Honteuse diplomatie européenne, par Clément Weill-Raynal

« C'est un document secret qui a été rédigé par les ambassadeurs européens en poste en Israël. Dans ce document qualifié de « travail », les diplomates s'inquiètent du sort que l'état d’Israël réserve à sa minorité arabe et estiment que l'Europe doit désormais considérer ce problème des « arabes israéliens » comme une question -je cite- qui n'est pas moins importante que celle du conflit israélo-palestinien. Par le biais de cette question, les ambassadeurs s'interrogent également sur la légitimité du caractère juif de l'état d’Israël.

Ce document constitue, de l'avis même du journal Haaretz qui a révélé l'affaire, une initiative sans précédent, car la question des arabes israéliens est à n'en pas douter une affaire interne à la société israélienne et de surcroit une question sensible.

Or, la diplomatie internationale est régie par un principe de base selon lequel « on ne se mêle pas des affaires internes des autres pays, à plus forte raison lorsqu'il s'agit de pays amis et démocratiques."

Pour comprendre l'incongruité de la démarche, imaginez seulement quel serait le tollé si l'ambassade d’Israël à Paris s'inquiétait du traitement que la société française réserve à ses minorités ethniques, aux noirs et aux arabes de banlieues et stigmatisait par exemple le fait qu'aucun citoyen issu de la diversité ne siège à l'Assemblée Nationale.

C'est pourtant ce qu'on fait les ambassadeurs Européens en poste à Tel Aviv. Ils ont même envisagé d'exercer des mesures de pression contre le gouvernement israélien pour qu'ils prennent mieux en compte les aspirations spécifiques des arabes israéliens.

L'affaire est tellement énorme que le document circule en fait sous le manteau.

Les ambassadeurs Européens l'ont envoyé à Bruxelles sans même en adresser une copie à leurs interlocuteurs israéliens.

Il y a dans cette démarche beaucoup de ridicule mais aussi pas mal de mépris et quelques arrière-pensées.

Ce document est de surcroit un signal très irresponsable envoyé aux citoyens arabes d’Israël, puisqu'il est en quelque sorte une invitation à la surenchère et à la contestation du caractère juif de l’État d’Israël.

Il révèle en tout cas et une nouvelle fois le parti pris anti-israélien des courants dominants de la diplomatie européenne.

C Weill-Raynal.