Shemi Zarhin et le nouveau visage du cinéma israélien, par Pierre Lurçat

Le cinéma israélien est à l’honneur en France cette semaine, avec la sortie en salles du beau film de Shemi Zarhin, “De douces paroles” *. Ce film est l’histoire d’une quête familiale fondée sur la découverte d’un secret bien enfoui, qui va entraîner trois frères et soeur, Dorona, Natanel et Shai d’Israël en France, à Paris et jusqu’à Marseille où ils découvriront une vérité inattendue. On retrouve dans “De douces paroles” les qualités marquantes de ce réalisateur né à Tibériade en 1961 : art de la narration, humour, poésie et tendresse pour ses personnages, incarnés par une pléiade d’acteurs dont plusieurs ont déjà tourné dans ses précédents films.

 

Ainsi, Rotem Zismann-Cohen, découverte par Zarhin dans son très joli film “Bonjour Monsieur Shlomi” (Hakohavim shel Shlomi) sorti en 2003 ; Sasson Gabaï, monument du cinéma israélien qu’on a pu revoir récemment dans “La tournée de la Fanfare” (avec la regrettée Ronit Elkabetz), qui avait déjà tourné avec Zarhin ; et Levana Finkelstein que les amateurs de cinéma israélien ont déjà pu voir dans plusieurs films sur les écrans français, et notamment “Sumo” (2009) et “Fin de partie” (2014).

 

Deux des précédents films de Zarhin, “Aviva mon amour” et “The World is funny”, se déroulaient entièrement à Tibériade, ville natale du réalisateur qui la filme avec talent et amour. Dans “De douces paroles”, on découvre comme dans ses précédents films un autre visage du cinéma israélien, très différent de l’image qu’en donnent souvent les films des réalisateurs fétiches de la critique européenne (comme Amos Gitaï – pour ne citer que lui – adulé en Europe mais largement ignoré du grand public israélien). Il est riche, novateur, original et optimiste et reflète fidèlement la vitalité et la richesse humaine de notre petit et grand pays.

 

Pour citer Ronit Elkabetz, récemment disparue, le cinéma israélien s’est aujourd’hui affranchi de l’obligation de parler du conflit israélo-arabe pour devenir « plus physique, moins cérébral, et plus féminin ». Le nouveau cinéma israélien ne parle (presque) pas de guerre, d’« occupation » ou des autres leitmotive chers aux médias étrangers, qui ne connaissent notre pays qu’à travers le prisme déformant de l’idéologie palestiniste. Il parle de la vie, des gens et de l’amour… Car, contrairement à ce que croient les médias étrangers, Israël n’est pas seulement un pays en guerre, c’est un pays où il fait bon vivre !

 

 

* Voir la bande annonce sur :

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19562241&cfilm=240638.html