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Renaissance d'une localité juive à Jérusalem-Est (A7)
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Aroutz7, 31 mars 2004-04-01

Pendant plus de deux ans, des ouvriers arabes ont travaillé à la construction d’un immeuble de six étages et demi sans savoir qui se cachait derrière le projet, qui le finançait et même qui payait les salaires. Aujourd’hui, le voile a été levé. Les dirigeants du Conseil de renouvellement de l’implantation juive dans la localité de Kfar Shiloah (Kfar ha Témanim), ont secrètement commandité et supervisé la construction de ce nouvel immeuble, qui se dresse entre les maisons de Silwan.

Notre journaliste, Shimon Cohen, rapporte que, durant toute la période de la construction, il était interdit à ces gens de se dévoiler. Si l’identité des promoteurs avait été découverte, le projet aurait été mis en danger. La construction se trouve au cœur de Jérusalem-est, à l’endroit le plus hostile, d’où aucun Juif n’aurait pu s’approcher sans mettre sa vie en danger.

Un bref retour sur l’histoire du lieu nous révèle qu’il s’agit, en fait, d’une opération qui tend à préserver un patrimoine juif légalement acquis il y a 120 ans, qui s’appelait alors le village des Yéménites (Kfar ha Témanim). Les débuts du village datent de la période d’Alya connue sous le nom «Alyé Bé Tamar», période durant laquelle arrivaient des Juifs du Yémen qui avaient entendu parler du Roi des Juifs, le baron de Rothschild, qui achetait des terres en Eretz Israel. D’ailleurs, les Juifs du Yémen avaient découvert des indices dans leurs livres, entre autres, un ouvrage nommé «Nectar», qui prédisait aux membres de cette communauté qu’il était temps de monter en Israël.

Quand ils arrivèrent à Jérusalem ils découvrirent une promiscuité existentielle et une terrible pauvreté ! Les Juifs de Jérusalem craignaient ces immigrants, dont l'origine juive ne leur paraissait pas certaine, et les repoussèrent. Suite à ce rejet, les Juifs du Yémen se retrouvèrent dans des grottes, en dehors de la Vieille Ville, sur les versants du Mont des Oliviers. Des Chrétiens d’origine américaine voulurent aider financièrement ces immigrants à s’implanter. Ce rapprochement, qui aurait pu créer une influence du genre missionnaire, inquiéta les anciens Juifs de Jérusalem qui s’engagèrent à leur apporter leur propre financement. Ils élaborèrent un premier projet, celui de bâtir un nouveau quartier près du site dit de «La source de Shiloah». La moitié des 8000 mètres carrés de terre qui constituait un des versants du Mont des Oliviers avait été donnée par le rabbin Boaz, surnommé Boaz le Babylonien, fils du rabbin Yonathan Mizrahi, qui faisait partie des «Amants de Sion». Cette terre devait servir à bâtir des immeubles pour les Juifs yéménites, et, en 1885, furent posées les premières pierres des trois premières maisons du quartier.

«HaHavatzelet», un journal de l’époque décrit l’emménagement dans les nouvelles maisons : «Grande fête à Jérusalem durant laquelle des Olim, punis, humiliés et au bord du désespoir, ont trouvé leur salut dans une ville appauvrie. Par la Porte des Lions sont sortis les rabbins de Jérusalem et, avec eux, les dirigeants de la Société des gens exclus, le généreux rabbin Boaz, les dirigeants du Kolel Sépharade et de nombreux habitants de Jérusalem. Escaladant des chemins rocailleux, ils se sont dirigés vers la localité de Shiloah. Devant eux se dressaient les trois maisons resplendissantes et semblant être bénies du Saint Nom, les obligeant à réciter la prière de la renaissance du Temple.»

Six ans plus tard étaient construites, dans le quartier des Yéménites, 65 maisons pour les Juifs démunis de Jérusalem. En 1891, les villageois acquirent une dizaine d’hectares de terre à côté de ce quartier. Ils y bâtirent 45 autres maisons. Les habitants avaient des activités professionnelles diverses : tissage, orfèvrerie, commerce extérieur et local, enseignement de la Thora et agriculture. Le représentant du village était David Aouad, à qui a succédé Aaron Avraham Maliah. Son rôle était de représenter les habitants du village auprès des autorités.

La sérénité du village a pris fin en 1929. Les émeutes qui avaient explosé à Hévron se sont étendues à tout le pays. «Attendez, attendez, viendra le jour où nous vous égorgerons comme nous avons égorgé les Juifs de Hévron !» hurlaient les Arabes dans les rues du village. Diverses rencontres ont été organisées entre Aaron Maliah et le rav Yossef Madmoni, d’un côté, et le chef arabe de Silwan, Mohammed Gozlan, de l’autre. Les interventions de Gozlan ne servirent à rien, l’hostilité des arabes croissait dangereusement. Peu de temps après, les autorités ont demandé aux Juifs de quitter le village. Ces derniers sont partis habiter dans l’école sépharade de la Vieille Ville, puis sont revenus quelques années plus tard.

En 1930, il n’y avait plus qu’une centaine d’habitants. De nombreux courriers faisant état de la dégradation de la situation furent envoyés aux dirigeants de l’implantation juive en Eretz Israel. Ces lettres n’eurent aucune réponse. Le 11 août 1938, la police britannique quittait le village, le laissant sans protection. Trois jours plus tard, les autorités exigèrent des Juifs qu’ils quittent le village. Les habitants furent évacués vers la Vieille Ville. Durant leur absence, les Arabes vandalisèrent l’endroit, arrachant les portes et détruisant les maisons. En 1939, Shlomo Madmoni, qui était allé vérifier l’état du Sefer Thora caché dans sa maison, fut assassiné par les Arabes. Quelques mois plus tard, la Synagogue Ohel Shlomo fut profanée. Le Sefer Thora et les livres saints furent détruits et profanés.

Durant la Guerre d’indépendance [1947-1948], tous les quartiers de Jérusalem-est tombèrent entre les mains des Jordaniens. En 1967, à la libération de Jérusalem, les descendants du village trouvèrent les ruelles désertes et les maisons détruites. Entre les différentes vagues de destruction et les guerres, un ensemble de constructions arabes s’était édifié sur les terres juives du village.

Aujourd’hui, 120 ans après l’acquisition et la construction du village, des familles juives sont retournées vivre à Shiloah. Le Conseil pour le renouvellement de l’implantation à Shiloah a reçu une permission légale de diriger la construction de Kfar ha Témanim. Il faut souligner que lorsque la reconstruction a été entreprise, il ne restait plus en place qu’un seul bâtiment juif, la synagogue du village.

Dans ce nouvel immeuble de six étages et demi, construit dans le plus grand secret, sont venues vivre 11 familles juives au nombre de 40 personnes. Durant Pessah et après les fêtes, des visites guidées seront organisées dans le village de Shiloah.

Pour toute information, prière de téléphoner au : 1-800-3000-36.


© aroutz7.com en français

Mis en ligne le 1er avril 2004 sur le site www.upjf.org
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