Thèse que Mahmoud Abou Q’beita, le ‘’palestinien renversé’’, a d’ailleurs confirmé lors de l’interview donné le 1er février: « Question : qui conduisait ?
- C’était l’un d’entre eux qui conduisait, l’un des militaires, des Israéliens. Je ne sais pas qui c’était. C’était notre tracteur, pour notre travail, mais il était dessus et il le conduisait ».
Pas le moindre doute n’est ici suggéré.
Chacun sait qu’un soldat n’est identifié au premier coup d’œil comme tel que s’il porte l’uniforme. Sur la photo de l’AFP ci-dessous, on perçoit très bien que le conducteur de la remorque est un civil.
Légende de la photo AFP : « Un ouvrier palestinien de la construction crie de douleur après qu’un soldat israélien a fait rouler une remorque accrochée à un tracteur sur ses jambes alors qu’il tentait de le bloquer au moment où les forces israéliennes arrêtaient les ouvriers qui construisaient une maison à al-Dirat, un village au sud de Yatta, dans le sud d’Hébron, en Cisjordanie. Les forces israéliennes ont enlevé l’équipement et la remorque aux ouvriers de la construction, le site est situé en Zone C occupée où Israël empêche les Palestiniens de construire sur leurs terres ».
Chacun ne peut donc que s’étonner que Mahmoud Abou Q’beita, après avoir attesté dans la même interview qu’il n’a pas entendu le tracteur arrivé sur lui, assure que le conducteur était un israélien !
Quel est l’élément qui lui a permis de maintenir cette accusation sans appel ? Nul n’aura la réponse, hormis celle que l’on crédite à tout partisan. Celle de voir le mal uniquement dans le camp adverse. Ce qui est basique.
En revanche, quels sont les éléments qui ont permis à l’AFP de maintenir que c’est bien un soldat israélien et non pas un civil qui a commis l’accident, alors qu’une simple analyse, à l’instar de celle-ci, sur la base de leurs propres photos soulèvera tant d’objections à cette charge ? Quelles sont les indications qui ont autorisé l’agence française a confirmé de surcroît, par une dépêche répondant « aux accusations fausses à propos d’une photo prise dans un village de Cisjordanie, à Al-Dirat, le 25 janvier 2012 », que sa « conviction dans l’exactitude des évènements tels que décrits par Hazem Bader est sans équivoque » ?
Nul n’en saura rien ! Seule l’attitude permanente de l’agence à l’égard d’Israël explique le maintien de sa version et la négation de tout doute à ce sujet. Une posture confirmée encore une fois par cette affaire, qui perdure depuis plusieurs années et qui sert, au final, la croissance de l’antisémitisme.