Le naufrage de la gauche "morale" Par Ivan Rioufol

La gauche "morale" fait honte. Non contente de fermer les yeux sur la haine anti-juive, le racisme anti-Blanc, le sexisme et la violence qui minent les cités musulmanes, la voici qui donne raison à un rappeur ayant interprété des textes francophobes, homophobes, antisémites. Je parle ici de Black M, bien sûr, qui devait tenir un concert le soir des commémorations du centenaire de la bataille de Verdun. Sa prestation (à 150.000 euros) a été annulée vendredi, sous les protestations de la société civile : elle a fait, là, démonstration de sa puissance politique.

Comment ne pas être indigné, en effet, par ce choix incongru pour rendre hommage aux 300.000 sacrifiés. Pour les 50 ans de Verdun, en 1966, le Requiem Allemand de Brahms avait été interprété dans la chapelle de l’ossuaire, pour sceller la paix franco-allemande. Se mesure, depuis, le désintérêt porté à la mémoire collective par le "progressisme", subjugué par la "diversité" et sa mémoire courte. Parce que la mobilisation est partie de la droite, les accusations en fascisme ont fusé du peu qui reste du camp du Bien, qui ne dit rien des comportements de ses protégés. Il est vrai que certains commentaires racistes, tenus par la crétinerie habituelle dans ce genre de scandale, ont été une aubaine pour la gauche. Le secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, Jean-Marc Todeschini, a pu dénoncer "un déferlement de haine, d’injures et de menaces". La ministre de la Culture, Audrey Azoulay, a parlé d’ "un ordre moral nauséabond et décomplexé". Jean-Christophe Cambadélis a évoqué "la police de la pensée du FN, de Ménard et des réacs républicains". A droite, le député juppéiste Benoît Apparu a estimé que ce concert, critiquable, n’aurait néanmoins pas dû être annulé sous de telles pressions, etc.

 

En réalité cette gauche naufragée, suivie par les moutons de la droite honteuse, trahissent tous les idéaux humanistes, au seul prétexte de vouloir plaire à la "nouvelle France" issue de l’immigration, plutôt indifférente au passé des indigènes que sont pour eux les Français français. "On va s’amuser", avait préalablement plaidé Black M pour défendre son spectacle voulu par le maire (PS) de Verdun, Samuel Hazard, sans rien percevoir ni de la solennité des lieux ni de l’obscénité du propos. Mais au-delà de ce choc des incultures, ce sont les messages du rappeur qui ont été scandaleusement avalisés par les redresseurs de torts, au nom de la création artistique et de l’excuse minoritaire. Voici quelques-unes de ses interprétations : "Je me sens coupable quand je vois ce que vous (ses parents) avez fait pour ce pays de koufars (entendre : mécréants)". Il y a aussi ceci, sur "les youpins qui s’éclatent, et font les magasins". Ou encore cela, avec Maître Gims : "Je crois qu’il est grand temps que les pédés périssent. Coupe-leur le pénis, laisse-les morts, retrouvés sur le périphérique". Mais pour la nouvelle ministre de la Culture, donc, la France nauséabonde est à rechercher du côté de ceux qui osent voir dans ces paroles du racisme anti-français, de l’antisémitisme et de l’homophobie. Ce sont eux qu’il faut faire taire. Ce conditionnement idéologique révèle l’imposture de "La république des faux gentils", cet essai que j’avais publié en 2004 pour dénoncer les humanitaristes qui menacent la nation de désintégration. Je persiste : les fascistes d’aujourd’hui sont chez ceux qui prétendent en faire la chasse.

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