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La nation, une idée neuve, par Michel Gurfinkiel

Est-ce la faute de Patrick Buisson ? Depuis la présidentielle du 6 mai, le débat ne cesse de s’amplifier au sein de la droite. Les uns affirment que l’influent conseiller, en convainquant Nicolas Sarkozy d’insister, comme en 2007, sur l’identité nationale, la problématique de la “diversité” et les dangers de l’immigration, lui a fait perdre les voix du centre nécessaires à sa réélection. Les autres, qu’il lui a au contraire rendu de nombreuses voix de droite ; et l’a donc conduit, en dépit de son impopularité, à une quasi-égalité avec François Hollande : moins de deux points d’écart. De ces deux interprétations, on tire aujourd’hui, concernant les élections législatives des 10 et 17 juin – ce “troisième tour” qui, selon les résultats, fera du nouveau président un quasi-monarque ou au contraire un chef d’État désarmé – , des stratégies opposées.

La nation, une idée neuve, par Michel Gurfinkiel

La nation, une idée neuve, par Michel Gurfinkiel

Mais l’essentiel se situe peut-être déjà ailleurs : dans l’apparition, à travers la présidentielle, d’une sorte de “néo-France” ou d’“alter-France”, qui affirme sa “différence” avec la France traditionnelle, et entend se substituer à elle.

Ce phénomène, inattendu par son ampleur et sa radicalité, valide la “doctrine Buisson”, de même que le cynique Diogène, face au sophiste Zénon d’Élée qui niait le mouvement, le prouvait en marchant. Il prescrit en même temps de dépasser cette doctrine. Gagner les élections, c’est important. Créer, au-delà des dichotomies politiciennes, un consensus pour la survie d’une nation, c’est infiniment plus important.

L’émergence d’une “néo-France” se devine à travers les résultats, à la présidentielle, des circonscriptions fortement marquées par la “diversité” militante – et revendicatrice – ou l’immigration islamique. Des quatre grands départements d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Réunion, Guyane) au “9-3” francilien ou au XVIIIe arrondissement parisien, elles ont voté pour Hollande, en règle générale, à plus de 60 %, voire plus de 70 %. Soit dix à vingt points de plus que la moyenne nationale. Nicolas Sarkozy étant le candidat de “l’identité française”, François Hollande passait pour ne l’être pas.

Mais ce qui a vraiment dérouté l’opinion publique, y compris à gauche, c’est la façon dont la victoire de Hollande a été célébrée. Le 6 mai au soir, le “peuple de gauche” s’était rassemblé place de la Bastille, à Paris, pour fêter sa victoire, ce qui est bien légitime. Une large partie de ce “peuple” ne déployait cependant ni le drapeau tricolore, ni même le drapeau rouge, mais des pavillons algériens, tunisiens, palestiniens, ivoiriens. Comme si, en élisant un président favorable au vote des étrangers, la nation française s’était ipso facto dissoute en tant que telle, au profit d’autres nations. Des scènes analogues survenaient un peu partout en province.

Le lendemain et le surlendemain – le 8 mai, anniversaire férié de la victoire alliée contre l’Allemagne hitlérienne – le psychodrame continuait. Par d’autres moyens. À Paris, des commandos imposaient aux voies parisiennes des noms arabes ou africains : la rue Pierre-Lescot, dans le quartier des Halles, était ainsi rebaptisée “rue Halal” ; et la place de la République devenait “place Hanaa-Chalabi”, du nom d’une terroriste palestinienne. Comme si d’autres peuples et d’autres mémoires étaient soudain autorisés à prendre possession d’espaces et de lieux symboliques qu’on tenait jusqu’ici pour français par excellence.

La France est et a toujours été multiple – donc, en termes actuels, multicommunautaire. André Siegfried, le fondateur de la sociologie politique française, avait découvert que deux communes de l’Ouest, que tout rapprochait en termes sociaux et économiques, votaient de manière diamétralement opposée sous la IIIe République. Pourquoi ? Parce que l’une d’entre elles, à l’époque des guerres de Religion – trois cents ans plus tôt – , était catholique et l’autre protestante.

Les Français, par ailleurs, se sont toujours passionnés pour des causes lointaines, des insurgents d’Amérique, bien-aimés du règne de Louis XVI, au Tibet du quatorzième dalaï-lama, coqueluche de ce début du XXIe siècle. Ou pour des causes en quelque sorte transversales et transfrontalières : le catholicisme ultramontain, les identités basque ou catalane, la celtitude, le sionisme, le rêve arabe, la renaissance berbère et kabyle. Sans cesser, ni imaginer de cesser, d’être français avant tout.

Et les Français de préférence(pour citer Aragon, le barde communiste national), immigrés ou ultramarins, se sont posés, “oiseaux du large”, sur la “paume” de l’Hexagone par amour et admiration de la France, sans autre désir que de s’unir à elle.

Ce serait trahir la France et faire offense à ceux qui ont voulu et veulent toujours, de toute leur âme, être français, que de faire comme si rien, au début mai, ne s’était passé à la Bastille et aux Halles.  Michel Gurfinkiel, membre du comité éditorial

http://www.valeursactuelles.com/parlons-vrai/parlons-vrai/nation-une-id%C3%A9e-neuve20120529.html

Article mis à jour le 08-06-2012

Qui est le vrai BOSS de l UMP ?




2 Commentaires pour "La nation, une idée neuve, par Michel Gurfinkiel"

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Tomsawyer :

08/06/2012 19:32 #1

Rien à voir avec l'article mais ça méritait d'être montré :
manifestation de la diaspora malienne à paris contre l'islamisation du Mali devant l'ambassade de Mauritanie.
http://www.youtube.com/watch?v=b2kD9IqzCPg
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Marc :

13/06/2012 20:06 #2

M. gurfinkiel, je vous lisais en espérant que vous aviez changé; il n'en est rien ; vous restez un homme d'extreme - droite tant en France qu'en Israel
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