"Le droit à lexistence dIsraël sémousse"
Quand nous nous intéressons à nos racines, nous sommes considérés comme un peuple rebelle,
incapable de sassimiler et de se fondre parmi les autres.
Quand nous nous assimilons et participons,
nous sommes accusés de trop bien réussir et de vouloir diriger le monde.
Quand nous vantons la richesse de notre diaspora,
nous sommes considérés comme apatrides et illégitimes.
Quand nous voulons nous installer en Israël,
nous sommes considérés comme des impérialistes et des colonisateurs.
Quand nous sommes victimes de massacres,
on nous dit que nous nous sommes laissés mener à labattoir et que cest notre faute.
Quand nous nous défendons, nous sommes accusés dêtre des nazis
et davoir oublié loppression dont nous avons souffert de la part de ces derniers.
Quoi que nous disions ou fassions, nous sommes toujours en tort.
Mais, après 5000 ans dobstacles, nous resterons ici pour toujours, armés dorénavant pour nous défendre.
Ce texte men a rappelé un autre, entièrement français, celui-là, plus lyrique aussi, mais sutout, tellement émouvant, ardent même, quil est resté classique pour celles et ceux qui sont indéfectiblement attachés à Israël. Si vous lavez déjà lu, ou entendu, vous le reconnaîtrez immédiatement. Si cest la première fois que vous le découvrez, vous ne pourrez plus loublier...

Artiste emporté trop tôt par une leucémie en 1988, Herbert Pagani fut un visionnaire, auteur-compositeur-interprète de chansons dont on a trop vite oublié quil en était le créateur (La bonne franquette, Chez nous, LEtoile dor, etc.)
Juif engagé, son texte écrit en 1975, où il , reste dune troublante actualité en ce début de XXIe siècle et est - hélas ! - aujourdhui introuvable dans le commerce.
Ce texte, qui résume 2000 ans de sionisme, est plus actuel que jamais. Herbert Pagani la écrit le 11 novembre 1975, en réaction à ladoption par lONU dune résolution assimilant le sionisme à une forme de racisme. Il le lut, en direct, sur Europe 1, puis au cours de la célèbre émission des années 70 : "Le Grand Échiquier". Il est significatif quil soit aujourdhui introuvable dans le commerce.
Hier, jétais dans le métro et jentends deux dames dire :
"Tas vu ? Encore ces Juifs avec leurs histoires à lO.N.U.
Quels emmerdeurs !"
Cest vrai.
Nous sommes des emmerdeurs.
Ça fait des siècles quon emmerde le monde.
Cest dans notre nature, que voulez-vous !
Abraham avec son Dieu unique,
Moïse avec ses Tables de la Loi,
Jésus avec son autre joue toujours prête à la deuxième baffe.
Puis Freud, Marx, Einstein,
tous ont été des gêneurs,
des révolutionnaires,
des ennemis de lOrdre.
Pourquoi?
Parce quaucun ordre, quel que fut le siècle, ne pouvait les satisfaire,
puisquils en étaient toujours exclus.
Remettre en question, voir plus loin,
changer le monde pour changer de destin,
tel fut le destin de mes ancêtres.
Cest pourquoi ils sont haïs par les défenseurs de tous les ordres établis.
Lantisémite de droite reproche aux Juifs davoir fait la révolution bolchevique.
Cest vrai, il y en avait beaucoup, en 1917.
Lantisémite de gauche reproche aux Juifs dêtre les propriétaires de Manhattan.
Cest vrai, il y a beaucoup de capitalistes juifs.
La raison est simple :
la religion, la culture, lidéal révolutionnaire dun côté,
les portefeuilles et les banques de lautre,
sont les seules valeurs transportables,
les seules patries possibles pour ceux qui nont pas de patrie.
Et maintenant quil en existe une,
lantisémitisme renaît de ses cendres...
- pardon ! de nos cendres -
et sappelle antisionisme.
Il sappliquait aux individus, il sapplique à une nation.
Israël est un ghetto,
Jérusalem, cest Varsovie...
Les nazis qui nous assiègent parlent larabe.
Et si leur croissant se déguise parfois en faucille,
cest pour mieux piéger les Gauches du monde entier.
Moi qui suis un Juif de gauche, je nen ai rien à faire dune certaine gauche
qui veut libérer tous les hommes du monde aux dépens de certains dentre eux, car je suis précisément de ceux-là.
Daccord pour la lutte des classes,
mais aussi pour le droit à la différence.
Si la gauche veut me compter parmi les siens,
elle ne peut pas faire léconomie de mon problème.
Et mon problème est que, depuis les déportations romaines
du Ier siècle après Jésus-Christ,
nous avons été partout honnis, bannis, traqués, dénoncés, écrasés, spoliés, brûlés et convertis de force.
Pourquoi?
Parce que notre religion
- cest-à-dire notre culture - était dangereuse.
Eh oui!
Quelques exemples...
Le judaïsme a été le premier à créer le Shabbat, jour du Seigneur,
cest-à-dire le jour de repos hebdomadaire obligatoire.
Vous imaginez la joie des pharaons, toujours en retard dune pyramide !
Le judaïsme interdit lesclavage.
Vous imaginez la sympathie des Romains,
les plus importants grossistes de main-doeuvre gratuite de lAntiquité !
Il est dit dans la Bible :
"La terre nappartient pas à lhomme, mais à Dieu."
De cette phrase découle une loi,
celle de la remise en question automatique
de la propriété foncière, tous les 49 ans.
Vous voyez leffet dune loi pareille sur les papes du Moyen Âge
et les bâtisseurs dempire de la Renaissance !
Il ne fallait pas que les peuples sachent.
On commença par interdire la Bible,
puis ce furent les médisances,
des murs de calomnies qui devinrent murs de pierres
et quon appela ghettos.
Ensuite ce fut lInquisition, les bûchers et, plus tard, les étoiles jaunes.
Auschwitz nest quun exemple industriel de génocide,
mais il y a eu des génocides artisanaux par milliers.
Jen aurais pour trois jours rien quà nommer tous les pogroms
dEspagne, de Russie, de Pologne et dAfrique du Nord.
À force de fuir, de bouger, le Juif est allé partout.
On extrapole et voilà : il nest de nulle part.
Nous sommes, parmi les peuples, comme lenfant à lassistance publique.
Je ne veux plus être adopté.
Je ne veux plus que ma vie dépende de lhumeur de mes propriétaires.
Je ne veux plus être un citoyen-locataire.
Jen ai assez de frapper aux portes de lHistoire et dattendre quon me dise : "Entrez."
Je rentre et je gueule !
Je suis chez moi sur terre et, sur terre, jai ma terre :
elle ma été promise, elle sera maintenue.
Quest ce que le Sionisme?
Ça se réduit à une simple phrase :
"Lan prochain à Jérusalem".
Non, ce nest pas un slogan du Club Méditerranée.
Cest écrit dans la Bible,
le livre le plus vendu et le plus mal lu du monde.
Et cette prière est devenue un cri,
un cri qui a plus de 2000 ans,
et le père de Christophe Colomb,
de Kafka,
de Proust,
de Chagall,
de Marx,
dEinstein
et même de monsieur Kissinger,
lont répétée, cette phrase, ce cri,
au moins une fois par an, le jour de Pâques.
Alors, le Sionisme cest du racisme ?
Faites-moi rire !
Est-ce que : "Douce France, cher pays de mon enfance", est un hymne raciste ?
Le Sionisme, cest le nom dun combat de libération.
Dans le monde, chacun a ses Juifs.
Les Français ont les leurs :
ce sont les Bretons, les Occitans, les Corses, les travailleurs immigrés.
Les Italiens ont les Siciliens,
les Yankees ont leurs Noirs,
les Espagnols leurs Basques.
Nous, nous sommes les Juifs de TOUS.
À ceux qui me disent : "Et les Palestiniens ?",
je réponds : "Je suis un Palestinien dil y a 2000 ans.
Je suis lopprimé le plus vieux du monde".
Je discuterai avec eux, mais je ne leur céderai pas ma place.
Il y a là-bas de la place pour deux peuples et deux nations.
Les frontières sont à déterminer ensemble.
Mais lexistence dun pays ne peut, en aucun cas, exclure lexistence de lautre
et les options politiques dun gouvernement nont jamais remis en cause lexistence dune nation, quelle quelle soit.
Alors pourquoi Israël ?
Quand Israël sera hors de danger,
je choisirai parmi les Juifs et mes voisins arabes,
ceux qui me sont frères par les idées.
Aujourdhui, je me dois dêtre solidaire avec tous les miens,
même ceux que je déteste, au nom de cet ennemi insurmontable :
le RACISME.
Descartes avait tort :
"je pense donc je suis", ça ne veut rien dire.
Nous, ça fait 5000 ans quon pense, et nous nexistons toujours pas.
Je me défends, donc je suis.
Herbert Pagani
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Je me suis inspiré de plusieurs sites juifs pour composer ce document. Les photos proviennent de celui de radio Kolhashalom, et lenregistrement audio, de "Terre d'Israël - La voix de la communauté francophone d'Israël". Quils soient ici remerciés.
Mis en ligne le 30 mai 2004 sur le site www.upjf.org











