Le "vivre ensemble", mensonge d'Etat Par Ivan Rioufol

Chut ! Tenter d’alerter sur La guerre civile qui vient - titre de mon essai paru début mars - revient à se heurter pour l'instant à l’omerta du système, incapable de regarder de plus près l’entourloupe du "vivre ensemble". Le silence médiatique, que l’internet contourne heureusement en portant mon livre, s’emploie à cautionner cette vérité officielle. Elle est, en réalité, un mensonge grossier. En effet, cette propagande occulte le contre-projet de société porté, dans les cités, par l’islam radical, dominateur, sexiste, intolérant.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, justifie cette fable d’Etat quand elle déclare (JDD, 29 mars) : "Il n’existe pas d’autre modèle possible (que le vivre ensemble), si ce n’est l’affrontement". Autrement dit : pour elle, il est préférable de se soumettre au totalitarisme salafiste et à ses exigences de conquêtes plutôt que d’avoir à lui résister. C’est ce défaitisme qui reste au cœur du projet de loi Egalité et Citoyenneté, présenté ce mercredi en conseil des ministres. Les mesures qui seront annoncées en direction des banlieues s’emploieront pour l’essentiel à consolider la fiction de ce vivre ensemble acheté au prix fort. Avant l’échéance présidentielle de 2017, c’est la politique de logement social qui sera une fois de plus privilégiée, tandis que la France périphérique des petits blancs a disparu des écrans radars du gouvernement. Mais cette facilité électoraliste est une autre manière de baisser les bras devant l’avancée islamiste. C’est cette idéologie qui est le terreau du communautarisme et du repliement identitaire. C’est elle qui devrait être combattue prioritairement.

 

Bruno Le Maire, candidat à la primaire, a le mérite de parler clair quand il déclare, lundi dans le Val d’Oise : "Nous avons depuis trente ans baissé les bras face à cet islam politique (…) Si on doit aller à l’affrontement avec l’islam politique, j’irai à l’affrontement". C’est en effet en ces termes qu’il faut envisager la riposte face à un ennemi intérieur qui ne comprend que le langage de la force. Manuel Valls s’égare quand, dans Libération de ce mercredi, il prend ses distances avec "les grands mots qu’on a beaucoup utilisés : "assimilation", "intégration", "acculturation"". Son rejet de l’assimilation et de l’intégration est aussi le combat des Frères musulmans. S’ils soutiennent volontiers le "vivre ensemble", c’est-à-dire la société multiculturelle, c’est parce qu’ils ont compris que ce concept creux les autorise à vivre selon leurs codes. Le premier ministre n’évite d’ailleurs pas la contradiction quand il vante "la richesse de la diversité" qui "ne doit jamais renoncer à ce qu’elle est", tout en se disant favorable à l’interdiction du voile à l’université. Une clarification de sa doctrine s’impose : désigner l’idéologie salafisme comme une menace pour les musulmans est une chose. Mais laisser croire, comme il le fait, que l’islam est "fondamentalement compatible avec la République" appelle une démonstration qui ne peut tricher en renonçant aux objectifs d’intégration et d’assimilation ; au risque de vider la "nation une et indivisible" de sa substance.

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