la force pour une nouvelle journée de travail. Durant toutes ces années de combat et dindignité, la chapelle de la forêt a constitué un lieu où je pouvais reprendre confiance. Depuis février 2006, la chapelle a été vandalisée à plusieurs reprises. Au matin du 5 juillet, je lai trouvée dans le pire état jusquà ce jour : Les chandeliers avaient été arrachés des murs et la Madone de calcaire avait servi de cible à des jets de bouteilles. Quand javertis la police de lincident, on me demanda ce que jattendais que fasse la police. Je ne me plains pas des policiers de service. Cependant, jai soudain réalisé que les valeurs de notre société ont beaucoup changé. Si un lieu de prières musulman avait été vandalisé, le Bureau Fédéral dInvestigation Criminelle naurait certainement pas hésité à ouvrir une enquête. Dans le cas présent, rien ne sest produit rien. Deux semaines après le saccage de la chapelle, un journal local a mentionné le fait. Ce fut tout. Entre temps, la chapelle a été vandalisée une quatrième et une cinquième fois, immédiatement après avoir été soigneusement restaurée et repeinte grâce à des dons de la population locale. Je ne dérange plus la police pour une information de ce genre.
A lévidence, le monde dans lequel je vis est sens dessus dessous.
© Udo Ulfkotte
[Texte anglais aimablement signalé par Koira.]
Mis en ligne le 21 octobre 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org











