Interview du président américain Barack Obama dans le quotidien Al-Sharq Al-Awsat MEMRI

Dans une interview au quotidien saoudien basé à Londres Al-Sharq Al-Awsat, à la veille du sommet du 14 mai 2015 à Camp David entre le dirigeant des Etats-Unis et ceux des pays du Golfe, le président américain Barack Obama a répondu aux préoccupations des Etats du Golfe concernant un possible accord sur le nucléaire avec l’Iran, et clarifié sa position sur plusieurs autres questions liées au Moyen-Orient.

Au sujet de l’accord sur le nucléaire et de ses implications pour la sécurité des pays du Golfe, il a déclaré que les Etats du Golfe étaient légitimement préoccupés par les actions de l’Iran, qui est un « Etat qui soutient le terrorisme » et qui « encourage les actions de groupes violents à l’intérieur des frontières d’autres nations ». L’accord nucléaire, a-t-il expliqué, est destiné à garantir que l’Iran n’obtienne pas l’arme nucléaire, ce qui intensifierait le danger qu’il représente. En outre, la levée de certaines sanctions liées au nucléaire pourrait améliorer la situation économique de l’Iran, et renforcer par voie de conséquence les dirigeants plus modérés du pays, selon lui. Il a souligné qu’il ne devait y avoir aucun doute sur l’engagement des Etats-Unis pour la sécurité de la région et de ses alliés dans le Golfe, et sur le fait que l’Amérique était disposée à employer tous les instruments de sa puissance pour garantir ses intérêts au Moyen-Orient.

 

Concernant la question de la Syrie, le président américain a affirmé qu’ « Assad [avait] perdu toute légitimité », mais que, puisqu’il ne pouvait y avoir de solution militaire à la crise syrienne, il fallait au bout du compte parvenir à une solution politique qui garantisse les droits de tous les Syriens, y compris ceux des femmes et des minorités. Il a ajouté que les Etats-Unis continueraient de promouvoir cet objectif, en renforçant l’opposition syrienne modérée, tout en combattant la présence de l’Etat islamique dans le cadre de leur campagne globale pour détruire cette organisation.

 

Interrogé sur sa position concernant la crise en Irak, il a rappelé qu’il s’était opposé à l’invasion américaine en 2003 dans ce pays, qui avait engendré une instabilité ayant conduit en fin de compte à l’émergence d’Al-Qaïda et de l’EI. Toutefois, a-t-il ajouté, les souffrances actuelles des Irakiens sont aussi la conséquence de l’échec du gouvernement irakien à répondre au besoin de tous ses citoyens. Les Etats-Unis s’emploient à aider l’Irak à surmonter la crise, en encadrant des forces locales et en apportant une aide humanitaire, et aussi par le biais de leur campagne contre l’EI, a affirmé Obama. Il a ajouté que les Etats-Unis étaient favorables à des liens plus étroits entre l’Irak et ses voisins, mais que ceux-ci devaient respecter la souveraineté de l’Irak.

 

Concernant la question palestinienne, Obama a déclaré que les Etats-Unis continueraient d’œuvrer en faveur d’une solution à deux Etats et dans l’objectif de trouver des moyens pour répondre à la fois aux besoins sécuritaires de l’Etat d’Israël et au droit des Palestiniens à un Etat indépendant et souverain. Toutefois, a-t-il déclaré, les tensions qui couvent depuis longtemps et les questions importantes concernant l’engagement à parvenir à une solution à deux Etats ont conduit les Etats-Unis à « reconsidérer sérieusement leur approche du conflit ». Au sujet de Gaza, il a affirmé qu’il était nécessaire, non seulement de reconstruire et de répondre aux besoins humanitaires des habitants, mais aussi de renforcer ses liens avec la Cisjordanie et ses relations commerciales avec Israël et le reste du monde.

 

Enfin, Obama a été interrogé sur sa remarque concernant la « jeunesse sunnite » dans une récente interview donnée au New York Times, qui avait suscité l’indignation du monde musulman. Il a répondu qu’il avait consacré sa présidence à œuvrer pour surmonter les clivages fondés sur l’appartenance raciale ou ethnique, mais que, malheureusement, le communautarisme était une réalité au Moyen-Orient qui attisait les guerres et l’hostilité. En conséquence, les Etats-Unis continueront à promouvoir la démocratie et les droits de l’Homme dans la région et dans le monde, et à soutenir ceux qui rejettent le communautarisme et l’extrémisme.

 

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