« Politique étrangère de la France » : un colloque passionnant qui a mobilisé le public

Le 8 mars dernier se tenait à Paris le colloque annuel de l’UPJF, sur le thème : « Politique étrangère de la France : son rôle dans la lutte contre le terrorisme et l’antisémitisme ». Un large public s’est déplacé à l’espace Cardin, pour venir écouter les nombreux intervenants et les débats animés par le directeur de la rédaction de Radio J, Michel Zerbib.

Après une première table ronde, consacrée à la « politique générale du ministère des Affaires étrangères français », qui réunissait plusieurs politologues renommés comme Alexandre Adler et Ramin Parham, autour du grand témoin Walid Al-Husseini, auteur du livre très remarqué « Blasphémateur ! Les prisons d’Allah » (éditions Grasset), une seconde table ronde a abordé le thème des distorsions entre les discours et la réalité géopolitique.

Premier intervenant, Renaud Girard, grand reporter au Figaro, a annoncé d’emblée qu’il allait dire des choses qui ne feraient « pas plaisir » à l’auditoire… Il a effectivement tenu sa promesse, en relativisant le danger nucléaire iranien (« les Perses ne sont pas antisémites ») et en attaquant la politique du premier ministre israélien, Binyamin Nétanyahou, auquel il a reproché de ne pas avoir reconnu un Etat palestinien.

Réagissant aux propos de M. Girard, le président d’Avocats sans Frontières, William Goldnadel, a rappelé que la majorité des Israéliens étaient favorables à un compromis pour parvenir à une paix véritable, mais que l’absence de volonté de paix était manifeste du côté palestinien, surtout après l’alliance entre le Fatah de Mahmoud Abbas et le Hamas.

Le criminologue Xavier Raufer s’est ensuite livré à une analyse sans concession de la réaction française aux attentats du mois de janvier. Selon lui, les leçons n’ont pas été véritablement tirées et on doit s’attendre à de nouveaux attentats encore plus meurtriers. « L’être humain ne survit qu’à ce qu’il comprend », a-t-il expliqué, or les attentats n’ont pas encore été bien compris… Guy Millière a ensuite expliqué avec brio comment la politique étrangère française générait de l’antisionisme.

Enfin, l’historienne Bat Yeor, qui a reçu pour l’occasion le Prix du Courage politique, a fait un exposé magistral des thèses qu’elle défend depuis longtemps, concernant la politique de l’Europe et l’alliance avec le bloc arabo-musulman, au sein de ce qu’elle a désigné par le néologisme « Eurabia ». Eurabia n’est pas, comme on l’entend trop souvent dire, une « théorie du complot », mais une réalité géopolitique étayée par des faits concrets et par des documents historiques.

Parmi les nombreuses personnalités de la communauté juive et du monde politique qui avaient tenu à marquer le colloque de leur présence, on remarquait notamment celle de l’ancienne ministre Valérie Pécresse, du président du FSJU, Ariel Goldmann, du président du Consistoire, Joël Mergui, de Son Excellence l’Ambassadeur d’Israël en France, M. Yossi Gal, du député Meyer Habib, de la ministre des Affaires économiques de l'ambassade d'Israël, Mme Dina Sorek, du Président de la Féderation Sioniste de France : Robert Zbili, du Vice-Président du CRIF, M.Francis Kalifa, du Directeur Général de l'Armement pour l'Europe : le Général Doron Gavish, du Président d'EL AL Yoram Elgrabli, du Grand Rabbin de France, Haim Korsia, de François Celier, représentant des Protestants de France, du President des Coptes de France, M.Resk, d'Alexis Govycan, Président des Arméniens de France, du Dr Donat MUPAPA Candidat à la Présidence du Congo, des Imams M.Lansari, M.Nouredine, M.El Hecmi, M. Rachid Boubach, de MM. Marc Lumbroso et Jeremy Redler, de la Mairie de Paris, des Représentants des Loges GODF - GLNF - Grande Loge de France et du Bnai Brit

Au cours du colloque ont également été décernés les quatre Prix annuels de l’UPJF :

Prix de la Femme politique de l’année : Mme Valérie Pécresse, députée, ancienne Ministre.

Prix du Courage politique : Mme Bat Ye’or, historienne.

Prix du Rapprochement entre les Communautés : M. Evagoras Mavrommatis, président de la Communauté chypriote de France.

Prix de l’amitié France-Israël : M. Meyer Habib, député.

Au total, le « Cru 2015 » du Colloque annuel de l’UPJF a été particulièrement intéressant et a mobilisé un public nombreux et attentif.