Quand la France se déshonore .., par M. Cohen Sabban

Quand les mots n’ont plus de sens. Quand la raison est prisonnière de la haine de soi. Quand l’obsession aveugle les hommes, et les rend incapables d’affronter une réalité, au point qu’ils ne peuvent vivre que dans le mensonge. On obtient des monstres tel ce Michel Warschawski. Alors que les bouchers arabes, tuent sauvagement hommes, femmes et enfants par dizaines de milliers, ils ne voient eux que des supposés crimes contre l’humanité d’Israël, alors que les dizaines voire les centaines de milliers de morts arabes, tués par des arabes passent pour eux totalement inaperçus.

Alors que les Palestiniens sont autonomes à Gaza, et en Judée-Samarie sur la terre d’Israël, ce triste personnage nous parle de crimes de la colonisation, alors que ceux qui colonisent notre pays sont justement les Arabes, venus s’y installer au début du siècle, pour profiter de l’essor économique engendré par l’activité du yichouv juif.

Tout le monde sait bien que cette terre appartient aux juifs. En allant à Rome, n’importe qui peut voir entre autres l’arc de Titus sur lequel est gravée dans la pierre la destruction à Jérusalem, l’exil des Juifs, et le pillage du Temple. Ce n’est un secret pour personne. L’histoire est là, présente partout, pour attester du lien du peuple juif avec cette terre, que Napoléon lors de sa campagne en Palestine voulu restituer aux Juifs par sa Proclamation à la nation Juive Quartier général Jérusalem, 1er floréal, an VII de la République Française (20 avril 1799).

Depuis la chute de Jérusalem gouvernée par le peuple juif, aucune nation n’y fut souveraine, jusqu’à son retour, et la renaissance de l’État d’Israël en 1948.

Que ce triste individu éructe sa haine n’est pas une nouveauté. Mais que le gouvernement français, et Madame Taubira lui décerne une médaille pour son antisémitisme, sans qu’aucune institution juive ne se manifeste, c’est révoltant. Peut-on accepter de s’associer à cette dame, dans une quelconque cérémonie commémorant le martyr des juifs, alors que manifestement elle encourage et récompense des ennemis acharnés du peuple juif ?

Ce ne sont pas les propos larmoyants sur les Arabes, et cette terminologie ahurissante qui inverse le sens des mots qui vont nous faire adhérer un ce discours qui n’a qu’une exigence immonde, la destruction d’Israël. Les fautifs dans cette affaire, il faut les désigner clairement. C’est le gouvernement français, et madame Taubira, Madame la Garde des Sceaux, où des sots, et une fois de plus nos dirigeants qui ne se sont nullement manifestés pour désapprouver et condamner publiquement ce choix.

Des alors, on peut légitimement se poser la question, doit-on entretenir une quelconque relation avec cette personne qui approuve et récompense un discours que l’on aurait condamné à juste titre, s’il avait été tenu par un Jean-Marie le Pen ou tout autre personnage de l’extrême droite. C’est là une question qu’il faut se poser.

M. COHEN SABBAN

Discours de Michel Warschawski lors de la remise du Prix 2012 des droits de l’homme de la République française au Centre d’Information Alternative

le 10/12/12

Madame la Garde des Sceaux, Mesdames et Messieurs les membres du Jury,

Permettez-moi, au nom de mes collègues et ami/es du Centre d’Information Alternative, Juifs et Arabes, Israéliens et Palestiniens, de vous remercier chaleureusement pour avoir bien voulu honorer notre action contre l’impunité.

Ce combat s’appuie sur les leçons tirées du judéocide nazi par la communauté internationale tout entière. PLUS JAMAIS CA ! avait proclamé avec force la communauté des nations après la découverte des charniers de Treblinka et d’Auschwitz. Et pour que les enfants des rescapés des camps de la mort ne connaissent plus une barbarie de telle ampleur, cette communauté des Nations nous a armé du Droit International. À commencer par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. La présence parmis nous de Christiane et Stéphane Hessel est aussi une façon de marquer ce combat pour le Droit International. Ils sont des amis proches du Centre d’Information Alternative, nos parrains, c’est-à-dire ceux dont la vie, l’action et les valeurs qu’ils défendent nous inspirent et nous guident dans notre combat. Stéphane Hessel nous a donne la DUDH, le devoir de la communauté internationale de juger les criminels de guerre et l’imprescriptibilité des crimes contre l’humanité. Le Traite de Rome et la constitution de la Cour Pénale Internationale ont parachevé cette œuvre pionnière.

Soixante-cinq ans plus tard ses enfants spirituels, que nous sommes, sont honorés par la République Française pour le combat que nous menons contre l’impunité des hommes politiques et des militaires israéliens soupçonnés d’avoir commis de tels crimes, à Gaza, à Jenine ou au Liban. Madame la Garde des Sceaux, Mesdames et Messieurs membres du Jury,

Pourquoi l’impunité face à de tels crimes est-elle inacceptable ? Pourquoi en avons-nous fait un de nos combats prioritaires ? Pour trois raisons essentielles :

D’abord pour une question d’hygiène internationale : un monde dans lequel les criminels de guerre peuvent vivre normalement et circuler librement serait un monde malade où n’existe aucune frontière entre le bien et le mal. Ensuite, parce que la pénalisation des crimes de l’occupation coloniale en Cisjordanie, dans la Bande de Gaza et au Liban, sont un moyen de faire justice, au moins un peu de justice, aux victimes palestiniennes et libanaises. Cette reconnaissance des crimes et leur pénalisation sont également la condition préalable à toute éventuelle réconciliation. L’ont compris nos camarades Sud-Africains quand ils ont mis en place le processus de Vérité et Réconciliation : vérité avant réconciliation, vérité pour qu’il puisse y avoir réconciliation.

Mais il s’agit aussi, et c’est peut-être la raison la plus importante, d’un acte de libération pour mes propre concitoyen/nes. En effet, il en est des sociétés comme des individus : l’impunité est suicidaire. Rien ne semble pouvoir arrêter le criminel, qui ainsi court à sa propre perte. Qui aime bien, châtie bien, nous disait-on à l’école des Parents, et cette formule, certes un peu archaïque, est certainement valable aussi pour les Etats et les sociétés. En dénonçant les crimes de l’occupation coloniale, en traitant les hommes politiques, les officiers et les soldats impliqués dans des crimes de guerre comme des criminels de guerre, et en leur refusant l’impunité, nous, en Israël comme à travers le monde, plaçons des barrières salutaires à l’Ubris, cette folie de la puissance qui menace ceux qui croient, méchamment mais aussi bêtement, à l’usage illimité de la force.

C’est dans cet esprit, que le Centre d’Information Alternative s’est pleinement impliqué dans la campagne BDS – Boycott, Désinvestissement, Sanctions – lancée par la société civile palestinienne et reprise par des dizaines de milliers d’individus, d’organisations, de syndicats et de partis politiques à travers le monde. Sanctionner le colonialisme israélien c’est aussi aider faire comprendre à mes concitoyens que pour leur propre bien il faut y mettre fin. J’aime mon pays, c’est là que vivent mes enfants et grandissent mes petits enfants qui, pour certains d’entre eux, se trouvent avec nous aujourd’hui. Et parce que je l’aime, je me bats pour que la communauté internationale nous aide à mettre fin à son état d’impunité. Car ce qui est profondément anti-israélien c’est de le pousser à la faute et à la fuite en avant, en laissant notre pays dans l’impunité…