PROPAGANDE : Gaza au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, Laurence Nguyen

Sous couvert d'art, (mais où est l'art?) cette soit-disant exposition est un acte politique, un mensonge par omission qui ne raconte qu'une seule version de l'histoire, une indécence pour les victimes, même si je suppose et espère que les 50.000 euros gagnés par ce photographe ont servi à rémunérer les malheureux blessés. Sous couvert d'art, verra t'on s'étaler ainsi sur les murs de nos musées nationaux les images des corps déchiquetés des récentes victimes de l'église syriaque de Bagdad? Des 70.000 morts de la guerre au Sri Lanka, des femmes éventrées dans les conflits en Afrique ? Sous couvert d'art, durant un mois, des visiteurs « innocents » vont subir un appel à la haine d'Israël, un de plus, et des plus vicieux.[Ashkel.info]

http://www.aschkel.info/article-compte-rendu-gaza-au-musee-d-art-moderne-de-la-ville-de-paris-60481619.html

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Tout d'abord, une alerte diffusée sur internet, concernait une affiche montrant une femme mutilée, une photo prise à Gaza, une photo annonçant une exposition au Musée d'Art Moderne: Gaza 2010.

 

Alors, j'achète l'Officiel des Spectacles: oui, il est indiqué que l'exposition a lieu au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, du 5 Novembre au 5 Décembre, entrée libre.

C'est très difficile à trouver, sur place aucune indication, plusieurs gardiens interrogés ne sont pas au courant. Enfin, une dame avisée m'indique que l'exposition se trouve dans les collections permanentes (?) et que le vernissage a eu lieu hier. J'imagine un cocktail un peu mondain, des petits fours devant des tableaux, cela semble étrange sur un tel sujet.

Je suis entrée en enfer, j'y suis restée 40 minutes, j'en suis ressortie atterrée et nauséeuse. J'explique :

A l'entrée de la salle 17, il est annoncé « Gaza 2010, photographies de Kai Wiedenhöfer. Prix Carmignac, gestion du photo journalisme »

Et aussi « Avertissement, certaines photos peuvent heurter la sensibilité du public ».

On apprend que Kai Wiedenhöfer, photographe allemand, est, depuis l'âge de 14 ans, un spécialiste du Moyen-Orient (sic). Que ce jeune prodige a appris l'arabe pour parler avec les gens qu'il photographie et commencer « un inventaire clinique des effets de la guerre sur la terre et les hommes ».

 

Je comprends qu'il va m'être démontré que la guerre c'est laid; mais je le savais. Mais je ne le savais pas à ce point. Dans une belle salle aux murs blancs sont présentés une centaine de tableaux, alternant photos de maisons détruites et portraits de personnes mutilées. J'écris « portraits » car chaque image semble avoir été étudiée, le sujet, homme, femme ou enfant, est comme peint, dans un décor approprié, assis sur un vaste sofa couvert de lourds tissus, ou debout dans l'encadrement d'une porte en ogive, ou accoudé à une table où s'épanouit un bouquet de fleurs. Le sujet pose, les décors sont soignés, les couleurs vives et l'image de qualité.

 

Mais chaque sujet expose sa blessure, moignons de jambes coupées, mains écrasées qui ne servent plus à rien, cicatrices mal refermées, peau en lambeaux. Une femme entièrement voilée, assise sur un fauteuil roulant soulève sa longue jupe pour montrer ses prothèses. Un enfant, torse nu, exhibe des traces de balles.

 

Sous chaque tableau, une légende explique le lieu de la maison détruite, la date de l'attaque, le nom de la victime mutilée, son âge, ses séquelles. Ces textes racontent que les victimes sont aveugles, que leurs estomacs sont encore criblés d'éclat d'obus, que des maris ont abandonné leurs épouses brisées, que des enfants sont orphelins. Parfois, dans ces légendes, il est fait référence au rapport Goldstone. Car nous sommes à Gaza, en 2010 et ces images de cauchemar sont le fait d'Israël. Une femme blessée a été, selon la légende en dessous, « abattue d'une seule balle par un soldat israélien ». Il est lourdement insisté sur les attaques d'écoles.

 

 

Sur un large mur, un historique tronqué énumère les dates majeures de ce conflit depuis 1948 et affiche une carte de la région: Gaza est en rouge, couleur de sang . Cette expo/propagande est si simpliste qu'on s'attendrait à lire «un jour Israël a décidé de massacrer Gaza »...

 

Je regarde les visiteurs autour de moi: ils se taisent, passent d'une photo à l'autre, comme hébétés.

Cette exposition étant installée parmi les collections permanentes, il est évident que nombreux sont ceux qui y entrent par hasard, au cours de leur visite générale.

Quelle sera leur opinion en quittant ce lieu de propagande, cette avalanche d'images insoutenables sans explications, cette présentation fallacieuse des victimes innocentes d'une armée sans pitié?

 

Sous couvert d'art, (mais où est l'art?) cette soit-disant exposition est un acte politique, un mensonge par omission qui ne raconte qu'une seule version de l'histoire, une indécence pour les victimes, même si je suppose et espère que les 50.000 euros gagnés par ce photographe ont servi à rémunérer les malheureux blessés.

 

Sous couvert d'art, verra t'on s'étaler ainsi sur les murs de nos musées nationaux les images des corps déchiquetés des récentes victimes de l'église syriaque de Bagdad? Des 70.000 morts de la guerre au Sri Lanka, des femmes éventrées dans les conflits en Afrique ?

 

Sous couvert d'art, durant un mois, des visiteurs « innocents » vont subir un appel à la haine d'Israël, un de plus, et des plus vicieux.

Vendredi 5 Novembre 2010

Laurence Nguyen

Association France-Israël 

PS:

Pour voir l'exposition, tapez dans Google: Carmignac ou Kai Wiedenhöfer, des photos et des vidéos présentent et expliquent cette réalisation.