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Palestine : les partis politiques français divisés sur l'initiative de Mahmoud Abbas

La demande d'adhésion de l'Etat palestinien portée par le président de l'Autorité palestinienne divise les partis politiques français. La droite s'y oppose. La gauche, majoritairement, la soutient. Pas moins de 110 parlementaires ont appellé le président de la République à user du droit de veto de la France lorsque le Conseil de sécurité de l'ONU sera saisi de cette demande. L'initiative lancée le 17 septembre revient aux présidents des groupes d'amitié France-Israël de l'Assemblée nationale, Claude Goasguen (UMP) et Jean-Pierre Plancade (divers gauche).

Palestine : les partis politiques français divisés sur l'initiative de Mahmoud Abbas

Palestine : les partis politiques français divisés sur l'initiative de Mahmoud Abbas

Cosigné par des élus de droite, du centre et quelques-uns de gauche, c'est cependant auprès des parlementaires de l'UMP qu'il a recueilli le plus de signatures, puisque 73 d'entre eux, essentiellement des députés, ont apporté leur soutien. Le lendemain, un appel de parlementaires de gauche (PS, PCF, PG et EELV) réclamait, à l'inverse, l'admission de l'Etat palestinien à l'ONU. Sept députés UMP l'ont signé. Le point sur les positions des différents partis politiques français.

UMP : "LIBERTÉ D'EXPRESSION"

Le parti présidentiel n'a donné aucune consigne sur ce sujet. "Il n'y a ni approbation ni désapprobation", explique son secrétaire général, Jean-François Copé. Il considère néanmoins que le texte de l'appel "est équilibré et reflète tout à fait la position de l'UMP". Pour lui, cette initiative ne pose par conséquent aucune difficulté. "Sur ce sujet, il y a une grande diversité d'appréciation et une liberté d'expression", reconnaît-il.

Cette diversité se manifeste, précisément, par le fait que sept députés de l'UMP ont paraphé de leur côté un appel pour l'admission de l'Etat palestinien à l'ONU.

BORLOO : "UN COMPROMIS RAISONNABLE" 

Pour Jean-Louis Borloo, coprésident de l'ARES, la voie de négociation choisie par Nicolas Sarkozy aux Nations unies est la bonne. "La position française est juste et appropriée , c'est la solution d'un compromis raisonnable, estime-t-il. Il faut essayer d'éviter un affrontement sur ce sujet." Selon M. Borloo, " il faudra bien sûr à terme une reconnaissance d'un état palestinien, mais il faut au préalable régler le problème des frontières ". En outre, dit-il, " il faut un énorme plan de financement et de développement économique de la Palestine et résoudre notamment le problème du traitement de l'eau ".

BAYROU: "PRINCIPE DE RÉCIPROCITÉ"

François Bayrou juge que " le principe qui doit présider à la reconnaissance de l'Etat de Palestine est le principe de réciprocité ". Selon le président du Mouvement démocrate, " Israël doit reconnaître qu'il faut un Etat pour le peuple palestinien et les autorités palestiniennes doivent reconnaître Israël comme Etat pour le peuple juif et doivent garantir à la communauté internationale que toute référence à la destruction de l'Etat d'Israël doit être abandonnée et combattue. "

MARINE LE PEN : "UNE CHANCE"

Marine Le Pen s'est prononcée, mardi 21 septembre, en faveur de la reconnaissance d'un Etat palestinien à l'ONU. " Je pense que cette reconnaissance loin d'être une provocation peut être une chance. Le tout, c'est que l'Etat palestinien et l'Etat israélien s'appuient sur leurs modérés plutôt que sur leurs extrémistes ", a notamment déclaré, en marge d'une conférence de presse, la candidate du Front national.

"J'ai toujours plaidé, ainsi que le Front national, pour l'existence de deux états souverains, sécurisés et je pense que cette reconnaissance d'un Etat palestinien pourrait être un pas en avant, avec évidemment la contre partie, ce que l'on demande aux états souverains. A savoir d'assurer sur leur territoire une véritable lutte contre le terrorisme. Terrorisme dont on sait qu'il perturbe gravement la vie des israéliens depuis de nombreuses années", a-t-elle ajouté.

Mme Le Pen est sur une ligne de crête. Elle cherche à rassurer la communauté juive, et elle sait que la question du conflit israelo-palestinien est centrale. C'est aussi une condition de la " normalisation " du FN sur le plan international. Mais la présidente du FN tient aussi compte de la frange radicale de son parti, dont certains membres expriment une franche hostilité vis-à-vis d'Israël.

LE PS FAVORABLE

Les socialistes, dans leur majorité, sont favorables à la reconnaissance par la France d'un Etat palestinien. 182 de leurs 195 députés ont ainsi, mardi 20 septembre, signé une proposition de résolution "appel[ant] la France à reconnaître un Etat palestinien viable et souverain aux côtés de l'Etat d'Israël, dont le droit à l'existence et à la sécurité doit être pleinement reconnu et garanti".

Le texte, qui s'aligne sur la position arrêtée le 14 juin par le bureau national du PS, a notamment été signé par deux des trois députés socialistes qui sont candidats à la primaire, François Hollande et Arnaud Montebourg, qui sont d'accord sur ce point avec Martine Aubry.

Egalement candidat à la primaire, Manuel Valls n'a en revanche pas signé ce texte. Bien que favorable à la création d'un Etat palestinien, le député de l'Essonne estime que "toute démarche unilatérale serait vécue par le camp d'en face comme une stratégie d'évitement des négociations visant, en creux, à imposer son point de vue". Cette position est partagée par une vingtaine de députés et sénateurs socialistes qui ont signé, dimanche 19 septembre, la lettre ouverte de Claude Goasguen et Jean-Pierre Plancade.

Parmi ces parlementaires socialistes figure une majorité d'élus de Paris et de sa banlieue, comme les strauss-kahniens Jean-Marie Le Guen ou François Pupponi. Le président du Parti radical de gauche et candidat à la primaire, Jean-Michel Baylet, a également signé cette lettre ouverte.

EVA JOLY : "LE STATU QUO N’EST PAS ACCEPTABLE"

Chez Europe Ecologie-Les Verts (EELV), on soutient sans ambiguité l'initiative palestienne. Eva Joly déclare ainsi sur son site : "Le temps est venu pour la Palestine de rejoindre la communauté internationale", écrit-elle. "En demandant d’entrer comme Etat souverain à l’ONU, la Palestine interpelle la responsabilité de la communauté internationale. Le statu quo n’est pas acceptable. Il ne tient pas compte de la primauté du droit et de la légalité internationale incarnés par les résolutions de l’ONU depuis 1947, reconnaissant le droit du peuple palestinien à l’autodétermination, à l’indépendance politique et à la souveraineté sur son sol", explique encore la candidate la présidentielle.

LE PCF APPUIE "AVEC FORCE LA DEMANDE"

Pierre Laurent n'a pas d'états d'âme. Il déclare à propos de l'initiative de Mahmoud Abbas : "nous appuyons avec force la demande de l'Autorité palestinienne. Nous souhaitons un engagement clair de la France sur cette question, explique secrétaire national du Parti communiste français. Pour l'instant, on entend une parole de la France qui balbutie. L'Autorité palestinienne veut une décision prise dans le respect du droit international. C'est une demande tout à fait légitime et c'est essentiel que la France s'engage fortement car sa position peut enclencher un processus international fort. "

LE PARTI DE GAUCHE "APPUIE CETTE DÉMARCHE"

Le PG "soutient" l'initiative palestinienne. Alain Billion, membre du conseil national, précise: " Nous soutenons la démarche de l'Autorité palestinienne par principe. Chaque jour, ça devient plus difficile d'imaginer un Etat viable. Le Parti de gauche appuie cette démarche et fera tout son possible pour que la France prenne la bonne décision. Ce serait une immense victoire morale."

NPA : "DES INTERROGATIONS" SUR LA DÉMARCHE

Si la position du Nouveau parti anticapitaliste en faveur de la création d'un Etat palestinien, est claire, Myriam Martin, une de ses deux porte-parole explique avoir "des interrogations" sur la démarche présentée à l'ONU "qui risque d'avoir du mal à aboutir". "La question essentielle est de savoir si cette démarche va être accompagnée des droits élémentaires comme le retour aux frontières de 1967, le droit au retour des exilés, la libération des prisonniers politiques, Jerusalem-Est comme capitale....", assure-t-elle. "On craint que cette démarche ne change rien à la situation du peuple palestinien. On risque d'avoir un Etat qui n'en a pas les prérogatives, avec un reconnaissance de principe mais sans reconnaissance de fait sur le terrain. "

LO : UNE POSITION NUANCÉE

Nathalie Arthaud, la porte parole de Lutte ouvrière l'assure : "Nous sommes solidaires de la volonté des Palestiniens de faire reconnaître leur Etat. Cela fait dix-huit ans qu'il y a eu les accords d'Olso. Dix-huit ans que les grandes puissances leur promettent un Etat et que les Palestiniens attendent."

La candidate de Lutte ouvrière à la présidentielle nuance cependant : "Maintenant, il est évident que ce n'est pas cette reconnaissance qui va améliorer la vie quotidienne des Palestiniens. Les Palestiniens ne peuvent pas compter sur les grandes puissances : chaque avancée, chaque accord a été arraché à Israël et aux grandes puissances par les Palestiniens eux-mêmes". "Je n'attends rien de la diplomatie française qui fait passer ses propres intérêts avant ceux des Palestiniens", conclut-elle.

Service politique

Le Monde.fr

Article mis à jour le 24-09-2011

Qui est le vrai BOSS de l UMP ?




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