Emanuel Gat
Le plus lyrique, le plus séduisant, le plus sombre d’entre eux, le plus remarquable, le plus virtuose sans doute, Emanuel Gat, est installé avec sa compagnie à Istres,
d’où il mène une carrière internationale. On le voit trop peu sur les
scènes françaises et surtout parisiennes (il a toutefois créé une très
belle chorégraphie pour le Ballet de l’Opéra de Paris et a été l’hôte du
festival "Paris Quartier d’été").
Il se produit avec ses
magnifiques danseurs le 10 février, à Alès (Cratère ; 04 66 52 52 64),
ainsi que du 22 au 24 février à Aix-en-Provence (Pavillon noir ; 08 11
020 111). La chorégraphie, "Brilliant Corners", est celle qui a été
créée avec un grand succès au Festival de Montpelier et reprise (sous la
pluie, hélas !) dans la cour d’honneur de l’Hôtel des Invalides l’été
dernier.
Yuval Pick
Nommé depuis peu à la tête du Centre chorégraphique national de Rilleux-la-Pape où il succède à Maguy Marin qui a courageusement voulu recouvrer son indépendance, lui qui fut naguère danseur au Ballet de Lyon et se fixa par amour dans cette ville, Yuval Pick, présente son superbe trio, "Score", le 23 janvier à Limoges (Danse Emoi ; 05 55 45 94 00), puis le 26 à Dijon (Art Danse Bourgogne ; 03 80 49 86 07). Un trio puissant, très structuré, mais aussi tourmenté, déchiré, où les corps torturés des protagonistes, des interprètes remarquablement engagés, font immanquablement songer aux figures du peintre Egon Schiele.
Barak Marschall
Seul à résider en Israël où, parmi de nombreux artistes, il apparaît
comme étant celui dont l’écriture est la plus élaborée, la plus
convaincante aussi, Barak Marschall est programmé par la Maison de la
Danse de Lyon, du 25 au 29 janvier (Tobogan de Decines ; 04 78 72 18
00). Alors que tant de ses pairs, en Israël, donnent l’impression de
compenser une absence d’écriture et de réflexion par une surabondance
d’expressivité et de gestes, lui offre une démarche plus réfléchie.
Portées
par d’excellents interprètes, ses chorégraphies apparaissent
vigoureuses, originales, enfiévrées. Inspirée tant par l’Ancien
Testament que par une forme de théâtre de l’absurde (ce qui revient au
même, tant l’Ancien Testament est souvent absurde), sa chorégraphie,
"Rooster", met en scène une douzaine de danseurs.
Hofesh Shechter
"And last but not least", Hofesh Shechter est à Sète avec ses
interprètes du 7 au 10 février (Chai Skalli ; 04 67 74 66 97), puis Ã
Paris du 19 au 29 février, au Théâtre de la Ville qui le présente pour
la troisième fois (Théâtre de la Ville ; 01 42 74 22 77). Composée de
superbes danseurs avec lesquels il travaille à Londres, sa troupe
présente deux pièces, l’une exclusivement interprétée par de jeunes
femmes, l’autre exclusivement par des hommes, deux pièces déjà vues en
France lors du Festival de Danse de Cannes en novembre dernier.
Ce
n’est pas ce qu’Hofesh Schechter a créée de plus puissant, lui dont le
travail éloquent semble être si fort en prise avec son époque, lui dont
l’énergie paraît refléter les anxiétés, les antagonismes de notre temps.
Mais cela n’enlève rien à sa stature d’artiste qui est exceptionnelle
dans un monde où bien souvent la danse contemporaine n’est plus rien que
décorative et bavarde, mais qui chez lui exprime quelque chose
d’essentiel, de très ancré dans le présent.
Multiples influences
Cette génération de remarquables chorégraphes est là pour témoigner de la puissance de l’expression artistique au sein d’un peuple qui vit jour après jour dans l’urgence. Une créativité qui ne s’est jamais mieux exprimée que par la danse, arrivée en Israël avec les premiers citoyens de ce pays qui venaient d’Allemagne, d’Europe centrale, de Russie ou des Etats-Unis. Et de France aussi, mais plus indirectement, avec la fondatrice de la Compagnie Batscheva, la mécène que fut Bethsabée de Rotschild.








