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Moratoire sur les relations scientifiques et culturelles avec Israël, J-D FLAYSAKIER
Télescopage Contre un moratoire sur les relations scientifiques et culturelles avec Israël
[Un événement illustre quelle perte représenterait pour la science, la mise au ban des scientifiques israéliens : www.upjf.org/detail.do?noArticle=1230&noCat=129&id_key=129#]
Par Jean-Daniel FLAYSAKIER *
Lundi 22 avril 2002
Il y a dans l'actualité des télescopages étonnants. Au moment même où, dans Libération, était publiée une pétition appelant à un moratoire sur les relations culturelles et scientifiques avec Israël, une société de biotechnologie de ce pays allait aider une équipe française à réaliser une première mondiale. C'est grâce à une valve cardiaque révolutionnaire fabriquée d'urgence pendant le week-end des 13 et 14 avril en Israël et acheminée jusqu'à Rouen, par ses concepteurs, qu'un malade a pu échapper à une mort certaine et annoncée.
Coïncidence, certes, mais qui rend encore plus insupportable l'initiative des responsables de cette pétition, de cet appel au boycott déguisé sous le vocable de moratoire.
Lire, par exemple, que les signataires s'étonnent de la «faveur» faite à Israël d'être traité comme tous les Etats membres de l'Union européenne est stupéfiant.
Il est vrai que ce privilège est anormal. Il y a tellement d'autres Etats démocratiques dans la région, avec des élections libres, une opinion publique autorisée à s'exprimer, des médias de service public qui peuvent critiquer le pouvoir, et une Cour suprême qui peut imposer sa décision au politique.
Nul doute que les intellectuels signataires peuvent citer la liste exhaustive de ces nations.
Et pourquoi, en effet, ne pas privilégier le Liban, où les soldats syriens ne sont pas une force d'occupation. Beyrouth accueille maintes conférences internationales, comme récemment celle organisée par des négationnistes et des révisionnistes. On pourrait sans aucun doute lier des relations intéressantes entre ces «chercheurs» et les universités françaises, en lieu et place des contrats passés avec les Israéliens.
La Syrie pourrait faire un excellent partenaire de remplacement, également, son ministre de la Défense, le général Moustafa Tlass, ne devait-il pas soutenir une thèse à la Sorbonne ?
Bien sûr, il avait par ailleurs commis des écrits relevant aussi du négationnisme, mais est-on franchement à cela près quand il s'agit de rompre avec des collègues israéliens devenus infréquentables ?
Ce sont souvent les mêmes qui veulent boycotter le peuple israélien au nom de leur opposition à Ariel Sharon, et qui refusent l'embargo contre l'Irak en raison du fait que le peuple irakien n'a pas à souffrir des actes de Saddam Hussein.
Arrivera-t-on un jour à demander aussi des sanctions contre les laboratoires et les institutions qui travaillent avec des équipes israéliennes, ou qui accueillent des chercheurs de ce pays dans leurs structures.
* Jean-Daniel Flaysakier est chargé d'enseignement en santé publique.
[Merci à Stéphane Perez de nous avoir signalé cet article.]











