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P. Sabatier 'Le droit à l'existence d'Israël s'émousse'
Update (31/05/04) Sabatier n'a pas tardé à réagir. Voir : Sabatier ('le droit à l’existence d’Israël s’émousse') se rebiffe.----- Original Message -----
From: A. R. ARBEZ
To: sabatier@liberation.fr
Sent: Sunday, May 30, 2004 3:26 PM
Subject: Votre opinion sur Israël
Bonjour!
Je suis un fidèle lecteur suisse de Libération, que j'apprécie, même lorsque je ne suis pas d'accord avec certains angles de vue du journal.
Cette fois-ci vos propos négatifs sur le droit à l'existence d'Israël me semblent dépasser la ligne rouge et rejoindre subrepticement les positions des pires extrémistes islamo-fascistes.
Je voulais vous dire ma consternation pour ces propos déontologiquement suspects.
Avec ma considération pour votre profession,
Abbé Alain René Arbez,
Prêtre délégué aux relations avec le judaïsme, Genève (Suisse)
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----- Original Message -----
From: Simon DERY
To: Patrick SABATIER sabatier@liberation.fr
Sent: Monday, May 31, 2004
Subject: RE: réaction de sabatier
Aux donneurs de leçons
En réponse à Patrick Sabatier suite à son éditorial "Autisme" dans "Libé" du 21 Mai 2004
par Lucien Siac, Jérusalem, le 31 Mai 2004
Tous les observateurs des évènements qui se déroulent au Proche-Orient sont au moins d'accord sur un point : ils s'accordent à reconnaître que la situation est compliquée.
Seul, Patrick Sabatier estime que la situation est fort simple.
Pour cet infaillible visionnaire il suffirait qu'Israël obtempère à ce que ses ennemis exige de lui et la paix serait au rendez-vous.
Que ce peuple d'égarés se comporte normalement une bonne fois pour toutes, et le monde ne s'en portera que mieux.
L'antienne n'est pas nouvelle.
Depuis des siècles le peuple juif est accusé de faire bande à part en commençant par prétendre vouloir vivre sa spécificité sans adhérer aux autres dogmes qu'ils soient chrétiens ou musulmans.
Cela lui a valu des siècles de calomnies, d'ostracismes, de persécutions, d'assassinats à l'échelle industrielle. On a qualifié ce refus d'obstination, d'aveuglement, d'intransigeance (déjà), d'entêtement, de persistance dans l'erreur etc..
Le terme plus récent d' "autisme" ne nous avait pas encore été appliqué : voilà qui est fait.
Et maintenant que nous avons un Etat nous voilà menacés de nous voir retirer " l'arme du soutien international " garant de notre légitimité et de notre existence !
Une fois de plus, le loup est sorti du bois :
Soumettez-vous ! Pliez ! O peuple à la nuque raide ! Autistes !
enragent nos bons amis européens, sinon…
Voici d'autres perles émises par notre pseudo-journaliste :
Les juges de Tel-Aviv ont démontré l'implication directe de Barghouti dans des assassinats de civils israéliens ?
Le procès est bien évidemment politique…prétend Sabatier
C'est bien pourtant ce que les Nations exigent de nous : traduire les tueurs devant les tribunaux et non pas procéder à des exécutions "extra-judiciaires".
Il faudrait donc juger mais surtout ne pas condamner !
Les généraux de Tsahal veulent graver (au fer rouge !) dans la conscience des Palestiniens que le terrorisme est une impasse ?
Notre journaliste estime sans doute qu'il faudrait laisser croire aux terroristes que le crime est payant.
Pour faire la paix prétend Sabatier "Il faut toujours un adversaire avec qui la négocier".
Bien entendu, notre donneur de leçons aurait négocié avec Mr Hitler, avec Mr Hiro-Hito, avec Pol Pot, avec Saddam Hussein…
Votre article, Mr Sabatier, vous vaudra probablement des réactions inamicales.
Il ne m'appartient pas de juger si vous les méritez.
Vous êtes simplement un mauvais journaliste qui n'honore pas sa profession.
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-----Message d'origine-----
De : Patrick SABATIER [mailto:sabatier@liberation.fr]
EnvoyÈ : lundi 31 mai 2004 10:50
A : Simon DERY
Objet : Re: reaction
Merci pour votre mail. malgré son ton injurieux et ses propos excessifs dont je sais qu'il n'émanent pas entièrement de vous pour les avoir retrouvés dans nombre d'autres e-mails envoyés eux aussi sous la "dictée". Mais je n'en méprise pas pour autant votre émotion
Le fait que je considère Israël comme faisant partie de la communauté des nations libres, démocratiques et défendant des valeurs d'humanisme me rend plus exigeant à son égard, et plus inquiet des dérives de certains de ses dirigeants (et citoyens)
Tous les Etats dépendent de l'opinion internationale et de la légitimité politique et morale de leurs fondements. L'Etat d'Israël, dont Libération a toujours défendu le droit à exister -et se défendre-, mais qui dépend pour partie du soutien, financier, politique et militaire, des démocraties occidentales, et du fait qu'il adhère aux valeurs de ces démocraties (seul dans sa région) ne peut pas ne pas tenir compte de l'opinion de ces pays, ni prétendre agir n'importe comment en se plaçant au dessus des lois internationales, au nom du principe que "la fin justifie les moyens" ou en ignorant les réalités de la géopolitique .
c'est tout ce que j'ai voulu dire, libre à vous de comprendre autre chose - c'est un amalgame d'assez mauvaise foi que de chercher à faire taire une mise en garde contre le risque d'érosion de la légitimité morale et politique de la position d'Israël en taxant celui qui émet cet avertissement de "nier le droit ý l'existence d'Israël".
Et n'avez vous pas juste un peu honte de vous en prendre ainsi, sur commande, à quelqu'un en déformant son propos et même en l'accusant de manière absurde de contribuer à la montée de l'antisémitisme en France- quand il vous suffit de lire Libération pour constater qu'aucun journal français (y compris sous ma plume) n'a de manière plus constante combattu cette peste
respectueusement.
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----- Original Message -----
From: Simon DERY
To: Patrick SABATIER sabatier@liberation.fr
Sent: Monday, May 31, 2004
Subject: RE: réaction de sabatier
Monsieur,
Je suis stupéfait de me voir reprocher de vous avoir fait une réponse "dictée" et "n'émanant pas entièrement de moi". Aussi de recevoir une réponse que vous adressez, à l'évidence, automatiquement.
Mon propos ne contient rien d'injurieux : il s'indigne du fait que vous remettiez en cause la légitimité d'un Etat dont la communauté des nations a voté, en 1948, la légitimité, et qui affronte, depuis, la négation systématique de son existence par les guerres, le terrorisme, la propagande et la désinformation.
Vous ne dites pas un mot des efforts de cet Etat (accords d'Oslo) pour résoudre le problème auquel il est confronté, qu'ont entretenu ses ennemis et qu'ils lui reprochent de ne pas résoudre au nom de valeurs démocratiques dont ils n'ont eux-mêmes que faire.
Je vous remercie néanmoins de votre réponse : elle montre que vous vous souciez de la réaction de ceux qui vous lisent.
Comprenez également que face au déferlement sur les médias des positions systématiquement anti-israéliennes, nous ressentions, nous Français juifs, une espèce de conspiration de la même nature que celle que vous avez l'air de nous reprocher.
Simon Déry
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-----Message d'origine-----
De : Patrick SABATIER sabatier@liberation.fr
EnvoyÈ : lundi 31 mai 2004
A : Simon DERY
Objet : Re: reaction
Plus que "dictée" j'aurai dû dire "sollicitée" et "incitée" dans le cadre d'une campagne dont l'agumentaire se trouve sur le site de l'UPJF
je n'ai en aucune manière "remis en cause la légitimité d'Israël" - simplement me suis inquité du risque d'érosion de sa légitimité (comme je le fais pour les Etats Unis à partir de la politique de Bush par exemple), j'ai abondamment évoqué par le passé les efforts d'Israéliens (jadis Rabin, puis les promoteurs de l'Initiative de Genève) pour une solution négociée et je vous ai répondu de manière personnelle et non "automatique"
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29/05/04
Comme antidote à ce poison, nous vous recommandons : Plus actuels que jamais: deux plaidoyers pour Israël.
Propos scandaleux de Patrick Sabatier, directeur adjoint de la rédaction du journal Libération, dans son éditorial du vendredi 21 mai 2004 :
« Le Premier ministre israélien et ses partisans (…) devraient pourtant prendre garde à ne pas en arriver à écœurer le reste du monde par leur intransigeance et leur acharnement à briser la résistance des palestiniens à l’occupation.
Ni oublier que l’arme la plus puissante d’Israël reste le soutien international à son existence en tant qu’incarnation du droit de tout peuple d’exister et de vivre libre au sein d’un état démocratique, droit longtemps nié au peuple juif. Cette arme de la légitimité s’émousse au fil des assassinats, ciblés ou aveugles, des occupation de terre, des destructions, des implantations de colonies et du refus de toute négociation avec les palestiniens ».
Clément Weil-Raynal qui a repéré ce texte vient de réagir en ces termes auprès de la Rédaction de ce quotidien, et nous engage à en faire autant :
1) par fax: 01 42 72 94 93 , tel: 01 42 76 17 89,
2) par e-mail :
sabatier@liberation.fr; dupuy@liberation.fr; amalric@liberation.fr; webmaster@liberation.fr; july@liberation.fr; haski@liberation.fr;copee@liberation.fr; dreyfus@liberation.fr; helvig@liberation.fr; sabatier@liberation.fr; thenard@liberation.fr; carrard@liberation.fr; guichoux@liberation.fr; penicaut@liberation.fr; vallaeys@liberation.fr; dely@liberation.fr; sergent@liberation.fr; mauriac@liberation.fr; wicker@liberation.fr; vincendon@liberation.fr; hufnagel@liberation.fr; allouche@liberation.fr; favereau@liberation.fr; simonnot@liberation.fr; armengaud@liberation.fr; semo@liberation.fr; bensahel@liberation.fr; auffray@liberation.fr; thoraval@liberation.fr; boltanski@liberation.fr.
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Lorsque « Libération » envisage (et justifie) la destruction d’Israël
C’est un éditorial, comme il s’en publie des dizaines chaque semaine dans la presse française. Le vendredi 21 mai, Patrick Sabatier, le directeur adjoint de la rédaction de Libération réagit à l’opération militaire israélienne à Rafah. Le journaliste, comme on peut le supposer, condamne sans réserves ni nuances le gouvernement israélien et l’action de Tsahal dans la bande de Gaza. Jusque-là, Patrick Sabatier ne fait qu’exercer son droit le plus incontestable de critiquer – à tort ou à raison – la politique d’Israël comme celle de n’importe quel Etat à travers le monde.
Puis Sabatier écrit :
«Le Premier ministre israélien et ses partisans (…) devraient pourtant prendre garde à ne pas en arriver à écœurer le reste du monde par leur intransigeance et leur acharnement à briser la résistance des palestiniens à l’occupation.
Ni oublier que l’arme la plus puissante d’Israël reste le soutien international à son existence en tant qu’incarnation du droit de tout peuple d’exister et de vivre libre au sein d’un état démocratique, droit longtemps nié au peuple juif.
Cette arme de la légitimité s’émousse au fil des assassinats, ciblés ou aveugles, des occupation de terre, des destructions, des implantations de colonies et du refus de toute négociation avec les palestiniens ».
En termes feutrés mais qui ne laissent la place à aucune ambiguïté, le directeur de la rédaction de Libération envisage sereinement que le droit à l’existence d’Israël puisse être remis en question.
Aux yeux de Libé, l’Etat juif échapperait-il au droit commun des nations au point de se voir contester le droit de mener une guerre contre un ennemi qui a pourtant démontré qu’il ne reculait devant aucune violence à l’égard des populations civiles ?
Certes, on a le droit de critiquer Ariel Sharon, de considérer que le bilan de quarante trois morts (dont une majorité de combattants palestiniens) est trop élevé, d’estimer que cette opération militaire n’était pas justifiée, une partie de la presse et la classe politique israélienne ne se sont d’ailleurs pas gênés pour le dire.
Mais comment peut-on en arriver à contester « la légitimité » d’Israël et à justifier par là même son éventuelle destruction ?
Jamais, à notre connaissance, les éditorialistes de Libération n’ont envisagé de telles solutions pour d’autres pays ayant mené des guerres autrement plus meurtrières et certainement moins justifiables.
Libé a-t-il considéré que l’Irak devait être rayé de la carte à la suite de la guerre menée contre l’Iran et qui fit au bas mot plus d’un million de morts ?
Monsieur Sabatier a-t-il préconisé le démantèlement de la Syrie en raison de la brutalité du régime syrien à l’égard de sa propre population (20.000 morts à Hama) et l’occupation qu’il fait subir depuis près de trente ans au peuple libanais ?
Les bombardements sur la Serbie et les pertes civiles qu’ils ont occasionnées ont-ils permis d’écrire que le droit à l’existence des pays de l’OTAN était en passe de s’émousser ?
On pourrait multiplier les exemples, tant les conflits sont malheureusement légion sur la planète.
Au plus fort du conflit yougoslave, jamais personne n’a songé mettre en cause l’un ou l’autre des Etats belligérants dans ses fondements, qu’il s’agisse de la Serbie ou de la Croatie.
Seul Israël se voit nié dans la légitimité.
Au delà de la violence du propos, le seul mérite de l’éditorial du directeur de la rédaction de Libération est peut-être de nous livrer l’exacte réalité du fond de sa pensée.
Clément Weil-Raynal
Mis en ligne le 29 mai 2004 sur le site www.upjf.org
Update 31 mai 2004











