Le Retour d’Israël en Afrique, par Richard Darmon

Fondé sur divers intérêts communs entre l’Etat hébreu et un nombre croissant d’Etat africains, ce retour politique, économique et sécuritaire d’Israël effectué pas à pas lors de la dernière décennie sur le grand continent noir a mis un terme à la longue période de rupture et de crise générée par le fameux « choc pétrolier » de 1973. Analyse. Par Richard Darmon pour Israël Magazine.

 

Deux données récentes attestent du retour d’Israël en Afrique : d’abord le fait que le Premier ministre Benyamin Netanyahou a récemment annoncé qu’il comptait se rendre en visite dans au moins deux pays africains (le Rwanda et l’Ouganda) – un déplacement inédit depuis presque 30 ans pour un chef de gouvernement hébreu ! – et aussi le fait qu’un lobby parlementaire pro-africain a été initié en février dernier à la Knesset.

 

Il faut savoir que sur les quelque 48 Etats que compte l’Afrique sub-saharienne (sans compter donc le Maroc, la Mauritanie, l’Algérie, la Tunisie et la Libyequi forment un ensemble géopolitique considéré à Jérusalem comme plutôt rattaché au Moyen-Orient), Israël entretient actuellement des relations diplomatiques continues avec 40 de ces pays, avec des légations diplomatiques permanentes – ambassades et/ou consulats israéliens – dans dix d’entre eux (Angola, Afrique du Sud, Cameroun, Côte d’Ivoire, Erythrée, Ethiopie, Ghana, Kenya, Nigéria et Sénégal) et des missions diplomatiques non-fixes dans les autres pays. Et ce, alors qu’il existe quinze missions diplomatiques africaines en Israël, mais toutes dépourvues d’attachés militaires.

 

Rappelons que durant les années 1960, la jeune démocratie israélienne avait pris profondément pied en Afrique en envoyant tous azimuts des centaines d’experts agricoles, médicaux ainsi que des conseillers militaires pour « encadrer » et coopérer au développement et à l’émergence de nombreux pays africains nés à peu près en même temps que lui après la fin de la Seconde Guerre mondiale : une assistance israélienne pionnière qui, contrairement au rôle traditionnel tenu au siècle précédent par les grandes puissances européennes comme la France et la Grande-Bretagne puis, après 1945, par les USA et l’ex-URSS, n’avait jamais été considéré comme desservant des objectifs « coloniaux » et encore moins « impériaux », mais comme…

 

La suite dans le N°184 d’Israël Magazine.

http://israelmagazine.co.il/a-la-une/retour-disrael-afrique/