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Culture

2 500 ans de présence juive en Algérie, par Richard Darmon

La présence juive en Algérie remonte à la destruction du Temple de Salomon en -587 par le roi babylonien Nabuchodonosor. La deux plus anciennes synagogues d'Afrique sont celle de la Ghriba à Djerba en Tunisie et celle de Bône en Algérie qui porte le même nom. Puis la population juive locale est renforcée après la prise de Jérusalem par Titus en 70 et l'insurrection des Juifs de Cyrénaïque déportés par Trajan à l’ouest de Constantine. À partir de 200 : Des vagues d'immigration ont contribué à accroître la population juive d’Algérie avant la conquête romaine, même si son essor est souvent lié à la présence de Rome. Ainsi, y a-t-il des Juifs avant la conquête romaine du IIe siècle sur le littoral nord-africain à Hippo Regius (Annaba), Igilgili (Jijel), Icosium (Alger) et Gunugu (Gouraya), ainsi qu'à Constantine et Sétif - dont la synagogue date du IIIe siècle. La synagogue de Tipasa est construite au IVe siècle.

2 500 ans de présence juive en Algérie, par Richard Darmon

2 500 ans de présence juive en Algérie, par Richard Darmon

- 250 - 350 : la présence juive se renforce en Algérie, surtout dans la région de Constantine, comme le montrent des épitaphes locaux en latin. Puis, les historiens arabes signalent la présence de Juifs dès le Ve siècle dans la région du Touat (sud-ouest algérien).
- Après 420 : le pouvoir vandale après une courte période de liberté religieuse accordée aux Juifs par les Vandales, lorsque les Byzantins arrivent en Algérie, les édits de Justinien les excluent de la fonction publique et transforment des synagogues en églises comme à Tipasa. Au début du VIIe siècle, l'Algérie voit la 1re immigration de Juifs d'Espagne fuyant les persécutions des Wisigoths.
- 750 : la conquête musulmane débute au milieu du VIIe siècle et prend fin vers 790 sous les Omeyades. La résistance berbère est tenace : l’une de ses figures de proue est Dihya, une Juive appelée la Kahina, qui dirige les tribus berbères contre les Arabes. Après son échec et la conquête de l'Andalousie, les révoltes berbères déstabilisent le pouvoir abbasside au Maghreb. À Tiaret et à Tlemcen, les dynasties berbères locales sont tolérantes avec les Juifs ; les autres sont soumis au statut de dhimmis.
- À partir de 1300 : lors des persécutions liées à la Reconquista espagnole contre les Musulmans (XIVe-XVIe siècles), beaucoup de Juifs de la péninsule ibérique s’installent en Algérie en se mêlant à la population juive locale et en influençant les traditions.
- 1492 et après : suite à la prise de Grenade par les Rois catholiques et au décret d’expulsion des Juifs d’Espagne, on assiste à la plus grande vague de réfugiés juifs vers l’Afrique du Nord. En Algérie, ils s’installent dans les villes du littoral : ce sont ces Séfarades qui introduisent la liturgie du même nom. Dès le début du XVe, des rabbins d'origine espagnole prennent donc la tête des communautés algériennes.
- XVIIe siècle : les Juifs se répartissent dans les communautés urbaines d’Alger, Constantine et Tlemcen. On en trouve aussi en Grande Kabylie et dans les oasis du sud Algérien (Mzab, Biskra, Touggourt). Durant la période ottomane, les Juifs d’Algérie sont toujours soumis au statut de dhimmis : ceux qui n’en respectent pas les restrictions sont brûlés vifs à la Porte de Bab El-Oued, là où la France construira le principal lycée d’Alger.
- À partir de 1789 : Les Juifs vivent sans cesse sous la menace de massacres, comme celui de 1805 dont témoigne le consul de France Dubois-Thainville, qui sauve la vie de 200 Juifs en les abritant chez lui. En 1805, le chef de la Nation juive d'Alger, Nephtalie Busnach, est tué lors des émeutes dans les quartiers juifs. En 1815, le grand-rabbin d'Alger Isaac Aboulker est décapité dans un pogrome.
- À partir de 1870 : 40 ans après la conquête française de l’Algérie, le décret Crémieux accorde la nationalité française à 35 000 « Juifs indigènes ». Les Musulmans sont aussi invités à devenir Français s’ils abandonnent la loi coranique, jugée incompatible avec les valeurs républicaines. Mais fort peu acceptent ce choix.
- Août 1934 : grâce à la passivité des troupes françaises - dont les chefs sont gangrénés par l’antisémitisme ambiant - une foule arabe hystérique mène un pogrome dans le quartier juif. Bilan : 28 morts et de nombreux blessés.
- 1941 : retour brusque et forcé à la condition d'« indigène » durant la Seconde Guerre mondiale sous l’effet (jusqu’en 1942) des lois racistes de Vichy qui, entre autres, renvoient les Juifs des établissements de l’Éducation nationale.
- 1er novembre 1954 : début de la guerre d’Algérie déclenchée par le FLN.

Article mis à jour le 07-05-2012

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