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Histoire d’Israël: le Mapaï, Cecile Pilverdier
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06/11/06

 

Sur le site de "Un écho d’Israël" 

 

 

Le nom de Mapaï est l’acronyme de « parti des ouvriers d’Eretz Israël ». Il fut le parti au pouvoir en Israël jusqu’en 1968. Cette année-là, certains membres du parti ont fondé le nouveau parti travailliste, qui a été au pouvoir jusqu’en 1977. Durant les années précédant la naissance de l’Etat, le Mapaï fut la principale force politique dans les localités juives sous la puissance mandataire [Grande-Bretagne].

 

Le Mapaï a été fondé en janvier 1930 par l’union du parti « Ahdout HaAvoda » (l’union du travail) et du « HaPoël HaTsaïr » (le jeune ouvrier) ; Les deux anciens partis, en se réunissant, ont accepté de faire des concessions : Ha Poël HaTsaïr a accepté que le Mapaï rejoigne l’Internationale socialiste, alors que l’Ahdout HaAvoda, au passé marxiste, a accepté de devenir un parti social-démocrate, qui remplace la lutte des classes en proposant une politique de changement social continu dans un cadre démocratique. Le message socialiste de la plate-forme électorale se résumait dans la formule suivante :

 

« Socialisation de la classe ouvrière dans le monde, pour supprimer tout asservissement, pour faire passer la richesse naturelle et la production au pouvoir des ouvriers, édification d’une société du travail, de l’égalité et de la liberté. »

 

A de nombreuses reprises, il y eut des tensions entre les deux factions du parti, sur les sujets idéologiques, d’organisation et de gouvernement. En 1938, a été créé « le groupe b ». Ce groupe s’est séparé du Mapaï en 1944, sur fond de revendication de démocratisation de la centrale syndicale, la Histadrout, de lutte dans le domaine social, d’opposition aux concessions territoriales et d’orientation pro-soviétique. La séparation de ce groupe (avec, à sa tête, Itzhak Tavenkin) n’a pas vraiment affaibli la force électorale du Mapaï, qui a réussi à s’adjoindre de nombreux électeurs sans parti politique, et a assuré sa continuité en tant que parti au pouvoir.

 

Sous la direction de David Ben Gourion, le Mapaï a assumé la création de l’Etat juif en Terre d’Israël comme but premier du parti. En accord avec celui-ci, le parti a travaillé à l’établissement des institutions des localités sionistes en terre d’Israël, alors qu’en face, le mouvement révisionniste se présentait comme le parti de l’opposition. En 1933 (peu de temps après l’assassinat de Haïm Arlozorov), le Mapaï obtint un tiers des sièges au congrès sioniste, ce qui lui donnait la majorité à la direction de l’Agence juive en Eretz Israël. En parallèle, le parti a aussi dominé le comité central de la Histadrout, et ses représentants sont également devenus influents dans la « Hagana » (la force de défense) et ont influencé sa politique. En 1935, le chef du parti, Ben Gourion, est nommé président de l’Agence juive, et, au cours des années suivantes sa position comme chef du parti et des Juifs sionistes en Eretz Israël se renforce de plus en plus.

 

Lors des premières élections à la Knesset, en 1949, le Mapaï obtient 46 mandats et forme le premier gouvernement d’Israël. Le chef du parti, Ben Gourion, est nommé premier chef du gouvernement du jeune Etat.

 

Pendant les vingt premières années de l’Etat d’Israël, le Mapaï fut le parti incontesté au pouvoir. Lors des cinq premières élections de la Knesset, il obtint successivement le plus grand nombre de sièges et, à chaque fois, la formation du gouvernement lui fut confiée. Ses membres ont occupé les fonctions les plus importantes : président de l’Etat, président de la Knesset, ministres, maires et présidents régionaux. Ils ont aussi dirigé la Histadrout et l’Organisation Sioniste. Ces longues années de direction, ont en grande partie créé une identité similaire entre les organisations du parti et les organismes d’Etat.

 

Les nombreuses années de gouvernement ont renforcé les appareils du Mapaï, et il n’y a pas eu de grands changements de dirigeants, ni de nouveautés idéologiques. La création du parti Rafi (avec Ben Gourion à sa tête, qui quitte le Mapaï), en 1965, l’a beaucoup secoué, mais, malgré cela, le parti a réussi a garder sa force aux élections de cette même année, grâce aussi au jeu des alliances. En 1968, le Mapaï, dans ses différentes composantes, s’est uni au Rafi, présidant ainsi à la création du parti travailliste.

 

Cecile Pilverdier

 

© Un écho d’Israël

 

Mis en ligne le 06 novembre 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org

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