Avigdor Lieberman : Pourquoi ce lynchage médiatique ? Par Dora Marrache

[N.d.R. Lire aussi notre éditorial sur ce sujet] Le 28 mai dernier, on pouvait lire dans The Times of Israël le titre suivant qui a certainement accroché de nombreux lecteurs : « Des milliers de personnes dans la rue contre le nouveau ministre de la Défense « fasciste ». Pareil titre a sans doute fait les délices de tous les antisionistes puisqu’il sous-entend que les Israéliens eux-mêmes sont opposés à sa nomination. Mais à la lecture de l’article, on s’aperçoit que les milliers n’étaient que 2000 qui défilaient au cri de « Lieberman est un raciste et un fasciste » et « Lieberman est le ministre de la Guerre ». Mais surtout on apprend que ces gens répondaient à la demande de rassemblement, organisé par la Liste arabe unie et le parti d’extrême gauche, le Meretz.



Puis si on pousse un peu les recherches, on découvre que les autres sites parlent de quelques centaines de manifestants, pas plus de 400! Alors pourquoi ce titre sinon pour ternir l’image que l’on se fait du nouveau ministre de la Défense, Avigdor Lieberman.

Rappelons d’abord les faits. Soucieux de renforcer sa majorité pour éviter des élections anticipées, Netanyahou a hésité entre une alliance avec la gauche ou une avec la droite. Finalement, il a opté pour le parti de droite, Israël Beitenou, et a offert à son chef, Avigdor Lieberman, le poste prestigieux de ministre de la Défense.

Ce choix, comme il fallait s’y attendre, est décrié par l’ensemble des médias à travers le monde. La lecture de quelques titres suffit à donner un aperçu de l’image qu’on veut projeter du nouveau ministre de la Défense.

Au Québec: «Lieberman, un ancien videur annoncé au ministère de la Défense » (Journal de Montréal); « Israël: l’ultranationaliste Lieberman à la Défense » (LaPresse.ca‎) ; – « Le gouvernement tangue plus à droite que jamais » (Le Devoir) –

En France : « Israël: Lieberman, un ancien videur annoncé au ministère de la Défense » (Libération); « Lieberman, un va-t-en guerre à la Défense » (Libération) ; « En Israël, un « ultra » à la tête de la Défense » (Le Monde); « Benjamin Netanyahu s’arrime à l’extrême droite en recrutant Avigdor Lieberman » (France TVinfo)

En Italie « Israël: Lieberman, un ancien videur annoncé au ministère de la Défense » (Courrier International)

En Suisse « Avigdor Lieberman, un provocateur au ministère de la Défense » (Tribune de Genève)

Et, comme de raison, certains médias juifs n’ont pas voulu être en reste. Il est regrettable qu’ils aient jugé bon de se faire l’écho de leurs confrères non-Juifs, et de se montrer- comme dans bien d’autres cas, hélas- plus royalistes que le roi.

À commencer évidemment par le quotidien de gauche Haaretz dont l’éditorial s’intitule « Une alliance contre-nature ».

Mais il faut aussi citer le site The Times of Israël qui gratifie ses lecteurs d’un nombre impressionnant d’articles sur Lieberman, parfois à raison de 3 articles par jour comme ce fut le cas le 31 mai et le 1er juin. Voici quelques titres :

– « Israël échange-t-il Yaalon contre un épouvantail ? Pas si vite ;

– « En proposant la Défense à Lieberman, Netanyahu étreint un politicien qui le méprise »;

– « Netanyahu : la nouvelle coalition continuera à « aspirer » à la paix avec les Palestiniens »;

– « Yaalon : Israël a perdu sa “boussole morale” ».

‎– « Clignez des yeux et vous la raterez : la stratégie de défense de Lieberman ».

On chercherait en vain un article qui parle de ses compétences, de son passé de diplomate, etc. Exception faite de l’adjectif « pragmatique » qui apparaît une seule fois, il est qualifié essentiellement de « belliqueux, raciste, ultranationaliste, extrémiste, fasciste,… ».

Que les antisionistes (pro-Palestiniens, gauchistes, Arabes israéliens) soient scandalisés par sa nomination, quoi de plus normal. On ne pouvait tout de même pas imaginer qu’ils s’en réjouiraient! Et leur mécontentement doit être interprété comme un très bon signe pour Israël. La preuve qu’ils ne pourront plus faire la loi, comme c’est souvent le cas :

– Au nom de la démocratie, on laisse les Palestiniens vomir leur haine des juifs sur les plateaux de télé et même à en appeler au meurtre.

– Au nom de la démocratie, on laisse même des députés mettre le feu au drapeau du pays dont ils sont citoyens.

– Au nom de la démocratie, la Knesset tolère en son sein des députés qui haïssent l’État qu’ils représentent. Quel pays accepterait de voir siéger dans son Parlement des députés qui vomissent quotidiennement leur haine de l’État quand ils ne pactisent pas avec les terroristes?

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http://www.europe-israel.org/2016/06/avigdor-lieberman-pourquoi-ce-lynchage-mediatique-par-dora-marrache/