Mise au point de Yigal Palmor

Les accusations de viol de femmes palestiniennes prétendument perpétrés par des soldats israéliens

Yigal Palmor est Conseiller en information à l’Ambassade d’Israël en France

Voir notre dossier : TSAHAL : une armée de violeurs ? (www.upjf.org/detail.do?noArticle=5029&noCat=125&id_key=125#)


Paris, 14 novembre 2001


[Les titres et sous-titres, les mises en exergue et les précisions entre parenthèses carrées sont du webmestre de CJEE]


Mise au point


1. Dans le Nouvel Observateur de cette semaine (jeudi 8 novembre 2001 - n° 1931 ), un article sur les "crimes d"honneur", signé par Sara Daniel, relate les meurtres de femmes en Jordanie et dans le monde arabe par leurs propres pères et frères. Cet article comprend les phrases suivantes:

"Au Pakistan, l’année dernière, 1 000 femmes ont été tuées au nom de l’honneur. Au Yémen, environ 500. A Gaza et dans les territoires occupés, ils ont représenté deux tiers des homicides. Les femmes palestiniennes violées par les soldats israéliens sont systématiquement tuées par leur propre famille. Ici, le viol devient un crime de guerre, car les soldats israéliens agissent en parfaite connaissance de cause".

Cette accusation terrible n"est étayée ni par des sources, aussi douteuses soient-elles, ni par des références quelconques.


2. Ce genre d"accusation n"est jamais apparu ni dans les enquêtes de presse, israélienne ou autre, ni dans des rapports de la Croix Rouge ou des ONG, pourtant promptes à dénoncer tout abus ou bavure des Israéliens.


3. Cette calomnie gratuite a déjà été citée sur France Inter en tant que fait d"actualité rapporté par la presse. Aucune réaction n"a été demandée aux autorités israéliennnes.


4. Or, il se trouve que l"article de Sara Daniel s’est très étroitement inspiré d"un article publié par le [magazine] britannique Sunday Times (www.sunday-times.co.uk), le 8 juillet 2001. Pour ceux qui souhaiteraient lire et comparer, [un extrait de] cet article original est joint à la fin de ce [rapport]. Les ressemblances sont frappantes. Inutile de dire que cette source d"inspiration n"est nullement mentionnée dans l"article, dans sa version française, telle que l"a publiée le Nouvel Obs.


5. Ajoutons qu"une version espagnole de l"article du Sunday Times a été publiée le 11 novembre dans le magazine-supplément du quotidien madrilène El Mundo.


6. Dans l"article original en langue anglaise donc, on apprend que l"accusation sus-mentionnée est le fait d"une certaine Mme Nadera Shalhoub Kevorkian, criminologue et féministe palestinienne, enseignant à l"Université Hébraïque de Jérusalem.


7. Sur le site web de Mme Shalhoub Kevorkian sont présentés ses travaux universitaires. Dans la description du travail qui mettrait en cause les soldats israéliens, elle précise cependant: "There is no empirical data on this subject" ("il n"y a pas de données étayées par des faits à ce sujet"). Autrement dit: des accusations - oui ; des preuves - pas la moindre!


8. Il n"est pas inutile de noter que Mme Shalhoub Kevorkian est membre du comité directeur de B"tselem, une organisation israélienne des droits de l"homme reconnue internationalement. Aucun rapport de Btselem ne reprend à son compte les accusations "non étayées par des faits" du membre de son propre comité directeur.


9. Sur le site Web du Nouvel Observateur, on peut lire, depuis le 13 novembre, les précisions suivantes:

PRECISION : D’Afghanistan, Sara Daniel nous demande de répondre à ses correspondants

[Texte à consulter sur le site du Nouvel Observateur]

Dans le numéro 1931 du Nouvel Observateur (daté du 08 au 14 novembre 2001), Sara Daniel a publié un reportage sur le "crime d’honneur" en Jordanie. Dans son texte, elle révélait qu’à Gaza et dans les territoires occupés, les crimes dits d’honneur qui consistent pour des pères ou des frères à abattre les femmes jugées légères représentaient une part importante des homicides.

Le texte publié, en raison d’un défaut de guillemets et de la suppression de deux phrases dans la transmission, laissait penser que son auteur faisait sienne l’accusation selon laquelle il arrivait à des soldats israéliens de commettre un viol en sachant, de plus, que les femmes violées allaient être tuées. Il n’en était évidemment rien et Sara Daniel déplore très vivement cette erreur qui a gravement dénaturé sa pensée.

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Ces rectifications seront-elles également relayées par France Inter et par les autres médias qui auraient éventuellement répercuté ces accusations gravissimes?

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Article du (i]Sunday Times sur le même sujet


"Death and Dishonour", Report by Eliza Griswold

July 8 2001

Sunday Times Magazine

Extrait :

……

Late last year the issue of honour crimes came to the floor at the UN. The resolution condemning them passed, but its language was so weak as to render it virtually meaningless. Twenty countries, Jordan the most vocal among them, abstained from signing. Meanwhile, on the West Bank, as the intifada takes centre stage in the area of human rights abuses, Nadera Shalhoub-Kevorkian, the only female Palestinian professor at the Hebrew University of Jerusalem, finds herself counselling girls almost daily who fear for their lives. Her work on crimes of "honour" began during the previous intifada, when her research revealed that Palestinian women were being raped by Israeli soldiers, then killed by their families for the loss of honour. "What happened was like in Bosnia, something similar, rape as a crime of war." She says that Israeli soldiers knew that their violation would lead to the girls" deaths.

[Traduction de M. Macina : En attendant, sur la Rive occidentale du Jourdain, alors que l"intifada prend une place centrale en matière d"abus des droits de l"homme, Nadera Shalhoub-Kevorkian, seul professeur palestinien de sexe féminin à l"Université Hébraïque de Jérusalem, est amenée à donner preque chaque jour des conseils aux filles qui craignent pour leur vie. Son étude sur les "crimes d"honneur" a commencé durant l"intifada précédente, quand sa recherche a révélé que des femmes palestiniennes étaient violées par des soldats israéliens, et ensuite tuées par leurs familles pour cause d"honneur perdu. "C"est quelque chose de similaire à ce qui s"est produit en Bosnie, le viol comme crime de guerre. Selon elle, "les soldats israéliens savaient que le fait d"avoir été violées par eux mènerait les filles à la mort". " ]