Attentat d'Orlando : pour une commune résistance à l'islam radical Par Ivan Rioufol

Ce lundi soir, la Tour Eiffel sera illuminée aux couleurs arc-en-ciel du mouvement LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans) : une décision prise par Anne Hidalgo, en hommage aux 51 morts et 54 blessés de l’attentat islamiste d’Orlando (Floride). Le tueur, Omar Seddique Matee, américain d’origine afghane, a fait feu dans une célèbre boite de nuit pour homosexuels, dimanche matin. Le jeune musulman radicalisé avait prêté allégeance à l’Etat islamique peu avant de commettre ses assassinats.

L’EI a d’ailleurs revendiqué l’attentat un peu plus tard. Pourtant, Barack Obama n’a pas voulu parler de terrorisme islamiste. Il a évoqué tout d’abord un "acte de terreur et de haine", puis un "terrorisme extrémiste", au motif que la religion n’aurait "rien à voir" avec cette tuerie épouvantable. "Ceci n’est pas l’islam" répètent pareillement les autorités françaises – Manuel Valls mis à part – après chaque atrocité commise au nom de cette religion, quand elle est appliquée à la lettre. Les juifs, les chrétiens, les musulmans démocrates, les femmes libres, les homosexuels, les occidentaux plus globalement, sont les cibles désignées de cette idéologie totalitaire et violente. Elle devient d’autant plus puissante que ses adversaires persistent dans leur pusillanimité. Les capitulards sont légion parmi la gauche française et dans une partie de la droite mimétique : ils n’osent nommer l’islam radical comme le danger, de peur d’apparaître "islamophobes". Cet attentat, commis au nom d’Allah, vient rappeler à ceux qui, en France, se laissent gagner par un antiaméricanisme irréfléchi, qu’une même communauté de destin unie les Etats-Unis au reste du monde occidental, à commencer par l’Europe et Israël.

 

Rien n’est plus commode que de nier le choc des cultures qui oppose cruellement le monde islamique revanchard au monde occidental somnolent. Les ravis de la crèche sont trop heureux de relativiser la dynamique coranique en pointant du doigt les ivrognes anglais ou russes, présentés comme étant d’extrême droite, qui s’affrontent en marge de l’Euro 2016. Ces scènes, pour lamentables qu’elles soient en effet, ne sont néanmoins que l’expression de la sous-culture du football, élevé au rang de religion de substitution par beaucoup de supporteurs. Or ce décervelage n’est rien à côté de la haine des djihadistes, portés par l’esprit de conquête et le goût de la mort. Même la Turquie "modérément islamiste", qui participe à l’Euro alors qu’elle ne devrait rien avoir à faire en Europe (même élargie à ses cousins occidentaux), ne maîtrise plus son mépris pour l’Union européenne. Le sultan Erdogan envisage de faire inculper les onze élus allemands d’origine turque qui ont voté la reconnaissance du génocide arménien. Il veut même faire "analyser dans un laboratoire" le "sang corrompu" de ces députés. Ces surenchères se poursuivront tant que les pays occidentaux se laisseront marcher sur les pieds. Il est probable que Donald Trump, aux Etats-Unis, ne se privera pas de dénoncer la lâcheté d’Hillary Clinton, soutenue par un Obama trop conciliant face à l’islam. En France, les responsables politiques doivent enfin oser tenir tête à l’ennemi. Mettre les couleurs LGBT sur la Tour Eiffel plutôt que celles des Etats-Unis doit inciter encore plus la communauté gay à entrer en résistance, solidairement avec toutes les autres victimes potentielles d’une idéologie mortifère.

 

Je participerai, mardi, à On refait le monde, sur RTL (19h15-20h)

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