Titre complet : " Jérusalem en esclavage: Chrétiens, Bible, et époque actuelle, la politique israélo-palestinienne", par Michaël Perko
(Exposé présenté lors de la Rencontre Annuelle de lAssociation pour les Etudes sur Israël, en mai 2003)
Traduction française de Menahem Macina pour upjf.org
Original anglais sur : www.bc.edu/research/cjl/meta-elements/texts/articles/perko03.htm
[Voir le CV de M. Perko (en format pdf).]
Introduction
La recherche récente portant sur la dynamique du fondamentalisme a été à lorigine dune compréhension plus claire de limpulsion qui amène des gens, qui saffirment traditionalistes, à utiliser néanmoins des textes religieux normatifs, dune manière extrêmement novatrice qui trouve son expression dans des formes spécifiques dactivité politique (1). Au Moyen-Orient, on observe une activité de cette nature tant dans les mouvements islamiques fondamentalistes que dans diverses formes de judaïsme religieux de droite. Dans les deux cas, lutilisation non traditionnelle de textes religieux fournit une justification à des revendications territoriales qui sont une occasion de conflit entre les deux communautés, et sert également de moteur à une action politique visant à promouvoir cette cause. Ainsi, les Sionistes religieux de droite ont utilisé des "anthologies de textes probants", tirés des Ecritures hébraïques, pour justifier la création et lexpansion des implantations dans les Territoires Occupés, tandis que les Islamistes fondent leurs revendications territoriales sur des textes coraniques.
Pourtant, peu dattention a été accordée à la variété dinterprétations bibliques chrétiennes qui influent sur la manière dont les chrétiens appréhendent des problèmes tels que la place de lactuel Etat dIsraël dans le [dessein] providentiel de Dieu, la manière dont la question palestinienne doit être comprise, et le rôle des chrétiens indigènes et étrangers dans la politique moyen-orientale. Ce manque dattention est compréhensible, étant donné que la plupart des chrétiens ne sont que des acteurs indirects de la politique régionale. Même dans le cas des Chrétiens palestiniens, leur nombre est si faible, que linfluence politique quils exercent, au moins directement, est minime.
Cependant, le caractère indirect de linfluence chrétienne ne doit pas estomper son importance dans la dynamique de la politique actuelle en Israël/Palestine. Particulièrement dans le cas des Chrétiens américains, la pression que cette influence est capable dexercer sur des gouvernements nationaux ne doit pas être sous-estimée. Dailleurs, les ressources financières que les groupes chrétiens fournissent aux implantations israéliennes et à léconomie touristique, dune part, et aux églises chrétiennes palestiniennes de lautre, exercent une influence importante, même si elle nest quindirecte, sur des situations en Israël proprement dit et dans les Territoires. (2) Et puis, pour des raisons politiques et économiques, bien saisir la manière dont de tels groupes utilisent des interprétations théologiques particulières, fondées sur les Ecritures, pour développer leurs lignes de conduite confessionnelles concernant lactuel Etat dIsraël et la question palestinienne, a beaucoup dimportance pour avoir une compréhension complète de lélément religieux qui sous-tend les conceptions géopolitiques [religieuses] contemporaines concernant cette région du globe.
Les positions chrétiennes, comme les juives, sont enracinées dans des positions théologiques qui, à leur tour, sont fréquemment fondées sur des textes bibliques. Un examen de telles perspectives pourrait être réalisé en utilisant plusieurs modes de catégorisation.
Lun dentre eux consisterait à considérer les divers groupes chrétiens en fonction de leur place sur léventail politique libéral/conservateur. Des confessions religieuses, telle la Convention baptiste du Sud, par exemple, sont, à lévidence, plus conservatrices dans leurs positions politiques laïques que ne le sont les groupes libéraux comme les Eglises épiscopaliennes ou presbytériennes. La difficulté de lemploi de cette catégorisation est quelle ne parvient pas à traiter directement des questions biblico-théologiques qui sont au coeur du problème.
Un autre mode de catégorisation consisterait à évaluer les groupes chrétiens sur base de leurs perspectives théologiques. Dans ce cas, les questions cruciales concernent la manière dont ils comprennent la fin des temps et, en conséquence, leur point de vue sur les Juifs et le Judaïsme, dans ce contexte. Il est important de savoir sils croient à la lettre quIsraël doit être rétabli sur la terre avant que Jésus puisse venir à nouveau et quen conséquence, le monde puisse prendre fin.
Une dernière catégorisation pourrait prendre en compte la manière dont tel groupe religieux spécifique procède généralement dans son utilisation des textes bibliques.
Pour les Protestants fondamentalistes et beaucoup dautres conservateurs, LEcriture sinterprète de manière littérale. Les textes doivent être considérés comme directement inspirés de Dieu et, en conséquence, doivent être compris comme étant vrais à la lettre.
Pour les Protestants libéraux et les Catholiques, par contre, la Bible doit être interprétée selon la méthode de la critique textuelle, développée par des savants philologues et biblistes allemands de la fin du XIXe et du début du XXe siècles. Ici, les textes sont considérés comme divinement inspirés mais pas nécessairement comme une vérité littérale. Ils doivent plutôt être compris dans les contextes où ils ont été formés et composés.
La compréhension du récit de la création, dans le Livre de la Genèse, constitue un bon exemple. Pour les Chrétiens qui lisent la Bible de manière littérale, le monde a bien été créé en sept jours, et lhumanité a été créée directement par Dieu. La possibilité dune évolution géophysique et anthropologique est impensable.
Par contre, pour ceux qui lisent la Bible selon la méthode de la critique textuelle, ces textes sont considérés comme affirmant que Dieu est, en définitive, responsable de la création du monde et de lhumanité: la manière dont cela sest produit est le fruit de la rédaction des textes eux-mêmes.
Notre analyse, à ce propos consistera en une combinaison des deux dernières catégories. Bien que certains groupes religieux insistent sur le fait que leur compréhension nest guidée que par des considérations scripturaires et non théologiques, ce nest justement jamais le cas. En fait, lEcriture est intimement liée à la théologie, que cela soit clairement exprimé ou non. Dans beaucoup de cas (peut-être même dans tous), lEcriture fournit le terreau de la théologie et, en retour, elle est interprétée à la lumière de cette réflexion. Aussi, notre classification sera-t-elle établie sur la base de textes bibliques spécifiques, qui se révèlent importants, sur les manières dont ils sont interprétés, et sur les positions théologiques qui émergent, explicitement ou implicitement, de telles considérations.
[1] Les Sionistes chrétiens conservateurs
Linterprétation littérale des textes bibliques, que font des Sionistes chrétiens conservateurs, ainsi que la théologie qui en résulte, les amènent à soutenir fortement les éléments les plus conservateurs de la politique israélienne, ainsi que lidée dun Grand Israël. Une bonne part de leur théologie senracine dans un passage du Nouveau Testament, Luc 21, 24 ss., où Jésus émet des prédictions apocalyptiques concernant les temps à venir, qui semblent impliquer une restauration dIsraël, à lépoque qui précédera la fin du monde (3). Pour ces groupes, donc, soutenir lactuel Etat dIsraël est crucial pour sa survie et finalement, pour hâter lavènement de Jésus comme Messie qui sera reconnu par le monde entier. Leur intérêt nest donc pas tellement une marque de soutien de lentreprise sioniste en tant que telle, surtout dans ses dimensions séculières, mais plutôt lexpression du désir daccélérer la venue finale de Jésus, de toutes les manières possibles. Doù cette remarque dun commentateur : "Que pour la première fois, depuis plus de 2.000 ans, Jérusalem soit maintenant entièrement aux mains des juifs donne à celui qui étudie la Bible un frisson et une foi renouvelée en lexactitude et la validité de la Bible." (4)
Lune des premières organisations installées en Israël à faire sienne cette théologie a été Bridges for Peace (Des Ponts pour la Paix), fondée en 1980. Son interprétation dIsaïe 58, 12 (5) la conduite à aider à remettre en état des logements pour les pauvres et les personnes âgées.
La même année, cependant, une organisation très visible a été créée, qui est devenue la principale agence, en Israël, du Sionisme chrétien : lAmbassade Chrétienne Internationale de Jérusalem. Se fondant sur une interprétation littérale de Isaïe 40, 1-2, elle sest donné comme mission primordiale de soutenir lEtat dIsraël dans pratiquement toutes ses positions politiques (6) . Elle a également été très active dans la promotion du tourisme chrétien et de laliyah juive. Un trait caractéristique de son soutien, également cité comme une illustration du rapport souhaité entre les Chrétiens sionistes et Israël, est une manifestation somptuaire organisée tous les ans, à Souccoth, fête considérée comme une occasion appropriée pour lappui des Gentils, en raison de la prophétie de Zacharie 14, 16 (7) et celle de Michée 4, 1-2 (8), avec sa vision universaliste.
Un dénigrement concomitant des droits palestiniens est également enraciné dans leurs interprétations scripturaires. Dans plusieurs Congrès sionistes chrétiens, on a insisté sur le fait que, puisque Dieu a accordé aux nations arabes les promesses qui leur sont propres, elles doivent obligatoirement permettre à Israël de vivre dans le territoire que Dieu lui a donné, y compris la Judée, la Samarie et Gaza (9). Cette position a été justifiée par lutilisation de textes bibliques tels que Genèse 17, 20 (10) et Isaïe 19, 24-25 (11).
On trouve des prises de position semblables dans dautres organisations sionistes chrétiennes, telles que National Christian Leadership Conference for Israel, Voices United for Israel, the Religious Roundtable, et une communauté de religieuses protestantes allemandes, les Soeurs évangéliques de Marie, à Darmstadt. Une organisation, Christian Friends of Israeli Communities [Amis chrétiens des Communautés israéliennes], fournit un appui économique à plusieurs implantations de la Rive Occidentale et de la Bande de Gaza (12). Il nest pas surprenant que ces groupes et dautres du même genre soient devenus chers aux gouvernements israéliens successifs, particulièrement ceux de droite. Des politiciens de haut rang, qui reconnaissent limportance de leur contribution à lentreprise sioniste, assistent régulièrement à leurs activités. Il y a quelques années, par exemple, le premier ministre Begin a décerné la médaille Jabotinsky au Révévérend Jerry Falwell, qui était alors un dirigeant Baptiste du Sud, très en vue et influent (13).
[2] Chrétiens conservateurs antisionistes
Il existe un groupe, plus modeste mais assez en vue, composé de Chrétiens évangéliques qui, se fondant sur leurs interprétations bibliques particulières, ne soutiennent pas les activités de lEtat moderne dIsraël et y sont même fréquemment hostiles. Lun de ses plus importants dirigeants, Gary Burge, utilise régulièrement Lévitique 25, 23 (14) pour souligner le fait que la terre nappartient quà Dieu, et quIsraël nen est que lun des locataires. Il interprète de la même manière Hébreux 3-5, et ses nombreuses références à la terre, comme ayant une signification métaphorique plutôt que littérale. Cest ainsi que, de son point de vue, la "terre" est une simple métaphore de la condition de disciple, et il en conclut que les revendications actuelles les mieux fondées la concernant sont celles des Chrétiens, et non celles des Juifs. De même, Don Wagner, un universitaire religieux américain, insiste sur le fait que le terme "peuple" doit, lui aussi, être interprété. Puisque Jésus ne promet jamais la restauration dun Etat juif [1], les chrétiens doivent considérer lactuel Etat dIsraël comme une entité purement séculière nayant aucune justification biblique (15).
La position prise par ces Chrétiens conservateurs ressemble davantage à celle des Protestants de la tendance libérale majoritaire. Bien quincapables de souscrire à la méthode de critique textuelle dinterprétation de la Bible, ils nen arguent pas moins que les textes tirés des "anthologies de preuves" [par lEcriture], et utilisés par les Chrétiens sionistes, doivent être interprétés de manière métaphorique et non littérale. Quoique leurs théologies soient généralement plus conformes à celles de leurs collègues conservateurs, leur utilisation des sources scripturaires est méthodologiquement différente et les conduit à des interprétations différentes des textes bibliques.
[3] Les Protestants libéraux
Les Confessions protestantes libérales, ou appartenant à "la ligne majoritaire" regardent la Bible sous langle de la critique textuelle historique. En conséquence, les "anthologies de preuves" [par lEcriture] ne sont pas utilisées pour servir de base à des positions théologiques et politiques. Même un rapide examen des déclarations annuelles de ces Confessions révèle, au mieux, une neutralité par rapport à la question du droit dIsraël à la terre et, au pire, le soutien des revendications palestiniennes concurrentes. La déclaration de la United Church of Christ [Eglise Unie du Christ], en 1990, est représentative à cet égard:
"Nous ne voyons pas de consensus dans lEglise Unie du Christ, ni au sein de notre panel, concernant la signification de lEtat dIsraël au regard de lAlliance. Nous évaluons largument moral contraignant pour la création de lIsraël moderne comme un vecteur pour lautodétermination et comme un asile pour un peuple-victime; mais nous reconnaissons également que cet événement a entraîné lexpropriation des Palestiniens de leurs maisons et la négation des droits de lhomme." (16).
Les Luthériens américains affirmaient, de la même manière :
"Il semble quil ny ait aucun consensus parmi les Luthériens en ce qui concerne la relation entre le peuple élu et le territoire où se trouve lactuel Etat dIsraël." (17).
Quant aux Presbytériens, ils prennent une option pro-palestinienne et se distancient des Sionistes chrétiens (18).
Une autre Confession protestante libérale, la Communion Anglicane mondiale, a exprimé, tout récemment, sa position de longue date, dans un communiqué de presse du 14 avril 2003 au sujet du bombardement de léglise Saint Philippe et de lHôpital Al Ahli par les forces de Tsahal :
"Les autorités de lhôpital dAl Ahli dAl condamnent la violence de toutes les parties et aspirent à la paix et la justice pour tous les résidents de la Terre Sainte" (19).
Mais une autre organisation ecclésiale, Episcopal (American) Fellowship of Reconciliation, a publié, en février 2003, une déclaration invitant lEtat dIsraël à mettre fin à ses tentatives de construire et de développer les colonies (20), ce qui constitue un clair rejet de la notion biblique dun Grand Israël.
Dans tous ces cas de figure, les positions de théologie politique sont le résultat dune approche de critique textuelle des textes bibliques, considérée comme neutre, ou comme ne soutenant pas une revendication juive de la terre sur base scripturaire. Il est également intéressant de noter quau moins deux de ces Eglises, les Luthériens et les Anglicans, ont des assemblées religieuses autochtones en Israël/Palestine. Or, toutes deux ont produit des théologiens chrétiens arabes, dont les travaux sont largement connus en Europe et aux Etats-Unis, et qui seront traités de manière assez détaillée plus avant dans cet essai. Lexpérience immédiate des assemblées religieuses palestiniennes de ces Confessions, couplée à labsence dune théologie biblique qui soutiendrait sans ambiguïté les revendications juives concernant la terre, a produit des politiques de neutralité ou dopposition envers lactuel Etat israélien.
[4] Les Catholiques romains
Lhistoire des relations de lEglise catholique avec le mouvement sioniste et, par la suite, avec lEtat dIsraël, se caractérise par un changement de politique ainsi que par les préoccupations diplomatiques plus larges du Saint-Siège (par exemple, la situation des minorités catholiques dans les sociétés moyen-orientales) (21). Le document Nostra Aetate, du Concile Vatican II, promulgué en 1965, a représenté un changement important dans lattitude de Rome envers le Judaïsme comme religion. Cependant, les documents subséquents, qui traitaient avec sympathie des Juifs, du Judaïsme, et de la Shoah, ainsi que la reconnaissance formelle de lEtat dIsraël, en 1993, ne se sont pas traduits par une politique défendant lexistence dIsraël sur base des textes bibliques. En fait, le Vatican a pris grand soin dinsister sur le fait que sa politique diplomatique est enracinée dans la realpolitik plutôt que dans le transcendant. Le fait quen 2000, le Saint-Siège ait signé avec lAutorité Palestinienne un accord qui est, en fait, un clone de celui qui a été conclu avec Israël, est une manifestation évidente de cet état de choses, comme un commentateur israélien notoire la montré (22).
Deux déclarations catholiques officielles exposent de manière claire et directe lattitude de léglise envers lIsraël daujourdhui en tant quentité religieuse. Le premier est la "Déclaration sur les relations entre Catholiques et Juifs", de la Conférence nationale des évêques catholiques (des États-Unis), en 1975, qui affirme ce qui suit :
Dans le dialogue avec les Chrétiens, les Juifs ont expliqué quils ne se considèrent pas comme une Eglise, ni comme une faction religieuse, ou une entité confessionnelle, comme cest le cas des communautés chrétiennes, mais plutôt comme des gens ayant le sentiment de constituer un peuple [rather as a peoplehood] [2] qui nest pas seulement une race, une ethnie, ni une entité religieuse, mais un composé de tout cela, en quelque sorte. Cest pour ces raisons quune majorité écrasante de Juifs se sentent liés, dune manière ou dune autre, à la terre dIsraël. La plupart des Juifs considèrent ce lien à la terre comme fondamental pour leur judéïté. Quelles que soient les difficultés que les Chrétiens peuvent avoir à partager ce point de vue, ils doivent sefforcer de comprendre ce lien entre la terre et le peuple, que les Juifs ont exprimé dans leurs écrits et leur culte, tout au long de deux millénaires, et qui traduit un désir ardent pour leur patrie, la sainte Sion. Reconnaître nest pas donner son assentiment à une interprétation religieuse spécifique de ce lien. Pas plus que cette affirmation ne signifie la négation des droits légitimes dautres entités dans la région, ni ladoption dune position politique dans les controverses à propos du Moyen-Orient (23).
Le Vatican reprend les thèmes des évêques américains dans ses "Notes sur la Manière Correcte de présenter les Juifs et le Judaisme dans la Prédication et la Catéchèse de lEglise Catholique" (1985). Citant le document américain, il déclare (24):
"
lexistence de lÉtat dIsraël et ses options politiques doivent être envisagées dans une optique qui nest pas en elle-même religieuse, mais se réfère aux principes communs du droit international" [3].
Il faut noter ici laddition de la notion de lautorité prépondérante du droit international, position diplomatique essentiellement séculière.
Ainsi, la plus grande Confession chrétienne du monde résiste aux interprétations bibliques qui considèrent que la terre appartient à quiconque plutôt quà Dieu. Elle le fait pour plusieurs raisons. Bien que sa théologie soit devenue plus irénique envers le Judaïsme, elle nest pas allée jusquà la traduire en un soutien de lEtat israélien séculier. Linterprétation biblique catholique, comme celle du courant majoritaire protestant, est fondée sur la méthode de la critique textuelle. En conséquence, lEcriture nest pas considérée comme ayant une autorité prépondérante en ce qui concerne les droits juifs ou arabes sur la terre. En outre, les préoccupations de la politique traditionnelle du Saint-Siège à propos de la situation des catholiques autochtones dans les pays arabes, ainsi quen matière de libre accès aux lieux saints chrétiens en Israël proprement dit, encouragent lEglise à rester neutre vis-à-vis dIsraël sous langle religieux, ou à pencher quelque peu en direction des Palestiniens (25). En tout état de cause, dans ses déclarations officielles, lEglise catholique a évité de prendre une position quelconque à propos de la signification religieuse de lEtat moderne dIsraël, alors quelle demeure critique à légard de loccupation de la Rive Occidentale et de Gaza.
[5] Tenants palestiniens de la Théologie de la Libération
La perspective politico-théologique la plus radicalement à gauche est celle quont adoptée deux théologiens palestiniens qui se situent dans la mouvance dite de la Théologie de la libération. Il sagit dun mode de réflexion et danalyse théologique qui souligne lexpérience de loppression des pauvres et confère à Jésus un rôle de libérateur politique tout autant que spirituel. Quoique ce mouvement provienne dAmérique latine, il a des partisans dans dautres sociétés marginalisées, dont lIndonésie et la Palestine.
Le plus expressif des théologiens palestiniens de la Libération est Mitri Raheb, un pasteur qui a la charge de la paroisse luthérienne de Bethléem. Léducation théologique de Raheb en Allemagne est perceptible lorsquil aborde la question de la manière dont la Bible doit être comprise par rapport à la question de la Palestine. Arguant du fait que la Bible est la parole de Dieu exprimée en termes humains, il va jusquà insister sur le fait que les Ecritures ne sont pas tombées du ciel, et nécessitent une interprétation continuelle. De plus, il affirme que cest un élément central de linterprétation biblique que de la considérer comme un tout, incluant les Ecritures hébraïques et le Nouveau Testament (26).
Sagissant de linterprétation de textes spécifiques, Raheb précise que des passages tels que Genèse 23, 1-20 (27) et Juges 1, 21 (28) montrent que, même après quIsraël soit entré dans le pays, il y avait là dautres peuples qui vécurent au milieu deux (29). Dailleurs, des textes, tel Lévitique 25, 23 (30), corroborent la compréhension selon laquelle, en définitive, le seul vrai propriétaire de la terre est Dieu et non ses habitants humains (31). De même, il note que Amos 9, 7 (32) relativise le récit de lexode des Israélites en indiquant que Dieu a fait des merveilles semblables pour dautres peuples.
Ce récit de lExode est au coeur de la théologie de Raheb. Il affirme, en effet, que lhistoire palestinienne est fondamentalement celle de lExode. Ainsi,
"Dans lExode, nous voyons Moïse et Aaron qui tiennent tête à Pharaon ; nous voyons le peuple qui commence à partir. En même temps, nous voyons lattitude de Pharaon : obstiné, insensible, inflexible
Il ne peut répondre que non à la demande de liberté et dindépendance formulée par Moïse. Non à la liberté, non à lindépendance, et non à un Etat qui soit le leur" (33).
Il poursuit en affirmant que la réponse de Pharaon correspond fidèlement à celle dun Premier ministre israélien tel que Yitzhak Shamir, aux demandes palestiniennes, depuis linflexible "non" jusquà lutilisation de la force militaire pour maintenir lhégémonie. Il conclut :
"Le besoin de rappeler la période de la souffrance en Egypte comme étant le fondement de la vie dans la terre promise pourrait peut-être fournir un point de départ essentiel à un dialogue entre les Chrétiens palestiniens et les Juifs. Si la première tâche de lEglise est dordonner à Pharaon de donner la liberté au peuple opprimé, alors, sa seconde tâche est daider le peuple libéré à préserver sa liberté. La libération de loppression a pour but une libération en vue dune vie de justice. Lenseignement et la prédication de lEglise éveillent le peuple pour quil entende lappel de Dieu à être libre et à vivre en conséquence" (34).
Puis Raheb utilise les textes bibliques pour corroborer sa compréhension des exigences légitimes des Juifs et des Palestiniens concernant la terre. En outre, il interprète le récit de lExode comme étant fondamental non seulement pour les Juifs, mais également pour les Chrétiens palestiniens dans leur recherche de libération politique.
Aussi passionnée, et marginalement plus radicale, est la théologie fondée sur la Bible du prêtre palestinien anglican, Naïm Ateek. La théologie dAteek, élaborée durant ses études universitaires aux Etats-Unis, senracine dans une tentative de concilier les exigences religieuses, apparemment contradictoires, de la justice, avec les textes bibliques. Etant donné que les Chrétiens palestiniens considèrent la Bible comme partiale et discriminatoire, le problème devient alors celui de son interprétation. Pour Ateek, "la Libération découle de lapplication de cette clef herméneutique" (35).
Il poursuit par une explication de trois thèmes bibliques. Ceux-ci sont enracinés dans des textes qui ne traitent pas directement du problème de la terre, mais fournissent un fondement biblique à la réflexion théologique sur la situation générale dIsraël/Palestine.
Le premier thème a trait à lhistoire de Naboth, au chapitre 21 du Premier Livre des Rois (36). Faisant un résumé du récit, Ateek affirme quIsraël a agi comme le Roi Achab en semparant injustement de terres palestiniennes, et quen conséquence, comme Achab, Israël sattirera, la rétribution punitive de Dieu.
Le second thème sappuie sur le chapitre 22 du même Livre (37). Ateek compare les prophètes en transes, impatients de dire au roi ce quil veut entendre, aux conseillers politiques israéliens daujourdhui, qui font la même chose malgré les conséquences. Ceux qui prophétisent la vérité déplaisent à lautorité en place et sont fréquemment punis de leurs tentatives.
Le dernier thème se base sur les Psaumes 42 et 43 (38). Ateek y voit une indication de ce que Dieu entend les cris de lopprimé : les Palestiniens doivent vivre dans la confiance et lespoir, fondés dans la foi, et sils agissent ainsi, un juste résultat, bien que non encore visible, est assuré (39).
Il démarque, dans le Nouveau Testament, deux textes qui montrent une plus large compréhension chrétienne de la relation dIsraël avec les nations. En Matthieu 1, 1-18, est donnée la généalogie symbolique de Jésus. Elle inclut trois femmes étrangères (Ruth, Rahab, et Bethsabée), ce quAteek considère comme une indication quIsraël ne peut plus être considéré comme ayant lexclusivité dune demande de salut. Ce thème est mis en évidence dans la prédication et les actes de Jésus dans les évangiles. Jésus y rappelle à ses auditeurs que, bien quil y eût des lépreux en Israël, Elisha a choisi de guérir Naaman le Syrien (40); en outre, malgré les interdictions, Jésus sentretient avec une Samaritaine (41). Pour Ateek, tous ces textes, amènent à comprendre, de manière plus large, où lon peut découvrir lamour et lattention de Dieu. Ainsi :
"Ce qui est clair, dun point de vue chrétien palestinien, cest que lapparition du mouvement sioniste au Vingtième siècle est une régression de la communauté juive vers lhistoire de son très lointain passé, sous sa forme la plus élémentaire et la plus primitive du concept de Dieu. Le sionisme a réussi à redonner vie à la tradition nationaliste dans le Judaïsme" (42).
Comme antidote de ces tendances, Ateek propose de se concentrer sur lidée de la terre comme appartenant à Dieu seul, telle quelle est exprimée dans Lévitique 25, 23 (43), et Josué 24, 13 (44). Selon Ateek, ce nest que dans le 1er Livre de Samuel, quapparaît la première mention dEretz Yisrael, et lexpression ne figure que six fois, en tout, dans les Ecritures hébraïques (45). De son point de vue, une exégèse correcte de la totalité des textes pertinents des Ecritures hébraïques rend problématique toute revendication territoriale de lEtat dIsraël moderne, basée sur des sources bibliques. A cela sajoute un plaidoyer pour que lIsraël moderne passe à une compréhension universaliste de Dieu, enracinée dans des textes comme les derniers chapitres dIsaïe, et éloignée du concept étroit dun Dieu national (46).
Ces deux théologiens palestiniens de la Libération utilisent dautres textes que ceux des Sionistes juifs et chrétiens et en font une exégèse différente. Il est remarquable que beaucoup de ces textes sont tirés des livres historiques ou prophétiques des Neviim [(Livre des) Prophètes], plutôt que de la Torah, [ou Pentateuque : les cinq premiers livres de la Bible]. Ainsi, lattention particulière que Dieu porte à Israël est toujours contrebalancée par une critique des actes de la nation, commis par les propres membres de cette dernière. Dailleurs, les textes tardifs peignent un tableau de Dieu plus universaliste que ceux des écrits plus anciens.
Concomitamment, il y a une manière différente dinterpréter les textes examinés. Plutôt que de les voir comme des expressions littérales de la volonté divine, Raheb et Ateek considèrent les sources scripturaires comme métaphoriques, conçues pour transmettre des significations universelles plus larges. Dans cette perspective, les Palestiniens peuvent sapproprier comme leur propre histoire lexpérience de lExode dIsraël, tiré de lesclavage pour être mené à la liberté dans sa terre par un Dieu aimant. Interprétés de cette façon, les textes bibliques revêtent une signification qui est lantithèse absolue de celle quadoptent les Sionistes juifs et chrétiens religieux. Dans le monde actuel, les Palestiniens deviennent les nouveaux Israélites, et la direction politique israélienne, Pharaon et sa cour.
[6] Conclusion
Un examen de la manière dont les groupes chrétiens utilisent les textes bibliques en développant des théologies et en formulant une ligne daction publique révèle des différences considérables au sein de la communauté chrétienne. Les Sionistes chrétiens tendent à soutenir de manière non critique la politique de lEtat moderne dIsraël, et particulièrement la compréhension, quont les gouvernements de droite, de lidée dun Grand Israël comprenant lintégralité de la Judée et de la Samarie; ils soutiennent également les implantations juives dans ces zones. Leur position, qui entraîne fréquemment lintervention du gouvernement des Etats-Unis sur les questions liées à Israël, ainsi quun encouragement du tourisme et une aide financière aux activités des implantations, est enracinée dans une interprétation littérale des textes bibliques promettant la terre aux Israélites, et une théologie qui croit que la restauration dun Etat juif doit se produire pour que la fin des temps et le retour final de Jésus puissent avoir lieu.
Dans le secteur évangélique, cependant, il y a également des non- et des anti-Sionistes. Ceux-ci souscrivent à une interprétation moins littérale des textes bibliques, particulièrement dans la Torah, et fondent leurs théologies dans une compréhension plus métaphorique des Ecritures, ainsi que dans un recentrement sur les passages prophétiques des Neviim.
La position prise par le courant majoritaire libéral Protestant et par les Catholiques romains est semblable à celle des Evangéliques non-Sionistes. En tout état de cause, au sein de ces groupes, les compréhensions de lEcriture sont également moins orientées vers des interprétations littéralistes, et optent plutôt pour lanalyse de la critique textuelle, basée sur des méthodes historiques développées dans les universités allemandes à la fin du Dix-neuvième siècle. Le résultat a été une concentration sur les thèmes plus larges quoffre la littérature biblique, tels que Dieu comme créateur et soutien (Genèse), ainsi que libérateur de loppression et du danger (Exode). De tels groupes évitent également les interprétations de la fin des temps, qui parlent de manière littérale des événements qui la précéderont, et rejettent la littérature considérable qui tente de regarder les événements contemporains du Moyen-Orient dans une optique biblique. Ces positions, ainsi quune focalisation sur les passages prophétiques des Ecritures hébraïques et sur le Nouveau Testament, ont eu généralement pour résultat des théologies qui ne soutiennent pas les revendications de la terre sur bases bibliques, qui sont le fait de lEtat israélien moderne, et, en fait, critiquent la manière dont ce dernier traite les Palestiniens. Les expressions publiques de la position de ces théologies conduisent soit à considérer que, dans lactuel conflit palestino-israélien, lune et lautre parties ont des torts, soit à être pro-Palestinien. Le Vatican, toutefois, a adopté une approche que lon pourrait appeler "pro-israélienne et pro-palestinienne" (47): elle a trouvé son expression dans des accords similaires avec lEtat dIsraël et avec lAutorité Palestinienne pour garantir les droits religieux.
En fin de compte, les théologiens palestiniens ont fait faire un pas en avant aux positions du courant principal de leurs Confessions religieuses. Utilisant une adaptation de la méthode de critique textuelle en exégèse biblique, qui est courante dans leurs Eglises, couplée à une herméneutique théologique provenant des théologiens protestants et catholiques de la Libération, ils ont formulé des théologies qui considèrent les Palestiniens, particulièrement les Chrétiens, comme les héritiers en droite ligne des Israélites de lExode. Aussi insistent-ils sur le fait que Dieu soutient les efforts palestiniens pour se libérer de loppression étrangère et reprendre leur terre. Dans leurs typologies, les rôles de lEtat juif et des Palestiniens sont inversés, le premier étant considéré comme le Pharaon des temps modernes, et le second comme le véritable Israël.
Dans ces deux cas, les interprétations menant aux lignes de conduite publiques sont fondées sur deux variables religieuses qui sentrecroisent. La première est la manière dont les textes scripturaires sont étudiés et compris. Les interprétations littéralistes produisent une série de conclusions, tandis que celles de la critique textuelle vont dans une direction différente. Ces interprétations, à leur tour, sont partie intégrante du développement de positions théologiques contraires.
Chez les littéralistes, il y a une tendance marquée à se concentrer sur la fin des temps et la venue finale de Jésus, qui sont souvent considérées comme postulant la restauration de lEtat juif à titre de condition préalable à leur réalisation.
Chez ceux qui ont une herméneutique plus nuancée, laccent est mis davantage sur les grands thèmes bibliques tirés des Ecritures hébraïques et sur les enseignements de Jésus. Les théologies qui en résultent sont davantage orientées vers la poursuite de la paix et de la justice dans le monde daujourdhui, plutôt que concernées par sa fin. Dans cette perspective, lEtat dIsraël est davantage objet de critique que de soutien.
Ce qui ressort clairement, même dans ce bref aperçu, cest le degré dinfluence que le choix des textes, les modes dinterprétation et les théologies subséquentes exercent sur les positions publiques prises par les groupes religieux chrétiens. Chez les Chrétiens au moins, comme chez les Juifs observants, les compréhensions spécifiques des sources bibliques informent non seulement les théologies internes, mais également les positions publiques extérieures, démentant le principe - hérité de lépoque des Lumières - de la séparation entre la religion et le domaine public, tout autant que celui de la perception de la religion comme nayant aucune pertinence essentielle pour le discours civique. Pour le meilleur et pour le pire, les Chrétiens, comme les Juifs religieux, restent des acteurs importants dans les tentatives de formuler la ligne de conduite politique moyen-orientale contemporaine.
F. Michael Perko, s.j.
Université Loyola
Chicago, IL
mperko@luc.edu
Notes
1. Marty, E. de Martin et Appleby, R. Scott, The Glory and the Power: the fundamentalist challenge to the modern world [La gloire et la puissance: le défi fondamentaliste au monde moderne] (Boston: Beacon Press, 1992).
2. Selon un auteur, la contribution de Protestants américains évangéliques de race blanche à léconomie touristique israélienne avoisine les 250.000 dollars par an. Cf. Elliott Abrams, Faith or Fear ? [Foi ou Peur? (New York: Free Press, 1997), p. 67.
3. [Lc 21, 23-24] "Car il y aura grande détresse sur la terre et colère contre ce peuple. Ils tomberont sous le tranchant du glaive et ils seront emmenés captifs dans toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par des païens jusquà ce que soient accomplis les temps des païens." [Traduction française: Bible de Jérusalem].
4. Paul Charles Merkley, Christian Attitudes towards the State of Israel [Attitudes chrétiennes envers lEtat dIsraël] (Montréal: McGill University Press, 2001), p. 41.
5. [Is. 58, 12] "On reconstruira, chez toi, les ruines antiques, tu relèveras les fondations des générations passées, on tappellera Réparateur de brèches, Restaurateur des chemins, pour quon puisse habiter."
6.[Is 40, 1-2] "Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu, parlez au coeur de Jérusalem et criez-lui que son service est accompli, que sa faute est expiée..."
7. [Za 14, 16] " Il arrivera que tous les survivants de toutes les nations qui auront marché contre Jérusalem monteront année après année se prosterner devant le Roi Seigneur Sabaot et célébrer la fête des Tentes."
8. [Michée 4, 1-2] " Or il adviendra dans la suite des temps que la montagne du Temple du Seigneur sera établie en tête des montagnes et sélèvera au-dessus des collines. Alors des peuples afflueront vers elle, alors viendront des nations nombreuses qui diront: Venez, montons à la montagne de Yahvé, au Temple du Dieu de Jacob, quil nous enseigne ses voies et que nous suivions ses sentiers. Car de Sion vient la Loi et de Jérusalem la parole du Seigneur."
9. Merkley, pp. 175-76.
10. [Gn 17, 20] "En faveur dIsmaël aussi, je tai entendu: je le bénis, je le rendrai fécond, je le ferai croître extrêmement, il engendrera douze princes et je ferai de lui une grande nation."
11. [Is 19, 24-25] " Ce jour-là, Israël viendra en troisième avec lEgypte et Assur, bénédiction au milieu de la terre, bénédiction que prononcera le Seigneur Sabaot: Béni mon peuple lEgypte, et Assur loeuvre de mes mains, et Israël mon héritage."
12. Cf. Merkley, pp 178-82.
13. Merkley, p. 202.
14. [Lv 25, 23] "La terre ne sera pas vendue avec perte de tout droit, car la terre mappartient et vous nêtes pour moi que des étrangers et des hôtes."
15. Merkley, pp 187-91.
16. "A Message to the Churches, Theological Panel on Jewish-Christian Relations [Un message aux Eglises. Panel théologique sur les Relations judéo-chrétiennes] United Church of Christ [Eglise Unie du Christ] (mai 1990), p. 3, cité dans Abrams, p. 59.
17. "The American Lutheran Church and the Jewish Community," [LEglise luthérienne américaine et la Communauté juive] in ed. Harold H. Ditmanson, Stepping Stones to Further Jewish-Lutheran Relations (Minneapolis: Augsburg, 1990), p. 74.
18. Abrams, p. 60.
19. www.anglicancommunion.org/acns/articles/34/00/acns3410.html.
20. www.episcopalchurh.org/peace-justice/article_96.asp.
21. Pour un compte rendu détaillé de ce sujet, voir F. Michael Perko, "Towards a Sound and Lasting Basis:" Relations between the Holy See, the Zionist Movement, and Israel [Vers une base saine et durable : Les Relations entre le Saint-Siège, le mouvement sioniste et Israël], 1896-1996," Israel Studies 3 (1997), pp. 1-21.
22. Meron Benvenisti, "The Theology of an Agreement [La théologie dun accord]", Haaretz, 17 février 2000.
23. National Conference of Catholic Bishops, "Statement on Catholic-Jewish Relations" [Conférence Nationale des Evêques Catholiques, Déclaration sur les Relations entre Catholiques et Juifs], 1975." www.bc.edu/bc_org/research/cji/Documents/NCCB%20Statement p. 4.
24. Commission for Religious Relations with the Jews, "Notes on the Correct Way to Present the Jews and Judaism in Preaching and Catechesis of the Roman Catholic Church" [Commission pour les Relations Religieuses avec les Juifs, Notes sur la Manière Correcte de Présenter les Juifs et le Judaisme dans la Prédication et la Catéchèse de lEglise catholique] (Cité du Vatican, 1985), p. 18, n. 33.
25. F. Michael Perko, "Recent Vatican Diplomacy in the Middle East [La diplomatie récente du Vatican au Moyen-Orient," Israel Studies Bulletin 16, 2 (2001), pp. 29-30.
26. Mitri Raheb, I am a Palestinian Christian [Je suis un Chrétien Palestinien] (Minneapolis: Fortress Press, 1995), pp 59-64.
27. [Gn 23, 1-20] Il sagit du récit de lachat, par Abraham, de la caverne de Machpelah appartenant à Ephron le Hittite.
28. [Jg 1, 21] "Quant aux Jébuséens qui habitaient Jérusalem, les fils de Benjamin ne les dépossédèrent pas, et jusquaujourdhui les Jébuséens ont habité Jérusalem avec les fils de Benjamin."
29. Raheb, p. 74.
30. [Lv 25, 23] "La terre ne sera pas vendue avec perte de tout droit, car la terre mappartient et vous nêtes pour moi que des étrangers et des hôtes."
31. Ibid., p. 76.
32. [Am 9, 7] "Nai-je pas fait monter Israël du pays dEgypte, et les Philistins de Kaphtor et les Araméens de Qir?"
33. Raheb, p. 90.
34. Ibid., p. 91.
35. Naim S. Ateek, Justice, and only Justice: A Palestinian Theology of Liberation (New York: Orbis Books, 1989) [Justice, et seulement Justice: Une Théologie Palestinienne de la Libération] (New York: Orbis Books, 1989), p. 82.
36. [1 R 21, 1ss] Le récit a pour thème la tentative du Roi Achab de sapproprier la vigne de Naboth de Yizréel, sa collaboration au meurtre légal de Naboth, et le jugement prophétique dElie à son encontre, qui en découle.
37. [1 R 22, 10ss.] Il sagit de la consultation des prophètes en transes, à laquelle procède Josaphat, pour savoir sil doit monter au combat contre Aram ou non. Alors que ces prophètes sont unanimes dans leur appui de sa politique, le prophète Michée affirme que lopération aura pour conséquence la ruine dIsraël. En raison de sa prophétie, qui savèrera vraie, il est frappé au visage par lun des prophètes en transes et mis en prison, au pain et à leau. Josaphat va quand même en guerre contre Aram et est tué.
38. Le Psaume 42 est un hymne de confiance en Dieu en dépit des maux qui sont advenus au psalmiste. Le psaume 43 est un plaidoyer pour que Dieu rende justice au psalmiste, qui se termine sur la conviction de ce dernier que Dieu viendra à son aide.
39. Ateek, pp 88-93.
40. Lc 4, 27.
41. Jn 4 1-26.
42. Ateek, p. 101.
43. Cf. note 30.
44. [Jos 24, 13] "Je vous ai donné une terre qui ne vous a demandé aucune fatigue, des villes que vous navez pas bâties et dans lesquelles vous vous êtes installés, des vignes et des olivettes que vous navez pas plantées et qui sont votre nourriture."
45. Ateek, p. 105.
46. Ibid., 109-112.
47. Je suis redevable au Dr. Eugene Fisher, de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis, qui ma suggéré cette formule.
© F. Michael Perko, 2003 pour loriginal anglais et upjf.org et M. Macina pour la traduction française
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Notes de la Rédaction dupjf.org
[1] Il se trompe. Voir Actes 1, 6-7 : "Etant donc réunis, ils linterrogeaient ainsi: Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rendre la royauté à Israël? Il leur répondit: Il ne vous appartient pas de connaître les temps et moments que le Père a fixés de sa seule autorité."
[2] Il nexiste pas déquivalent français du terme anglais "peoplehood", cette notion est bien analysée dans larticle intitulé "Pour une ethnicité citoyenne", de Gabriel Gosselin, du Centre Lillois dEtudes et Recherche, de Lille (www.newbalkanpolitics.org.mk/Issue_2/gosselin.fr.asp).
[3] On trouvera le texte français de ces "Notes" sur le site convertissez-vous.com. Le passage ici cité figure à lalinéa 25 de la version française.











