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Promouvoir l’Aliya Maintenant Par Isi Leibler

L’Agence Juive et l’Organisation Sioniste Mondiale tiennent leurs réunions respectives à Jerusalem cette semaine. Hélas, la question de l’aliya, qui justifie la priorité sur leur agenda, au-delà de quelques mots de pure forme, sera certainement laissée de côté. Malgré l’importante érosion du statut des communautés juives de diaspora, à l’exception de l’Amérique du Nord et de l’Australie, à moins de développements cataclysmiques, un flux massif de Juifs vers Israël dans le futur proche est hautement improbable. En dehors d’autres considérations, la perception du terrorisme actuel à l’encontre des citoyens israéliens, pour ne rien dire de la menace existentielle à long terme posée par un Iran potentiellement nucléaire, dissuade beaucoup de ceux qui pourraient autrement être tentés de venir.

Promouvoir l’Aliya Maintenant Par Isi Leibler

Promouvoir l’Aliya Maintenant Par Isi Leibler

Pourtant malgré cela, un climat prévaut aujourd’hui qui peut encourager une aliya occidentale limitée mais de haute qualité et fondée sur le choix.

 

L’Europe sera probablement la plus grande source d’aliya : l’hystérie anti-israélienne, le substitut utilisé par les antisémites pour vilipender le Peuple juif y a maintenant atteint des niveaux fébriles.

 

Au Moyen-Age, on reprochait aux “Juifs sataniques”  la peste, les puits empoisonnés et tous les désastres naturels. Au 20ème siècle, on reprochait aux Juifs d’imposer à la fois le capitalisme et le communisme à l’humanité.

 

Pendant une brève période immédiatement après l’Holocauste, quand les horreurs d’un antisémitisme débridé furent montrées, les antisémites furent considérés comme une espèce éteinte. Mais aujourd’hui, la plus vieille haine du monde a ressurgi à la vitesse de la plus grande croissance de l’industrie mondiale ; Israël, l’Etat des Juifs, a été transformé en incarnation de tout mal. Il est dépeint comme la plus grande menace à la stabilité mondiale et à la paix. Des enquêtes d’opinion européenne affirment même que l’Etat juif pose une plus grave menace à l’humanité que les Etats voyous d’Iran, de Syrie et de Corée du Nord.

 

Une revue des media suffit à juger de l’étendue et de la profondeur à laquelle les Européens détestent  Israël et les Juifs. Les communications entre media représentant la ‘vox populi’ de base sont d’une lecture effrayante. Même les éditoriaux libéraux et les descriptions de présumés commentateurs respectables relient les Juifs et Israël d’une manière inconcevable il y a seulement une décennie.

 

En fait, même l’inversion de l’Holocauste est venu à l’ordre du jour et est exploité de façon écoeurante contre les Israéliens que l’on accuse de se comporter comme des nazis. Cela se produit aussi en Allemagne comme l’a illustré la réponse du « grand public » à la diatribe antisémite obscène de Gunther Grass. Robert Wistrich, expert mondial en matière d’antisémitisme, est d’avis que l’antisémitisme européen est aujourd’hui, à certains égards, pire que dans les années 1930, où au moins un certain nombre de groupes de Gauche et de Libéraux défendaient les Juifs.

 

Sans surprise, comme ce fut le cas à travers la plus grande part de l’histoire juive – et pas moins  avant l’Holocauste – beaucoup de Juifs vivant dans un environnement hostile ne font qu’enfouir  leur tête et vivent dans un état de déni. Ils minimisent leur identité juive et sont enclins à éviter d’exprimer leur soutien public à Israël. Certains prennent leurs distances ou même critiquent Israël de façon à obtenir une respectabilité sociale.

L’impact est ressenti spécialement par les personnes jeunes pendant leurs années de formation à l’école et à l’université quand ils sont de plus en plus confrontés à la violence physique et à l’hostilité verbale. Il y a même des cas d’enfants juifs fréquentant des écoles non juives qui ne s’absentent plus les jours de fêtes juives pour éviter d’attirer l’attention sur leur filiation.

 

Beaucoup de Juifs européens sont conscients de l’impact de résider dans des pays entourés de gens qui les méprisent et dans lesquels eux, et particulièrement leurs enfants sont obligés de faire abstraction de leur fierté d’être juifs. Certains en ont conclu qu’il n’y a pas d’avenir à long terme pour la vie juive en Europe et même s’il est trop tard ou problématique pour eux de partir, ils encouragent leurs enfants à s’installer en Israël pour y vivre en Juifs dans le respect d’eux-mêmes avec fierté et dignité, débarrassés des complexes et des pressions. 

 

En Amérique du Nord et en Australie où l’antisémitisme est moins ouvert, il y a d’autres facteurs encourageant l’aliya. La continuité juive est devenue un sérieux problème pour la communauté de diaspora alors que le taux de mariages mixtes et d’assimilation a augmenté exponentiellement au cours des dernières décennies, sans qu’aucune famille ne soit immunisée. Cela commence même à gagner le secteur le plus ethnocentrique – la communauté juive orthodoxe.

 

Donner une éducation juive de base n’est pas une garantie mais c’est au moins un prérequis pour la continuité. Pourtant, dans la plupart des communautés de diaspora, une éducation juive commence de plus en plus à être le domaine exclusif des riches parce que c’est devenu d’un coût prohibitif. Cela s’applique spécialement à l’Amérique du Nord et à l’Australie où les parents donnant à leurs enfants une formation scolaire juive intégrée sont obligés de couvrir la totalité des coûts de l’éducation scolaire laïque d’ensemble. 

 

Ce n’est qu’en Israël que les enfants juifs reçoivent automatiquement une éducation juive parrainée par l’Etat – religieuse et laïque – comme extension de leur éducation d’ensemble. Pour certaines familles juives soucieuses d’apporter une culture juive à leurs enfants, cela représente en soi une incitation majeure à l’aliya.

 

De plus, alors que dans le passé faire son aliya depuis des pays occidentaux était généralement associé à des sacrifices économiques et à une baisse du niveau de vie, immigrer en Israël aujourd’hui apporte vraiment dans de nombreux cas des bénéfices économiques. De fait, à moins que l’économie israélienne vigoureuse actuellement ne se retourne, il existe de meilleures opportunités, en particulier pour les jeunes, pour une progression économique personnelle, que dans beaucoup de pays occidentaux qui sont en prise à une pénible récession.

 

C’est l’association de tous ces facteurs qui pourrait générer un nombre croissant de Juifs en provenance des riches sociétés occidentales à s’installer en Israël, même ceux qui ne sont pas inondés d’antisémitisme. En matière de sécurité, alors que le repaire des scorpions entourant Israël place certainement l’Etat juif en alerte permanente, le terrorisme et la menace nucléaire sont des problèmes mondiaux comme en témoignent les attaques violentes survenant à travers le monde.

 

La note discordante est qu’aujourd’hui, alors que les perspectives d’une aliya occidentale de haute qualité et par choix n’ont jamais été aussi bonnes, les concours de l’Etat à l’aliya semblent avoir été placés en hibernation. Il est parfaitement honteux que l’Agence Juive ait effectivement mis de côté  l’aliya comme objectif prioritaire, se concentrant à la place sur un objectif nébuleux de « renforcer l’identité juive » - rhétorique dépourvue de sens qui apaise l’Establishment juif américain : Israël ne cherche pas à attirer ses jeunes gens. L’Agence a de fait formellement délégué sont rôle prioritaire dans l’aliya à ‘Nefesh B’Nefesh’ qui fournit un excellent service mais est limité à l’assistance dans l’intégration des Olim.

 

Notre gouvernement doit encourager l’aliya comme une priorité majeure.

 

Cette année, alors que le nombre de Juifs dans la majorité des communautés de diaspora a continué de se réduire du fait de l’assimilation et des mariages mixtes, la projection pour la population juive  d’Israël dépasse six millions. Une augmentation de l’aliya occidentale sera un attrait pour l’Etat juif qui bénéficiera de la perfusion de Juifs très motivés, cultivés, hautement qualifiés. Cela renforcera aussi les liens avec la diaspora parce que chaque Juif qui s’installe ici maintient des liens avec la famille qui devient immanquablement plus engagée avec l’Etat juif.

 

ileibler@netvision.net.il

http://wordfromjerusalem.com/?p=4114

Adaptation française de Sentinelle 5772 ©


Article mis à jour le 27-06-2012

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