Politique
La gauche occidentale, de la sympathie pour Israël au rejet de l'État juif. Le cas Tony Judt. P. I. Lurçat
Le rejet de l'Etat-nation est une idée à la mode qui s'est imposée dans
de larges secteurs de la gauche européenne et américaine, et au-delà.
Mais c'est dans le cas d'Israël seulement que cette conception a des
conséquences radicales – éliminer l'Etat juif pour édifier sur ses
ruines un Etat binational – projet politicide qui a trouvé des
supporters de plus en plus nombreux depuis une vingtaine d'années.
L'attitude de Tony Judt, ancien sioniste de gauche devenu un militant
antisioniste, partisan d'un Etat binational est emblématique de celle
d'une partie non négligeable du monde intellectuel occidental et de la
gauche en particulier. C'est en raison du travail de sape
d'intellectuels comme Tony Judt qu'Israël est ainsi devenu, dans la
vulgate occidentale contemporaine, le "Juif des Etats", pour reprendre
l'expression parlante de Paul Giniewski. [Vu de Jerusalem]
La gauche occidentale, de la sympathie pour Israël au rejet de l'État juif. Le cas Tony Judt. P. I. Lurçat
[Article paru dans le dernier numero de Controverses, l'excellente revue dirigée par Shmuel Trigano, dont la réputation n'est plus a faire]. Titre original :
Tony Judt (1948-2010)
Un alterjuif au parcours emblématique
L'historien
Tony Judt, décédé le mois dernier à New-York, n'était pas seulement un
représentant de l'intelligentsia de gauche américaine. Son parcours
intellectuel et politique permet de comprendre comment une certaine
frange de la gauche en Occident a évolué au cours du demi-siècle écoulé,
du soutien et de la sympathie pour Israël vers le rejet et la
détestation de l'État juif.
Né à Londres en 1948 – la même année que l'État d'Israël – de parents juifs assimilés, originaires de Lituanie et de Russie, il a fait sa carrière aux États-Unis, sa patrie d'adoption, et a consacré une dizaine d'ouvrages à ses deux domaines de prédilection : l'histoire de l'Europe d'une part 1 et l'histoire des idées et en particulier celle des intellectuels français d'autre part 2.
Dans un article paru dans la New York Review of Books 3, dont il était un collaborateur régulier, Judt décrit son engagement sioniste socialiste et sa progressive désaffection pour Israël, qui le conduira à prendre des positions radicales et à prôner un État binational à la place de l'État juif. Adolescent, il passait ses étés en Israël, au kibboutz, et fréquentait un mouvement de jeunesse sioniste, le Dror, dont il fut brièvement le secrétaire national en Angleterre. Il adhère alors à l'idéologie sioniste socialiste, qui sanctifie le travail de la terre et aspire à créer un Nouveau Juif, ou plutôt un Nouvel Hébreu, dans le droit fil des courants utopistes européens du début du siècle.
En 1966, âgé de 18 ans, il passe six mois au kibboutz Ma'hanayim, en Haute Galilée. La description qu'il fait dans la New York Review of Books de son séjour au kibboutz évoque les livres d'Amos Oz. Comme ce dernier, Judt reproche aux membres du village collectiviste leur étroitesse d'esprit et les décrit comme des êtres frustres, occupés essentiellement à convoiter les biens et les femmes de leurs voisins… Il y a toutefois une difference entre Tony Judt et Amos Oz : ce dernier critique le kibboutz (et Israël) de l'intérieur, adoptant la position du prophète de malheur, chère à Yeshayahou Leibowitz. Judt, lui, est amené progressivement à rejeter toute identification avec l'idéal sioniste de gauche qu'il a partagé dans sa jeunesse.
"Je préfère les marges et les bordures" – Cette déclaration qui fait penser à l'attitude d'un Michel Warschawski (dont l'autobiographie s'intitule Sur la frontière 4), s'accompagne d'un éloge du cosmopolitisme et des "villes cosmopolites", parmi lesquelles Judt cite, pêle-mêle, Alexandrie, Tanger, Odessa, Salonique, Beyrouth… Il manque évidemment, dans cette énumération sortie d'un guide touristique du pourtour de la Méditerranée, Tel-Aviv et Jérusalem, qui sont pourtant tout aussi cosmopolites.
Tony Judt, Edward Saïd et Shlomo Sand
Dans
ce même texte, Judt fait référence à la figure tutélaire de
l'intellectuel "libéral" américain, Edward Saïd [sur la photo ci-contre,
en train de lancer des pierres contre Israel...], dont il préfacera le
livre D'Oslo à l'Irak 5. Politiquement, Judt (qui est
historien des idées) se définit comme un social-démocrate, "en
porte-à-faux avec [ses] collègues radicaux". Mais sur la question
d'Israël, il en vient pourtant, dans les années 2000 – à l'époque de la
deuxième Intifada et de la radicalisation du débat en Occident – à
adopter des positions extrêmes qui ressemblent à celles de son collègue
Shlomo Sand (lui aussi historien des idées et spécialiste de l'Europe).
Comment en est-il arrivé là ? Tout récit autobiographique comporte nécessairement une part de mensonge, fut-ce par omission. Quand Judt décrit sa désillusion envers Israël, il prétend découvrir soudain une réalité différente de celle qu'il croyait connaître (le kibboutz, société étriquée et provinciale, ou l'armée israélienne, macho et chauvine). Mais il omet d'expliquer comment il a, lui, changé de point de vue… Comme l'amant qui cesse d'adorer sa maîtresse, il veut croire que c'est l'objet de son amour qui est devenu autre, alors que c'est lui qui a cessé d'aimer.
L'attitude de Judt pourrait bien illustrer celle de toute une partie de la gauche européenne, qui aimait autrefois Israël et qui l'abhorre aujourd'hui. Dans un article publié en octobre 2003, Judt expliquait en quoi Israël était devenu "anachronique 6":
Dans un monde où les nations et les peuples se mêlent de plus en plus et où des mariages interraciaux sont monnaie courante ; où les obstacles culturels et nationaux à la communication se sont pratiquement tous effondrés ; où nous sommes de plus en plus nombreux à avoir de multiples identités électives, et où nous nous sentirions injustement entravés si nous devions n’en avoir qu’une, dans un tel monde, Israël est vraiment un anachronisme
A l'heure du "village global" et du multiculturalisme, nous dit Judt, Israël en tant qu'État juif est anachronique. Il convient donc de le remplacer par un État de tous ses citoyens, c'est-à-dire par un État binational… "Je suis suspicieux – écrit-il dans sa description du kibboutz – à l'égard de la politique de l'identité (identity politics) sous toutes ses formes, et juive par-dessus tout". Cet aveu en dit plus long qu'il n'y paraît : son rejet de l'État nation, motivé par son analyse dépassionnée d'historien de l'Europe, est avant tout, comme il le dit lui-même, un rejet de l'État juif et de la nation juive… Comme si sa prise de position de l'automne 2003 était motivée par le rejet de sa propre identité ! (il se décrit ailleurs comme un "Juif mal à l'aise avec la judéité").
Ainsi, son rejet sans appel du projet sioniste, auquel il a autrefois adheré, n'est pas tant le fruit d'un raisonnement intellectuel (en quoi Israël serait-il moins légitime en 2003 qu'il ne l'était quarante ans plus tôt ?) que d'un règlement de comptes avec son propre parcours, une manière de couper les liens avec sa famille et son peuple, au moment où il devient de plus en plus difficile d'être Juif sur les campus américains, sinon en adoptant la posture de l'alterjuif, c'est-à-dire du Juif contre Israël…
Conclusion : un alterjuif emblématique
Le rejet de l'Etat-nation est une idée à la mode qui s'est imposée dans de larges secteurs de la gauche européenne et américaine, et au-delà. Mais c'est dans le cas d'Israël seulement que cette conception a des conséquences radicales – éliminer l'Etat juif pour édifier sur ses ruines un Etat binational – projet politicide qui a trouvé des supporters de plus en plus nombreux depuis une vingtaine d'années. L'attitude de Tony Judt, ancien sioniste de gauche devenu un militant antisioniste, partisan d'un Etat binational est emblématique de celle d'une partie non négligeable du monde intellectuel occidental et de la gauche en particulier. C'est en raison du travail de sape d'intellectuels comme Tony Judt qu'Israël est ainsi devenu, dans la vulgate occidentale contemporaine, le "Juif des Etats", pour reprendre l'expression parlante de Paul Giniewski.
Pierre Itshak Lurçat
Notes
1. Voir notamment Après guerre, une histoire de l'Europe depuis 1945, Hachette 2009.
2. Un passé imparfait, Les intellectuels en France 1944-1956, Fayard 1992.
3. "Kibbutz", 11/2/2010, www.nybooks.com
4. Sur Warshawski, je renvoie à mon article "Michel Warshawski : s'identifier à l'ennemi d'Israël" paru dans le numéro 4 de Controverses, février 2007.
5. Paru chez Fayard en 2005.
6. "Israel : The Alternative", 23/10/2003, traduction française de Menahem Macina, parue sur le site www.upjf.org.
Article mis à jour le 05-11-2010
-
Les plus commentés
- (15) -Ces Musulmans qui aiment Israël et qui le disent !
- (13) -Henri Guaino sur Radio J : ''Gaza est bien une prison à ciel ouvert''
- (11) -Rencontre avec Ferhat Mehenni, le président kabyle, à Jérusalem, Pierre Itshak Lurçat
- (11) -COMMUNIQUE DE L’UPJF :Acceptation de la Palestine comme membre de l’UNESCO
- (9) -Le roi "Bibi" et son énigme, par Alain Frachon
- (8) -EDITORIAL DU 18 novembre 2012 La diplomatie française au secours du Hamas
- (8) -ÉDITORIAL DU 9.7.12 : PLANTU DÉRAPE, ENCORE UNE FOIS…
- (6) -Un œil suspicieux sur la planète France Télévisions, par G. W. Goldnadel
- (6) -Questions sur la barbarie antisémite à Toulouse – Guy Millière
- (6) -Ces moralistes qui ont couvé un monstre Par Ivan Rioufol
-
MÊME RUBRIQUE
- Réflexions sur la "lutte contre le racisme", par Pierre-André Taguieff
- L’Ère de la Déculture, par Bat Ye'or
- L’étoile jaune de l’Union européenne – Shmuel Trigano
- Fabius est réservé sur ...les raids israéliens à Damas, par Samuel Guedj
- Retour sur une passe d'armes à RTL Par Ivan Rioufol
- La déontologie vue par des journalistes de FR 3 Par Ivan Rioufol
- Mur des cons : on tient le coupable ! Haro syndical sur le journaliste « voleur d’image » par E. Levy
- La désinformation ordinaire Par Ivan Rioufol
- Bloc-notes : le hollandisme, bombe à retardement Par Ivan Rioufol
- Dreuz.info fête six ans d’existence, par Michel Garroté
Qui est le vrai BOSS de l UMP ?
-
France
Après Jérôme Cahuzac et Gilles Bernheim, Charles Enderlin ? par Luc Rosenzweig
« Le mensonge à de courtes jambes » dit un proverbe allemand. Deux éminentes personnalités de la scène publique française, le ministre du budget Jérôme Cahuzac et le Grand Rabbin de France Gilles Bernheim viennent de faire la douloureuse expérience de la pertinence de cet aphorisme germanique. La vérité les concernant s’est frayée un chemin vers la lumière, en dépit des obstacles mis sur sa route : nulle position de pouvoir, temporel ou spirituel, ne peut, dans notre démocratie, s’opposer longtemps à son surgissement. Et c’est bien ainsi, même si les fautes commises ont...
- Après Jérôme Cahuzac et Gilles Bernheim, Charles Enderlin ? par Luc Rosenzweig
- Le « mur des cons », un indice capital, par Shmuel Trigano
- Rassemblement de soutien à Clément Weil Raynal le mardi 14 mai devant le siège de France Télévisions
- Mur des cons : pétition pour Clément Weill-Raynal - France 3 doit abandonner ses menaces de sanction
-
Moyen-Orient
Armes iraniennes au Hezbollah : enjeux et risques, par Dore Gold
Un haut responsable israélien a expliqué à Mark Landler du New York Times que son gouvernement était déterminé à empêcher le transfert d’armes sophistiquées au Hezbollah. Par ce geste exceptionnel, et tout en gardant l’anonymat, le responsable israélien a affirmé que toute riposte de la part du président syrien Bachar el-Assad contre Israël, quelle soit directe ou par le biais d’une autre force, risquerait de faire perdre le pouvoir à Assad. La politique israélienne visant à empêcher l’approvisionnement d’armes modernes au Hezbollah n’est pas nouvelle et à maintes...
-
Afrique
Le djihadiste français Gilles Le Guen arrêté au Mali
Le djihadiste français Gilles Le Guen, qui s'était dit prêt à combattre contre les forces françaises lors de l'opération "Serval", a été arrêté à Tombouctou (nord du Mali) dans la nuit de dimanche à lundi par les forces françaises. Il a été remis aux autorités maliennes, son retour en France ne relevant pas de l'armée française. Originaire de Bretagne et converti à l'islam, Gilles Le Guen se fait appeler "Abdel Jelil". Agé d'une cinquantaine d'années, marié et père de cinq enfants, il avait décrit son parcours à L'Express en janvier dernier : après quinze ans dans la...
-
Politique
Réflexions sur la "lutte contre le racisme", par Pierre-André Taguieff
Depuis la fin du XIXe siècle, dans les sociétés occidentales, le racisme se manifeste de façon prédominante sous la forme du nationalisme, alors qu'il avait été longtemps porté par l'esclavagisme moderne et l'impérialisme colonial. Il apparaît d'abord dans le nationalisme xénophobe classique visant préférentiellement le pays voisin (ainsi qu'en témoignent les propagandes croisées ayant accompagné les guerres franco-allemandes), ensuite, et de plus en plus depuis les années 1960, dans les ethnonationalismes contemporains qui rejettent les minorités et les "immigrés", jugés d...
-
Sport
Le renouveau du football israélien international, par André Darmon
Non, en vous parlant de renaissance je ne vous parle pas de politique, d’éventuels accords de paix avec les Arabes, du retour du Goush Katif dans le giron hébreu ou encore de la reconnaissance par le Hamas ou le Hezbollah de l’Etat hébreu et de son caractère juif. Non j’aimerai vous entretenir simplement du renouveau du football israélien international, lequel en deux matchs, le premier contre le Portugal à Tel-Aviv et le second contre l’Irlande du Nord a étourdi les fans mais abasourdi aussi les spécialistes. L’équipe d’Israël a exactement réalisé ce que les autres ré...
- Le renouveau du football israélien international, par André Darmon
- Lee Korzits, l’Israélienne 4 fois championne du monde de planche à voile
- L’Émir du Qatar autorise le FC Barcelone à se rendre en Israël…avec une condition !
- Tal Brody, l’un des meilleurs joueurs de basket-ball d’Israël, promeut l’image de l’Etat hébreu à l’étranger avec l’agilité d’un champion.
-
Israël
Mise au point: le Mont du Temple a vraiment été repris par Israël
L'image du déroulement de la libération du Mont du Temple au cours de la guerre des Six jours s'est arrêtée dans beaucoup d'esprits sous la forme suivante: après avoir écrasé et mis en fuite la légion jordanienne, réputée comme l'une des plus puissantes du monde arabe, Moshé Dayan accepte la capitulation musulmane, mais, «beau joueur», ou complètement dépassé par les événements, il remet simultanément aux autorités musulmanes la clé du lieu le plus saint du judaïsme. Selon cette compréhension, ce dernier ne serait resté qu'un très court instant entre les mains d'Israë...
- Mise au point: le Mont du Temple a vraiment été repris par Israël
- Zehava, née lorsque sa famille quittait en secret à pied l’Ethiopie, aujourd’hui Lieutenant de Tsahal
- 5 faits que vous ignoriez sur les frontières israélo-libanaise et israélo-syrienne
- Yom Yeroushalayim : la guerre des Six Jours racontée par le rav Goren
-
Etats-Unis
Les arcanes de la position conciliatrice d’Obama face au nucléaire iranien Par Richard Darmon,
A l’occasion du Nouvel An perse célébré voilà quelques semaines, le président américain a élucidé les trois lignes forces de la stratégie de Washington censée empêcher les mollahs de Téhéran de détenir « l’arme suprême » : persuasion, menaces d’isolement et sanctions économiques aggravées. Mais apparemment, cela ne marche pas du tout avec les leaders iraniens actuels ! Pour la 5ième année consécutive, Barack Obama a tenu à présenter ses meilleurs vœux de réussite et de prospérité au peuple iranien à l’occasion du Nowruz, le Jour de l’An perse célébré c...
- Les arcanes de la position conciliatrice d’Obama face au nucléaire iranien Par Richard Darmon,
- Le rôle d’influence des Etats-Unis est-il en déclin ? par Dore Gold
- Barack Obama défend le droit d’Israël à se protéger d’un transfert d’armes
- Ce que l'on apprend à travers le meurtre commis à Boston par Daniel Pipes
-
Economie
Les programmes TV israéliens ont le vent en poupe. Témoin, le rachat début mai par le géant néerlandais E...
Les programmes TV israéliens ont le vent en poupe. Témoin, le rachat début mai par le géant néerlandais Endemol de 51% de la société israélienne Kuperman qui produit la version locale de "Big brother". Certes cette jeune société de production compte pour premier actionnaire Ynon Kreiz, l'ex-PDG d'Endemol, parti du groupe en juin 2011. Pour autant, la transaction qui débouchera sur la création d'Endemol Israel, première filiale du groupe au Moyen Orient, est révélatrice d'une tendance de fond.
- Israël, nouveau laboratoire pour les chaînes de télévision occidentales, par Nathalie Hamou
- Bloc-notes : les Français s'éloignent de l'Etat-mamma Par Ivan Rioufol
- Une dizaine de familles gère l’économie israélienne, en toute transparence, par Jacques Benillouche
- Les enjeux géopolitiques du gaz offshore, par David Wurmser
-
Culture
Jabotinsky, prophète de la « Révolution sociale » biblique en Israël ? Pierre Itshak Lurçat
S’il est un domaine dans lequel l’Etat d’Israël et le sionisme ont, pour l’instant, échoué, ce n’est pas comme l’affirment les tenants du faux messianisme de « La Paix Maintenant », celui des relations entre Israël et le monde arabe… Car l’instauration de relations pacifiques avec nos voisins ne dépend pas des sacrifices faits par Israël sur l’autel du « processus de paix ». Non, le domaine où le sionisme a véritablement échoué est tout autre : il peut se résumer dans cette information terrible qui a été publiée cette semaine : 860 000 enfants israéliens vi...
- Jabotinsky, prophète de la « Révolution sociale » biblique en Israël ? Pierre Itshak Lurçat
- En librairie: Rachel Blaustein, dite RACHEL - De loin suivi de Nébo
- Pierre Birnbaum, fils reconnaissant de la République, par Pierre Assouline
- « Remplir le vide », quand une femme juive orthodoxe fait du cinéma