Le Nigeria confronté à une vague d'attaques de Boko Haram

Au moins 25 personnes ont été tuées mardi par l'explosion d'une bombe attribuée aux islamistes de Boko Haram dans le nord du Nigeria. L'explosion a frappé vers 9 heures, heure locale, des bureaux de l'administration locale où des instituteurs et d'autres fonctionnaires faisaient la queue pour subir des contrôles d'identité, selon des témoins. Ces derniers redoutent que le bilan s'aggrave, car le bâtiment était bondé au moment de l'attaque.

Plus d'une trentaine de personnes ont été hospitalisées. En l'absence de revendication, les soupçons se portent naturellement sur Boko Haram, très actif dans la région.

Depuis l'entrée en fonction du nouveau président Muhammadu Buhari le 29 mai, les militants islamistes ont multiplié leurs opérations dans le nord du Nigeria. Depuis quelques jours, elles se suivent à un rythme soutenu. Lundi soir, une jeune kamikaze de 13 ans a ainsi péri dans un attentat manqué près d'une grande mosquée de Kano, la plus importante ville du nord du Nigeria, à 200 km au nord de Zaria. Dimanche, c'est la ville de Jos (centre) qui a été frappée par deux attentats - contre une mosquée et un restaurant -, dans lesquels au moins 44 personnes sont mortes. Un peu plus tôt, cinq personnes avaient été tuées dans un attentat-suicide dans une église de Potiskum (nord-est).

Vainqueur de la présidentielle face au sortant Goodluck Jonathan en mars, l'ex-général Muhammadu Buhari, éjà au pouvoir entre 1983 et 1985 à l'époque des dictatures militaires, a fait de la lutte contre Boko Haram une priorité, sans parvenir pour l'instant à faire cesser le bain de sang. Déjà 550 personnes sont mortes dans des violences attribuées aux islamistes depuis son retour en fonction. «Ces attentats perpétrés par Boko Haram sont des réponses directes à l'investiture de Muhammadu Buhari. Ce dernier veut marquer sa présidence en faisant tout pour éradiquer Boko Haram», analyse pour le Figaro Samuel Nguembock, chercheur associé à l'Iris, spécialiste des questions de sécurité en Afrique. «Il y a une réorganisation militaire de l'armée due au leadership du nouveau président. Avec Goodluck Jonathan (l'ancien président Nigérian, ndlr) il y avait des problèmes, notamment de corruption, au sein de l'armée», raconte le spécialiste.

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