L’insolent succès de la filière israélienne des sciences de la vie Nathalie Hamou | Les Echos

Si le dynamisme des start-up israéliennes dans la high-tech est bien connu, c’est loin d’être le seul secteur à susciter la convoitise. La filière des sciences de la vie fait elle aussi preuve d’une belle vitalité, révèle un rapport publié à l’occasion du Salon IATI Biomed, qui s’est tenu la semaine dernière à Tel-Aviv. Composée de près de 1.400 sociétés spécialisées dans l’instrumentation médicale (à 53 %), la biopharma (23 %) ou les solutions connectées (20 %), cette industrie a reçu un niveau de financement record au cours de l’année écoulée. Après l’avoir longtemps boudé, le capital-risque a investi plus de 800 millions de dollars en 2014 dans le « biomed » israélien, souligne le centre de recherche IVC. Un chiffre en hausse de 55 % par rapport à 2013 et un bond en avant spectaculaire par rapport à une moyenne annuelle de 371 millions sur la période 2005-2011.

Cet engouement provient pour l’essentiel de fonds étrangers, y compris français, comme l’atteste le récent investissement du fonds français Mérieux Développement dans la jeune pousse israélienne Ninox, spécialisée dans l’apnée du sommeil. Par ailleurs, onze entreprises du secteur se sont introduites sur le Nasdaq entre 2013 et 2014 – parmi lesquelles ReWalk, Lumenis et VLB – levant au total 761 millions de dollars. Les sociétés israéliennes des sciences de la vie ont aussi fait figure de cibles de choix. Elles ont été acquises pour un montant total de 2,9 milliards de dollars au cours des deux dernières années, contre une moyenne annuelle de 850 millions de dollars entre 2005 et 2014. Une fièvre d’achats qui concerne dans 70 % des cas des spécialistes de l’instrumentation médicale. A l’image de la société de laser Alma, acquise en avril 2013 par le groupe chinois Fosun Pharma, pour 240 millions de dollars.

Soutien des groupes étrangers

 

Autre signe fort : l’importance des centres de R&D israéliens dédiés aux sciences de la vie, soutenus par des groupes internationaux. Le pays en compte plusieurs douzaines, initiés par Johnson & Johnson, Philips, Merck Serono, Abbott, ou encore Samsung. « Le plus souvent, indique le rapport de l’IATI, ces centres ont vu le jour dans la foulée d’une acquisition. »

 

Parmi les firmes les plus actives sur le sol israélien figure Novartis, qui a investi l’an dernier dans deux des biotech les plus prometteuses du pays, Gamida Cell et BioLineRX. Roche a soutenu plusieurs jeunes pousses à un stade précoce, à travers son accord de coopération avec le fonds israélien Pontifax. Tandis que Sanofi a récemment embauché une « tête chercheuse » pour repérer des start-up locales.

 

Au total, l’appétit des groupes étrangers reflète bien le dynamisme de l’innovation israélienne. Même si pour certains observateurs, ce phénomène résulterait pour partie d’un certain désengagement du numéro un mondial des génériques Teva de l’univers de l’amorçage. Le géant israélien a en effet décidé de réduire ses investissements dans les start-up, laissant du coup le champ libre à ses rivaux…

 

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