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Belle France, tes valeurs foutent le camp! - Isabelle Petit*
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[Edmond Silber nous demande de mettre en ligne ce texte, qu’un de ses correspondants lui a fait parvenir. L'ayant trouvé très intéressant, il recommande de le diffuser et de le lire intégralement. Nous la'avons lu et pensons de même, c'est pourquoi nous le relayons. Menahem.]

Tel Aviv, 18/04/02

Résidant en Israël depuis 4 ans, j’observe attentivement le traitement de la situation au Proche-Orient des 2 côtés de la méditerranée et plus important, je la VIS au quotidien. Alors qui de mieux placé que moi, arrivée ici par hasard, élevée bien loin de ces 2 peuples, de leurs Histoires et de leurs souffrances, et nourrie, comme vous, par notre indicible parti pris politico-médiatique pro-palestinien, pour vous apporter un regard un peu plus objectif?

Après être passée de l’étonnement et de la surprise du début, devant le traitement très inégal de l’information et le partis pris délibéré et constamment favorable à la cause palestinienne, à l’effarement et à la colère de ces derniers mois face à l’acharnement médiatique à l'encontre d'Israël, le sentiment qui domine en moi aujourd’hui est l’indignation. Les montages d’images soigneusement choisies, les reportages toujours à sens unique, les commentaires aux phrases imperceptiblement subjectives, les faits déformés, non vérifiés, voire délibérément omis, les mésinformations non rectifiées, l’absence totale de débat, de rappel des faits historiques, la liste des sysfonctionnements est longue et effarante.
Soucieuse d’objectivité, je compare les différents médias de différents pays, les traitements des même faits, les commentaires journalistiques, et je les recoupe. Ma conclusion est consternante. Même si la défense systématique et aveugle de la cause palestinienne est une tendance commune à la plupart des médias étrangers, le traitement de l'information par la France se distingue de celui des autres pays, ce qui colle d’ailleurs étonnamment bien à sa ligne politique traditionnelle, ouvertement pro-arabe. Alors, les médias à la botte de la politique et des intérêts économiques? Hésistante, au début, je m’interroge beaucoup aujourd’hui. Quand on sait que les journalistes tiennent leurs données principalement de l’AFP, 3ème agence au monde, 1ère agence "arabophone", comme elle le revendique, qui fournit tous les médias et gouvernements arabes, ainsi que le gouvernement français, agence toute puissante qui fait et manipule l’info à volonté, il y a de quoi s’interroger. Leurs dépêches sont édifiantes et choquantes de partialité. Quand on sait que les correspondants permanents locaux de l’AFP et des journaux/TV français sont des Palestiniens, comment peut-on s'attendre à une couverture objectve des faits?

Aujourd’hui, je prends a plume, révoltée autant par ce lynchage médiatique - qui atteint des sommets en ce moment -, que par ses conséquences directes et désastreuses sur les opinions publiques et sur nos très chères valeurs républicaines. ce qui suit n’est pas un plaidoyer pour Israël - dont je sais aussi critiquer les choix -, mais un appel en faveur de la vérité et d’une approche objective, intelligente et documentée de ce conflit, si mal compris car mal expliqué et mal exposé.

Comment peut-on s’octroyer le droit de juger, de prendre parti sans une excellente connaissance des faits historiques, des enjeux, des souffrances et des événements? Comment ose-t-on condamner aveuglément un peuple sans avoir mis les avoir sur sa terre, si minuscule mais trois fois sainte, et sans n’ayant jamais discuté avec des Israéliens?

Pour recentrer le problème, en ces temps où notre mémoire se rétrécit et se borne à l’information de l’instant - aussi vite remplacée qu'oubliée -, permettez-moi de rappeler (ou de dévoiler) quelques FAITS, avérés, prouvés et corroborés, non seulement par Israël, mais aussi par des voix plus "objectives", étrangères, chrétiennes, voire arabes, et donc difficilement réfutables. Je ne les développerai pas en détail, ce ne sont que quelques morceaux choisis de vérité, trop ignorés ces derniers temps.

- Les Palestiniens - encore et toujours persuadés de pouvoir un jour éradiquer totalement l’Etat d’Israël - ont refusé une première fois l’Etat que l’ONU leur proposait en 1948, une dernière fois, en 2000, lorsqu’Arafat a refusé en bloc la proposition en or de Barak (en gros, 95% des territoires + 5% de territoires israéliens, la moitié de Jérusalem, les 3/4 de la Vieille Ville). A court d’arguments, le déclenchement organisé de l’Intifada leur a offert une échappatoire honorable.

- Sharon n’est pas le barbare sanguinaire que l’on s'efforce de nous présenter. Rappelons que les événements, ô combien tragiques, du Liban ne sont pas de sa seule responsabilité (le sale boulot a quand même été effectué par des Chrétiens libanais); que c’est le même Sharon qui a démantelé les colonies israéliennes du Sinaï, avant de rendre ce dernier à l’Egypte, et que même si ses mains ne sont pas très propres, celles d’Arafat le sont encore moins. N'ayons pas la mémoire courte. Arafat a quand même été l'un des plus grands terroristes des années 70, et il n’a, à mes yeux, pas grand chose à envier à Ben laden. Rajoutons que, pendant des années et jusqu’à très récemment, il n’avait pas le support des pays arabes et fut banni de plusieurs d’entre eux, Syrie en tête.

- Les pays arabes (peuples et dirigeants) n’ont jamais vraiment soutenu la cause palestinienne (aucune aide politique ou humanitaire, mais un soutien logistique et financier au terrorisme). En témoigne éloquemment leur mépris du peuple palestinien pendant 40 ans. Rejetés par certains pays (Syrie, Egypte), intégrés à contre-coeur, puis massacrés, à l’occasion (Jordanie), parqués et méprisés dans d’autres (Liban), les Palestiniens les mieux lotis sont, de loin, ceux qui sont restés en Israël, citoyens d’une vraie démocratie, jouissant de libertés sans équivalent ailleurs, même celle de jouer les 'Cinquième Colonne'.

- La Palestine n’a jamais existé dans le passé en tant qu’Etat indépendant, et les historiens extérieurs s’accordent tous pour réfuter les arguments historiques ou religieux qui attribueraient aux arabes un droit de propriété, supérieur à celui des juifs.

- L'Union Européenne, et principalement la France (avec VOTRE argent) financent, en fermant les yeux, les livres scolaires palestiniens ouvertement antisémites et incitant à la haine, sans parler des sommes détournées au profit de l'Autorité palestinienne et du terrorisme.

- La voix des pacifistes israéliens se fait entendre clairement et en toute liberté; les analyses et les débats d’idées sont quotidiens, contrairement aux pacifistes palestiniens qui se comptent sur les doigts d’une main et qui ont bien trop peur de parler (ce qui ne semble étonner personne : depuis quand une occupation ramollit-elle le cerveau?).

- Israël est une vraie démocratie, la seule dans cette région du monde, dont les dirigeants sont élus à tour de rôle (très) régulièrement, tandis qu’Arafat fut élu démocratiquement... à vie. Je note qu’il a aussi l'honneur d'être appelé "président", principalement par la France, (les autres pays préfèrent en général le terme plus approprié de "chairman", ou "leader", que l'on peut traduire par 'dirigeant'), soit une définition peu républicaine du terme "président", également attribué à un autre grand ami de la France, le dirigeant syrien Bashar el Assad. A quand donc le candidat unique et le mandat présidentiel à vie en France?

- C'est à Ami Bishara, député arabe israélien à la Knesset (assemblée israélienne), que l'on doit la déclaration suivante, faite à Haaretz, le 22 mai 1998 : "Après l'établissement d'un Etat palestinien dans la totalité de la Cisjordanie et de Gaza, la lutte contre Israël continuera".

- C'est à Marwan Barghouti, chef du Fatah en Cisjordanie, arrêté cette semaine par Israël, que l'on doit cette proclamation : "Nous perdrons ou nous gagnerons, mais notre regard restera fixé sur notre but stratégique; à savoir la Palestine, du Jourdain à la mer." (New Yorker, 2 juillet 2001).

- Et c'est à Yasser Arafat que nous devons cette affirmation, émise lors d'une rencontre privée avec des diplomates arabes, en Europe, le 30 janvier 1996 : "Notre but est d'éliminer l'Etat d'Israël et d'établir un Etat qui soit entièrement palestinien" (texte cité dans le "Middle East Digest", du 7 mars 1996).


Dans leur malheur, les Palestiniens ont une chance immense : l’œil de la caméra, c’est à dire VOTRE oeil. La vie d’un palestinien semble être aujourd’hui la plus cotée au monde. Une vie humaine vaut-elle plus qu’une autre? Tant de milliers d'êtres humains, ni meilleurs ni pires, meurent chaque jour, dans des conditions tout aussi inacceptables (je constate qu’aujourd’hui, mourir de faim en Afrique est bien moins considéré que d’aller "se sacrifier" en tuant des enfants à Jérusalem) et dans l’indifférence la plus totale, loin des beaux discours et surtout loin des caméras, donc inexistants. Les conditions de "détention" d’Arafat semblent être bien plus préoccupantes et choquantes que celles d’Ingrid Betancourt, représentante élue, tout aussi légitime, et dont le sort importe à bien peu de gens. Sa vie, bien plus menacée, aurait-elle donc moins de valeur que celle d’Arafat?Personnellement j’en doute. On pleure les conditions de vie soi-disant "inhumaines" des Palestiniens, qui justifieraient tous les crimes, mais sait-on seulement quelles sont ces conditions? Quelques millions d’êtres humains sur cette planète, depuis l'Asie jusqu'à l'Amérique du sud, en passant par l’Afrique, troqueraient sans hésitation leur vie de misère avec celle des Palestiniens. En vrac : médicaments, opérations lourdes et dons d’organes israéliens, électricité, eau, armes (!) et surtout le droit de venir travailler en Israël, sont accordés généreusement à leurs "ennemis" par les Israéliens (qui n'y sont pas obligés). Parfois je me demande à quoi ressemblera cet Etat palestinien, si indépendant, lorsqu’Israël, poussé à bout, fermera la porte à clé…

Cette semaine, Israël célèbre son indépendance, si durement gagnée et défendue. Il la commémore sans aucun triomphalisme, dans le désarroi du présent et l’incertitude de l’avenir, tourmenté par tant d’incompréhension, et en réalisant que son indépendance ne sera définitive et légitimée aux yeux du monde qu’avec celle des Palestiniens.

Je rêve d’un Sadate ou d’un Hussein palestiniens, d'un homme qui serait digne des aspirations légitimes de son peuple. Le malheur du peuple palestinien résulte bien plus du fait d’avoir la malchance d’être dirigé par des individus aux ambitions peu avouables, que des agissements d'Israël. En 1997, le roi Hussein de Jordanie s'était rendu en Israël et avait osé pleurer 7 petites filles assassinées par un Palestinien jordanien. Ce geste du roi avait ému tous les Israéliens. Ils n'en ont jamais espéré autant d’Arafat, mais ils apprécieraient, de sa part, une attitude plus loyale et plus digne des espérances de son peuple. Mais Arafat n'a pas cette trempe. Entre passer à l’Histoire comme un héros, un martyr (motif réaffirmé haut et fort sur CNN récemment), qui n’a pas cédé devant Israël, et être considéré comme le traître qui s’est vendu, au risque de finir comme Sadate, son choix est déjà fait. En doutons-nous encore?

Alors, que faire? Attendre la prochaine élection palestinienne, continuer à se faire massacrer quotidiennement? Le choix d’Israël est cornélien! En quoi la violence d’Israël pour protéger ses nationaux serait-elle plus condamnable que la violence palestinienne? Certes, la violence ne résoudra rien, mais celle des Palestiniens n’est-elle pas tout aussi intolérable? Alors pourquoi les pressions et les indignations sont-elles donc constamment à sens unique? Aucune sanction n'est jamais évoquée à l'encontre de l’Autorité palestinienne - alors qu'elle n'a absolument rien fait pour contrer le terrorisme, bien au contraire. Pourquoi toujours mettre en doute les preuves avancées par Israël, mais croire aveuglément les mensonges palestiniens les plus gros? Pourquoi s’offusquer de certains agissements de l’armée israélienne (une armée reste une armée), ou de quelques "atteintes à la dignité humaine" - que je serais la première à condamner s'ils étaient prouvés -, alors qu’en face, les Palestiniens éventrent à mains nues des israéliens, pendent les accusés de "collaboration", puis traînent fièrement les corps dans les rues, accrochés à une voiture, tout cela devant les cameras (si vous ne l’avez pas vu, c’est grâce aux montages de nos gentils journalistes, dont je parlais plus haut…), tandis que les écoles et les ondes martèlent en boucle des messages de vengeance et des appels au meurtre.

Les actions terroristes sur le sol israélien ne servent nullement la cause de l’indépendance palestinienne, et elles étaient largement condamnées à l’étranger, au début. En mars, devant leur nombre (j’ai compté de 3 à 6 attentats réussis ou prévenus par jour) et la très efficace propagande palestinienne, les dirigeants étrangers ont carrément cessé de les condamner verbalement (le minimum requis) et, à ma stupeur, les opinions publiques, toujours menées par les journalistes, ont, lentement mais sûrement, glissé vers la légitimation, voire la compréhension envers des meurtriers d’enfants, allant jusqu'à leur trouver des circonstances atténuantes. Les tueurs sont dorénavant présentés comme les premières victimes de leurs actes odieux. Un comble, alors qu’ils ne sont pas incités à commettre ces crimes par des discours indépendanistes - inexistants, ni par des conditions de vie insupportables, mais par des discours de haine et la promesse d’un paradis et de 70 vierges... Alors, à quand le gamin de 8 ans envoyé se faire exploser et à qui l’on promet un paradis de jouets?

De plus, je prends note que les Français sont bien les seuls à inclure systématiquement les terroristes dans les décomptes de victimes… Ah bon, la fusillade de Nanterre a fait 9 morts [en fait, il y a eu 8 assassinés, et leur assassin s'est ensuite donné la mort ndlr]? La comparaison ne me parait pas inappropriée: si cette tuerie vous a un tant soit peu choqués, alors vous savez ce qu’e lon ressent ici, au quotidien.

Morts au nom d’un bout de terre dont ils n’ont que faire, des femmes enceintes éventrées, des enfants déchiquetés dans leur poussette, des familles entières sorties manger une pizza et dont personne n’est revenu, des jeunes de 15 ans partis danser pour oublier leur peur et tués ou rendus infirmes à vie, des touristes qui se trouvent au mauvais endroit, au mauvais moment, des survivants de la Shoah, rescapés de l’Enfer sur Terre, revenus de 4 guerres israélo-arabes, et qui, à 80 ans, trouvent finalement la mort dans un banquet de fête pascale... Partir travailler le matin en espérant revenir vivant, oui c’est cela, le quotidien en Israël. Près de 500 morts et 4000 blessés en un an et demi, cela représente, rappellons-le, 5000 morts et 40000 blessés, à l’échelle de la France. Alors, sincèrement, comment réagiriez-vous si les nationalistes corses s’attaquaient aux supermarchés parisiens, l’ETA à de simples écoliers, l’IRA à des bus sur Oxford Street, à Londres, aveuglément et si loin de leurs objectifs, et si vos proches étaient ainsi sacrifiés? Considéreriez-vous ces massacres comme des "actes de résistance" à ce qu’ils appellent, eux aussi, une "occupation" ?

La récupération toute récente de la cause palestinienne (forcément bonne) et sa défense par des individus, arabes ou autres, est aussi choquante qu’hypocrite. Ainsi, confortés par une lapidation internationale en bonne et due forme d’Israël, certains, sûrs de l'impunité, n’hésitent plus à exploiter le filon. Après les tours du World Trade Center, la synagogue de Djerba, sans oublier l’épisode hilarant des aventures de José Bové à Ramallah, à quand la tour Eiffel sacrifiée sur l’autel sanguinolent de la Palestine?

Mon voisin de palier est mort la semaine dernière, tombé à Jénine. Un jeune homme israélien ordinaire, pacifiste, parti, sans enthousiasme ni esprit de conquête, défendre la liberté la plus élémentaire des siens : celle de rester vivant en Israël. Un homme ni meilleur, ni pire que moi, que vous, que celui qui a tiré en face… Qui a le droit de juger les choix douloureux d'Israël? Ni moi, ni vous, ni personne.

Mais qui sommes-nous donc pour oser donner ainsi des leçons?
- Quand notre passé, qui n'est pas si lointain, fut si peu respectueux des valeurs que nous défendons aujourd'hui. (N’oublions pas trop facilement que la France, une des plus grandes puissances coloniales, a fait des choix et commis des actes peu avouables, et a fait couler bien plus de sang dans ses nombreuses colonies qu’Israël ne le fera jamais... et mieux vaut ne pas citer de chiffres : ils sont trop terrifiants.)

- Quand les opérations en Afghanistan se poursuivent toujours, loin des caméras (normal, tous les journalistes sont en Israël) mais n’en font pas moins de victimes, combattants et civils,

- Quand on s’indigne à cor et à cri de soi-disant massacres (toujours pas prouvés, mais qu’importe, l’impact désastreux dans les esprits est déjà là), alors qu’ailleurs on parle hypocritement de "dommages collatéraux"?

- Quand nos propres soldats ont assisté, sans réagir, à de VRAIS massacres (Srebrenica, 8000 morts).

Alors, deux poids, deux mesures?


A défaut donc d'avoir les moyens de débattre du problème et de juger, en toute connaissance de cause, que chacun s'abstienne de prendre parti, et ouvre les yeux sur la manipulation à laquelle il est soumis, non seulement à propos de ce conflit, mais dans tous les domaines de l'nformation.

Ce qui est le plus affligeant, c’est que cet acharnement médiatique anti-israélien a inexorablement conduit, lentement mais sûrement, depuis 1 an et demi, à l’intolérable situation où se trouve actuellement la France, et elle seule, ce qui est étonnant. Cette vague de haine qui déferle sur notre pays est en vérité aussi injuste qu’indigne de notre patrie. Mais l’indifférence générale - qui s’apparente presque à une approbation tacite - à l'égard de ces actes est tout aussi intolérable, à mes yeux.

Plus de 300 actes antisémites répertoriés en une quinzaine de jours. Et demain?... Sans parler des manifestations aux slogans nazis, et des drapeaux brûlés - tous actes qui souillent un peuple au nom d’un autre, impunément et dans l’indifférence. C'est probablement l'oeuvre de jeunes sans cervelle ni idéologie, mais est-ce pour autant excusable, acceptable? NON!

Alors, que les politiques observent un profil bas et fassent leurs calculs (très vite faits d’ailleurs - y’a pas photo), soit. Il faut dire qu’une élection, c’est tellement important…

Que la communauté juive française, y compris ses plus illustres représentants, tremble et se taise, soit - je les comprends.

Que notre si chère "élite intellectuelle" se dégonfle, soit - on y est habitués,

Que la masse dormante et ronronnante assiste à la grand-messe du Journal Télévisé, réputé détenteur de la vérité absolue, soit - ce n’est pas nouveau.

Mais les autres, alors? ET VOUS?

Qu’avez-vous fait aujourd’hui contre l’obscurantisme et l’ignorance? - Moi, j’ai signé 2 pétitions, vu/lu la presse israélienne (disponible en anglais), la française et l'internationale, j'ai visité des forums, échangé des E-mails et fini cette lettre (tout cela en plus de ma thèse! Plutôt balèse, non?)… Et vous? A l’heure d’internet et du câble, aucune excuse, le "on ne savait pas" ne sera plus jamais accepté.

Voici une pétition contre l’intolérance qui ne peut vous laisser indifférents (www.lapetition.org/index.php). Citoyens, signer cettre pétition est tout aussi important, si ce n’est plus, à mon avis, que d’aller voter. Croire que cela passera, que ne pas réagir ne peut pas faire de mal, que rester chez soi calfeutrés devant sa télé c’est plus rassurant, c’est ce que devaient penser nos aînés, il y a 60 ans. L’histoire se répéterait-elle? "Scandaleux!” me direz-vous? N’en soyez pas si sûrs…

D’une synagogue à une église, d’un drapeau bleu et blanc à un autre: bleu, blanc, rouge, il n’y a qu’un petit pas. Celui de l’intolérance et de l’inacceptable, au pays des libertés, a déjà étè largement franchi.

Certes, je constate que des voix s’élèvent timidement, ces derniers jours: des députés européens scandalisés devant l’acharnement frénétique de la France, poussée par nos "très chers amis" des pays arabes, et amenée, tambour battant, par un Hubert Védrine - digne, à mon avis, d’un Pétain -, à tenter(vainement jusqu’à ce jour, mais demain?) de coaliser l’Union Européenne contre Israël; des responsables chrétiens qui prennent courageusement la défense d’Israël et osent dire tout haut ce que beaucoup savent et taisent; des journalistes qui réalisent le désastre qu’ils alimentent; des prix Nobel qui s’indignent; des personnes simples et anonymes, comme moi, qui lancent des cris d’alarme…

Un espoir?

Rien de tel que le regard acéré des français résidant à l’étranger, regard dur et sans complaisance, rempli de désillusions. Oui, on tombe de haut en s’expatriant. Hypocrisie française, chauvinisme et ultra-protectionnisme à la limite du ridicule. Les étrangers ont bien raison! Scander haut et fort les belles valeurs républicaines en général, s’indigner hypocritement des conditions, soi-disant "inhumaines", des Palestiniens en particulier, quand, dans l'indifférence générale, on meurt, en hiver, dans les rues de France; quand l’extrême-droite bat des records; quand notre passé colonialiste peu glorieux et sanguinaire devrait pourtant nous inciter à la retenue; quand on brûle des synagogues; quand… Arrêtez! Les voilà pliés en deux de rire devant notre attiude, jugée par eux ridicule.

Français de toutes confessions, résidant en Israël, nous sommes choqués, effarés et honteux de voir notre belle patrie sombrer dans une telle tragédie, dont elle est la seule responsable. Dans notre désarroi, nous sommes réconfortés par l’attitude raisonnable de nos amis Israéliens, qui ne nous reprochent pas notre nationalité. Un exemple à suivre qund en France, aujourd’hui, en avril 2002, des Israéliens sont harcelés et même interdits dans certains hôtels! Si vous avez vu "La vie est belle" de R. Benigni, cela vous rappellera quelque chose… "Scandaleux!" disiez-vous, ci-dessus?

Je n'aurais imaginer qu'un jour, je puisse avoir aussi honte de mon passeport...


* Isabelle Petit est Chercheur au département d’Immunologie, à l’Institut Weizmann des Sciences (Rehovot).
lipetit@wicc.weizmann.ac.il
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