Edito de Claude Barouch du 18 Décembre 2017

JÉRUSALEM

 La dernière déclaration de Donald Trump sur Jérusalem a suscité une attitude absurde et révoltante de la communauté internationale et notamment de notre Président qui aura l’occasion de s’expliquer aujourd'hui avec B.N.

 Je ne vais pas revenir

- sur Jérusalem capital du peuple juif ayant abrité les 1er et 2ème Temples, lieux centraux de la religion des Hébreux jusqu'en 70 de notre ère;

- ville centrale de l’Histoire chrétienne;

- considérée par l’Islam comme 3ème ville sainte.

 je ne vais pas revenir sur le fait que des populations juives ont toujours vécu à Jérusalem au cours des sièges malgré les dominations successives, romaine, byzantine, arabe, croisée puis ottomane (1516-1917) et enfin britannique (1917-1948) avant l’indépendance de l’Etat d’Israël en 1948 dont elle est devenue la capitale avec sa réunification depuis 1967.

 je ne vais pas revenir sur Jérusalem capitale de l’Etat d’Israël et ville centrale de la Bible mentionnant plus de 600 fois, dans la Bible hébraïque (Ancien Testament) et plus de 140 fois dans le Nouveau Testament....

je ne vais pas revenir non plus sur l’Histoire de Jérusalem et des religions mais je recommande le livre de Chateaubriand « Itinéraires de Paris à Jérusalem » où l'auteur dit du peuple juif: « Il a assisté dix-sept fois à la ruine de Jérusalem et rien ne peut le décourager, rien ne peut l’empêcher de tourner ses regards vers Sion."

Durant deux millénaires, les populations juives dispersées dans le monde se sont tournées vers Jérusalem pour prier et on répète : "l’an prochain à Jérusalem », formulant l’espoir d’un retour dans la ville centrale de leur histoire et de leur culture.

Au cours des siècles, Jérusalem est passée sous différentes dominations, romaine, byzantine, arabe, croisée puis ottomane (1516-1917), britannique (1917-1948).

Je voudrais simplement revenir sur Jérusalem depuis 1948.

Le 14 mai 1948 voit l’indépendance de l’Etat d’Israël, Jérusalem en est proclamée la capitale. la ville est alors partagée entre une partie ouest, sous domination israélienne et une partie est, sous domination jordanienne.

Statu quo

Lors de la Guerre des six jours en 1967, l’Etat d’Israël réunifie les parties est et ouest de la ville et confie l’administration du lieu appelé Mont du Temple (par les Juifs) et Esplanade des mosquées (par les musulmans) au WAQF de Jérusalem, organisme jordanien et musulman qui gère les lieux saints musulmans. Depuis lors, les musulmans y ont un accès illimité tandis que les Juifs et les chrétiens ne peuvent s’y rendre qu’à des horaires très limités et ont l’interdiction stricte d’y prier. En revanche, le Mur des lamentations (mur occidental ou Kotel), lieu de prière principal du judaïsme est pleinement accessible de la meme façon, à tous les croyants sans aucune distinction de religions; ainsi de nombreux chrétiens s’y rendent pour prier. Il en est de même pour les lieux chrétiens de Jérusalem qui sont administrés par les autorités chrétiennes.

Vagues de violences depuis 2016

Cet état de fait constitue la base du statu quo qui est toujours en vigueur aujourd'hui et qui n’a jamais été remis en cause par les Gouvernements israéliens successifs.

Régulièrement des rumeurs sont lancées selon lesquelles l’Etat d’Israël envisagerait de remettre en question ce statu quo; elles ont pour effet d’enflammer les populations arabes de Jérusalem. La dernière vague de violence reposant sur ces rumeurs a débuté au mois de septembre 2015. En 18 mois, elle a provoqué la mort de 47 Israéliens, assassinés par armes à feu, armes blanches, voitures-bélier ou attentats suicide. Pourtant le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu avait, plusieurs fois, démenti l’intention de son Gouvernement de modifier le statu quo.

UNESCO

Le 13 octobre 2016, l’UNESCO adoptait une résolution, niant les liens entre le Mont du Temple et les Juifs. Cette résolution faisait suite à des résolutions antérieures et rattachait le lieu à sa seule dimension islamique. La directrice de l’UNESCO de l’époque, Irina Bokova avait critiqué cette résolution : « La mosquée Al Aqsa ou Haram al-Sharif, le sanctuaire sacré des musulmans est aussi le Har habayit. ou Mont du Temple – dont le mur occidental est le lieu le plus sacré du judaïsme ».

En niant le lien entre le Mont du Temple et l’histoire juive et biblique, cette résolution bafouait également l’Histoire chrétienne. A ce propos, la conférence des Evêques de France a adressé une lettre à la directrice de l’UNESCO, explicitant : « La résolution du 13 octobre dernier semble ignorer le lien du peuple juif et, en conséquence, de la tradition chrétienne, avec Jérusalem. La reconnaissance explicite de chaque communauté de croyants, le respect de cette Histoire, est non seulement une question de justice mais aussi une condition de paix. »

Moi aujourd'hui, j’ai envie de dire bravo et merci à Donald Trump que certains appellent évidemment à tort "l’incendiaire du Moyen-orient".

Son discours sera sans doute inscrit dans les annales diplomatiques comme le plus chaleureux et le plus sioniste des discours prononcés depuis 70 ans par un président.

La proclamation historique du President Trump, bien qu’elle soit tardive, n’est que la rectification d’une injustice historique qui date de 70 ans.

Ce n’est pas en réalité une promesse électorale car, contrairement à ses prédécesseurs, Trump a eu le courage de l’appliquer à la lettre en dépit des menaces, des craintes et des préoccupations internationales.

Les medias parisiens renforcent la position officielle française, en alarmant sur une nouvelle escalade, et en critiquant sévèrement Trump et Netanyahou : « Ces deux dirigeants d’extrême droite empêtrés dans des affaires, souhaitant mettre le feu aux poudres ». Imaginons, si Obama ou Clinton avaient pris une telle décision, quelles auraient été les réactions des observateurs spécialistes du Moyen-orient ? Rappelons que ces spécialistes n’ont pas été révoltés ni si préoccupés devant les massacres quotidiens des chrétiens d’Orient, ni contre les menaces de l’Iran de détruire Israël et de la rayer de la carte. Ils parlent d’escalade comme si le Moyen-orient était vraiment une région pacifique. L’hypocrisie et la désinformation sont flagrantes.

Soulignons que Trump a simplement prononcé un discours sincère sur ses efforts de voir instaurer une paix stable dans la région et un règlement entre les deux peuples. Il n’a pas déclaré la guerre aux Palestiniens, ni envoyé des troupes pour lancer une nouvelle croisade.

Al Aqsa demeure indépendante et libre au culte, comme l’est le Saint-sépulcre.

Comment d’ailleurs affirmer que Trump entrave le processus de paix, alors que celui-ci est moribond, agonise depuis plusieurs années ?

Dans tous les cas, et dans chaque règlement de paix, il est clair que Jérusalem demeurera à jamais, la capitale de l’Etat d’Israël et du peuple juif. Alors pourquoi cette mascarade inutile ? ce grand charivari ?

Dans ce contexte, il est inutile de se justifier chaque fois sur notre attachement à Jérusalem et sur le fait qu’elle est la seule capitale des Juifs. Inutile aussi de battre sans cesse que Jérusalem est citée 600 fois dans la Bible, et le célèbre chant des exiles de Babylone (psaume 137). Que les musulmans ont déjà La Mecque et que jamais une ville sainte n’a été choisie par eux comme capitale, ni qu’il n’y a aucune allusion à Jérusalem dans le Coran - sauf une seule fois Al Aqsa est mentionnée. Que les chrétiens ont déjà Rome et Constantinople, etc.

En fait, tout remonte à 1948 et n’a aucun rapport avec « l’occupation » de Jérusalem-Est en 1967. C’est bien depuis notre guerre d’indépendance qu’aucun pays occidental n’a voulu reconnaître Jérusalem comme notre capitale et a exigé, dans le cadre de la resolution 181 du partage de la Palestine, son internationalisation.

Pourtant, comme l’affirmait à l’époque Moshe Sharett, le premier chef de notre diplomatie : «Jérusalem a été depuis les temps bibliques notre capitale, pourquoi demander donc un nouveau certificat d’origine de la part de la communauté internationale ? pourquoi exiger une permission ? se justifier à tout prix ? c’est absurde ! »

Et nous ajoutons : Jérusalem, n’a jamais été une capitale arabo-musulmane ! elle n’a jamais été non plus jumelée avec une autre capitale, ni partagée avec un autre Etat. Teddy Kollek, illustre maire de Jérusalem, avait rejeté la demande de son homologue parisien, Jacques Chirac, de jumeler Jérusalem « comment accepter un jumelage avec la ville lumière si Jérusalem devait demeurer seule et unique au monde! » 

Ce refus systématique et absurde de reconnaître notre capitale est aussi hypocrite et révoltant, car il tente avec grossièreté et mensonge de gommer toute présence des Juifs durant les interminables siècles d’existence dans cette région du monde.

La communauté internationale, dont la France, préfère évidemment nous dicter et choisir pour nous Tel-Aviv comme capitale, mais nous refusons ce diktat insensé et rejetons les leçons de morale. La France ose se permettre de reconnaître la Palestine en lui offrant un statut diplomatique à Paris, bien que cet Etat soit toujours virtuel, mais une decision pro-israélienne de Trump est condamnable. Pourquoi ?

Les préoccupations du Quai d’Orsay concernent aussi l’avenir du statut du Consulat général de France à Jérusalem, transformé officieusement en « ambassade française en Palestine ». Désormais, cette ambassade ne devrait-elle pas être transférée hors de Jérusalem, vers « la capitale des Palestiniens » ?

Nous espérons que la decision courageuse du President Trump provoquera, malgré tout, un tournant positif dans l’histoire diplomatique de Jérusalem et que plusieurs pays y transfèreront, tout naturellement, leurs ambassades.

Les jours qui viennent s’annoncent difficiles et graves car ce sont les dirigeants palestiniens, et Mahmoud Abbas en premier, qui ont choisi de lancer une guerre de religion, en dictant à la rue, la colère, la terreur et l’escalade.

Nous sommes malheureusement riches en experience sécuritaire et dans le combat contre le terrorisme. Toutes les mesures ont déjà été prises pour assurer la sécurité des citoyens. La mission de service de l’ordre est immense et fortement délicate, à l’approche de Noël, les touristes et les pélerins affluant de partout. Toutefois, aucun pays au monde ne peut tolérer des jets de pierres ou des attentats quotidiens dans sa propre capitale. Seule la négociation directe et sans diktat fera avancer le processus de paix comme le souhaite Donald Trump.

Face aux appels au dijad et aux émeutes, nous devrions demeurer fermes et vigilants. Les Palestiniens mènent un faux combat; ils ne pourront jamais gagner la bataille de Jérusalem. Depuis le roi David, nous sommes les propriétaires légitimes et exclusifs de notre capitale.

L’initiateur de cet événement qui se voulait surtout un forum juridique plutôt que politique est le Dr Jacques Gauthier, un avocat non Juif spécialise depuis une trentaine d’année en droit international et droit humanitaire. Suite à d’abondantes recherches historiques et juridiques menées dès le début des années 1980 après sa premiere visite à Jérusalem, le Dr Gauthier a soutenu en 2006 une thèse très élaborée et argumentée de quelques 1200 pages (assortie de 3200 notes et documents) auprès de l’Institut des hautes études de l’université de Genève sur la question de l’exercice de la souveraineté à Jérusalem et dans sa vieille ville.

Depuis, il a présenté les conclusions de sa thèse devant les Parlements japonais et européens, ainsi que devant la Chambre des communes à Londres et une commission du Congres américain à Washington.

le rôle essentiel de la Conférence de San Remo en avril 1920 

Le Dr Gauthier a donc passé en revue depuis le 19ème siècle toute la genèse des proclamations, conférences et declarations concernant le droit des Juifs à disposer d’un foyer national en « Palestine » et leurs droits sur Jérusalem : les écrits et résultats diplomatiques de Theodore Hertzl , la fameuse Déclaration Balfour de 1917, et surtout la résolution adoptée à l’unanimité par la Conférence de San Remo (des 24 et 25 avril 1920) par le « Conseil suprême des principaux pouvoirs alliés » (CSPPA), à savoir : la France, le Royaume Uni, l’Italie, le Japon. Laquelle reconnait explicitement « la nécessite d’appliquer la Déclaration Balfour appelant à créer un foyer pour le peuple juif en Palestine ».

Or, un an plus tôt, la Conference de paix de Paris – grâce au premier dialogue direct et de fond entre leaders juifs et arabes qu’elle initia- avait permis de définir une répartition territoriale précise incluant Jérusalem comme capitale du foyer national juif.

D'autant que la délégation arabe revendiqua à Paris différents territoires de l’Empire ottoman, mais pas Jérusalem dont elle se désinteressa.

Or, pour Gauthier, les trois revendications juives présentées à Paris ont été adoptées à San Remo par le CSPPA qui avait plein pouvoir, au niveau de la loi internationale, pour attribuer ces territoires, à savoir: le fait de reconnaître les Juifs comme un peuple par la loi des nations ; la reconnaissance de la connexion historique des juifs avec la zone appelée, alors « Palestine » , et le droit de rétablir les droits historiques juifs sur la Palestine.

Pour ces raisons, le Dr Gauthier considère que le texte adopté à la conférence de San Remo constitue le moment clé et la base juridique qui fondent véritablement le droit des Juifs sur la Palestine et aussi su Jérusalem, et donc selon lui, « En droit, tous les autres textes et résolutions internationaux ultérieurs - comme la resolution 242 de l’ONU ou même les Accords d’Oslo de 1993- sont devenus juridiquement secondaires par rapport aux conclusions de San Remo octroyant la Palestine et Jérusalem aux Juifs ».