Cent ans après Sykes-Picot, la politique de la France demeure partiale Par Freddy Eytan

Entre l’instauration de la Cinquième République par le Général de Gaulle, en 1958, et 1974, aucun ministre français n’a foulé le sol d’Israël. La France avait décrété un embargo militaire, économique et diplomatique. La première visite de Jean Sauvagnargues à Jérusalem s’est déroulée le 31 octobre 1974, 10 jours après sa rencontre avec Arafat à Beyrouth. Depuis, la France s’acharne à lier Israël aux Territoires palestiniens comme deux frères siamois. Pourquoi ? Nous ne sommes plus indépendants, souverains ?

 

Dans la même veine, n’est-il pas étonnant de voir défiler chez nous et chez les Palestiniens deux délégations françaises, l’une après l’autre, celle de Jean-Marc Ayrault et celle de Manuel Valls. Y a-t-il deux politiques ? Pourquoi soudain toute cette précipitation ? Mahmoud Abbas n’était-il pas à Paris, il y a à peine deux semaines ? N’y a-t-il pas des dossiers plus urgents, plus brûlants au sein de l’Hexagone ?

Certes, la politique étrangère française est depuis le général de Gaulle le « domaine réservé » de l’Elysée, mais on peut dire que depuis toujours, et particulièrement depuis le partage du Moyen-Orient par le diplomate François-Georges Picot (avec le Britannique Mark Sykes), c’est bien le Quai d’Orsay qui fait la pluie et le beau temps en politique étrangère, et aucune différence n’existe sur ce sujet entre les gouvernements de Gauche et de Droite.

 

Le dernier vote de la France à l’UNESCO fait partie de la politique automatique en faveur des Palestiniens. Chirac leur avait offert un bureau diplomatique à Paris en 1974, Mitterrand avait reçu Arafat à l’Elysée, et Sarkozy a voté en faveur de l’adhésion de la Palestine à l’UNESCO.

 

La dernière résolution est évidemment révoltante et scandaleuse, et d’ailleurs on veut bien croire qu’il existe des remords et des regrets au sein même du gouvernement français, surtout si on souhaite organiser une Conférence internationale sur la question palestinienne. Manuel Valls a parlé à l’Assemblée de « formulations malheureuses et maladroites ». François Hollande nous dit qu’il s’agissait d’une « erreur technique et d’un malentendu » et cela ne se répétera plus. Ah bon !

 

Alors, pourquoi la France a exercé de fortes pressions sur plusieurs pays européens, dont l’Espagne, pour qu’ils votent en faveur des Palestiniens ? Etonnant, bizarre, non ?!


Le vote de la France à l’UNESCO trahit son penchant pro-palestinien

 

Nous saluons les fortes réactions des dirigeants de la communauté juive de France, celle du Président du CRIF, Roger Cukierman, et celle du Grand Rabbin Korsia.

 

Notre ministère israélien des Affaires étrangères aurait du être plus énergique et rappeler sans faute notre ambassadrice pour consultation, car la négation de notre propre Histoire trimillénaire est un sujet lourd de gravité, dans le temps et dans l’espace.

 

Les mensonges, la délégitimation et la désinformation doivent cesser immédiatement. Nous devrions dire à nos « amis et alliés » Français que leur conduite est inadmissible et qu’ils ne pourront jamais être des intermédiaires sincères si dès le départ ils portent préjudice et veulent dicter d’une manière obsessionnelle un processus de paix conclu à l’avance avec les Palestiniens.

 

François Hollande et Manuel Valls, qui ont prouvé un certain courage et une forte détermination dans le combat contre le terrorisme et l’antisémitisme, devraient avoir la même volonté pour dire sans ambages aux Palestiniens avant de procéder à tout processus :

 

« Vous devriez avant tout reconnaître l’existence et la souveraineté de l’Etat Juif dans des frontières défendables, arrêter toutes les actions terroristes, et toute belligérance, ne plus exiger votre droit au Retour, ni que Jérusalem soit aussi votre capitale, elle appartient exclusivement aux Juifs. »

 

Si les Arabes acceptent un jour cette formule, eh bien, la France aura gagné honorablement son pari…

 

Freddy Eytan

http://jcpa-lecape.org/cent-ans-sykes-picot-politique-france-israel-partiale/