ALIYA 2016 – La France reste la priorité des autorités israéliennes par Jacques Bendelac

REPORTAGE EXCLUSIF – « La France d’abord » : c’est l’opération que le gouvernement israélien a lancé pour encourager l’Aliya des Juifs de France. Les salons de l’Aliya se succèdent mais ne se ressemblent pas. Organisés conjointement par le ministère israélien de l’Immigration et de l’Intégration et par l’Agence juive, les évènements de préparation à la vie en Israël vont se multiplier en France tout au long de l’année. 2016 démarre par une série de Salons de l’Aliya qui se sont tenus dans différentes villes de France et Belgique, du 6 au 13 mars.

 

PREMIER FOURNISSEUR D’IMMIGRANTS

 

L’an passé, la France fut le pays d’où provenait le plus grand nombre d’"Olim", les nouveaux immigrants : près de 8.000 Juifs de France ont émigré en Israël en 2015, soit une augmentation de 160% en deux ans. Lancé en 2014 par le gouvernement israélien, le projet « La France d’abord » (“Tsarfat Tehila”) semble atteindre ses objectifs : le nombre d’immigrants de France est passé de 3.000 en 2013 à 6.500 en 2014, et à près de 8.000 en 2015. Désormais, la France est le principal fournisseur d’immigrants d’Israël.

 

Certes, l’émigration des Juifs de France pourrait marquer le pas en 2016. Pour Ariel Picard, coordinateur de l’Aliya de France au ministère de l’Immigration à Jérusalem, « on ressent un affaiblissement de l’Aliya en ce début 2016, mais il est trop tôt pour savoir si cette tendance influencera les chiffres définitifs de toute l’année ».

 

Certes, 2014 et 2015 ont été un cru exceptionnel pour l’émigration de France, mais « l’évolution n’est pas rectiligne, certaines années sont moins bonnes que d’autres, essentiellement pour des raisons conjoncturelles », analyse Ariel Picard qui a fait cette semaine le déplacement en Europe pour participer aux Salons de l’Aliya.

 

GRAND SALON DE L’ALIYA

 

De Bruxelles à Strasbourg, de Lyon à Marseille avec un final à Paris, le Salon de l’Aliya 2016 a sillonné cette semaine les routes de Belgique et de France, se déplaçant à la rencontre des communautés juives. La tournée de mars s’achève ce dimanche 13 à Paris par un grand salon qui ne manquera pas d’attirer des milliers de candidats potentiels à l’émigration.

 

Pour bien marquer l’importance qu’Israël apporte à la communauté juive de France, le ministre israélien de l’Immigration Zeev Elkin a fait le déplacement à Paris ce dimanche. « Nous travaillons en amont pour préparer les Juifs de France à l’Aliya » explique Ariel Picard, « d’où l’importance des salons, car en écoutant les juifs, on se rend compte de leur besoin réel d’avoir un contact direct ; malgré l’importance des réseaux sociaux, le contact personnel avec des représentants israéliens reste important ».

 

La particularité de ces salons : la présence de nombreux représentants d’Israël pour répondre sur place aux questions que se posent les candidats à l’Aliya. De la fiscalité à l’éducation, de la sécurité sociale aux douanes, des équivalences professionnelles aux retraites, de l’entreprenariat à l’emploi et en passant par les municipalités, il n’est pas une question qui restera sans réponse, affirment les organisateurs. « Une Aliya bien préparée est une Aliya réussie » affirme Ariel Picard qui se dit impressionné par l’affluence des candidats à l’émigration aux salons, malgré le froid et les horaires pas toujours propices.

 

PÉNURIE DE MAIN D’ŒUVRE

 

Il est vrai qu’en Israël, la conjoncture économique de 2016 est propice une vague d’immigrants, et de France en particulier. L’année démarre pour l’économie israélienne avec un taux de chômage particulièrement bas, autour de 5% de sa population active. Non seulement le chômage est bas, mais le pays manque cruellement de main d’œuvre dans de nombreux secteurs : professions médicales et paramédicales, professions techniques et scientifiques, etc.

 

À juste titre, les Juifs de France sont considérés comme un réservoir d’ingénieurs et d’experts qui manquent en Israël. Le potentiel professionnel que représentent les Juifs de France est important pour l’économie d’Israël ; beaucoup d’entre eux exercent des professions qui font défaut en Israël, comme médecins, infirmières, dentistes ou ingénieurs.

 

Reste à régler l’épineux problème de la reconnaissance des diplômes français en Israël : des efforts sont déjà faits, mais « certains métiers exercés en France n’ont pas leur parallèle en Israël, d’où la difficulté d’obtenir des équivalences qui mettent en valeur la qualification professionnelle de l’immigrant » explique Ariel Picard. Autre difficulté d’intégration : le logement qui « peut être un obstacle à l’immigration si le candidat à l’Aliya n’a pas les moyens d’acheter un appartement en Israël » s’inquiète Picard.

 

LES JEUNES D’ABORD

 

Les salons de l’Aliya sont destinés à toute la communauté juive des France, de tous les âges, de toutes origines et situations professionnelles. « Cette année, nous insistons pour encourager et aider l’Aliya des jeunes : il est plus facile pour un jeune juif de commencer une carrière en Israël, que pour un professionnel en milieu de carrière qui aura plus de mal à trouver un emploi adéquat » nuance Ariel Picard.

 

Il n’empêche que l’intégration la plus douce en Israël reste celle de retraités. Car Israël présente tous les avantages d’une retraite dorée. Le montant moyen d’une pension française est généralement supérieur à la retraite israélienne ; elle est donc suffisante pour vivre confortablement au soleil de Netanya ou d’Ashdod.

 

Bref, l’Aliya 2016 de France pourrait insuffler un nouveau dynamisme à l’économie israélienne, à un moment où celle-ci peine à redémarrer.

 

Jacques Bendelac (Paris)

http://www.israelvalley.com/news/2016/03/13/49418/aliya-2016-la-france-reste-la-priorite-des-autorites-israeliennes