Le peuple palestinien, une invention ? par Gilles William Goldnadel

Gilles Paris, dans son blog du Monde dédié au Proche-Orient moque gentiment les candidats républicains aux États-Unis pour leur tropisme pro-israélien. Surtout, il admoneste l'un d'entre eux, Newt Grintrich, pourtant professeur d'Histoire, pour avoir osé prétendre que le peuple palestinien était une invention. Comme j'aurais aimé constater un tel esprit critique à l'égard d'une extrême gauche française, pourtant plus proche, et maniaquement pro palestinienne. Je ne me souviens pas non plus que qui que ce soit au Monde, ait brocardé le fameux et fumeux « Comment le peuple juif a été inventé » commis par l'antisioniste Israélien Shlomo Sand.

Sur le fond, je ne conseille pas à Gilles Paris, lorsqu'il voudra bien respecter le parallélisme des formes, de comparer les mérites respectifs du brulot précité avec le tout récent « Comment le peuple palestinien fut inventé » de David Horowitz et Guy Milliere (ed.David Reinarc) destiné à lui répondre.

Ces deux éminents auteurs rappellent effectivement qu'en 1948, lors de la proclamation de l'Etat juif, nul ne parlait de « nation palestinienne » mais d'une nation arabe. Nul non plus n'a parlé de « peuple palestinien » avant que la notion soit, de fait, inventée, dans la deuxième moitié des années 60. En est-il autant pour le peuple juif ?

Ceci fermement posé, je veux ajouter ici que ces discussions historiques, passionnantes, sont dépourvues d'intérêt politique, au moins pour deux raisons :

  • S'agissant des Juifs, il est indéniable que la majorité d'entre eux est longtemps demeurée hostile au sionisme. Notamment dans le milieu orthodoxe. Ceci disqualifiait-t-il le sionisme ?
  • S'agissant des Arabes, certains sionistes devraient se rappeler des propos de l'un de leur plus intransigeant représentant,Vladimir Zeev Jabotinsky, qui dans son œuvre maitresse, « Le mur de fer », conseillait à ses sympathisants de ne pas se faire d'illusions : si, par extraordinaire, les Arabes venaient à reconnaitre la légitimité de la présence juive, ceux de Palestine seraient les plus irrédentistes.

Ce qui se prouve bien la spécificité de cette population, quelque soit son nom ou la manière dont elle se considère, et le droit qu'elle possède de s'organiser politiquement comme elle le veut.

Le problème est ailleurs, et là au demeurant où Newt Grintgrich, plus subtil que ne le voudrait le Monde, l'a situé : dans la persistance obstinée du peuple arabe de Palestine à préférer détruire le seul Etat juif que de construire un énième état arabo-musulman.

"Le très sérieux Le Monde" : pléonasme ou oxymore ?

Gilles William Goldnadel

 Extrait de sa chronique du 12/12/11 paru sur "Atlantico"

http://www.atlantico.fr/decryptage/gilles-william-goldnadel-gauche-morale-israel-palestiniens-244178.html