Benyamin Netanyahu réaffirme que tout processus diplomatique avec les Palestiniens se fera sur le plan régional

Le Premier ministre français a entamé sa visite en Israël et dans les Territoires palestiniens le 21 mai 2016. Après des rencontres avec des ministres israéliens, le Président d’Israël ou le chef de l’opposition, il doit déjeuner avec son homologue et chef de la diplomatie israélien le 23 mai. Le 22, lors du Conseil des Ministres hebdomadaire, Benyamin Netanyahu apportait une précision essentielle quant au processus diplomatique avec les Palestiniens, notant que celui-ci se fera avec « l’aide d’éléments dans la région ». Nouvelle fin de non recevoir à l’ingérence française.

L’emploi du temps très chargé de Manuel Valls avant sa rencontre avec son homologue israélien

 

Manuel Valls arrivait en Israël le 21 mai 2016 dans la soirée et restera dans la région jusqu’au 24 mai. Le Premier ministre français a un emploi du temps très chargé avec nombre de rencontres, notamment avec le ministre de la Protection de l’Environnement, Avi Gabbay, pour l’inauguration d’une centrale EDF, le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Yuval Steinitz, le Président de l’Université de Tel Aviv et des étudiants francophones, l’ancien Président israélien, Shimon Pères, le nouveau Président Reuven Rivlin, le dirigeant de l’opposition, le député Isaac Herzog – avec qui Benyamin Netanyahu est en pourparlers dans le cadre de la restructuration de son gouvernement - et enfin, un déjeuner de travail avec le Premier ministre et chef de la diplomatie, Benyamin Netanyahu.

 

Avec de nombreuses visites aussi, comme celle de Yad Vashem, ou au cimetière Har Hamenuchot à Jérusalem, où il s’inclinera sur les tombes d’Ilan Halimi et des victimes juives des attaques terroristes de Toulouse et de l’Hypercasher à Paris. Dépôt de gerbe au Mémorial Itzhak Rabin également, avec le maire de Tel Aviv, Ron Huldai.

 

Le 23 mai Manuel Valls et Reuven Rivlin feront une déclaration depuis la résidence du Président. Mais la pièce maîtresse de cette visite reste la rencontre avec Benyamin Netanyahu le 23 mai entre 12h et 15 h, avant le départ du Premier ministre français pour Ramallah et sa rencontre avec un Mahmoud Abbas, fréquent visiteur en France. Une France qui appuie les thèses palestiniennes, on l’a vu récemment avec le vote scandaleux d’une résolution à l’UNESCO, niant tout lien entre le Mont du Temple et le peuple juif et entend court-circuiter des négociations directes entre Israël et les Palestiniens avec, dans un premier temps un sommet à Paris organisé par un gouvernement français qui s’est disqualifié.

 

Benyamin Netanyahu : « le processus diplomatique avec les Palestiniens » se fera « avec l’assistance d’éléments dans la région »

 

À la veille de cette rencontre, lors de l’ouverture du Conseil des ministres hebdomadaire, Benyamin Netanyahu évoquait les sujets d’actualité, dont l’accord gazier qui doit avoir d’énormes retombées positives pour Israël, qui a dû être modifié suite à son rejet par la Cour Suprême israélienne en mars dernier. Mais il y avait avant tout au menu la refonte actuelle du gouvernement israélien, source de négociations et crises. « Un gouvernement aussi large que possible est la meilleure chose pour l’État d’Israël...une coalition plus large nous aidera à affronter les nombreux défis auxquels nous sommes confrontés et à tirer profit des occasions -qui se présentent- » déclarait le Premier ministre.

 

Il ajoutait aussitôt : « Je voudrais dire clairement qu’un gouvernement élargi continuera à agir pour un processus diplomatique avec les Palestiniens et nous le ferons avec l’assistance d’éléments dans la région. Je traite beaucoup de cela personnellement, dans de nombreux endroits et j’ai l’intention de continuer à le faire. »

 

Benyamin Netanyahu faisant référence, de toute évidence, à des conversations qui auraient lieu avec le Président égyptien, le gouvernement saoudien, les États du Golfe ou la Jordanie qui seraient prêts à modifier le Plan de Paix saoudien pour qu’il soit acceptable par Israël. Il ne l’est pas en l’état étant donné qu’il prévoit, entre autres, un retrait du Golan ou « le retour des réfugiés » palestiniens, ce qui signifierait la fin de l’État juif. (Des « réfugiés » qui sont en réalité des descendants des Palestiniens qui quittèrent ce qui devint Israël, en grande partie sur l’injonction des pays arabes avant d’attaquer le tout jeune État hébreu pour « jeter les juifs à la mer » et voulaient avoir le champ libre pour ce faire. Par ailleurs, pour avoir droit à ce titre de « réfugié » il leur avait suffi d’avoir vécu deux ans dans ce qui devint Israël. Parallèlement, un nombre équivalent de Juifs, citoyens de divers pays arabes depuis des siècles, menacés dans leur vie, spoliés, durent fuir leur pays pour devenir ce que le cinéaste Pierre Rehov appelle « Les réfugiés du Silence ».)

 

Une fin de non recevoir à l’interférence d’une France qui a épousé les thèses palestiniennes

 

Cette déclaration, sans la moindre ambiguïté, est également une fin de non recevoir à « l’initiative française » qui prévoit de fait de tenter de forcer la main à Israël et de lui imposer des diktats fortement inspirés de revendications palestiniennes avec lesquelles le gouvernement Hollande est en phase – voir plus haut, le vote français à l’UNESCO -. On sait, par ailleurs, que si Mahmoud Abbas, président non élu de l’Autorité palestinienne, est un fréquent visiteur cajolé à Paris et a été partie prenante de cette « initiative », il n’en va pas de même pour Israël dont le gouvernement français tance régulièrement « l’occupation » et autres constructions et même dernièrement à l’UNESCO accuse d’avoir installé de fausses tombes juives dans des cimetières palestiniens ou d’exercer de pseudo menaces contre le statu quo des lieux saints de Jérusalem. Alors que ce n’est que sous la gouvernance d’Israël que la liberté de culte est garantie dans une région à feu et à sang où les Chrétiens sont persécutés et où l’État hébreu est la seule démocratie.

 

Jérusalem avait fait savoir ses objections à ce projet à plusieurs reprises, rappelant que seuls des négociations directes pourront faire progresser toute idée de paix et vient donc de les réitérer avant même la rencontre entre Benyamin Netanyahu et Manuel Valls. Le sommet organisé par la France le 30 mai a été repoussé au 3 juin mais est donc maintenu, sans l’accord de l’un des deux intéressés, son rejet même...

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