Texte adapté d'un document figurant sur le site du Keren hayesod.
LA « JOURNÉE DE JÉRUSALEM » : 40ème ANNIVERSAIRE DE LA RÉUNIFICATION DE LA CAPITALE DISRAËL
« Si je toublie, Jérusalem » (Psaume 137, 5-6)
Le mercredi 16 mai 2007 marque, cette année, le 40ème anniversaire de la libération et de la réunification de la capitale d'Israël - le 28 Iyar 5727 du calendrier hébraïque après les durs combats de la guerre des Six-Jours. Le 15 mai 1967, Gamal Abdel Nasser ordonnait le retrait des Casques bleus de lOnu de la péninsule du Sinaï où ils étaient positionnées depuis 1956. Peu après, Nasser interdit le passage de navires israéliens par le détroit de Tiran, ce qui revenait au blocus du golfe dEilat, en violation du droit international.
Le 31 mai, lÉgypte expédie au Sinaï 100 000 soldats, 1000 chars et 500 pièces dartillerie lourde. Elle signe un accord de défense avec la Jordanie, la Syrie et lIrak, ces deux derniers mobilisent leurs armées. Le Koweit, lArabie Saoudite, le Soudan et lAlgérie envoient des renforts et des munitions aux belligérants arabes. Israël se retrouve encerclé de partout par quelque 250 000 soldats arabes, plus de 2000 chars dassaut et quelque 700 avions de combat. Le président irakien de lépoque, Abdul Rahman Aref, déclare : « Notre objectif est clair : effacer Israël de la carte du monde. »
Telle est la situation à laquelle est confronté lÉtat dIsraël le 4 juin 1967 : trois fronts, neutralité déclarée des Etats-Unis et embargo sur les armes à toute la région, conforté par lun des principaux fournisseurs de Tsahal à lépoque : la France. Les pays arabes en revanche bénéficient des largesses de lUnion soviétique en matière darmements. La menace qui pesait alors sur Israël était existentielle.
Le 5 juin à laube, les avions de larmée de lair de Tsahal entreprennent une vaste opération préventive contre larmée de lair égyptienne, détruisant quasiment tous ses avions et une grande partie de ses chars. Les blindés israéliens se dirigent simultanément vers le Sinaï quils investissent rapidement et vers la rive orientale du canal de Suez. Le même jour, la Jordanie attaque Israël.
Le 7 juin, linfanterie de Tsahal investit la Vieille Ville de Jérusalem. Les soldats arrivent au Mur occidental et le commandant de la région Centre, le regretté général Mordekhaï Gour, déclare avec émotion : « Lesplanade du Temple est dans nos mains ! »
La conquête jordanienne
En 1950, après la conquête de la Vieille Ville par la Légion arabe, le 28 mai 1948, la Jordanie lannexe, en violation des accords internationaux. Seuls le Pakistan et la Grande Bretagne avalisent cette annexion. Les deux parties l'arabe et la juive de Jérusalem sont séparées par des barbelés et des champs de mines. Des tireurs délite jordaniens tirent fréquemment sur des civils israéliens à partir des positions quils occupent sur les remparts. Tous les citoyens israéliens, y compris les musulmans et les chrétiens, sont interdits dentrée dans le périmètre de la Vieille Ville, en violation des accords de cessez-le-feu signés par Israël et la Jordanie en mars 1949. Les touristes doivent prouver quils sont chrétiens pour y pénétrer. Toute trace de présence juive est effacée. Une route est construite à travers le cimetière juif du mont des Oliviers, et des pierres tombales servent à paver des bases militaires jordaniennes. Les 58 synagogues du quartier juif, y compris la célèbre « Hourva » dont la construction remontait à 700 ans, furent profanées et détruites. Les Juifs perdirent laccès à leurs lieux saints, en particulier au Mur occidental.


A gauche, la Hourva en 1945. A droite, la Hourva durant les combats de 1947.

Ce qu'il restait de la Hurva après la prise de la ville par les Jordaniens.
Après la reconquête de la Vieille Ville, la Knesset sempressa de voter une loi sur les Lieux saints, prévoyant leur libre accès aux fidèles de toutes les religions, et accorda lautonomie à toutes les religions et à tous les courants pour la gestion de leurs Lieux saints. La loi prévoyait également lélargissement de la juridiction municipale à la ville arabe de Jérusalem, qui devint partie intégrante du territoire israélien. La Knesset annula toutes les mesures discriminatoires. Le gouvernement israélien rendit aux musulmans le droit de pratiquer librement leur culte sur le mont du Temple, en dépit du fait quil représente le principal lieu saint du judaïsme. En fait, il fallut attendre la guerre des Six-Jours et la réunification de Jérusalem pour que les fidèles de toutes les religions aient accès à la Vieille Ville. Aujourd'hui, le Wakf, qui gère le Mont du Temple, empêche les Juifs d'y prier.
En juin 1980, la Knesset vote la loi fondamentale régissant le statut de Jérusalem, capitale de lÉtat dIsraël. La loi mentionne les droits et les devoirs dIsraël concernant Jérusalem.
Jérusalem au fil des siècles
La ville de Jérusalem est immuablement liée à lhistoire du peuple juif. La place essentielle quelle tient dans les traditions juives plonge ses racines il y a plus de quatre millénaires, avec le sacrifice dIsaac sur le mont du Temple, le mont Moriah, appelé à devenir le site du Temple.
En lan 1004 avant lère chrétienne, le roi David sempara de la petite cité jébusite quil transforma en capitale de son royaume. Son héritier, le roi Salomon, y édifia le Premier Temple. La ville resta la capitale du royaume pendant les quatre siècles où régnèrent les souverains de la dynastie davidique, jusquà sa conquête et sa destruction par les Babyloniens en 586 avant lère chrétienne. Quand la Perse conquit Babylone, les Juifs obtinrent le droit de retourner dans leur patrie, Erets-Israël. 70 ans plus tard, la ville et le Temple furent reconstruits. Pendant les 500 ans qui suivirent le retour dexil, Jérusalem resta au cur du culte et de la culture juive.
Ce fut le tour des Grecs séleucides de conquérir Erets-Israël et de profaner le Temple. La révolte des Maccabées en 167 avant lère chrétienne fut dirigée contre lenvahisseur païen et restaura lindépendance juive sous la direction de la dynastie hasmonéenne.
En 63, Pompée conquiert Jérusalem et rattache la Judée à lempire romain. La population juive se révolte contre Rome, provoquant en représailles la destruction de Jérusalem et du Temple, le massacre de ses habitants et lexil des rescapés. Une deuxième révolte juive conduite par Bar-Kochba entre 132 et 135 se solde par un échec dautant plus cuisant que Jérusalem est rasée et remplacée par une ville romaine païenne : Aelia Capitolina, interdite aux Juifs. Sa population juive se disperse à létranger (diaspora) et en Galilée.
Au cours des siècles qui suivront, et qui tous apporteront leurs occupants étrangers à Jérusalem Rome jusquen 324, Byzance (324-614), Perse (614-638), Arabes (638-1099), Croisés (1099-1291), Mameluks (1291-1516), Ottomans (1516-1917) et Britanniques (1917-1948) la population juive constitua toujours la principale communauté de la ville.
Jérusalem est évoquée plus de 800 fois dans la Bible. Elle est désignée de 70 noms dans la littérature post-biblique. Sa destruction occupe une place exceptionnelle dans la mémoire collective juive, dans la liturgie, dans les jeûnes (en particulier celui de Tisha beAv qui met fin à trois semaines de deuil). Les Juifs du monde entier prient en direction de Jérusalem. La tradition de briser un verre sous le dais nuptial, qui conclut la cérémonie du mariage juif est symbolique : la joie ne peut être totale tant que Jérusalem nest pas reconstruite dans sa splendeur passée. De même, les Juifs orthodoxes laissent dans leurs maisons un endroit non plâtré en souvenir du Temple. La Haggadah de Pessah et les prières de Yom Kippour sachèvent sur une phrase prononcée avec ferveur : « Lan prochain à Jérusalem ! »
Un jour, Napoléon fit son entrée dans une synagogue un jour de Tisha beAv. Il y vit des Juifs assis par terre qui se lamentaient et demanda la raison de leur affliction. On lui répondit que les personnes présentes pleuraient la destruction de Jérusalem et du Temple. « Quand cela advint-il ? », demanda lempereur. « Il y a deux mille ans », lui répondit-on. Et Napoléon de rétorquer : « Un peuple qui se souvient de sa patrie pendant deux mille ans finira par y retourner. »
© Keren Hayesod
[Photos ajoutées par la Rédaction d'upjf.org.]
Mis en ligne le 17 mai 2007, par M.











