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Israël et le tribunal international de La Haye, par le Rav Haim Dynovisz
7 juillet 2002Notre ami Pierre Caïn, de INFO'SION, Jérusalem, nous recommande l’article suivant, que nous reproduisons bien volontiers avec l’autorisation du site Guysen Israel News, auquel le Rav a confié la mise en ligne originelle de son texte.
Le prophète Obadia a consacré toute sa prophétie au problème de la relation entre Israël et Edom (qui, dans la tradition juive, est le "nom de code" qui désigne l’Occident, et plus particulièrement l’Europe).
Il conclut sa prophétie par un verset qui prend tout son sens aujourd’hui : "Et (les juifs) libérés (de l’exil) monteront sur la montagne de Tzion afin de juger la montagne d’Esaw [Esaü] (dans la tradition, Esaw est le père-fondateur de Edom-Occident), et la royauté reviendra à D.ieu."
Le prophète parle d’un "grand jugement" qui aura lieu à la "fin des temps" (avant que D.ieu ne redevienne Roi sur toute la terre). Seulement, c’est Israël qui jugera l’occident (Edom) et ce "procès" sera la dernière étape avant la délivrance totale et définitive de notre peuple...
L’histoire contemporaine ne contredit en rien la prophétie d’Obadia. Bien au contraire, elle ne fait que confirmer un principe bien connu, qui se répète tout au long de notre histoire : les nations essayent, depuis toujours, de s’approprier le rôle que nous devrions jouer.
Dit d’une autre manière : lorsque Israël n’est pas à la hauteur de sa mission, ce sont les nations, qui par une usurpation d’identité, nous font ce que nous aurions dû leur faire. Ce n’est sans doute pas un "hasard" si ce "tribunal international" porte le nom de "Charte de Rome".
Dans la tradition, en effet, Rome et la chrétienté sont les descendants directs de l’Edom biblique.
L’essence même du christianisme est qu’il se définit comme étant le "véritable Israël".
Cette usurpation d’identité, à sa naissance, l’entraîne, en cette "fin d’histoire", à usurper aussi notre vocation finale : le grand procès d’Israël contre les nations. "Rome", se définissant comme "l’Israël véritable" entend, par ce procès, jouer entièrement le rôle qui aurait dû être le nôtre.
Et de la même manière que "Rome" ne peut se construire que sur les "ruines d’Israël" (puisque, Rome étant le "seul vrai Israël" nous n’avons plus de raisons d’exister), il est donc évident que le "premier accusé" du "tribunal de Rome" ne peut être qu’Israël.
La "mise en scène" est tellement grossière qu’elle ne choque même plus. Jamais l’Europe ne se sera à ce point ridiculisée. Sur la terre d’Europe nous avons été pillés, volés, brûlés, torturés, assassinés, transformés en cendre et en savon, nous pensions avoir "tout vu".
Qui aurait pu imaginer, qu’un jour, ceux qui ont assassiné (ou laissé assassiner) deux millions d’enfants juifs pourraient nous juger pour "crimes de guerre" et "péchés contre l’humanité".
"Il n’y a rien de nouveau sous le soleil", disait le roi Salomon. Israël, qui a apporté le D.ieu Un à l’humanité, s’est vu accuser par la chrétienté de l’avoir assassiné !
Aujourd’hui, le peuple le plus martyrisé et le plus "assassiné" de tous les peuples d’Europe se voit accusé, par une Europe qui n’a pas encore lavé ses habits de tout le sang juif qu’elle a fait couler, d’être le "grand criminel" des temps modernes.
Ce sont des chrétiens qui ont perpétré les massacres de Sabra et Chatila mais ce sont des chrétiens qui voulaient accuser Israël de crimes de guerre !
C’est vrai, "le ridicule ne tue plus", car l’Europe est déjà, depuis fort longtemps, morte de ridicule !
Cependant, comme nous l’avons évoqué plus haut, c’est un peu de notre faute si "Rome" se met à jouer au "grand justicier". Ce procès, c’est nous qui aurions dû le faire depuis bien longtemps.
Nous avons manqué un "rendez-vous" historique après la Shoa, et c’est cette erreur que nous "payons" aujourd’hui. Le procès de Nuremberg, en Europe, et celui d’Eichman, en Israël, ont masqué le véritable procès qui, lui, n’a jamais eu lieu. C’est l’Europe toute entière qui aurait dû être jugée par Israël après la Shoa.
Mis à part les centaines de Justes de tous les pays, qui se sont battus pour préserver "l’image de D.ieu" en l’homme, l’Europe toute entière a été le complice cynique du massacre d’un tiers du peuple juif.
De "l’Eglise officielle" jusqu’aux gouvernements, tous, par leur silence ou leur "contribution silencieuse", ont prêté main forte aux hordes nazies.
Si l’Europe s’était soulevée comme un seul homme contre la barbarie nazie, jamais Hitler n’aurait pu faire ce qu’il a fait. Le silence de l’Europe était le "feu vert" dont il avait besoin. Et nous savons aujourd’hui que tous les gouvernements savaient ce qui se passait à Auschwitz.
Bien au contraire, se sont des policiers français qui ont livré nos parents aux nazis.
Israël, sans s’en rendre compte, a commis une erreur historique avec le procès d’Eichman. L’erreur est qu’il ait été le seul procès. Le vrai, celui que les Européens redoutaient tant, n’a jamais eu lieu.
Aujourd’hui, après 50 ans, cette erreur nous revient à la figure comme un boomerang. C’est la Belgique colonialiste, le grand massacreur de Noirs au Congo, qui nous renvoie le procès que nous aurions dû lui faire depuis longtemps.
La psychologie moderne nous apprend que tout refoulement finit toujours par se retrouver et exploser à la "figure" de celui qui en est la cause.
Après la Shoa, l’Europe a refoulé ses crimes, son silence et l’angoisse d’avoir participé, directement ou indirectement, au plus grand massacre de Juifs de l’histoire.
Si nous l’avions jugée, nous l’aurions aidée à se soigner, à faire le point avec elle-même et à repartir sur des bases saines et morales.
Notre silence (aussi malheureux que le sien pendant la Shoa) a provoqué un refoulement malsain qui, après 50 ans, explose et se retourne contre nous. Ce procès contre nous a 50 ans de retard et au lieu d’être les juges, c’est nous qui sommes les accusés.
Cependant, la prophétie d’Obadia finira bien par se réaliser. Nous avons perdu beaucoup de temps mais finalement, ici, à Jérusalem, aura lieu le plus grand procès de l’histoire où tous les crimes contre notre peuple seront dénoncés et jugés. Et seulement alors "la royauté reviendra à D.ieu".
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Article publié par Guysen Israel News www.guysen.com
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