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Jérusalem, ou le non-fondement coranique du rêve palestinien, D. Blumenstihl-Roth
13/02/04(Nouvelle version)
Faire de Jérusalem la capitale d’un Etat palestinien est un rêve que nourrissent de nombreux dirigeants arabes. C’est l’ambition de Yasser Arafat, soutenu doctrinalement par les autorités saoudiennes, gardiennes des lieux sacrés de l’islam que sont Médine et La Mecque. Dans le monde entier, les autorités religieuses musulmanes les plus compétentes, des plus modérées aux plus intransigeantes, soutiennent cette proposition. Mais sur la base de quels arguments ?
Tous les musulmans affirment que leur Tradition consacre la sainteté de cette ville, dont le nom en arabe est Al-Quds (la Sainte). En fait, c’est la traduction textuelle du nom hébraïque : Yerushalayim ‘Ir ha-Qodesh, c’est-à-dire Jérusalem la Ville Sainte. Elle serait apparue, en rêve, au Prophète, lors de son ascension céleste, songe consigné et commenté dans le traité Kitâb al-Isra d’Ibn Arabî. En effet, Muhammad vit apparaître un escalier, au sommet duquel il bénéficia d’un dialogue avec son Seigneur, qui lui confirma : Je t’ai donné sept des Répétés et la Récitation magnifique (le Coran) dans laquelle se trouve la sourate l’Ouvrante (Al-Fâtiha), la Sourate de la Génisse (n° 2) et la sourate de la Famille d’Amrân (Ahl al-’Imrân).
Ces trois sourates, évoquées lors du rêve du Prophète, contiennent-elles un verset qui légitimerait le désir palestinien ? La savante concordance Al Mu’jam al mufahras li alfaz al Koran classe les mots du Coran de manière à retrouver rapidement tous les versets dans lesquels un mot est employé. Le passage coranique qui éclaire la problématique de Jérusalem y est mentionné et renvoie à la sourate 2. Le Prophète de l’islam s’y exprime sans équivoque et ce passage s’accompagne, dans l’édition arabe officielle du Coran éditée à Médine, d’une note, rédigée sous le contrôle des autorités du Ministère saoudien de l’Orientation Religieuse, précisant qu’à La Mecque, avant l’Hégire, le Prophète s’orientait de telle sorte qu’il avait pour "Qibla" [direction de la prière] à la fois la Ka’aba [énorme cube contenant la "Pierre noire", vénérée à La Mecque] et Jérusalem. Qu’arrivé à Médine, il s’inclina en direction de Jérusalem, et qu’au bout de quelques semaines, il se tourna vers la Ka’aba, préférant diriger son cœur et sa prière définitivement vers La Mecque. La note insiste sur le caractère déterminant du choix : la "Qibla" de l’Islam n’est pas Jérusalem, mais La Mecque.
A la grande surprise des Musulmans - qui l’ignorent souvent -, le statut de Jérusalem a déjà été réglé par le Prophète de l’islam. Dans un long passage de cette sourate où il rappelle la validité de l’enseignement mosaïque, il propose une nouvelle direction : La Mecque. Aux versets 144 et suivants de la sourate 2, il est précisé de manière explicite quelle est sa "Qibla", c’est-à-dire le lieu géographique où s’inscrit le point d’insertion de son orientation spirituelle. Le Coran, dans sa version la plus orthodoxe, publiée par les éditions officielles de Al-Madinah Al–Munawwarah d’Arabie saoudite, confirme que le Prophète désavoue l’idée que Jérusalem soit la Qibla de l’islam. Il affirme que ce sera une difficile épreuve que de renoncer à Jérusalem, mais que c’est justement dans sa capacité de choisir la nouvelle orientation que l’on reconnaîtra le véritable Croyant de l’islam (sourate 2, verset 143). Ce dernier se distingue du Juif par la spécificité de sa nouvelle Qibla. A chaque peuple une direction qu’il adore (sourate 2 verset 148). Jérusalem est à Jacob, La Mecque à Muhammad. Il n’existe aucune équivoque, dans le Coran, quant à l’adhésion et l’appartenance intimes de Jérusalem au peuple de Jacob. Quant au christianisme, nous savons tous que Jésus a désigné son apôtre Pierre, et que son lieu saint est Rome.
La tradition musulmane confirme en tous points que non seulement La Mecque est l’unique Qibla de l’islam, mais que le prophète s’est résolument détourné de Jérusalem. En effet, le célèbre recueil des haddiths authentiques de Sahih Al-Bukhari, At-Tajride as-Sarih, daté du IXe siècle, rassemble les faits et gestes du Prophète. Cet ouvrage incontesté fait autorité auprès de tous les docteurs de la Loi islamique. Les Haddiths authentiques constituent la seconde source de références islamiques et sont formels au sujet de Jérusalem. A trois reprises, le Prophète de l’islam se détourne de Jérusalem, dans les haddiths 117, 118, 119.
Il ressort du Coran et des Haddiths que le désir de faire de Jérusalem une capitale politique, au nom de principes religieux, ne reçoit pas l’approbation du fondateur de l’islam. La Tradition le sait, et la preuve en est que les Musulmans ne se rendent pas en pèlerinage à Jérusalem, au Dôme de la Roche – Qoubbet es-Sakhra, site traditionnel du rêve de la montée au ciel de Mohammed sur son cheval ailé -, mais bien à La Mecque. Cette tradition s’appuie sur la sourate 2, verset 145, où le Prophète non seulement désavoue sévèrement le Musulman qui persisterait à se tourner vers l’ancienne Qibla, mais rappelle que seule La Mecque répond à l’orientation spirituelle exclusive de l’islam.
En conséquence, le rêve palestinien — rêve musulman communément colporté dans les associations, mosquées et écoles coraniques de posséder une capitale sacrée en Jérusalem - ne repose sur aucune légitimité ni coranique, ni traditionnelle.
Il incombe donc à Israël, précisément en réponse à ce rêve palestinien et islamique illégitime, de renouer avec la métaphysique, fondée sur l’Alliance abrahamique, seul contrat qui lui garantisse la pleine propriété de sa Qibla : Jérusalem.
Dominique Blumenstihl–Roth *
© upjf.org
* Prix des écrivains d’Alsace et de Lorraine. Prix de la Poésie de la ville de Dijon domi.blumenstihl.site.voila.fr
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Note additionnelle de la Rédaction d'upjf.org
Voir également :
- "Jérusalem n’était pas le centre cultuel de l'Islam"
(www.upjf.org/documents/showthread.php?postid=5986)
- "'Voyage nocturne' de Muhammad: pas à Jérusalem mais à Médine"
(www.upjf.org/detail.do?noArticle=5768&noCat=109&id_key=109#)
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Note additionnelle de D.Blumenstihl–Roth
Quelques ouvrages de référence sur le judaïsme et sur Israël :
www.dominique-aubier.org/france/books/B./html
www.dominique-aubier.org/france/books/Q1-2.html
www.dominique-aubier.org.france/books/C./html
Sur la conciliations des religions :
www.dominique-aubier.org/france/books/I.html
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Première version mise en ligne le 08 février 2004 sur le site www.upjf.org
Nouvelle version de l'auteur mise en ligne le 13 février 2004.
Nouvelle version de l'auteur, mise en ligne le 13 février 2004.











