Rav Oury Cherki: » Ne pas célébrer Yom Haatsmaout, c’est faire preuve d’ingratitude ! »

Le Rav Oury Cherki est un personnage très connu aussi bien de la communauté francophone de laquelle il est issu que de la société israélienne. Vivant en Israël depuis 1972, il dirige la section israélienne du Mahon Meïr, la communauté Beth Yéhouda de Kiryat Moshé et le mouvement Bnei Noah. S’inspirant de ses maîtres le Rav Tsvi Yéhouda Kook et le Rav Yéhouda Léon Ashkenazi (Manitou) zatsal, ses cours parlent de sionisme, d’amour de la terre d’Israël, de Torah et science, d’universalisme du peuple juif, entre autres.

Il fait aussi partie des premiers participants, avec sa communauté, à la grande téfila au Kotel, le soir de Yom Haatsmaout, qui aussi étonnant que cela puisse paraitre, n’était pas organisée jusqu’à ce que le CNEF (Centre National des Etudiants Francophones en Israël) ne décide d’en faire un grand rendez-vous annuel, il y a 10 ans.

 

Nous revenons avec lui sur cet évènement, mais aussi sur la signification profonde de Yom Haatsmaout.

  

Le P’tit Hebdo: Vous avez publié un livre de prières pour Yom Haatsmaout ainsi que pour Yom Yeroushalayim, »Beit Mal’hout », sur le modèle des livres de fêtes. Pourquoi ?

 

Rav Oury Cherki: Yom Haatsmaout tout comme Yom Yeroushalayim sont des manifestations de la bonté de D’. L’acte fondamental que nous devons accomplir et que nous sommes les seuls à pouvoir réaliser, c’est celui d’être reconnaissants envers D’, Lui dire Merci. C’est par la prière que nous pouvons le faire.

 

Lph: Est-ce pour cette raison aussi que votre communauté participe chaque année au Kotel à une téfila particulière?

 

Rav O.C.: Ce soir-là beaucoup de communautés prient dans leur synagogue respective selon une téfila particulière. Yom Haatsmaout est un évènement collectif. Il est donc important aussi de le célébrer au Kotel, lieu où tout Israël se rencontre. Le Kotel, et plus largement Har Habayit, représente notre cœur, nos prières, nos traditions. Un peuple ne peut pas vivre sans son cœur même si celui-ci peut avoir du mal à battre.

 

Lph: Pourquoi selon vous, cette téfila au Kotel, a-t-elle été initiée par des Francophones?

 

Rav O.C.: Les Francophones sont viscéralement sionistes même s’ils n’en sont pas toujours conscients… Au départ, il y a 10 ans, c’est effectivement le CNEF qui a été à l’origine de cet évènement, puis d’autres communautés se sont rajoutées. Depuis longtemps, il ne s’agit plus d’un minyan francophone mais bel et bien israélien. Nous récitons la prière avec Hallel, en la partageant entre les rites ashkénazes et séfarades. Cette année, le Grand Rabbin ashkénaze, le Rav David Lau, y participera.

 

Lph: L’absence de téfila au Kotel pour Yom Haatsmaout pendant de si nombreuses années s’explique-t-elle par les débats autour de la façon de célébrer ce jour?

 

Rav O.C.: Les débats autour de la célébration de la gueoula existent depuis la sortie d’Egypte! Le processus se déroule suivant les plans de D’ieu. L’histoire fera que toutes ces réticences seront oubliées.

 

Lph: Qu’est-ce que la gueoula selon vous?

 

Rav O.C.: Pour nos Sages, la gueoula est une indépendance politique, non pas spirituelle. Elle existe dès lors qu’une servitude légale disparait que ce soit au niveau individuel ou au niveau du peuple.

 

La gueoula a commencé avec l’Indépendance de l’Etat d’Israël en 1948. Nous agissons maintenant pour achever cette Délivrance et atteindre la gueoula chlema, la Délivrance totale.


LIRE LA SUITE

 http://lphinfo.com/2016/05/09/rav-oury-cherki-ne-pas-celebrer-yom-haatsmaout-cest-faire-preuve-dingratitude/