Accueil >> Articles >> Culture >> La Kabbala est-elle encore la Torah du Secret ? Par Laly Derai,

Culture

La Kabbala est-elle encore la Torah du Secret ? Par Laly Derai

Kabbala.com, kabbalah.net, kab.co.il, onekabbalah.info, sgulotkabbala.com, radiokaballah.net… En faisant des recherches sur Internet sur l'étude de la Kabbala, on ne peut qu'être impressionné devant l'inflation de sites consacrés à la Torat Hassod, cette Torah du secret qui semble être de plus en plus « révélée » au grand jour. Comment est-ce arrivé ? Comment la Kabbala, dévoilée par rabbi Chimon Bar Yo'haï dont nous célébrons la hiloula à Lag Baomer, puis commentée par le Ari Zal, a-t-elle pu être vulgarisée de la sorte au point de connaître des sommets de popularité ? Ce phénomène qui conquiert les foules (juives et non-juives !) n'est-il pas en antinomie avec la nature même de la Kabbala ? Est-ce forcément un phénomène négatif ? Hamodia vous propose, dans ce dossier, des éléments de réponse.

La Kabbala est-elle encore la Torah du Secret ? Par Laly Derai

La Kabbala est-elle encore la Torah du Secret ? Par Laly Derai

Ils sont des centaines, les yeux rivés sur l'homme qui se tient au milieu de la scène, une main tenant un micro, l'autre un livre écrit dans une langue qu'ils ne comprennent pas.
Certains parmi eux sont juifs, d'autres pas. On trouve des jeunes et des moins jeunes, des riches et des (un peu) moins riches, des hommes et des femmes dans cette salle de Los Angeles remplie à ras bord. Des mots comme Séfirot, Adam Kadmon, Partsoufim, étincelles de Kédoucha, Zohar sont prononcés.
Ces gens sont venus étudier un cours de Kabbala et on est manifestement vraiment très loin de la Michna de Haguigua (11 b) qui nous enseigne qu'« On ne parle pas du Maassé Béréchit (le processus de la création) à deux, ni du Maassé Merkava (le Char céleste, un concept qui symbolise la direction divine du monde depuis sa création) seul »…

La pseudo-Kabbala
Voici déjà plusieurs années que l'étude de la Kabbala, cette Torah du secret, attire les foules, à la recherche de mysticisme pour certains, de rapprochement vers D.ieu pour d'autres, de compréhension du Monde, de compréhension de soi, de piquant dans une vie morne, de sérénité dans une vie trépidante…
Des stars du show-biz affichent fièrement leur nouvelle « religion », la Kabbala, une religion qui n'exige pas le respect des 613 mitsvot, loin de là…
Les « centres d'étude de Kabbala » poussent comme des champignons particulièrement en Israël et aux États-Unis et ils brassent des millions de fidèles. Dans certains cas, comme pour les institutions dirigées par la famille Berg ou par Michaël Leitman, il s'agit littéralement de sectes qui attirent chaque jour de nouveaux adeptes.
Les enseignants ne respectent pas toujours la Torah et les Mitsvot et, pour une grande partie des élèves, les textes du Zohar sont les seuls appartenant à la bibliographie juive qu'ils n'ont jamais approchée.
Une simple recherche sur Internet du mot « Kabbala » permet de constater que 80 % des résultats conduisent vers des sites de pseudo-Kabbala new-âge où, à côté d'une explication d'un texte du Zohar, on peut trouver des prévisions astrologiques, les prédictions d'une voyante, ou encore d'une spécialiste de la lecture des lignes de la main, du marc de café, ou des cartes de Tarot… Malheureusement, ces sites sont extrêmement fréquentés, souvent par des personnes dont la recherche de spiritualité est authentique.
Cette vulgarisation de la Kabbala est bien entendu décriée par tous les rabbanim. Mais il n'empêche qu'elle répond manifestement à un besoin.
Il y a une décennie encore, la Kabbala était la Torat Hassod (la Torah du secret et de l'ésotérisme), la partie cachée de l'iceberg que sont les textes de la Torah. Mais aujourd'hui, celui qui souhaite enseigner ou apprendre n'a qu'à se placer devant son ordinateur et accéder à des concepts réservés depuis la création du Monde aux seuls initiés.

Une soif inextinguible de spiritualité
Paradoxalement, cette soif d'intériorité et de spiritualité est utilisée - à bon escient - par de nombreuses institutions de kirouv qui, sous couvert de « mystique juive », parviennent à attirer certains Juifs qui seraient allés chercher cette même mystique bien loin, en Inde par exemple… Il est désormais notoire que si quelqu'un veut inciter des personnes éloignées de la Torah à assister à un cours, il lui est conseillé de donner à ce cours un titre alléchant et de parler de « voyage vers la spiritualité », de « retour vers soi », de Kabbala et de Zohar.
Pour leur défense, les instituts de Kabbala non religieux citent les paroles du Baal Hassoulam, le rav Achlag zatsal, qui affirme que « l'étude de la Kabbala est une nécessité pour chaque Juif », ou encore le Rachach, rav Chalom Chaarabi zatsal, qui établit un lien direct entre le développement de l'étude de la Kabbala et la délivrance du peuple juif.
Les rabbanim concèdent que ces sources exhortant toute personne issue du peuple juif à étudier la Kabbala sont véridiques, tout comme celles imposant à tout Juif de respecter les Mitsvot. Mais de même que les Mitsvot et l'étude de la Torah sont soumises à des conditions bien précises, ainsi l'étude de la Kabbala est soumise à des règles. « Je soutiens qu'il ne convient pas de se promener dans le Pardès (une expression qui renvoie à l'étude de la Kabbala) sauf pour celui qui s'est rempli de pain et de viande. Et le pain et la viande sont la connaissance de ce qui est permis et ce qui est interdit ainsi que toutes les mitsvot » (Rambam, Hil'hot Yessodé Hatorah 4, 13).
Dans l'introduction du livre Ets 'Haïm, qui constitue le cœur de l'enseignement du Ari Zal, tel qu'il l'a transmis à son élève, rabbi 'Haïm Vital, le Ari souligne que la condition sine qua non à l'étude de la Kabbala est la Tahara, la pureté.
« Un vrai kabbaliste ne dira jamais qu'il est kabbaliste », affirme-t-on. Un autre principe affirme que « celui qui pense avoir tout compris n'a en fait rien compris, alors que celui qui sait qu'il n'a rien compris a manifestement compris quelque chose ». C'est un peu ce que rabbi Yossef 'Haïm, le Ben Ich 'Haï, a voulu dire à son élève qui, après avoir étudié trois fois le Ets 'Haïm, lui avait demandé s'il pouvait désormais l'enseigner. « Si tu penses que tu as compris ce qui était écrit, alors tu n'es pas encore prêt à transmettre tes connaissances », lui avait-il expliqué. 

LIRE LA SUITE SUR LE SITE HAMODIA.FRhttp://www.hamodia.fr/article.php?id=3201

Article mis à jour le 10-05-2012

Qui est le vrai BOSS de l UMP ?




{CommentNb} Commentaires pour "La Kabbala est-elle encore la Torah du Secret ? Par Laly Derai"

alt1

Security code

Balises XHTML autorisées : [b], [i], [u], [strike], [blockquote], [span], [code]

alt1