Dossier : Les liens privilégiés entre nazis et Palestiniens

[*] Voir, entre autres, sur le site Eretz Yisroel.org : "Muftism and Nazism: World War II Collaboration Documents". Voi

[*] Voir, entre autres, sur le site Eretz Yisroel.org : "Muftism and Nazism: World War II Collaboration Documents". Voir aussi le site Aval31, consacré à collaboration entre des partisans du grand mufti de Jérusalem avec les nazis. Il propose, entre autres, de nombreuses photos, et une vidéo (YouTube) sur l’antisémitisme virulent de l’islam radical.

06/08/09 (Update)

Je remets en course ce texte mis en ligne sur notre site, il y a quelques années. Il est le fruit d'une compilation financée par l'Upjf. Les droits de reproduction lui appartiennent donc en propre. Toutefois, l'étude peut être reproduite par les sites et les blogues, sous réserve de la mention suivante et du lien à la page où elle figure sur notre site, qui sont obligatoires : Copyright UPJF - 1999-2009 - http://www.upjf.org/ideologies/article-16928-110-1-dossier-liens-privilegies-entre-nazis-palestiniens.html

 

DOSSIER : LES LIENS PRIVILÉGIÉS ENTRE NAZIS ET PALESTINIENS

 

A. Historique des Liens ayant existé
entre les Nazis et le terrorisme musulman

 

On ne peut évoquer les liens entre les Musulmans et en particulier les Palestiniens, sans évoquer la personnalité du Grand Mufti de Jérusalem et ses liens avec le régime nazi, non pas seulement pour l’antériorité de ces rapports sur ceux que nous souhaitons éclairer dans ce dossier, mais parce que le Mufti Husseini avait des liens de parenté directe avec de nombreux leaders importants du monde palestinien, en commençant par Yasser Arafat, dont il était l’oncle, et Fayçal Husseini, dont il était l’aïeul. Cette parenté n’est pas sans effet, puisqu’elle est revendiquée par Arafat, comme elle est revendiquée par la famille Husseini, et que les rapports de fidélité et de liens familiaux gèrent encore la société et la politique palestiniennes, où la logique des clans familiaux prévaut encore. Enfin, la figure emblématique du Mufti est aujourd’hui revendiquée par l’idéologie palestinienne comme celle d’un héros dont le modèle perdure en dépit ou en raison de son engagement pronazi. Il faut donc rappeler l’idéologie et les actions entreprises par le Mufti pour appréhender ce qu’un tel modèle implique comme programme.

 

I. Pendant la seconde guerre mondiale

Pendant la seconde guerre mondiale, Hitler eut plusieurs projets de « réserve de Juifs », selon lesquels les Juifs pourraient survivre à la solution finale, mais devraient quitter l’Allemagne pour rejoindre un territoire où ils seraient « parqués », surveillés comme des animaux dans une réserve naturelle, avec l’interdiction de quitter ce pays. On sait, par exemple, par la correspondance privée de Goebbels (actuellement consultable au musée de Yad Vashem), que Goebbels tenta de convaincre Hitler de renoncer à la solution finale et d’appliquer le plan «de l’Afrique du Nord», qui prévoyait la mise en place de ce projet en Afrique du Nord, vraisemblablement au Maroc. La seconde solution concernait Israël, en profitant de l’existence d’un yishouv juif. Les exigences nazies comportaient aussi le paiement d’une rançon par individu juif, qui rendit le départ massif de Juifs vers Israël virtuellement impossible.

 

Cependant, ce furent les Arabes et non les Sionistes qui amenèrent les Nazis à revoir leur position «pro-sioniste». Entre 1933 et 1936, 164.267 immigrants juifs arrivèrent en Palestine, dont 61.854 au cours de la seule année 1935. La minorité juive se développa jusqu’à passer d’une proportion de 18 % de la population en 1931, à 29,9 % en décembre 1935, de sorte que les Sionistes purent envisager qu’ils constitueraient la majorité de la population dans un futur assez proche.

 

Les Arabes réagirent très vite face à ces statistiques. Ils n’avaient jamais accepté le mandat britannique sur la Palestine et son but déclaré d’y créer un foyer juif. Dès 1920 et 1921, des émeutes éclatèrent. En 1929, après une série d’échauffourées entre Juifs et Arabes, au Mur Occidental, les musulmans massacrèrent plus de 135 Juifs, les Britanniques faisant à peu près autant de victimes chez les Arabes. La politique des Arabes de Palestine suivait une logique de clan. Le clan le plus nationaliste était celui des Husseini, sous l’égide du Mufti de Jérusalem, al-Hajj Amin al-Husseini. Très pieux, il se méfiait aussi de toute réforme sociale qui pourrait mobiliser la masse paysanne illettrée des paysans arabes palestiniens.

 

Il se mit donc en quête d’un soutien extérieur pour contenir des soulèvements internes. Son choix se porta sur l’Italie.

 

Cependant, le projet allemand de créer une réserve de Juifs, ainsi que la présence de troupes allemandes en Egypte, favorisèrent la prise de contact des nazis avec le grand Mufti de Jérusalem pendant la guerre.

 

1. La rencontre d’intérêts

 

Le Mufti avait, quant à lui, ses propres visées sur les possibilités offertes par sa collaboration avec le régime nazi. La photo ci-contre le montre, lors de l’une de ses rencontres avec Hitler.

 

Le 21 Juillet 1937, il décida de resserrer ses liens avec l’Allemagne en rendant une visite officielle au Consul général allemand Döhle, en Palestine.

 

Il présenta son soutien en faveur de la politique menée par l’Allemagne, en déclarant «qu’il voulait savoir jusqu’à quel point le Troisième Reich était prêt à soutenir le mouvement arabe contre les Juifs». Bien que les Allemands aient officiellement refusé de changer leur politique, ils décidèrent de porter plus d’attention à la Palestine. La révolte arabe de 1936-1939 avait déjà bénéficié de l'appui direct, financier et militaire, de l'Allemagne et de l'Italie. Les Archives du Haut Commandement de l'armée allemande saisies à Flensburg après la deuxième Guerre Mondiale avaient livré un rapport selon lequel "seuls les fonds mis à la disposition du Grand Mufti de Jérusalem par l'Allemagne lui avaient permis d'organiser la révolte de Palestine".

 

En septembre 1937, deux jeunes officiers SS, Karl Adolf Eichmann et Herbert Hagen, furent envoyés en Palestine, «afin de se familiariser avec le pays et son mode de vie, et d’établir des contacts avec les gens», dont le Mufti. Il y eut donc rencontre entre ces représentants du régime nazi et les représentants du Mufti. Leurs tractations constituaient, en fait, les préliminaires de la liquidation, "à l'allemande", du Foyer National Juif en Palestine. La presse arabe de l'époque s'associait au "Martyre du peuple allemand sous le joug de la juiverie internationale". Des portraits d’Hitler et de Mussolini, ainsi que des drapeaux nazis étaient fréquemment arborés par les populations arabes.

 

Bien que le Mufti ait échappé à plusieurs arrestations des autorités britanniques, il refusa de se réfugier parmi les Libanais musulmans, il se trouva bientôt investi par le Reich de la fonction d’agent de l’Allemagne nazie en Palestine. Ce rôle devait parfaitement lui convenir, car, selon Brenner, un spécialiste de l’histoire de cette période, le Mufti figurait parmi les bénéficiaires des salaires versés par Abwehr II, la division allemande de sabotage et du contre-espionnage. Yisraeli, quant à lui, estime que le Mufti commença à percevoir de l’argent allemand  dès 1936 (David Yisraeli, Germany and zionism, Germany and the Middle East, 1835-1939). En 1938, Abwehr II avait pour plan de livrer des cargaisons entières d’armes au Mufti, par le biais de l’Arabie saoudite et de l’Irak. Les transferts furent annulés en raison des vives protestations des Britanniques.


Comme les forces de l’Axe ne pouvaient s’immiscer plus avant dans la politique en Palestine, ce fut l’Irak qui devint victime de ces alliances à travers l’organisation massive du Mufti. Les Irakiens en firent un héros national, et il établit son quartier général à Bagdad. Le gouvernement irakien finança ses activités, ainsi que ses nombreuses «oeuvres de charité», établissant des taxes particulières qui touchaient les officiels irakiens, ainsi que des donations aux Arabes palestiniens. S’ajoutaient à tout cela de très importantes contributions émanant de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Arabie saoudite, et de l’Egypte. Tout cela permit au Mufti de vivre très confortablement tout en menant sa propagande contre les Juifs et les Anglais.

 

Sa propagande consistait à organiser un groupe d’officiels irakiens en faveur de l’Axe. Au début de 1941, le Mufti et le «Cercle d’Or» d’officiers de l’armée irakienne pro-allemands, menés par Rashid Ali, forcèrent le premier ministre irakien, Nuri Said Pasha, pro-britannique, à démissionner. En mai, il proclama le djihad contre la Grande-Bretagne. Cela signifiait que les Musulmans, ou du moins ceux qui décidaient de suivre son édit, étaient tenus de combattre l’Angleterre, «ce grand ennemi de l’Islam». Le coup en faveur de l’Axe fut d’une efficacité limitée dans le temps. En quelques mois, les troupes britanniques écrasèrent la rébellion, et le Mufti dut disparaître à nouveau et se réfugier, cette fois, en Allemagne, en passant par l’Iran, la Turquie, et le bureau de Mussolini à Rome.

 

Le Grand Mufti de Jérusalem, Haj Amin al-Husseini, passant en revue les troupes musulmanes bosniaques – une unité des "Divisions Hanjar (Sabre)"de la Waffen SS, qu’il avait personnellement recrutées pour Hitler

2. Le Mufti à Berlin

Le Mufti avait accusé les Juifs irakiens d’avoir été à l’origine de l’échec du coup d’État en Irak. Il traita les Juifs de «cinquième colonne de l’Irak», eux dont les ancêtres étaient installés dans ce pays depuis l’exil de Babylone. Des soldats irakiens et des civils convaincus par le Mufti attaquèrent les Juifs qui s’étaient rassemblés en public pour accueillir le nouveau gouvernement. Les conséquences furent terribles : 600 Juifs furent tués, des milliers blessés dans le Fahrud, et 586 magasins et hangars vandalisés et pillés. Une commission d’enquête, nommée par le gouvernement irakien, découvrit que Haj Amin avait été l’une des personnalités instigatrices du pogrom. Comme sa politique avait progressivement consisté à accuser les Juifs des maux dont souffrait le pays, il n'est pas surprenant qu’il se soit allié au gouvernement nazi à Berlin.

 

Le 20 Novembre 1941, le ministre allemand des Affaires étrangères, Joachim von Ribbentrop, le reçut à Berlin. Leur conversation fut un préalable à la conversation du Mufti avec Hitler. Les thèmes abordés furent rapportés fidèlement dans le carnet de notes de Ribbentrop et dans le journal personnel du Mufti :

 

«Le Mufti... Les Arabes sont les amis naturels des Allemands... C’est pourquoi ils sont prêts à collaborer avec l’Allemagne de tout leur coeur et à participer à une guerre, non seulement de façon négative, en commettant des actes de sabotage et en instiguant des révolutions, mais aussi positivement, en formant une légion arabe. Dans cette lutte, les Arabes se battent pour l’indépendance de la Palestine, de la Syrie, de l’Irak... Le Führer avait, quant à lui, l’intention de demander aux nations d’Europe de régler, l’une après l’autre, leur propre «problème juif» et d’adresser, le temps venu, le même message aux nations non européennes...

 

L’échange était clair : une fois les armées entrées dans le Caucase, Hitler se débarrasserait de tous les Juifs est-européens, et le Mufti devait, quant à lui, obtenir le soutien des Musulmans des Balkans et des républiques soviétiques, où ils constituaient des groupes importants. Puis Hitler «libérerait» les peuples arabes qui souhaitaient leur indépendance et les aiderait à exterminer les Juifs du Moyen-Orient.

 

En fait, des documents découverts récemment par la BBC montrent qu’un parachutage de commandos eut même lieu, qui devait aboutir à l’établissement d’une base espionnant et travaillant au recrutement de combattants palestiniens, avec l’or nazi. Le groupe était sous le commandement du Colonel Kurt Wieland, un arabisant qui connaissait bien la Palestine. Le projet échoua après que le parachutage, en Octobre 44, ait eu lieu bien trop au Sud de Jéricho (le pilote, perdu, parachuta les hommes d’une hauteur excessive) et que deux des hommes de Wieland aient été capturés. Wieland resta caché dans un village arabe avec deux de ses compagnons, puis dans une grotte, et, enfin dans un monastère. Ils ne trouvèrent aucun soutien pour organiser un soulèvement arabe, et une semaine plus tard, ils étaient faits prisonniers. Les deux derniers hommes de la mission n’ont jamais été retrouvés.

 

 

3. Les activités du Mufti sous le Troisième Reich

 

Le Mufti, sponsorisé par l’Allemagne nazie, étendit ses velléités au Moyen-Orient mais aussi vers les autres zones géographiques habitées par des Juifs. Ses activités consistaient en 1) de la propagande radio, 2) de l’espionnage, 3) l’organisation des Musulmans en unités militaires dans les pays occupés par les forces de l’Axe, 4) la mise en place de légions arabes contrôlées par les Allemands ainsi que la Brigade arabe.

 

Sa plus grande réussite fut le recrutement de dizaines de milliers de Musulmans en Bosnie-Herzégovine et en Albanie pour les Waffen SS. Ses légions arabes participèrent plus tard au massacre de dizaines de milliers de Serbes, de Juifs et de bohémiens. En 1943, il y avait 20.000 musulmans sous les drapeaux allemands et sa «division» de Waffen SS, les Handshar (voir George Lepre, Himmler's Bosnian Division. The Waffen-SSHandschar Division 1943-1945, Schiffer Military History, Atglen, PA, 1997).

 

Mais l’aventure des Balkans ne constituait qu’une part de l’activité du Mufti, dont les préoccupations étaient centrées sur les Juifs de toute la planète. Dans la protestation annuelle contre la déclaration Balfour, qu’il mit en scène dans le grand hall de la Luftwaffe, à Berlin, en 1943, il s’attaqua à «la conspiration anglo-saxonne et juive», et déclara que le traité de Versailles était un désastre à la fois pour les Allemands et les Arabes. Mais les Allemands, dit-il, savaient se débarrasser des Juifs.

 

Le 1er mars 1944, il ajouta dans un bulletin radiophonique : «Arabes, soulevez-vous et battez-vous pour vos droits sacrés. Tuez les Juifs là où vous les trouverez. Cela est agréable à Dieu, à l’Histoire, et à la religion. Cela sauve votre honneur.» Le Mufti participait déjà à la solution finale. Il rendit même visite à Auschwitz, où il admonesta les gardes près des chambres à gaz, en leur enjoignant de travailler plus diligemment.

 

Revue de troupe des Waffen SS musulmans par le Mufti, à Berlin...

 

 


Un dirigeant des Waffen SS musulmans. On notera l’insigne nazi du fez.


 

Revue des troupes de Waffen SS par des officiers nazis allemands
en compagnie des officiers nazis bosniaques musulmans

 

Prière musulmane par les Waffen SS musulmans

 

Visite du Mufti aux Waffen SS musulmans. Conseils donnés à une jeune recrue…

 

Revue de troupes par des officiers nazis allemands et bosniaques musulmans

 

Volontaires musulmans bosniaques dans l'armée allemande nazie, pendant la pause…

 

II. Après la guerre : l’héritage du Mufti

 

 

Sami al-Joundi, l’un des fondateurs du parti Baath régnant sur la Syrie, rappelle :


«Nous étions racistes. Nous admirions les nazis. Nous étions immergés dans la littérature nazie et ses livres... Nous fûmes les premiers à penser à faire une traduction de Mein Kampf. Toute personne vivant à Damas, à cette époque, fut témoin de cette inclination arabe pour le nazisme.»


Ces enseignements ne cessèrent jamais tout à fait. Actuellement, Mein Kampf tient la sixième place au palmarès des best sellers arabes palestiniens. Luis Al-Haj, traducteur de l’édition arabe, écrit avec fierté, dans la préface, comment l’«idéologie» d’Hitler et ses «théories du nationalisme, de la dictature, et de la race sont en progression constante actuellement dans ‘nos’ ([leurs]) Etats arabes.»

 

Dans leur article, daté du 3 octobre [année non précisée], «L’antisémitisme arabe», publié sur un site allemand d’Internet, Thomas von der Osten-Sacken et Thomas Uwer mettaient en évidence les liens ayant existé avec les nazis entre le président égyptien, Anwar al-Saddat, et un groupe d’officiers égyptiens, auquel il avait appartenu. Ce groupe était issu des fameuses «chemises vertes», groupe nazi organisé pendant la guerre en Egypte par les nazis. Gamad Abd al-Nasser, quant à lui, déclarait dans le Deutsche National Zeitung du 1er mai 1964 : «pendant la seconde guerre mondiale, nos sympathies allaient aux Allemands» (während des Zweiten Weltkrieges unsere Sympathien den Deutschen gehörten).

 

Dans la plupart des pays arabes, les anciens nazis trouvèrent un emploi à leur mesure, après la guerre, un bon nombre d’entre eux en tant que conseillers «aux questions juives», d’autres comme responsables de questions touchant aux relations avec Israël.

 

Tableau des nazis devenus conseillers des pays arabes

Altern Erich,

alias Ali Bella

 

Chef régional SD, Affaires juives en Galicie

Années 50, en Égypte, puis instructeur de camps palestiniens

Appler Hans,

alias Salah Chaffar

Information avec Goebbels

Égypte, ministère de l'information (1956)

Bartel Franz,

alias el‑Hussein

 

Adjoint au chef de la Gestapo à Kattowitz (Pologne)

Depuis 1959, Section juive du ministère de l'Information au Caire

Baurnann, SS Standartenührer

 

Participe à la liquidation du Ghetto de Varsovie

Ministère de la Guerre au Caire: instructeur du Front de Libération de la Palestine

Bayerlein,

col. Fritz

Aide‑de‑camp de Rommel

Égypte

Becher Hans

 

Section juive Gestapo, Vienne

Alexandrie (Égypte) :

y instruit la police

Beissner, Dr Wilhelm

 

Chef Section VI C 13 RSHA

Égypte

Bender Bernhardt,

alias Béchir Ben Salah