Football : Moi, Hendrix Corcos, joueur de l’UJA-Maccabi Paris Par Jonathan Nahmany

Actualité Juive : Racontez-nous vos débuts dans le football. Hendrix Corcos : J’ai commencé à jouer avec des potes à Montfermeil (93), ville où j’ai grandi. Mon rêve depuis tout petit était d’embrasser une carrière professionnelle. J’aurais peut-être pu… Une année, j’ai même été nommé meilleur avant-centre de Seine-Saint-Denis. J’ai très vite été enrôlé par le Red Star. Le football, c’est ma passion. Mais il ne m’a jamais permis de gagner ma vie. J’ai toujours eu un job à côté. Aujourd’hui, je travaille pour une société de machines à café. Mais je n’ai pas encore l’intention de ranger mes crampons. Même si cela devient un peu plus difficile avec ma vie de famille. Je suis papa de deux enfants et bientôt d’un troisième…

 

A.J.: Comment cela se passe-t-il aujourd’hui au Maccabi Paris ?

 

H. C. : Je prends toujours autant de plaisir. Pascal Laloux, le président, a insisté pour que je rejoigne son équipe il y a une dizaine d’années. C’est un mec super. Le Maccabi, c’est chez moi. C’est un club familial. On s’entraîne quatre à cinq fois par semaine. On joue le samedi en général. En cas de victoire, nous touchons des petites primes de façon à ce qu’on soit un minimum motivé.

 

« Mes coéquipiers blacks et musulmans sont des amis.

 

On s’invite mutuellement à la maison »

 

A.J.: Quels sont les meilleurs souvenirs que vous gardez en tête ?

 

H. C. : Il y en a forcément plusieurs. On a vraiment vécu de belles choses. Avant la fusion avec l’UJA (lire encadré), nous avons gravi les échelons de façon affolante. Nous gagnions la plupart de nos matchs. Nous étions une sorte de « petit Barça ». Nos adversaires ne comprenaient pas. Il y avait comme une magie qui s’opérait au sein de l’équipe. A l’entraînement, on déconnait tout le temps. C’était exceptionnel. En 2010, nous avons remporté la Coupe du Val-de-Marne. Une première dans l’histoire du club.

 

A.J. : Des joueurs issus de différentes religions composent l’effectif du Maccabi-Paris. Comment le vivez-vous au quotidien, surtout après les événements de janvier dernier ?

 

H. C. : Je suis de confession juive. Je n’ai jamais eu de problème avec les autres. Tout le monde accepte ma religion. Je n’ai jamais caché mes origines. Mes coéquipiers blacks et musulmans sont des amis. On s’invite mutuellement à la maison. Il nous arrive qu’on se chambre, mais dans le respect. Cela a toujours fonctionné dans cet état d’esprit. Il y a des joueurs arabes qui font leur prière dans le vestiaire avant ou après l’entraînement. Chacun est libre de faire ce qu’il veut. Cela ne dérange personne. L’important est que chacun se sente épanoui dans l’équipe.

 

A.J. : Vous avez déjà participé aux Maccabiades en Israël et aux Jeux européens de Rome. Souhaitez-vous faire partie de l’effectif de l’équipe de France de football pour les prochains Jeux de Berlin au mois de juillet ?

 

H. C. : J’aimerais en faire partie. Mais comme je vous l’ai dit précédemment, ma famille va s’agrandir. Cela devient compliqué de laisser ma femme seule.

http://www.actuj.com/2015-02/sport/1511-football-moi-hendrix-corcos-joueur-de-l-uja-maccabi-paris