La DGSI estime que l’EI « planifie de nouvelles attaques » en France Les Echos.fr

Devant une commission de l’Assemblée nationale, le patron de la Direction générale de la Sécurité intérieure, Patrick Calvar, a déclaré que « la France est aujourd’hui, clairement, le pays le plus menacé » par l’Etat islamique. La France est « clairement visée » par le groupe Etat islamique (EI) : dans son audition, le 10 mai devant la commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale, Patrick Calvar, le patron de la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), a exprimé les craintes d’un nouvel attentat sur le sol français. Le compte-rendu de ses propos ont été rendu public mercredi.

 

Le patron de la DGSI estime que « la France est aujourd'hui, clairement, le pays le plus menacé », ajoutant que « nous savons que Daech (acronyme arabe de l'EI) planifie de nouvelles attaques - en utilisant des combattants sur zone, en empruntant les routes qui facilitent l'accès à notre territoire ».

Mais contrairement aux attentats du 13 novembre à Paris et à l'approche notamment de l'Euro de football , il estime que c'est le risque d'un attentat à la bombe qui pèse le plus lourdement. « Nous risquons d'être confrontés à une nouvelle forme d'attaque : une campagne terroriste caractérisée par le dépôt d'engins explosifs dans des lieux où est rassemblée une foule importante, ce type d'action étant multiplié pour créer un climat de panique », a-t-il déclaré.

 

Moins de départs vers la Syrie et l'Irak

Concernant les départs de Français vers la Syrie ou l'Irak - 652 Français présents sur ces zones d'après les derniers chiffres du ministère de l'Intérieur - la DGSI constate « une stagnation des départs ».

Patrick Calvar explique qu'« il est plus compliqué de se rendre dans la zone concernée et l'on compte beaucoup moins de volontaires car les bombardements ont un effet dissuasif . On assiste à l'inverse à davantage d'intentions de retour sur notre sol mais qui sont entravées par la politique de Daech qui, dès lors qu'ils souhaitent quitter la Syrie, considère les intéressés comme des traîtres à exécuter immédiatement ».

Mais un grand nombre de mineurs sur place

La DGSI a recensé « quelque 400 enfants mineurs dans la zone considérée ». Pour les deux tiers, « ces enfants sont partis avec leurs parents, le tiers restant étant composé d'enfants nés sur place et qui ont donc moins de quatre ans. »

Pour ces derniers, « je vous laisse imaginer les problèmes de légalité que posera leur retour avec leurs parents, s'ils reviennent, sans compter les réels problèmes de sécurité car ces enfants sont entraînés, instrumentalisés par Daech. (...) s'entraînent aux armes à feu. Nous disposons de vidéos montrant des enfants qui exécutent des prisonniers », a-t-il déclaré alors que dimanche 15 mai, l'EI a justement diffusé une vidéo mettant en scène deux jeunes garçons parlant français.

Contraindre les opérateurs contre le chiffrement

L'attention des services de sécurité ne se porte pas que sur l'Irak et la Syrie. « Il y a quelques semaines, pour la première fois, nous avons interpellé trois individus qui partaient pour la Libye, ce qui signifie que des filières pourraient se mettre en place (...). Actuellement, quelques Français se trouvent dans la zone libyenne. Un mouvement s'amorce, et il faudra compter avec ceux qui quitteront la Syrie pour la Libye plutôt que pour l'Europe », a-t-il expliqué.

Patrick Calvar s'est également montré défavorable au chiffrement des téléphones et estime que « la seule façon de résoudre ce problème est de contraindre les opérateurs ».

Il affirme en outre que la coopération entre les services de renseignements européens est « totale » et « les informations circulent entre eux de façon très fluide ». « Le problème est l'absence de consensus. Nous ne parlons pas le même langage et sommes donc incapables d'harmoniser nos législations, ce qui nous place en situation de faiblesse », ajoute-t-il.

Une confrontation avec « l'ultra-droite »

Enfin, pour la patron de la DGSI, de nouveaux attentats font aussi peser le risque d'une confrontation nouvelle avec « l'ultra-droite ». « Nous sommes, nous, services intérieurs, en train de déplacer des ressources pour nous intéresser à l'ultra-droite qui n'attend que la confrontation. (...) Il nous appartient donc d'anticiper et de bloquer tous ces groupes qui voudraient, à un moment ou à un autre, déclencher des affrontements intercommunautaires ».

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