L’Autorité palestinienne commémore les auteurs d’attentats au couteau

L’Autorité palestinienne (AP) considère les attaques au couteau comme une manifestation du “réveil national”, expression désignant les affrontements et incidents violents qui ont eu lieu depuis le début du mois d’octobre 2015. En général, l’AP ne condamne pas ces attaques, mais au contraire les justifie, ou même les glorifie. Les assaillants au couteau qui ont été tués par les forces de sécurité israéliennes ou par des civils au cours de leurs attaques sont considérés comme des martyrs exécutés de sang froid.

Récemment, l’AP a commémoré certains de ces assassins, notamment Muhannad Al-Halabi, auteur de la première attaque au couteau de la vague actuelle, menée à Jérusalem le 3 octobre 2015. En outre, l’AP organise des rassemblements de solidarité avec les auteurs d’attaques au couteau qui ont survécu, comme le jeune Ahmad Manasra qui avait poignardé un petit israélien à Jérusalem le 13 octobre 2015.

 

L’approbation de ces attentats se révèle notamment par l’octroi d’un nom de terroriste à une rue ou par la construction d’un monument officiel en l’honneur de Muhannad Al-Halabi, dans sa ville natale ; en tenant des compétitions sportives en son honneur et en celui d’autres terroristes, compétitions sponsorisées par les institutions et les représentants officiels de l’AP et du Fatah et couvertes par le quotidien de l’AP, Al-Hayat Al-Jadida ; et en tenant différentes cérémonies de commémoration, y compris dans les écoles, à la mémoire des martyrs et en solidarité avec leurs familles, qui sont également sponsorisées par les institutions de l’AP en présence de représentants officiels.

 

On trouvera ci-dessous des exemples d’actes de commémoration et d’expressions de solidarité initiés ou sponsorisés par l’AP ou le Fatah.


 

Le 12 novembre 2015, la ville natale de Muhannad Al-Halabi, Surda Abu Qash, dans le gouvernorat de Ramallah, a tenu une cérémonie pour marquer le 40e jour de sa mort. Au cours de la cérémonie, la municipalité a annoncé la consécration d’une rue à son nom et a dévoilé un monument en son honneur, représentant une carte de la Palestine s’étendant du Jourdain à la mer et portant son portrait et son nom au-dessus de l’inscription “Etat de Palestine” (voir photo ci-dessous). Des orateurs lors de la cérémonie ont fait son éloge, affirmant qu’il avait défendu Jérusalem et “lancé une nouvelle étape dans le combat pour mettre fin à l’occupation”. [1]


 

Compétitions sportives en Cisjordanie en l’honneur de Muhannad Al-Halabi

 

L’AP et le Fatah ont également organisé des compétitions sportives en l’honneur des assaillants qui ont été tués. A la mi-décembre a eu lieu le “tournoi de tennis de table du martyr Muhannad Al-Halabi”, sponsorisé par le membre du Comité central du Fatah Jibril Rajoub, auquel 14 équipes ont pris part. Lors de la cérémonie d’ouverture du tournoi, le représentant de l’Association palestinienne de tennis de table, Radwan Al-Sharif, a affirmé qu’Al-Halabi avait sacrifié sa vie et son âme en l’honneur des femmes libres de la mosquée Al-Aqsa (à savoir les Murabitat).[2]

 

http://www.memri.org/report/en/0/0/0/0/0/0/8919.htm – _edn2

 

Le 30 octobre 2015, le Centre de Jeunesse du Martyr Yasser Arafat a organisé le “tournoi de football Muhannad Al-Halabi” dans le gouvernorat de Ramallah. Le communiqué annonçant le tournoi portait l’emblême du “Conseil suprême de la Jeunesse et des Sports de l’Etat palestinien – Centre de Jeunesse du Martyr Yasser Arafat »[3] et le tournoi a été couvert par le quotidien de l’AP, Al-Hayat Al-Jadida. Le 2 novembre 2015, le quotidien a rapporté que l’équipe de Bal’a avait remporté la coupe. Khalil Abu ‘Alba, directeur du centre de jeunesse, a émis l’espoir que le prochain tournoi porterait le nom de la libération et de l’indépendance de la Palestine.[4]

 

Un championnat de football a été organisé à Hébron en l’honneur des martyrs du peuple palestinien, et en particulier de ceux du “réveil national” (nom donné par l’AP à la vague de violences actuelle), et en mémoire de Basel Sidr, tué le 14 octobre 2015 alors qu’il tentait de poignarder un soldat israélien près de la porte de Damas à Jérusalem.[5]


 

Le 29 novembre 2015, un lycée de la région de Hébron a tenu un rassemblement de solidarité avec Ahmad Manasra, le garçon de 13 ans qui a poignardé un enfant de son âge le 12 octobre 2015 à Jérusalem. Le rassemblement, organisé sous le titre “Arrêter les enfants tue l’enfance. Laissez leur le temps d’étudier et de jouer”, a été sponsorisé par la Commission des prisonniers palestiniens, le ministère de l’Education de l’AP et le mouvement Fatah, en présence du gouverneur de Hébron Kamel Hmeid, du ministre de l’Education de l’AP Sabri Saidam, du président du club des prisonniers palestiniens Qaddoura Fares, du membre du Conseil révolutionnaire du Fatah Fahmi Al-Za’arir, du secrétaire général du Fatah Kamal Makhamra, d’une délégation de la commission des prisonniers, de membres de la famille de Manasra et de membres de la famille de Hassan Manasra, qui avait également pris part à l’attaque et avait été tué.

 

Le ministre de l’Education Sabri Saidam s’est adressé aux élèves en évoquant la signification de la loyauté et de la dévotion envers les martyrs, précisant : “L’objectif de cette campagne est d’attirer l’attention du monde sur les problèmes des enfants emprisonnés, en encourageant les étudiants à envoyer des lettres au Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, avec le titre ‘Le héros Ahmad Mansra’.

 

Saidam a aussi adressé un appel de condoléances à la famille de Muhammad Al-Shubaki du camp de réfugiés d’Al-Fawar, qui a été tué après avoir poignardé un soldat.[6]

 

Une autre initiative du ministère de l’Education a comporté une cérémonie dans l’école élémentaire de garçons de Huda ‘Abd Al-Nabi à Hébron, au cours de laquelle une minute de silence a été observée en mémoire de Mustafa Fanoun, 18 ans, qui a été tué en tentant de poignarder un soldat au poste-frontière de Tel Rumeida. La cérémonie s’est déroulée en présence du chef de cabinet du ministère de l’Education, Bassam Tahboub, de représentants de l’Union des enseignants et de membres de la famille Fanoun.[7]

 

Un autre représentant de l’AP, le gouverneur adjoint de Djénine Kamal Al-Rub, a assisté à une cérémonie organisée par l’Union générale des femmes palestiniennes de la ville. La cérémonie était organisée en “solidarité avec les mères des martyrs et en signe de protestation contre le meurtre de Palestiniens de sang froid aux postes-frontières, sous le prétexte sécuritaire infondé selon lequel ils auraient tenté de poignarder des Israéliens”. »[8]

 

Notes:

 

[1] Zamnpress.com, Paltoday.tv, 12 novembre 2015.

 

[2] Maannews.net, 19 décembre 2015; Alquds.com, 17b décembre 2015. Les Murabitat sont des femmes membres du mouvement islamiste Al-Murabitoun, qui organisent des manifestations bruyantes sur l’esplanade d’Al-Aqsa, en particulier pour empêcher les Juifs d’y prier.

 

[3] Alwatanvoice.com, 1er novembre 2015.

 

[4] Al-Hayat Al-Jadida (PA), 2 novembre 2015; Palsport.com November 1, 2015.

 

[5] Al-Hayat Al-Jadida (PA), 24 novembre 2015.

 

[6] Al-Ayyam (PA), 30 novembre 2015; Alhaya.ps, November 29, 2015.

 

[7] Al-Ayyam (PA), 7 décembre 2015.

 

[8] Amad.ps, 5 novembre 2015.

 

http://www.memri.fr/2015/12/31/lautorite-palestinienne-commemore-les-auteurs-dattaques-au-couteau/