«C’est le même terrorisme islamiste qui frappe à Tel-Aviv, Bruxelles ou Paris»

L’attentat survenu hier à Tel-Aviv qui a vu deux terroristes palestiniens vider consciencieusement les chargeurs de leur kalachnikov sur des civils à la terrasse d’une chocolaterie, en ce compris une fillette de quatre ans, montre une fois encore que les mots de la guerre rangent l’État juif dans une catégorie à part. Je défie en effet le lecteur ou l’auditeur de bonne foi de trouver une seule fois ce mot défendu qui vient pourtant immédiatement à l’esprit, sous la plume ou dans la bouche d’un journaliste hexagonal pour qualifier les deux terroristes de ce 8 juin, qualifiés plus suavement «d’assaillants».

Il faudra m’expliquer pourquoi lorsque les djihadistes du 13 novembre ont procédé avec le même mode opératoire dans le quartier de la Bastille, le mot naturel a été utilisé naturellement et pourquoi il est banni lorsqu’il s’agit de la mort de civils d’Israël.

 

Il faudra encore beaucoup de fillettes assassinées pour comprendre que l’islamisme radical, le racisme anti occidental, la détestation du chrétien et du juif sont de la même graine de haine des deux côtés de la mer.

À la vérité, je connais très bien la réponse. Et nous la connaissons tous au tréfonds de nos esprits. Dans la bataille idéologique qui nous est livrée depuis 50 ans, il est des mots-clés qui ouvrent ou ferment les consciences. Un demi-siècle d’Islamo-gauchisme a décérébré la classe médiatique. En France, jusqu’à l’an dernier, les mots d’«islamisme» ou d’ «Islamo-gauchiste» étaient strictement prohibés.

 

Mais les bombes et les balles des islamistes ont fait sauter les verrous d’une censure d’autant plus implacable qu’il était interdit de la dénoncer.

 

Cette censure existe encore s’agissant d’Israël. Elle signifie en creux, que l’usage du mot terroriste est réservé à l’assassinat de civils totalement innocents par des hommes totalement coupables.

 

Cette exigence conceptuelle était déjà difficile à faire accepter, s’agissant de la France, tant la perception de l’Autre, fut-il impitoyablement violent et sanguinaire, était pervertie par une mauvaise conscience xénophile et pathologique, qu’on préféra longtemps le nommer «fou solitaire» ou encore «déséquilibré».

 

S’agissant d’Israël, le verrou n’est pas prêt de sauter. Le récitatif palestiniste, a été d’autant plus docilement accepté par l’idéologie dominante qu’il s’emboitait parfaitement dans sa xénophilie maladive. Ce récitatif, dépourvu de tout esprit critique, à commencer par l’acceptation docile et mortifère de la violence terroriste a creusé son sillon dans les cerveaux travaillés. Il a transformé un conflit national et territorial assez banal en nouvelle question juive. Il faudra encore beaucoup de fillettes assassinées pour comprendre que l’islamisme radical, le racisme anti occidental, la détestation du chrétien et du juif sont de la même graine de haine des deux côtés de la mer.

 http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/06/09/31002-20160609ARTFIG00158-c-est-le-meme-terrorisme-islamiste-qui-frappe-a-tel-aviv-bruxelles-ou-paris.php