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ETATS-UNIS

Le président américain et la liberté pour Jonathan Pollard

La Constitution américaine accorde au président un pouvoir solennel, celui de gracier un prisonnier ; et dans un cas comme celui de mon époux, Jonathan Pollard - dans lequel tous les recours légaux ont été épuisés -, il y a au moins cette ressource qu’est l’intervention du président. Mais - et c’est incroyable ! -, le président Obama n’a répondu que par un silence glacial au déluge d’appels pour demander la grâce. Cela fait maintenant vingt-six ans que mon mari est en prison, et il est clair que dans cette affaire, c’est la politique qui prend le pas sur les autres considérations. Comme le journaliste américain J.J. Goldberg l’a révélé en 1998 dans un essai intitulé « Crime and Punishment » (LA Jewish Journal - 04/03/98), des pressions exercées en haut lieu par l’intermédiaire de Caspar Weinberger avaient poussé le juge à « faire un exemple »...

Le président américain et la liberté pour Jonathan Pollard

Le président américain et la liberté pour Jonathan Pollard

Pollard est toujours en prison, explique-t-on, non parce que sa faute mérite une si longue détention - ce qui n’a jamais été le cas jusque-là en Amérique ! -, mais parce que trop de Juifs américains n’ont pas compris le message. Or Weinberger lui-même a reconnu en 2002 dans une entrevue que le cas Pollard a été « exagéré » pour une autre raison, à savoir un incident mineur, mais monté ensuite en épingle : Jonathan est la seule personne dans l’histoire des États-Unis à avoir reçu une peine d’emprisonnement à vie pour espionnage au profit d’un pays allié, et non pour un pays ennemi. En l’accablant d’une sentence si sévère, le système judiciaire américain a de facto redéfini Israël comme un pays ennemi des États-Unis, et non plus comme un allié.

Toutes les tentatives visant à alléger sa peine ont été vaines. Toutes les possibilités juridiques ont été épuisées, et le cas n’est même pas passé devant un tribunal… Ainsi, la Cour suprême américaine a-t-elle refusé l’appel. Aujourd’hui, la seule possibilité qui reste est de demander la clémence présidentielle, le président ayant pouvoir absolu en la matière… Car ni le Congrès ni les tribunaux ne peuvent intervenir.

L’Article II, Section 2, de la Constitution américaine énonce ainsi : « [le président] aura le pouvoir de gracier dans des cas d’offenses contre les États-Unis (…) ». S’il le souhaite, le président peut consulter seulement le conseiller juridique de la Maison-Blanche. Or, avant le cas Pollard, aucun autre appel à la clémence n’avait été soutenu par autant de hauts fonctionnaires américains. Parmi, eux, l’ancien chef de la CIA, un ancien ministre de la Justice, un ancien ministre de la Défense, un ancien vice-président, un ancien conseiller juridique, deux anciens secrétaires d’État, des anciens chefs de la commission des Renseignements du Sénat, ainsi que des membres du Congrès appartenant aux deux grands partis américains.

Face à un soutien aussi impressionnant, le président Obama maintient un silence assourdissant. Les appels à la clémence constituent le dernier recours pour tenter de sauver Jonathan Pollard, et ils sont donc son dernier espoir de libération.

 

http://www.hamodia.fr/article.php?id=2535


Article mis à jour le 06-10-2011

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