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Histoire
Une visite des fouilles de la Cité de David à Jérusalem, M. Siac
Parcourir les fouilles de la Cité de David, Bible en main, c'est découvrir les vestiges de ce qui fut pendant environ cinq siècles la capitale de la dynastie de la Maison de David.
Article repris du site Lamed.fr.
5 Décembre 2005
Un peu dhistoire
Lorsque nous parlons aujourd'hui de la Vieille Ville de Jérusalem, nous avons en tête les quatre quartiers: juif, chrétien, musulman et arménien, entourés par la muraille édifiée au XVIe siècle par Soliman le Magnifique. Or, la véritable "Vieille Ville" (qui fut la capitale choisie par le roi David) se trouve à l'extérieur de cette muraille. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles Ben Gourion souhaitait démolir celle-ci, ce qui aurait eu précisément comme résultat d'inclure la Cité de David dans le cur historique de Jérusalem."David avait 30 ans lorsqu'il devint roi. Son règne fut de 40 ans. Il régna sur Hébron, sur Juda, 7 ans et 6 mois, et dans Jérusalem, il régna 33 ans sur tout Israël et Juda" (2e Livre de Samuel, chap. 5, vv. 4 et 5). Nous voyons donc qu'il y a environ 3000 ans, David décide de quitter Hébron, la vieille citadelle de Juda, et de se choisir une nouvelle capitale.
Ce choix obéit à de multiples raisons. Politiques d'abord : David vient de mettre un terme au schisme qui avait éclaté après la mort du roi Saül. Bien qu'ayant reçu l'onction royale (mais clandestine) de la main du prophète Samuel, David a dû lutter, pendant 7 ans, contre Ishboshet, un autre fils de [Shaül], lui aussi prétendant au trône de Saül. Après la mort d'Ishboshet, les tribus du Nord offrent à David la couronne royale et celui-ci devient roi sur tout Israël. David veut unifier le pays qui a été si longtemps déchiré par le schisme, et c'est là une des raisons qui vont le pousser à choisir une nouvelle capitale.
Jérusalem répond parfaitement à ce souci d'unification: elle est en effet pratiquement située en "terrain neutre", à la limite des territoires de Juda et de Benjamin. Elle porte encore le nom de Jébus, car c'est une cité cananéenne qui n'avait pas pu être conquise à l'époque de Josué, en raison, notamment, de l'alliance qu'Abraham avait conclue avec le roi philistin Avimelech (Genèse, ch. 21, vv. 27-34 ; alliance considérée avec désapprobation par les Sages du Midrash). David, lui, considérant que cette alliance est caduque va livrer un combat acharné aux Jébuséens, descendants d'Avimelech, qui tiennent la petite cité fortifiée.
"La situation de Jébus est exceptionnelle (...) Juchée sur un haut plateau de près de neuf cents mètres d'altitude, c'est une forteresse naturelle, dont les travaux de fortification font une citadelle presque inexpugnable. Elle allie la sécurité à la facilité de communications. Un vaste rocher domine la ville: David l'aménage en résidence royale. C'est la "cité de Sion", qu'on appellera aussi "Cité de David". Quant à la ville proprement dite, David lui donne le nom de Jérusalem. Cette appellation symbolise l'espoir que David met dans le rôle dévolu, au sein de la vie nationale, à ce centre nouveau." (A. et R. Neher,Histoire biblique du peuple d'Israël)
Un autre élément de première importance dans le choix de cet emplacement, c'est la présence d'une source abondante, le Gihon, qui pourvoira aux besoins en eau des habitants.
L'importance de Jérusalem sera consacrée lorsque David y fera transférer l'Arche Sainte et, plus tard, lorsqu'il achètera l'aire de battage d'Araunah le Jébuséen sur laquelle Salomon fera édifier le Temple (à l'emplacement, d'après la tradition, du Mont Moriah où avait eu lieu le "ligotage" d'Isaac).
Un autre élément de première importance dans le choix de cet emplacement, c'est la présence d'une source abondante, le Gihon, qui pourvoira aux besoins en eau des habitants.
L'importance de Jérusalem sera consacrée lorsque David y fera transférer l'Arche Sainte et, plus tard, lorsqu'il achètera l'aire de battage d'Araunah le Jébuséen sur laquelle Salomon fera édifier le Temple (à l'emplacement, d'après la tradition, du Mont Moriah où avait eu lieu le "ligotage" d'Isaac).
Le site archéologique
Le site est géré conjointement par la Direction des Parcs Nationaux et par la Direction des Antiquités Nationales.
Plusieurs parcours, d'une durée d'une heure et demie à trois heures, vous permettront de vous familiariser avec la topographie du site et avec le système d'adduction d'eau de la Cité de David, à partir de la source du Gihon.
A partir de la terrasse d'observation, située près de l'entrée, on peut constater l'importance géostratégique de la Cité de David. On distingue les deux vallées qui délimitent la colline sur laquelle elle s'étage : la vallée du Kidron [Cédron] et La Vallée (HaGaï en hébreu), ainsi que les montagnes plus hautes qui l'entourent de tous côtés: le Mont du Temple, au nord, le Mont des Oliviers, à l'est, le Mont Sion, à l'ouest, et la crête d'Armon Hanatsiv, au sud.
Un peu en contrebas, on arrive dans la Zone "G" où, à l'époque du premier Temple, se trouvaient des maisons, dont tout laisse à penser qu'elles étaient habitées par des notables ([on y trouve, en effet des] restes de meubles en bois d'importation [et des] toilettes privées !). On a découvert, dans le sous-sol d'une de ces maisons, une cinquantaine de "bulles" (sceaux en argile) sur lesquelles sont gravés des noms, en hébreu ancien, et parmi ces noms, on trouve celui de "Gemariah ben Shafan", un scribe royal cité par le prophète Jérémie (ch. 36, v. 10). On suppose que ces sceaux sont tout ce qui reste de documents royaux réunis dans des archives qui auraient brûlé lors de la destruction du premier Temple.
Le parcours nous entraîne ensuite dans un tunnel souterrain creusé à l'époque cananéenne et servant de passage protégé pour arriver à la source du Gihon. Ce tunnel arrive jusqu'à la partie supérieure du puits de Warren ("Warren's shaft"), un large puits naturel creusé dans le rocher, découvert par l'anglais Charles Warren, en 1867. Ce puits descend jusqu'à la hauteur de la source.
Les eaux de la source du Gihon étaient recueillies dans un vaste bassin, permettant à un grand nombre de personnes dy puiser simultanément. Le bassin était surmonté de deux tours fortifiées, et ce système d'alimentation en eau était utilisé depuis l'époque cananéenne.
Le site est géré conjointement par la Direction des Parcs Nationaux et par la Direction des Antiquités Nationales.
Plusieurs parcours, d'une durée d'une heure et demie à trois heures, vous permettront de vous familiariser avec la topographie du site et avec le système d'adduction d'eau de la Cité de David, à partir de la source du Gihon.
A partir de la terrasse d'observation, située près de l'entrée, on peut constater l'importance géostratégique de la Cité de David. On distingue les deux vallées qui délimitent la colline sur laquelle elle s'étage : la vallée du Kidron [Cédron] et La Vallée (HaGaï en hébreu), ainsi que les montagnes plus hautes qui l'entourent de tous côtés: le Mont du Temple, au nord, le Mont des Oliviers, à l'est, le Mont Sion, à l'ouest, et la crête d'Armon Hanatsiv, au sud.
Un peu en contrebas, on arrive dans la Zone "G" où, à l'époque du premier Temple, se trouvaient des maisons, dont tout laisse à penser qu'elles étaient habitées par des notables ([on y trouve, en effet des] restes de meubles en bois d'importation [et des] toilettes privées !). On a découvert, dans le sous-sol d'une de ces maisons, une cinquantaine de "bulles" (sceaux en argile) sur lesquelles sont gravés des noms, en hébreu ancien, et parmi ces noms, on trouve celui de "Gemariah ben Shafan", un scribe royal cité par le prophète Jérémie (ch. 36, v. 10). On suppose que ces sceaux sont tout ce qui reste de documents royaux réunis dans des archives qui auraient brûlé lors de la destruction du premier Temple.
Le parcours nous entraîne ensuite dans un tunnel souterrain creusé à l'époque cananéenne et servant de passage protégé pour arriver à la source du Gihon. Ce tunnel arrive jusqu'à la partie supérieure du puits de Warren ("Warren's shaft"), un large puits naturel creusé dans le rocher, découvert par l'anglais Charles Warren, en 1867. Ce puits descend jusqu'à la hauteur de la source.
Les eaux de la source du Gihon étaient recueillies dans un vaste bassin, permettant à un grand nombre de personnes dy puiser simultanément. Le bassin était surmonté de deux tours fortifiées, et ce système d'alimentation en eau était utilisé depuis l'époque cananéenne.
La source est alimentée par un puits artésien qui jaillit à intervalles réguliers, et c'est l'une des sources les plus abondantes des monts de Judée (son nom vient de l'hébreu "guiah" qui signifie "jaillir"). Pendant la période du premier et du second Temple, l'eau de la source était également utilisée pour les libations. Salomon fut couronné roi près de cette source : "(Ils) firent monter Salomon sur la mule du roi David et le conduisirent vers le Gihon... On sonna du chofar et tout le peuple dit : 'Vive le roi Salomon!' " (I Rois, ch. 1, vv. 38-40).
On peut ensuite emprunter le tunnel d'Ezéchias, qui, au terme d'un parcours d'environ 40 minutes (avec de l'eau jusqu'aux genoux !) va nous conduire du Gihon jusqu'au bassin de Shiloah (Siloé). En 701 avant lère commune, le roi assyrien Sanhériv [Sennachérib] mit le siège devant Jérusalem. Le roi de Judée, Ezéchias, fit renforcer les fortifications et, pour permettre aux habitants assiégés de s'alimenter en eau, il fit creuser un tunnel de 533 mètres de long qui amène les eaux du Gihon dans un bassin situé à l'intérieur des murs, à l'extrémité sud de la ville. (Voir II Chroniques, ch. 32, v. 30)
On a découvert, en 1880, une inscription qui nous révèle que le tunnel a été creusé par deux équipes se dirigeant l'une vers l'autre, et qui nous décrit la joie des hommes réalisant que la jonction avait été réussie. Le bassin de Shiloah [Siloé] est entouré d'arbres fruitiers de toutes sortes, richement alimentés en eau, ce qui a valu à ces vergers le nom de "jardin royal". De nos jours, c'est le lieu traditionnel où nous nous rendons, le premier jour de Rosh Hashana, pour exécuter le "tachlih" : [geste liturgique consistant à] jeter symboliquement nos péchés dans une eau vive.
La visite des fouilles pourra se terminer par un site chronologiquement plus proche de nous : il s'agit de la maison de la famille Meyuhas qui date de la fin du XIXe siècle. En 1873, la famille Meyuhas quitta le quartier juif de la Vieille Ville de Jérusalem pour s'installer dans la Cité de David, à une époque où peu de Juifs osaient aller habiter en dehors des murailles. Ils se construisirent une maison où ils vécurent jusqu'en 1912. A cette date, l'archéologue Raymond Weil découvrit, dans cette zone, des grottes abritant des tombes pouvant être celles de membres de la maison de David. Suite à cette découverte, il fut décidé de creuser sous la maison des Meyuhas en vue d'identifier ces tombes. La famille choisit de partir, et ce n'est qu'en 1991 que cinq familles décidèrent de venir s'installer dans cette maison.
En regardant vers l'est, entre les maisons du village de Silwan (le nom arabe de Shiloah), on peut voir le quartier des Yéménites, qui fut créé en 1884. Les Yéménites arrivèrent en Israël en 1882. En raison du manque de logements et des problèmes économiques, ils s'installèrent dans les grottes funéraires du Mont des Oliviers. Les Juifs de Jérusalem leur construisirent, peu après, des maisons dans la cité de David et, ce quartier, à l'époque de son développement maximum, comptait une centaine de familles. Il fut passablement endommagé lors des émeutes de 1929, et définitivement abandonné après les émeutes de 1936-1939.
Depuis 1991, une quarantaine de familles juives se sont réinstallées dans la Cité de David et vivent en assez bonne intelligence avec leurs voisins arabes.
Je ne saurais trop vous conseiller une visite de ce site archéologique, qui vous plongera au cur de notre histoire. Rien n'est plus émouvant que de faire le lien entre l'histoire biblique, telle qu'elle nous est relatée dans le Tanakh [la Bible], et les lieux où elle s'est déroulée. Les guides font d'ailleurs constamment cette démarche et vous conduisent réellement, la Bible à la main, sur les pas de David, des rois et des prophètes qui lui ont succédé.
On peut demander des guides parlant le français.
On peut ensuite emprunter le tunnel d'Ezéchias, qui, au terme d'un parcours d'environ 40 minutes (avec de l'eau jusqu'aux genoux !) va nous conduire du Gihon jusqu'au bassin de Shiloah (Siloé). En 701 avant lère commune, le roi assyrien Sanhériv [Sennachérib] mit le siège devant Jérusalem. Le roi de Judée, Ezéchias, fit renforcer les fortifications et, pour permettre aux habitants assiégés de s'alimenter en eau, il fit creuser un tunnel de 533 mètres de long qui amène les eaux du Gihon dans un bassin situé à l'intérieur des murs, à l'extrémité sud de la ville. (Voir II Chroniques, ch. 32, v. 30)
On a découvert, en 1880, une inscription qui nous révèle que le tunnel a été creusé par deux équipes se dirigeant l'une vers l'autre, et qui nous décrit la joie des hommes réalisant que la jonction avait été réussie. Le bassin de Shiloah [Siloé] est entouré d'arbres fruitiers de toutes sortes, richement alimentés en eau, ce qui a valu à ces vergers le nom de "jardin royal". De nos jours, c'est le lieu traditionnel où nous nous rendons, le premier jour de Rosh Hashana, pour exécuter le "tachlih" : [geste liturgique consistant à] jeter symboliquement nos péchés dans une eau vive.
La visite des fouilles pourra se terminer par un site chronologiquement plus proche de nous : il s'agit de la maison de la famille Meyuhas qui date de la fin du XIXe siècle. En 1873, la famille Meyuhas quitta le quartier juif de la Vieille Ville de Jérusalem pour s'installer dans la Cité de David, à une époque où peu de Juifs osaient aller habiter en dehors des murailles. Ils se construisirent une maison où ils vécurent jusqu'en 1912. A cette date, l'archéologue Raymond Weil découvrit, dans cette zone, des grottes abritant des tombes pouvant être celles de membres de la maison de David. Suite à cette découverte, il fut décidé de creuser sous la maison des Meyuhas en vue d'identifier ces tombes. La famille choisit de partir, et ce n'est qu'en 1991 que cinq familles décidèrent de venir s'installer dans cette maison.
En regardant vers l'est, entre les maisons du village de Silwan (le nom arabe de Shiloah), on peut voir le quartier des Yéménites, qui fut créé en 1884. Les Yéménites arrivèrent en Israël en 1882. En raison du manque de logements et des problèmes économiques, ils s'installèrent dans les grottes funéraires du Mont des Oliviers. Les Juifs de Jérusalem leur construisirent, peu après, des maisons dans la cité de David et, ce quartier, à l'époque de son développement maximum, comptait une centaine de familles. Il fut passablement endommagé lors des émeutes de 1929, et définitivement abandonné après les émeutes de 1936-1939.
Depuis 1991, une quarantaine de familles juives se sont réinstallées dans la Cité de David et vivent en assez bonne intelligence avec leurs voisins arabes.
Je ne saurais trop vous conseiller une visite de ce site archéologique, qui vous plongera au cur de notre histoire. Rien n'est plus émouvant que de faire le lien entre l'histoire biblique, telle qu'elle nous est relatée dans le Tanakh [la Bible], et les lieux où elle s'est déroulée. Les guides font d'ailleurs constamment cette démarche et vous conduisent réellement, la Bible à la main, sur les pas de David, des rois et des prophètes qui lui ont succédé.
On peut demander des guides parlant le français.
Pour tout renseignement, téléphoner au (+972) 1-800-25-24-23.
Sur ce sujet, voir aussi notre visite guidée des Tunnels du Mur Occidental.
Sur ce sujet, voir aussi notre visite guidée des Tunnels du Mur Occidental.
Monique Siac
© Lamed.fr
Mis en ligne le 03 décembre 2005, par M. Macina, sur le site upjf.org











