Le terrorisme fondamentaliste islamiste,
Ch.-E. Guérin
Chaque mois, en Europe et en
Occident, grâce aux services de renseignements et de protection des
territoires, des attentats sont déjoués. Différents groupes terroristes
sévissent aujourd'hui. Si certains restent dans la ligne des
"classiques" (attentat à l'explosif), d'autres, représentant les
"nouvelles menaces", démontrent au contraire la volonté d'entrer dans
une nouvelle forme de destruction. Les attentats-suicide,
les attaques biologiques, chimiques, nucléaires font partie de leur éventail de
possibilités d'action.
Cet article a pour but de
rendre flagrante l'importance des menaces terroristes des fondamentalistes
musulmans qui, contrairement aux autres groupes terroristes internationaux, ont
cette particularité d'avoir des motivations "divines" et
"mystiques", ce qui rend leur potentiel d'agressivité et de
destruction hautement supérieur aux groupes terroristes plus
"classiques".
L'analyse de quelques
exemples, comme l'attaque du temple de Hatshepsout, en Égypte, ou les attentats-suicide
au Proche Orient (israélo-arabe),
démontrera les différentes méthodes d'actions, mais aussi la façon dont ces
groupes terroristes arrivent à se faire accepter dans l'opinion publique. De la
prise en compte de ces éléments découlera pour les agents de protection
rapprochée une nouvelle conscience de ce type de menaces, et ils pourront ainsi
mettre en œuvre les contre mesures adéquates et indispensables.
Il y eut les
attentats de Dar es Salam, de Nairobi, l'attentat du
World Trade Center en 1993,
puis ceux du 11 Septembre 2001, il y eut le détournement de l'avion d'Air France,
à Alger, la tuerie de touristes occidentaux dans un temple, en Égypte, et
l'attentat contre des Français, à Karachi.
Le lien entre
ces attentats : le fondamentalisme islamiste, celui d'Al Qaeda,
des Talibans, de Al Djama'a al Islamiyya
et du GIA, etc. et nous pouvons inclure dans ces
liens et particularités le terrorisme proche-oriental
avec les tueurs kamikazes palestiniens issus d'organisations terroristes de
mêmes origines fondamentalistes.
Les
revendications d'Al Qaeda, du Hamas, ou encore celles
des Frères Musulmans sont autant de repères qui, isolés, ne rendent pas
évidentes leurs connexions avec les autres sectes et groupes terroristes, tendant
à intégrer leurs actions dans le cadre du militantisme. Une vision historique
et globale fait au contraire apparaître des similitudes flagrantes, troublantes
et inquiétantes, et démontre, preuves à l'appui, la puissance de la nébuleuse
terroriste à objectif unique.
__________________________
L'attentat de
Louxor : un attentat prévisible
Lundi 17
novembre 1997, il est environ 08h45 : un groupe de vingt-neuf touristes
descendus d’un premier bus visite le
temple d'Hatshepsout dans la partie droite, alors qu'un autre groupe, venant d’un
second bus d’une autre agence, s'intéresse à sa partie gauche.
Il est environ 9h00 (entre 8 h45 et 9 h
20) lorsqu'un commando de six hommes déguisés en policiers locaux, arrive à la
porte extérieure du temple ; les premières détonations d'AK
47 se font entendre et ce sont les gardes de sécurité qui tombent les premiers,
alors que d'autres réussissent à prendre la fuite.
Une fois
l'entrée passée, ce groupe se divise en deux : un premier groupe de trois hommes
est chargé de la surveillance de l'entrée mais aussi de maintenir le périmètre
sous contrôle afin de garder à distance toute force de secours. Dans le même
temps, l'autre groupe de trois personnes entre dans le périmètre du temple et
commence à progresser, en ouvrant le feu sur les premiers touristes qui se
trouvaient malheureusement à proximité des terroristes. Certains, ayant
rapidement compris ce qui se passait parvinrent à s'enfuir ou à se cacher,
alors que d'autres, dans la confusion, restèrent à regarder, totalement
tétanisés, ce qui leur fit perdre du temps… et la vie, alors que d'autres
encore, blessés, simulèrent la mort afin d'échapper à l'exécution.
La plus
grande partie se retrouva coincée entre les murs du temple et un pan de
montagne. Dès cet instant, les terroristes se livrèrent à une tuerie de sang
froid. Ils poursuivirent les touristes occidentaux à l'intérieur du
bâtiment, ils les rassemblèrent contre
un mur ou encore les obligèrent à
s'agenouiller avant de les exécuter à bout portant. A aucun moment ils ne
furent gênés ni troublés par les cris et les supplications des touristes. Des
survivants ont témoigné et raconté avec quelle tranquillité et sérénité ils ont
méthodiquement abattu les hommes, les femmes et les enfants.
Les
terroristes, âgés d'une vingtaine et d'une trentaine d'années et habillés de
noir, psalmodiaient en tirant et en exécutant, et portaient sur le front un
bandeau où figurait l'inscription, en arabe : "Jusqu'à la mort". Ils sont
ainsi parvenus à tuer 62 touristes, dont 32 Suisses, et à en blesser 24, sur à
peu près 400 qui se trouvaient dans le périmètre du temple. Les corps des
terroristes furent retrouvés, mais, à ce jour, il est encore difficile de
savoir s'ils ont été tués par les forces de sécurité ou s'ils se sont suicidés.
Par contre,
le responsable du groupe a été formellement identifié. Il fut reconnu comme
étant Medhat Mohammed Abdel Rahman Assan, terroriste du mouvement islamiste Al Djama'a al Islamiyya, rentré
d'Afghanistan, quelques semaines plus tôt, pour préparer, avec cinq étudiants,
l'attentat contre les touristes de Louxor. A l'époque des faits, et malgré un
séjour en Afghanistan, le lien avec Al Qaeda n'avait
pas été fait.
(Source :
FedPol.ch)
Comme après
les attentats du WTC, du Pentagone et des Ambassades en Afrique, le public et
même certains "spécialistes" ont déclaré : "on ne pouvait pas le
prévoir ! C'est faux! Contrairement aux attentats du WTC, qui innovaient sur le
plan de la méthode, celui de Hatshepsout était prévisible - bien sûr pas sous
sa forme exacte, telle qu'on la connaît à ce jour -, mais la potentialité d'une
attaque de touristes en Égypte et dans un haut lieu touristique était très
élevée. Les services de sécurité et les services de renseignements égyptiens
connaissaient cette potentialité. Quelques semaines auparavant, le 18 septembre
1997, deux extrémistes islamistes avaient tué neuf Allemands et blessé six
autres par balles au cours de l'attaque d'un car de touristes, au Caire. Ces
morts n'avaient pas été attribués à des terroristes mais à des
"déséquilibrés psychopathes" … Le tourisme a ses raisons !
En fait, ce
sont plusieurs centaines d'attaques terroristes (approximativement 1000) que
l'Égypte a connues, rien qu'entre 1992 et 1997, avec à peu près 30 morts
étrangers ! Il est vrai que la mort de 30 personnes étalées sur quelques années
passe plus facilement inaperçue que plusieurs milliers de manière instantanée,
mais c'est surtout la volonté du gouvernement de vouloir "camoufler"
ces morts, qui a contribué à l'aveuglement des services de sécurité égyptiens,
et même des agences de voyages, qui n'ont pas saisi l'importance des attaques
précédentes. Ces dernières - et leurs clients (!) - gagneraient à prendre conseil auprès des
agences spécialisées dans les audit de sécurité et de
vulnérabilité !
Ambiguïté et
confusions
En effet, la
désinformation est bien souvent de mise en matière de terrorisme, qu'elle soit
d'Etat, pour préserver l'activité touristique, comme nous venons de le voir, ou
relayée par les différents médias. Il est ainsi difficile, aujourd'hui,
d'évoquer le terrorisme sans évoquer dans le même temps une ambiguïté, car la
presse et la télévision contribuent à entretenir le
flou créé par les interventions médiatiques des terroristes eux-mêmes.
Alors que des
avions se sont abattus sur les tours du WTC et sur le Pentagone, très tôt des
voix s'élèvent pour annoncer la lutte, le combat, la guerre contre les USA. Il
faudrait donc comprendre par là que ce n'est pas un acte de terrorisme, mais
une action "militaire". Mais lorsqu'une force internationale est
envoyée en Afghanistan dans le cadre de la lutte anti-terroriste, très tôt des
voix s'élèvent pour dénoncer "l'agression terroriste" des armées de
la coalition. Qui est le terroriste, qui est le militaire ?
Pour répondre
à cette question, il paraît utile de revenir sur les conflits de notre époque,
pour replacer dans leur contexte respectif la guerre et le terrorisme. Pourquoi
parler de la guerre alors que le sujet concerne le terrorisme? Parce qu'il
s'agit également d'actes de violence. Cependant, la violence de la guerre est
codifiée selon le droit international, alors que celle des groupes terroristes
ne l'est pas, au contraire : tout
est permis !
La légitimité de la guerre de par
le droit international.
La doctrine
de la guerre en Europe a eu pour sources des philosophies du moyen-âge. L'ONU, l'OTAN et les armées occidentales, et,
bien sûr, européennes, ont pour base, dans le droit et dans l'art de la guerre,
certains des écrits de Saint Thomas d'Aquin et de
Francesco Di Vitoria, fondateur de l'école de Salamanque.
|
Saint
Thomas d'Aquin ( 1225-1274 ) Il a dit : - 1. La guerre
défensive est toujours juste ! - 2 La guerre
offensive, pour être juste, doit réunir trois conditions. (1) Qu'elle soit déclenchée par
une autorité légitime (c'est-à-dire qu'il n'y ait pas d'autorité au-dessus
d'elle), comme par exemple : L'Empereur, Le Prince,
le Roi ou le Pape. (2) La juste cause : Il est
nécessaire que ceux qui sont attaqués méritent de l'être par une faute. Il en
découle une déclaration de guerre pour démontrer la culpabilité, la faute et
cela leur offre la possibilité de se racheter avant d'être attaqués. (3) L'intention droite : Punir les
méchants et secourir les bons. D'après le droit international, les guerres ne sont pas faites par
cruauté ou par cupidité mais dans un souci de paix. Francesco
Di Vitoria Fondateur
de l'école de Salamanque. Dominicain (1483-1546) L'école de Salamanque rassemblait des
philosophes, des religieux mais aussi des juristes. Ils furent à l'origine du
droit des gens et du droit international, dont celui de recourir à la guerre. On doit à ces philosophies les
principes du "Jus In Bello" (droit
de recourir à la guerre) et du "Jus
Ad Bellum" (ce qu'il est permis de faire
pendant la guerre). |
La
guerre codifiée.
La guerre
codifiée permit de légitimer l'acte de guerre à travers une procédure entre Etats
ou forces opposés. Les religieux sont intervenus dans l'appareil de l'Etat pour
codifier la guerre.
En effet,
sachant que le sacrifice humain était couramment pratiqué par les Aztèques et
alors que ceux-ci déclenchaient des guerres pour s'approvisionner en
prisonniers (ils ne sacrifiaient pas les membres de leurs tribus), l'argument
fut trouvé ! On fera la guerre aux Indiens pour "stopper le cannibalisme"
et les sacrifices humains aux dieux aztèques, et pour empêcher, de cette
manière, les tribus rivales de se faire la guerre, ce qui rajoutait cet argument
en faveur d'une intervention espagnole. Ce ne furent pas les seules raisons
pour attaquer les Aztèques, mais c'est à partir de ces arguments que naquit le
droit international.
Selon
Francisco Di Vitoria, l'État a le droit de faire la guerre pour une juste cause
et c'est un devoir, ainsi qu'une obligation morale, de faire respecter les
droits des gens, notamment les droits internationaux des individus, ne
serait-ce que pour le bien universel. Donc, dans un principe de solidarité
humaine, il fallait faire la guerre. Vitoria ne considérait pas le monde comme
un ensemble de nations isolées mais comme un seul ensemble commun (c'est-à-dire
qu'il ne considérait pas réellement les frontières). En vertu de cette
solidarité internationale, tout état est appelé à poursuivre la réparation de
l'injustice.
Néanmoins, il
n'était pas permis de tout faire ! Il fallait des règles, et celles-ci devaient
être respectées : les soldats devaient
attaquer en suivant un entraînement issu d'une doctrine ayant pour base le
respect des droits de l'homme et, à notre époque, de la convention de Genève.
Ce petit
rappel historique est utile pour montrer l'actualité du Jus
In Bello et du Jus Ad Bellum, car, et même
si c'est un peu exagéré, la nouvelle École de Salamanque s'appelle aujourd'hui
"L'OTAN". La Yougoslavie, le Kosovo, l'Afrique nous démontrent les
possibilités d'interventions militaires selon différents modèles, mais toujours
régies par le droit international.
Faut-il se considérer comme
cible potentielle ?
Depuis les
attentats du 11 septembre, la politique internationale s'est penchée sur le
dossier "terrorisme". Les chefs des gouvernements ont décidé, d'un
commun accord, de lutter ensemble contre ce fléau. Mais encore faut-il savoir
contre qui lutter !
Les attentats
du WTC, de Dar Es Salam et de Nairobi ont mis en
évidence le terrorisme fondamentaliste islamique par la voix d'Oussama Ben Laden, dont les
revendications sont identiques à celles des Frères Musulmans, eux-mêmes à
l'origine des groupes terroristes les plus violents dans le monde. De même, en
lisant la Charte du Hamas, on retrouve une partie des revendications d'Oussama Ben Laden.
A la lecture
de leurs textes de référence, nous sommes, aux yeux des fanatiques
fondamentalistes, "des non croyants, des impies, des mécréants", et
nous éliminer est une bonne chose, l'objectif avoué étant l'expansion de
l'Islam (un Islam revu et corrigé) sur toute la planète.
Les Groupes Terroristes
La plus
grande partie des groupes terroristes fondamentalistes qui défrayent la
chronique à ce jour sont issus ou "s'inspirent" des Frères Musulmans
(voir organigramme, ci-après). Ils sont nombreux et disséminés dans le monde : en
Iran, en Irak, au Koweït, en Arabie Saoudite, en Égypte, dans la bande de Gaza,
au Liban, en Syrie, au Soudan, au Yémen, au Pakistan, en Afghanistan, en
Tchétchénie, en Yougoslavie, au Kosovo, en Albanie, en Libye, en Algérie, etc.
Historique et filiations fondamentalistes :


Factions du Djihad Islamique. - Bataillon Al-Aksa
: Quartier général implanté en
Jordanie. - Djihad Islamique Irakien :
Mouvement terroriste chiite, présent et actif dans le sud de l'Irak, il serait parrainé et financé par les services
secrets iraniens, pour lutter contre le gouvernement irakien. - Djihad Islamique Libanais :
Quartier général implanté à Douris au Liban. - Escadron Djihad Islamique :
Faction du Djihad Islamique assimilée à l'organisation du Fatah . Quartier général implanté à Bagdad. (Irak) - Faction Cheikh Obeid
Al-Aziz Oda : QG
à Gaza. C'est une faction du Djihad qui a revendiqué des attentats à Gaza
et en Israël. Soutien : Iran et Syrie . - Faction Ahmed Mohana
: Quartier
général implanté en Syrie
Egypte.
Il est
important de comprendre qu'il n'y a pas d'accusation envers les Arabes musulmans,
car cet article traite du sujet des sectes islamistes et des groupes
terroristes. Pour faire un parallèle, il y a le Catholicisme et ses croyants,
et il y a l'Islam et ses croyants. Malheureusement, la religion peut être
détournée, et c'est ce qui sera démontré. La différence fondamentale réside
dans le fait qu'à ce jour, les sectes et les groupes terroristes qui sont au "hit parade" du terrorisme et de
l'actualité sont issus des détournements de l'Islam.
Mais
supposons que des mouvances Catholiques intégristes en viennent à pratiquer des
attentats dans le monde, en Europe et en France, avec des revendications
messianiques et identiques à celle de Ben Laden ou
des autres groupes terroristes fondamentalistes, que se passerait-il ?
Légitimerions-nous
de tels actes ?
Accepterions-nous
que les civils, femmes, enfants ou tout autre individu ennemi soit éliminé par
et grâce à de telles revendications ?
Je ne crois
pas, mais il est vrai qu’à notre époque rien n’est moins sûr...
Le plus
troublant est qu’aucun musulman (ou seul un petit nombre) ne s’oppose à ces
revendications islamistes.
Aucune
personnalité du monde musulman ne les condamne avec force, au point qu’il
puisse y avoir une opposition.
Au contraire.
Dans la presse française, par exemple dans Le Monde, Le
Figaro, Le Nouvel Observateur et Marianne, les prises
de position ne sont même plus cachées ; ce qui favorise, comme évoqué plus
haut, le port du foulard islamique, mais aussi la création d’une école
coranique, ainsi que la possibilité, pour les extrémistes, d’obtenir une
tribune et un public pour les écouter, au point qu’ils peuvent être considérés
comme des interlocuteurs «classiques» (voir le parcours du combattant qui a été
nécessaire pour gouvernement français accepte de mettre le Hamas au rang de
groupe terroriste)… le monde à l’envers.
Quiconque lit
les articles provenant de ces journaux s’apercevra très vite de la partialité
avec laquelle ils traitent du conflit israélo-arabe est traité, ainsi que de
leurs prises de position pro-palestiniennes.
Dans le
journal Le Monde daté du 16 juillet
2003, on peut lire : «La libération des prisonniers palestiniens
est une mesure centrale de la feuille de route».
Ce journal
est connu pour sa partialité, surtout dans le conflit israélo-arabe, mais écrire,
noir sur blanc, que la libération des prisonniers palestiniens est une mesure
centrale de la feuille de route relève tout simplement du mensonge (voir le
texte officiel de ce document sur différents sites du Départements d’Etat américain). C’est une calomnie qui induit une
diffamation d’Israël et nuit gravement à l’image des Israéliens.
Face à toutes
ces personnes qui croient s’informer honnêtement en lisant ce journal, il
devient de ce fait extrêmement difficile de contredire cette information, car
après tout, qui sommes-nous pour avoir de meilleures informations que ceux qui
sont censés nous les transmettre ?
Il est
pourtant assez aisé de réaliser à quel point les Français sont manipulés.
A l’heure
d’Internet, il est facile d’accéder à des sites traitant de l’information en
général et de l’actualité internationale en particulier. Du fait que le conflit
israélo-arabe tient une grande place
dans les colonnes des dits journaux (papier et télévisés), il est flagrant de
constater la désinformation quasi systématique par omission pratiquée par l’AFP,
Reuters, et les autres journaux cités plus haut, qui collectent les informations
brutes pour ensuite les intégrer dans des analyses journalistiques personnelles
et engagées de rédacteurs qui n’auront pas pris soin de vérifier l’information
et la source d’où elle provient. Cela leur permet d’affirmer, par exemple,
d’après l’autorité Palestinienne et les sources hospitalières palestiniennes,
que l’armée israélienne (Tsahal) est entrée dans Gaza
et a tué une femme et son enfant. Pas de chronologie des faits (l’armée est
entrée à Gaza après que des terroristes aient tué des Israéliens en Israël),
pas de détails sur les circonstances des décès, mais surtout l’information est
impossible à vérifier, car on ne peut voir les familles des «victimes» palestiniennes,
ne serait-ce que pour les interviewer.
Donc, pas de noms, pas de circonstances,
pas de chronologie… Rien. Comme si, à 13 heures en France, David Pujadas nous indiquait que des policiers avaient tué une
femme qui se promenait dans la rue. Il omettrait juste de nous dire que les
policiers sont intervenus après un braquage de banque et qu’effectivement une
passante a été tuée dans un échange de tirs entre eux et les malfaiteurs. Il
est aussi très difficile de préciser l’origine de la balle qui aura tué cette
passante, mais néanmoins les journalistes français ne prendront pas la
précaution d’attendre l’autopsie et d’accorder le bénéfice du doute aux
policiers (qui, rappelons-le, sont là pour protéger et non pour assassiner), le
temps d’une enquête ou d’une autopsie. Dans le cas du conflit entre Israéliens
et Palestiniens, c’est pire encore, car, Tsahal est systématiquement
montré d’un doigt accusateur.
Pourtant, chez nous en France, comme en
Europe, quiconque a eu une expérience militaire sait et se souvient de la
manière dont on fait une approche tactique en milieu urbain
En ce qui me concerne, j’ai de
l’expérience en matière militaire, mais je ne connais pas une armée au monde
faisant preuve d’autant de retenue. Je ne connais pas une armée au monde
choisissant d’exposer au danger ses soldats, plutôt que de risquer des vies
humaines palestiniennes.
Petit exemple.
L’armée française, en République
Démocratique du Congo, lors de l’opération Artémis, a été prise à partie par
des miliciens armés qui ont ouvert le feu sur elle. Les miliciens étaient
disséminés parmi des civils (dont des femmes). Les militaires français ont dû, pour
se protéger, riposter à l’arme légère ainsi qu’avec de l’artillerie, ce qui a
fait des victimes dans les rangs des miliciens et chez les civils. L’Etat-Major français sur place a reconnu les faits, mais l’Etat français et ses militaires ont justifié cette riposte,
jugée légitime, alors qu’en République Démocratique du Congo il n’avait pas été
possible de chiffrer le nombre des victimes. Visiblement, en France, on n’en
fait pas un cas de conscience : on explique et on légitime.
Dans le conflit israélo-arabe,
subitement et spécifiquement, la considération de la légitime défense
n’intervient pas : on condamne.
Revenons à la progression tactique en
milieu urbain. Au préalable, elle nécessite l’étude des lieux sur carte, que ce
soit pour pénétrer dans un quartier ou dans une maison. La progression tactique
se fait avec prudence, car la première chose que l’on apprend, à l’armée, est
de rester en vie : un militaire mort ou blessé ne sert plus à rien.
Logique, me direz-vous. Eh bien, pas tant que cela !
Alors que les militaires israéliens
tiennent à la vie et se protègent, lors de leurs déplacements en zone de guerre,
cherchant un abri pour se mettre à couvert (arbre, véhicule, angle de maison, etc.) les miliciens palestiniens n’ont pas cette «formation»
et au contraire, ils n’hésitent pas à s’exposer, car ils n’ont pas peur de
mourir et vivent dans le culte du martyre.
Précisons qu’il y a une grande
différence entre le tueur-kamikaze
qui n’a pas d’autre objectif que de mourir en tuant le maximum de personnes,
et le milicien, car ce dernier ne souhaite pas mourir, il souhaite d’abord
éliminer un maximum de Juifs, quitte à ce que, dans son contexte, il devienne
un martyr.
Je cite ce verset du Coran (Sourate
IV verset 76) :
"Que
ceux qui sacrifient la vie d'ici-bas à la vie future combattent dans la voie de
Dieu ; qu'ils succombent ou qu'ils soient vainqueurs, nous leur donnerons une
récompense généreuse".
C’est aussi en partie grâce à cette
méthode que le nombre de miliciens tués est plus élevé que le nombre de
militaires israéliens, ce qui ne fait qu’augmenter la perception, qu’a l’opinion
internationale, d’une injustice envers le peuple palestinien
Les lecteurs et téléspectateurs ne
raisonnent plus : ils ressentent !
Les Juifs et
les Israéliens sont jetés en pâture à la vindicte populaire, au point que des
synagogues ont brûlé, que des enfants ont dû changer d’établissement scolaire
en cours d’année, que des Juifs ont été agressés physiquement, que des
enseignants ne peuvent plus enseigner la Shoah en classe, sous peine d’être
considérés comme racistes et antisémites, pour non-respect des nations arabes
opprimées par les «anciennes victimes du nazisme devenues bourreaux», au point
qu’ont été brandies, dans les manifestations «pacifistes», des banderoles du
Hamas et des drapeaux palestiniens, tandis que des slogans antijuifs et antisionistes
étaient scandés sans contrainte.
La création
d’écoles coraniques, le port du foulard Islamique (hidjab), la liberté
d’expression du racisme antijuif, considéré comme politiquement correct, sont
autant de signes des changements intervenus dans l’échelle des valeurs humaines
et de celle de la République.
Aucun homme
politique français n’interroge les principales intéressées, dans l’affaire du
port du foulard Islamique, à savoir les femmes musulmanes ou arabes.
Elles
devraient être les premières et les seules à définir leur mode de vie dans leur
pays d’accueil, car se sont là les lois de la république.
Au lieu de cela,
ce sont les instances musulmanes fraîchement élues en France (UOIF) dominées
par la très grande influence des frères musulmans, qui perpétuent, en France,
ce qu’elles pouvaient vivre dans leur pays d’origine.
Les valeurs
et les lois de la république sont gravement remises en question.
Un peu de théologie ...
Pour
comprendre le fonctionnement et les raisons d'être des sectes et des groupes
terroristes, leurs revendications et leurs motivations, il est impératif de
faire un retour en arrière. Très loin en arrière.
Je
n'approfondirai pas ce sujet, qui plutôt historico-théologique,
mais un survol de l'histoire permettra peut-être au lecteur d'avoir une
meilleure approche des revendications religieuses des groupes terroristes qui
sévissent actuellement dans le monde.
Les plus
connus, dont certains ont été cités plus haut, sont ceux qui sont issus des
Frères Musulmans, eux-mêmes issus de l'idéologie de la secte des Assassins (Al Qaeda, La Hamas, le Fatah, Le Djihad Islamique, Al Djama'a al Islamiyya)
La preuve par la comparaison :
Sayyidna Hassan Bin Sabbah (1034 – 1124), fondateur de l'idéologie de la secte
des Assassins (voir organigramme), a déclaré : "Quand nous tuons un homme, nous en terrorisons cent mille", ou encore : "Il ne suffit pas d'exécuter et de terroriser, il faut aussi savoir
mourir, car si en tuant nous décourageons nos ennemis d'entreprendre quoi que
ce soit contre nous, en mourant de la façon la plus courageuse, nous forçons
l'admiration de la foule. Et de cette foule, des hommes sortiront pour se
joindre à nous". Les exécuteurs de la secte des assassins sont les Fidaï, mot arabe qui signifie "ceux qui se sacrifient, qui ont la foi",
connus à notre époque sous l'appellation
de "fedaiyin" pendant la guerre du Liban.
La secte des Assassins, comme la secte des Frères
Musulmans, ainsi que le Hamas et les autres groupes terroristes ont en commun
cette origine, et c'est ce qui leur donne cette capacité de sacrifice. Ainsi,
rien ne sera placé au-dessus des règles édictées par le fondateur, pas même les
valeurs familiales. Ainsi, ce dernier n'hésita pas à ordonner le jugement et la
décapitation de son propre fils, Hussein qui fut découvert en état d'ébriété,
alors que l'alcool était interdit (au même titre que la musique et les
loisirs), et celle de son second fils Moh'd, accusé
d'un crime qu'il n'avait pas commis, et à l’on trancha également la tête.
Souvenons-nous, on retrouve cette attitude
fanatique chez ces 'Etudiants en Théologie' du nom de "Taliban" (taleb), qui avaient envahi l'Afghanistan pour y instaurer un ordre et une
discipline qui ressemblent beaucoup à la doctrine de Hassan Sabbah,
à ce qu’il semble.
L'esprit de martyre et de sacrifice est tel, qu'une
fois l'assassinat réalisé, leurs auteurs ne cherchaient même pas à fuir, ils se
laissaient attraper pour être lynchés par les gardes ou la foule, avec la joie
de rencontrer Dieu prochainement.
Cette aptitude au sacrifice vient des
interprétations "personnelles" du Coran. Il n'est pas possible, dans
le cadre de cet article, de remonter jusqu'aux origines des différentes sectes
qui ont marqué l'histoire de l'Islam, mais celles-ci furent nombreuses à se
disputer l'authenticité de l’interprétation du Coran.
Attardons-nous
sur la Charte du Hamas qui, comme mentionné quelques lignes plus haut, est
issue de la secte des Frères Musulmans. En voici quelques lignes:
ARTICLE DEUX
Le Mouvement de la Résistance Islamique
est l'une des ailes des Frères Musulmans en Palestine. L'organisation des
Frères Musulmans est un mouvement
universel qui forme le plus vaste mouvement islamique de notre temps.
ARTICLE SEPT
Le Prophète - qu'Allah le bénisse !
- a dit : "Le Jour du Jugement dernier ne viendra pas avant que les
musulmans ne combattent les juifs, quand les juifs se cacheront derrière les
rochers et les arbres. Les rochers et les arbres diront, ô Musulmans, ô serviteur
d’Allah, il y a un juif derrière moi, viens le tuer. Seul l'arbre du Gharkad ne le dira pas, parce que c'est un arbre des juifs"
(rapporté par Boukhari et Moslem
[autorités traditionnelles en matière d’interprétation coranique).
ARTICLE HUIT
Allah est son but, le prophète son
modèle, le djihad sa route et la mort pour la cause d'Allah, son plus haut
souhait.
ARTICLE TREIZE
Les initiatives et les prétendues
solutions de paix et conférences internationales sont en contradiction avec les
principes de la Résistance Islamique.
Il n'existe pas de solution à la
question palestinienne, excepté le djihad. Les initiatives, les propositions et
les conférences internationales sont une perte de temps et des tentatives
vaines. Le peuple palestinien refuse d'accepter que son avenir, ses droits, et
son destin soient l'objet de spéculations. Comme il est écrit dans l'honorable
Hadith [tradition]: "Le peuple de Syrie constitue le fouet d'Allah sur la
terre. Il se venge par leur intermédiaire de qui Il veut parmi Ses fidèles. Il
est interdit aux hypocrites parmi eux de vaincre le véritable croyant, et ils
mourront dans l'angoisse et la douleur".
Nous
avons là une vision des objectifs des sectes issues des Frères Musulmans…
Passons maintenant à
l'interprétation
Certains versets du Coran peuvent être
traduits de différentes façons.
Par exemple : Coran, Sourate IV verset
76 :
"Que
ceux qui sacrifient la vie d'ici-bas à la vie future combattent dans la voie de
Dieu ; qu'ils succombent ou qu'ils soient vainqueurs, nous leur donnerons une
récompense généreuse".
Ainsi, un kamikaze
se verra offrir 72 vierges au Paradis et aura sa place à la droite de Dieu, et
la famille du kamikaze bénéficiera d’une 'prime' de plusieurs milliers de
dollars (!) offerts par l'organisation terroriste d'où provient le kamikaze,
mais aussi [avant sa défaite] par le dictateur de Bagdad, Sadam
Hussein.
Dans sa
méthode d'endoctrinement et de manipulation psychologique des futurs candidats
au suicide, le Hamas, fait réciter des versets du Coran avec, bien évidemment,
une interprétation très personnelle du
verset cité ci-dessus.
Les sectes ne font pas seulement croire
que les croyants sont victimes du sionisme,
pour ce qui est de la Palestine, elles motivent aussi les attentats-suicide
à l'étranger (Sri Lanka, Afghanistan, Pakistan, ou
encore en Tchétchénie) pour influencer et convertir le monde à leur image.
En raison du
traitement de l'information par certains médias, la population croit comprendre
le message des terroristes au Proche-Orient comme un message de libération. Mais
qu'en est-il des autres pays ? L'attentat-suicide au
Pakistan visait bien des Français, et non
des Juifs ni des Américains ! En fait, les Chartes des mouvements
terroristes font un devoir de chasser
des terres saintes les "non croyants" (quels qu'ils soient), afin de
convertir le monde à l'Islam le plus dur, dans lequel la Charia [loi
religieuse] dictera les lois.
Considérons
également les revendications d'Oussama Ben Laden : chasser des terres saintes les non croyants (il
fait allusion aux Occidentaux), punir les mécréants (ceux qui accueillent les Occidentaux)
et islamiser les peuples du monde, car, estime-t-il, notre mode de vie (à
l'occidentale) n'est pas bon. Il déclare : "Tuer des Américains et leurs
alliés (c'est-à-dire nous !), civils comme militaires, est le devoir de tout
musulman qui le peut, dans tous les pays où cela est possible" !
Selon les
Frères Musulmans, le Hamas et Oussama Ben Laden (pour ne citer qu'eux), les hommes sont, par
naissance, musulmans et par conséquent, des infidèles quand ils ne
reconnaissent pas "leur" religion. Comme il faut combattre les non-croyants
et les infidèles, il apparaît nettement que, tôt ou tard, les revendications
des fanatiques fondamentalistes seront dirigées contre nous, Occidentaux et Européens.
Prise en compte de cette
nouvelle menace dans la Protection des Personnes (protection rapprochée)
1) Evolution des Techniques Terroristes
L'avantage
considérable que possèdent les groupes terroristes, quels qu'ils soient, réside
dans la liberté d'action. En effet, cette liberté diminue au fur et à mesure de
l'instauration des règles et doctrines, que n’ont précisément pas les groupes
terroristes : moins il y a de règles,
plus les possibilités d'action augmentent.
C'est encore
là que se situe la différence fondamentale entre un militaire ou un policier et
un terroriste. Exemple : comme décor, nous prendrons une grande avenue
commerçante d'une grande capitale, et comme protagonistes, imaginons un
terroriste et un garde du corps. L'agent de protection rapprochée (APR) n'a pas
pris en compte les menaces terroristes avec les méthodes asymétriques.
C'est le début
d'après midi, il fait beau, l'avenue et les magasins sont bondés et le VIP
souhaite se rendre dans son restaurant habituel. La voiture blindée arrive à
hauteur du restaurant, l'APR sort du véhicule,
réalise une inspection visuelle à 360° et, à part une foule dense composée de
badauds, ne constate rien "d'anormal" dans le périmètre (en fait, il
cherche un terroriste).
La porte du
VIP s'ouvre à son tour, en sort un autre APR, ainsi qu'un troisième, de l'autre
côté de la voiture. Ce dernier fait le tour et se positionne de manière à faire "écran". Ensemble, ils
regardent aux alentours, une dernière fois, pour voir si un terroriste ne se
serait pas caché quelque part.
Le chef des
APR fait alors un signe à son collègue
qui ouvre la porte au VIP. Trois secondes passent et l'on voit enfin apparaître
le VIP, à la grande curiosité des passants, qui
s'arrêtent ou ralentissant pour découvrir qui est la star de la voiture.
Le restaurant n'est qu'à 15 mètres, la distance sera parcourue en quelques
instants. La portière se ferme derrière
le VIP. A ce moment-là, l'escorte se met en marche vers le restaurant. Le chef
des APR est devant l'équipe, celle-ci se situe à trois mètres derrière lui :
les deux APR sont chacun à un côté du VIP.
Le chef des
APR s'apprête à entrer le premier dans le restaurant, quand des claquements
retentissent derrière lui. Il n'a pas encore réalisé ce qui est en train de se
dérouler, qu'il voit déjà, devant lui, des gens, ainsi que ses collègues et le
VIP, s'écrouler net et lourdement, abattus à l'arme automatique par un tir en
rafale. Plusieurs personnes sont mortes, surtout des femmes, dans cette rue -
qui compte les plus beaux magasins de mode -, ainsi que des adolescents en
voyage touristique. Le temps passe, les corps sont ramassés, l'APR est choqué et il est interrogé par la police. Il ne
comprend pas, il déclarera : "on ne pouvait pas prévoir ça" !
En fait, aujourd'hui,
on peut tout envisager. L'attentat en Afghanistan contre Hamid
Karzaï offre un exemple de ce qu’il est possible de
faire avec une arme automatique. En effet, c'est la zone dans laquelle il se
trouvait qui a été sous le feu du terroriste et de son AK 47, blessant et tuant
plusieurs personnes dans la riposte. Le plus important c'est de prendre en
compte que tout est possible, et pas seulement en Afghanistan.
Nous avons là
un exemple réunissant une approche classique avec une tactique asymétrique.
L'APR s'est dit que son client ne risquait rien puisque la foule les protégeait
et qu'un tueur ou un terroriste ne prendrait pas le risque de tuer des
personnes non concernées (sous entendu innocentes !). Il sera conforté
dans cette impression par l'histoire du terrorisme français, avec, comme
exemple, le groupe "Action Directe", qui tua Georges Besse à l'arme
de poing et à bout portant (alors qu'il avait "une escorte") : aucune
personne extérieure n'avait été touchée .
Mais
l'histoire et l'actualité nous le montrent : refuser de voir l'évolution du
terrorisme, du terrorisme fondamentaliste et de ses orientations rendra la
surprise d'autant plus grande, et donnera une avance considérable aux
terroristes en matière d'initiative. A l'inverse, si la menace est prise au sérieux, les
recherches en matière de sécurité et de contre-mesures pourront alors avancer
considérablement, et nos services de sécurité
pourront, dès lors, fournir des formations afin de préparer les futurs
personnels de sécurité aux nouvelles menaces.
Pour une
équipe de protection des personnes, les menaces NBC (Nucléaire, Biologique ou
Chimique) ne sont pas un danger immédiat. (Je ne dis pas qu'il ne faut pas le
prendre compte !). Les risques d'utilisation de ces matériaux résident dans la
sécurité et la protection d'un territoire ; les contre-mesures concernent
essentiellement les services de sécurité des territoires (DST en France).
Les terroristes, même fondamentalistes, ne se
feront pas exploser au passage d'un convoi pour tuer une personne ou un groupe
de personnes avec une bombe radio active, chimique ou biologique, cela n'a pas
de sens, et encore moins d'intérêt. Puisque les terroristes s'en prendront
d'abord à des cibles symboliques plutôt qu'à des cibles stratégiques, les
services de sécurité privées en charge de la protection d'une ou des personnes
doivent surtout avoir à l'esprit que les méthodes ont évolué, que les
terroristes sont de plus en plus imprévisibles, et qu'ils sont désormais
capables de n'importe quel type d'action, pourvu que le résultat soit à la
hauteur de leurs espérances. La fin justifie les moyens !
Observons
donc cette évolution. Au commencement, il y eut les meurtres, au couteau ou à
l'arme de poing, pour éliminer une personnalité symbolique ou stratégique. Il y
eut ensuite la pose de bombes et les
explosions aveugles dans les magasins et les lieux publics, occasionnant des
dizaines de morts, uniquement symboliques, puisque c'était la population qui
était visée.
D'autre part,
les détournements d'avions ou de bateaux, avec la destruction comme seule
issue, furent longtemps à la mode chez les terroristes, mais sont de moins en
moins pratiqués, du fait que les systèmes de sécurité ont évolué et rendent
difficile ce genre "d'opération". Aujourd'hui, c'est l'attentat-suicide qui connaît son heure de gloire, car il
est motivé par des fondamentalistes ayant détourné la religion dans l'intérêt
du meurtre de masse.
2) Une prise de conscience
nécessaire
Les gardes du
corps doivent donc impérativement avoir à l'esprit que la menace ne viendra pas
forcément du haut d'un toit (sniper) ou d'une attaque à l'arme automatique dans
une embuscade à pied, ou en voiture. Il ne s'agit plus uniquement, à ce jour,
de chercher la bombe qui peut être dissimulée sous le châssis, sous le siège de
l'auto, dans une poubelle ou dans un colis. Le gilet pare-balles ne suffit plus
! Les Agents de Protection des personnes devront avoir connaissance et
conscience des nouvelles menaces.
Le
renseignement, qui a toujours été un facteur-clé, un paramètre incontournable,
est aujourd'hui davantage valorisé dans ce contexte. Les terroristes, comme
n'importe quel autre criminel, ont l'initiative de l'attentat, de sa
préparation et de son exécution. Mais avec l'attentat-suicide,
nouvelle arme qui ne demande pas
beaucoup de matériel ni de préparation, ils ont, en outre, un avantage
supplémentaire indéniable, qui rend d'autant plus ardue la tâche de l'APR.
3) Retour sur différents
types d'attaques terroristes
L'attaque au
couteau demande des techniques d'approche, acquises grâce à un entraînement
spécialisé : il faut passer les différents barrages de sécurité et être
suffisamment près de la cible pour sortir son arme (le couteau), et enfin
poignarder sa cible au dernier moment, car si le couteau est sorti trop tôt,
les gardes du corps s'en apercevront et riposteront immédiatement pour empêcher
l'attentat.
De même,
l'attaque à l'arme automatique demande la maîtrise de l'arme et des techniques
d'approche similaires à l'attaque au couteau, avec cet avantage que l'action
peut se faire d'un peu plus loin (quelques mètres), mais elle occasionne des
morts ou des blessés autres que la cible elle-même. En effet un tir d'arme
automatique lâchant une rafale en direction de la cible touche à coup sûr celle-ci, mais le tir
arrose aussi une zone dans laquelle évoluent des passants ou des agents de
protection, qui seront, ou peuvent être touchés. L'attaque est une attaque de
zone, avec tir de saturation de zone, attaque assez simple, car le tireur prend
peu de risques et se protège, mais terriblement efficace par la méthode.
Ce genre
d'attaques ne se fait pas avec une arme de poing, car la capacité de tir (nécessitant
le transport des munitions) et la cadence de tir ne sont
pas suffisantes pour garantir un résultat efficace. En effet, les tueurs
terroristes qui ne sont pas
fondamentalistes ne prennent pas le risque d'être touchés !
Prenons par
exemple le cas de l'ETA (Euskadi
Ta Askatasuna), groupe terroriste agissant en
Espagne. Un très grand nombre de personnalités politiques, d'officiers ou
d'officiers supérieurs ont été abattus
par l'ETA, de la manière la plus simple, à
l'arme de poing (calibre 9 para, ou 11.43). Les tueurs n'ont pas fait preuve
d'une méthode révolutionnaire, car ils se sont attaqués à des personnes n'ayant
pas de protection, ou si peu… ou tellement mauvaise.
Voici leur méthode :
- Choix d'une cible.
- Repérage de la cible
.
- Observation de la cible.
- Renseignement concernant la cible .
- Préparation de l'attentat.
- Test (pas systématique
).
- Action/ exécution.
Il s'agit, dès qu’on est en possession
des renseignements, d'adapter une méthode à la cible. Si cette dernière
bénéficie d'une protection importante, l'abandon peut être requis ; mais
si elle ne bénéficie d'aucune protection, ou d'une protection
"timide", la décision de l'attentat peut être votée. La cible est
alors observée, des lacunes sont trouvées dans sa protection, et si la faille
est visible, les terroristes s'en serviront.
La plupart
des personnalités espagnoles qui ont été abattues à l'arme de poing l'ont été à
bout portant, et n'avaient pas de garde du corps. Certaines en avaient un, mais
il s'agissait d'un policier affecté à la protection rapprochée de la dite
personnalité, et n'ayant aucune formation spécifique. C'est ainsi que de jeunes
policiers âgés d'une vingtaine d'années furent tués dans l'exercice de leur
fonction. Mais, au fait, quelle était leur fonction ?
L'ETA, les
FARC et d'autres groupes terroristes ne pratiquent pas l'attentat-suicide,
car si ces groupes possèdent et revendiquent une idéologie, celle-ci est
surtout sociale ou économique, et non pas religieuse, donc pas fanatisée. Les
FARC kidnappent, posent des bombes qui tuent en masse et détruisent les
symboles de l'Etat. L'ETA kidnappe, pose des bombes qui tuent en masse ou
individuellement, et détruit les symboles de l'Etat.
Ces gens
assassinent à l'explosif, à l'arme de poing, ou à l'arme automatique, et
pratiquent de plus en plus, au fur et à mesure de l'évolution des techniques
terroristes, les méthodes asymétriques et dissymétriques (ces deux notions
seront abordées plus loin). Ces méthodes, selon eux, leur permettent de tuer
des civils, des femmes et des enfants en revendiquant le droit de le faire.
Autre
exemple : au Proche Orient, où il y a un échantillonnage de toutes les
pratiques de guerre et techniques de guérilla, d'actions psychologique, de
harcèlement, d'asymétrie, de dissymétrie, etc., on trouve des groupes terroristes devenus
spécialistes du chaos, allant jusqu'à déterrer les morts des cimetières pour
les étaler devant les caméras des télévisions internationales, pour faire
croire à l'opinion publique internationale qu'il s'agit d'un massacre dû à Tsahal (l'armée israélienne), ou n'hésitant pas à envoyer
un milicien dans un marché bondé de civils, dont des femmes et des enfants
faisant leurs achats, pour tirer subitement sur des soldats passant à
proximité, en sachant que ceux-ci, pour se protéger, devront ouvrir le feu à
leur tour dans sa direction, faisant donc des victimes innocentes. David a
battu Goliath avec sa fronde, mais c'est David aujourd'hui qui utilise la force
de manière asymétrique et c'est ce qui fait de lui un "puissant".
L'introduction des méthodes
asymétriques
Les
techniques terroristes ont donc subi une évolution radicale pour accroître leur
efficacité. Nous sommes au temps des guerres de type "asymétrique" -
il faut comprendre par là qu'elles n'ont plus de caractère conventionnel : la
convention de Genève y est inexistante, de même que les droits de l'homme.
L'asymétrie
est ancienne, mais beaucoup la confondent avec la dissymétrie. La dissymétrie
peut s'expliquer comme caractérisant une force supérieure à une autre, une
force disproportionnée. Pour l'asymétrie c'est différent. En voici un exemple,
un peu brutal, certes, mais tellement concret : j'ai un ennui avec vous, je ne
vous aime pas, vous me gênez, je veux vous nuire, alors je m'en prends à votre
enfant ! C'est le moyen le plus sûr de vous atteindre. L’opération est
techniquement facile à réaliser, et elle demande peu de méthode et pas de
matériel particulier. Elle protège du danger de la riposte immédiate (un enfant
ne se défend pas ou si peu), et crée une torture inégalable dans la vie de ceux
qui seront atteints par le mal causé à l’enfant.
Les groupes
terroristes fondamentalistes musulmans disséminés un peu partout dans le monde
pratiquent avec virtuosité les méthodes asymétriques. Voici un exemple tiré d'une
zone de guerre, mais dont le principe peut s'exporter dans n'importe quelle
autre configuration. En Afghanistan, lorsque la coalition internationale a
commencé ses bombardements sur Kaboul, Kandahar et Mazâr
E Sharif, les Talibans ont installé leurs batteries anti-aériennes (AA) dans
des cours de maisons, des cours d'écoles, en fait partout où les enfants sont à
proximité, et surtout, systématiquement là où il y a aura le plus de pertes
humaines. Le choix d'installer les batteries AA dans ces lieux est délibéré :
il s'agit de faire en sorte qu'elles soient repérées par les avions radars de
la coalition, afin que ceux-ci transmettent les coordonnées aux avions de
combat, pour que, lorsqu’un missile aura atteint sa cible, ils puissent
diffuser à la télévision (toujours disponible pour montrer une horreur) une
maison, ou un quartier touchés par une bombe, avec tous les dégâts que cela
occasionne.
Dans la
mesure où les Talibans savaient pertinemment que leurs batteries AA seraient
tôt ou tard repérées, ils ont fait le choix de les placer là où le sacrifice
humain (dont ils sont responsables) les mettrait sur le devant de la scène, en
exacerbant les émotions de l'opinion publique internationale.
Au Proche-Orient,
les groupes terroristes font la même chose. Il ne s'agit pas seulement de se
référer aux attentats qui tuent des civils en masse, mais aussi à la tactique
des milices palestiniennes. Lorsqu'un tueur-kamikaze
se fait exploser avec sa bombe dans une ville israélienne, la réaction du
gouvernement israélien ne se fait pas attendre : bouclage des quartiers
palestiniens d'où est parti le kamikaze, à la recherche des complices et des
responsables des réseaux. Une fois le bouclage réalisé, la progression des
militaires peut se faire. Celle-ci sera fort logiquement contrée par des tirs
des miliciens qui ne tarderont pas à se servir du principe du "martyre"
pour infliger des pertes à l'ennemi, mais aussi et surtout pour sensibiliser
l'opinion publique internationale.
Référons-nous
à un conflit pas si éloigné de nous : la Seconde Guerre mondiale, avec, pour
occupant, l'armée allemande. Devant un ennemi supérieur en nombre, en
technologie, stratégiquement et tactiquement préparé à l'invasion, et devant la
débandade de l'armée française et l'impuissance des Français à réagir, si nous
appliquions la 'morale' [terroriste en vigueur au Proche-Orient], nous aurions
eu le droit d'abattre, de sang froid, et avec une légitimité reconnue, les
femmes allemandes, les enfants allemands et, de manière générale, tous les
Allemands [où qu’ils soient, du seul fait qu’ils appartiennent au peuple
envahisseur et occupant]. Cela n'a pas été le cas ! Les résistants s'en sont pris à l'armée d'occupation avec un
soutien logistique des pays libres, ce qui leur a permis de pratiquer le harcèlement
et de gagner quelques batailles.
Au Proche-Orient,
les choses ne se passent pas ainsi… Nous l'avons vu, les valeurs islamiques
vues par le djihâd des fondamentalistes sont bien différentes ! Avec la
"guerre sainte", le "djihad" (qui, en réalité, signifie
"effort"), le sacrifice, tel qu'il est enseigné dans certaines
mosquées, est un devoir du musulman. Contrairement aux Occidentaux, la guerre,
chez les musulmans, est issue du Coran. C'est le Coran qui fait office de
doctrine militaire à travers les sourates interprétées à tort et à travers,
mais surtout de la manière la plus radicale et violente qui soit. A telle
enseigne que, selon le Hamas ou Al Qaeda, tuer un non
croyant, un mécréant, qu'il soit homme, femme ou enfant, est une bonne chose pour l'Islam.
Démonstration utile pour la
compréhension
L’objectif étant la diabolisation de
l’ennemi, l’ennemi étant l’Israélien, le soldat
autant que le civil (enfant, femmes et hommes), il faut donc que l’Autorité Palestinienne trouve les arguments qui lui permettront
de pratiquer cette diabolisation.
Les chefs terroristes, et Yasser Arafat
à leur tête, se sont vite aperçus de l’impact qu’avait, sur l’opinion publique
internationale, le décès d’un enfant palestinien.
La cause palestinienne («l’occupation
israélienne») associée à l’enfant mort (nous verrons plus loin les
circonstances) a fait que, rapidement, l’indignation a supplanté le
raisonnement.
Les téléspectateurs et les lecteurs des
journaux n’ont pas supporté (et c’est normal) la vue d’un enfant mort, tué par Tsahal.
Il n’y a pas de «oui mais» à la suite de
cette explication. Le soldat à l’origine de la mort d’un enfant, d’une femme ou d’un civil tué est
profondément choqué.
Le soldat est responsable de la mort
d’un innocent et il le sait très bien puisqu’il doit vivre avec ce souvenir le
restant de ses jours, mais cette circonstance est fabriquée de toute pièce par
l’Autorité Palestinienne pour justement créer à la
chaîne ce type d’indignation.
Nous autres, Occidentaux et Européens,
empêcherions nos enfants d’aller voir la guerre.
Si, au coin de nos rues, il y avait des
échanges de tirs, notre réflexe serait de nous barricader et de mettre notre
famille à l’abri.
Les chefs terroristes Palestiniens, eux,
conseillent et recommandent à leurs militants, mais aussi à chaque Palestinien,
de faire leur devoir de Musulman ; et c’est ainsi que, dans les écoles des
territoires contrôlés par l’Autorité Palestinienne,
des livrets scolaires contenant une thématique d’incitation à la haine du Juif
ainsi qu’un appel au djihad et une apologie de ce dernier, sont distribués aux
enfants dès le plus bas âge.
Les enfants palestiniens ne sont ni
protégés physiquement contre les échanges de tirs entre les terroristes et les militaires
de Tsahal, ni protégés psychologiquement des
conséquences de l’éducation à la haine du Juif, qui restera en eux peut-être durant
toute leur existence.
Ils seront incapables de raisonnement, car
ni l’autorité palestinienne, ni les parents palestiniens (pas tous, mais
beaucoup) ne leur auront donné les moyens d’être autre chose qu’un fedaï.
En ce qui nous concerne, n’ayant pas
cette capacité d’accepter l’idée de voir nos enfants morts, nous nous efforcerions
de les garder en vie. Voilà notre réflexe.
«Nous tenons à la vie plus qu’à la
mort». Cette constatation a été émise par un extrémiste islamiste et diffusée,
lors d’un reportage sur M6, grâce à l’enquête de Mohamed Sifaoui.
Cette phrase correspond à toute
l’analyse de notre culture vue par les fondamentalistes, ce qui nous rend très
vulnérables.
L'armée (Tsahal) fait une incursion à Gaza pour détruire des
"usines" de fabrication d'explosifs ou d'armements divers. La
progression se fait en milieu urbain et donc dans une zone de guerre, les
échanges de tirs sont nombreux et inévitables.
Les milices palestiniennes
n'ayant pas l'initiative et réalisant que la progression des militaires se fait
de plus en plus précise et efficace, utiliseront l'asymétrie, non pas pour
gagner la bataille militaire, mais pour gagner la bataille médiatique.
Étant donné
que le conflit a lieu en zone urbaine, donc dans des zones d'habitations dans
lesquelles se trouvent retranchées des familles entières, les miliciens
n'hésiteront pas (sur ordre, ou sur initiative personnelle) à mettre en danger
la population locale ainsi que les membres de leur propre famille.
Par
comparaison, il s'agit de s'attarder sur les valeurs occidentales, et en
particulier sur l'intérêt que l'on porte aux vieillards, aux femmes et aux
enfants. Un militaire n'ouvrira pas le feu sur un civil non armé car sa
culture, sa formation, et l'entraînement qu'il a reçu, lui permettent
d'identifier une menace immédiate pour lui-même ou pour ses collègues.
Dans ce
contexte, il ne perçoit pas le danger quand une famille avance dans sa
direction, jusqu’à ce que, soudain, le père, sans s'écarter, sorte son fusil et
ouvre le feu en direction du soldat israélien. Celui-ci, pour sa survie (n'étant pas prêt à mourir
puisque n'étant pas fanatisé) ouvrira à son tour le feu (pour se protéger!) en
direction des tirs ennemi. Mais aussi, du même coup, en direction de la mère et des enfants
sacrifiés par le père. C'est dans des cas de figure de ce genre que meurent des
innocents palestiniens, au désespoir des soldats qui se sont défendus.
Cet exemple
est réel, les possibilités d'action en partant de ce principe sont infinies. La
conclusion médiatique et émotionnelle est simple : les soldats de Tsahal tuent des femmes et des enfants, ce qui donne le
droit aux miliciens et aux kamikazes de tuer des civils israéliens. On oublie
alors cette différence essentielle : les raisons fondamentales des décès
palestiniens ne sont pas de la responsabilité des militaires de Tsahal!
Voilà un exemple d'asymétrie.
Les groupes
terroristes fondamentalistes musulmans se spécialisent de plus en plus dans l’utilisation
de cette méthode. Les premiers à l’avoir fait ont sûrement été les Tigres
Libérateurs Tamouls de l'Eelam (LTTE), dont
"Blacks Tigers" tuèrent
des représentants du gouvernement de Colombo, au Sri Lanka.
Ces derniers ont pratiqué l'attentat-suicide et en ont
même été les initiateurs, à notre époque.
Alors que les
groupes terroristes fondamentalistes du Proche-Orient en sont encore à vouloir
tuer en masse, les Tigres du LTTE ont déjà compris l'intérêt stratégique que
comportait l'attaque-suicide envers une cible unique
(une personne) : le tueur-kamikaze fait exploser la
charge d'explosif, qu'il a dissimulée sur lui, au passage d'une personnalité
politique… Ce sont là des techniques qui s'exportent !
On aura
remarqué que j'ai régulièrement mis en parallèle les kamikazes sévissant au
Proche-Orient parmi les groupes terroristes les plus connus dans cette zone, et
les attentats-suicide en général, ceci pour démontrer que ils sont une seule et
même chose : de l'Afghanistan à la Bosnie en passant par la Tchétchénie, du
Hamas au Hezbollah jusqu'aux Blacks Tigers du
LTTE, les liens entre ces organisations
sont les mêmes : un entraînement similaire, un objectif similaire, des actions
identiques : l'asymétrie par l'attentat-suicide !
Le fait est
que ces organisations terroristes se servent de la pauvreté et des inégalités
sociales, dont sont victimes les populations, comme d’un vivier dans lequel
puiser des futurs candidats au martyre. Mais ces mêmes candidats ignorent
certains aspects de "leur" organisation, par exemple, que le Hezbollah
ou le Hamas ont pu percevoir respectivement 100 millions de dollars et 30
millions de dollars annuellement, qu’ils ont utilisés pour leurs opérations de
propagande, de financement d'actions sur le terrain et de construction de
mosquées, au lieu de les verser aux nécessiteux. Ils ignorent encore que Yasser
Arafat est la sixième fortune du monde (selon le magazine Forbes). S'ils le
savaient, sans doute le recrutement des futurs candidats au suicide aurait-il
moins de succès !
Il n'y a
aucune raison de croire que cela n'arrivera pas chez nous, en Europe, ou en
Occident. Il n'y a qu'à se souvenir du détournement de l'avion d'Air France, à
Alger, en 1994. Le groupe terroriste avait l'intention de lancer l'appareil sur
Paris (la tour Eiffel ?) ce qui aurait été une innovation, à l'époque, dans les
méthodes terroristes. Malheureusement ce furent les Américains qui ont eu la
primeur de ce type d'action.
Si, en France,
nous condamnions la légitime défense comme on le monde condamne aujourd’hui celle des Israéliens, nous
devrions condamner les gendarmes du GIGN pour avoir éliminé les preneurs
d’otages de l’airbus.
Il est nécessaire de comprendre qu'il ne
s'agit pas de se faire peur en imaginant des choses plus terribles les unes que
les autres. Mais, dès l'instant où l'on a compris que les terroristes
fondamentalistes islamistes ne reculeront devant rien pour satisfaire leurs
aspirations hégémoniques, il est impératif de s'adapter à cette réalité, de se
mettre à leur place et de se demander quelles sont les possibilités d'actions
terroristes, ce qu'il est possible de
faire, avec quoi, où, etc.
Conséquences…
Les analyses
de risques devront être considérées comme un facteur IN-CON-TOUR-NABLE, si ce
n'était pas déjà le cas. Les Agents de Protection des personnes doivent avoir à
l'esprit que, pour anticiper une action terroriste, ils doivent d'abord les
connaître et apprendre à connaître leur raisonnement. Il sera utile de revoir
les techniques de sécurisation d'un périmètre, de revoir les techniques de
déplacements à pieds, en voiture ou quel que soit le moyen, de systématiser les
contrôles d'accès avec des détecteurs moléculaires.
L'attaque
terroriste pourra avoir n'importe quel visage, n'importe quel aspect. Un
candidat ou une candidate au suicide [terroriste] ne ressemble pas (sauf
exception, et c'est ce qui permet de les arrêter) à un désespéré, nerveux, aux
yeux hagards. Au contraire, ce sont des gens terriblement sereins, qui
attendent de devoir appuyer sur le détonateur, comme une personne qui presse la
télécommande de la télévision.
Il n'est plus
possible d'envisager une attaque terroriste à l'avenir de la même manière
qu'avant car, comme l'exemple de Louxor l'a démontré, il importe peu aux
terroristes d’être reconnus. Ils ne cherchent pas à fuir. Ils veulent
simplement faire un maximum de victimes avant de mourir.
Partant de ce
constat, les systèmes de sécurité ainsi que les méthodes de protection ne sont
plus valables, puisqu'une personne candidate au suicide pourra, dès lors,
passer sans encombre au travers des détecteurs de métaux et s'exploser à
quelques mètres d'une cible, avec juste une charge explosive faite de poudre,
de billes de plomb ou de petits cailloux, selon la méthode des Blacks Tigers du LTTE du Sri Lanka. Elle
prendra tous les risques possibles, puisqu’elle n’a ni limite ni crainte, pas
même celle de la mort.
Enfin, à une
époque où les terroristes s'attaquent à des cibles symboliques autant qu'à des
cibles stratégiques, les Agents de Protection des personnes devront (ou devraient)
prendre conscience que se déplacer dans certains pays du Proche-Orient, du
Moyen-Orient, d'Asie ou des Philippines, en assumant la charge de la protection
d'une personnalité, exige la prise en compte de ce type de menace, et donc des
risques qu’elle comporte.
L'étude
approfondie du terrorisme fondamentaliste islamique démontre donc que les
enlèvements de touristes (comme, par
exemple, sur l'Île de Jolo) ainsi que leur assassinat
sont l'expression des projets hégémoniques du fondamentalisme islamique. Les
déplacements dans ces régions du monde nécessitent de la part des agents de
protection des personnes une étude de vulnérabilité et une analyse poussée du
risque encouru. L'audit de vulnérabilité est indispensable pour l'implantation
d'une usine (quel que soit le produit fabriqué), au même titre que l'expatriation
des personnels ainsi que leur hébergement. Mais le plus important, c’est la
prise en compte des menaces fondamentalistes, qui devra être intégrée dans
l'analyse de risque, car la menace et ses conséquences ne sont pas les mêmes selon
qu’il s'agit d'un enlèvement dû aux FARC [mouvement de libération nationale, ou
selon qu’on a affaire aux miliciens d'Abu Sayyaf [groupe terroriste fondamentaliste].
Comme on
l'aura remarqué, avec le terrorisme fondamentaliste islamique, l'issue est très
différente !
Charles-Emmanuel Guérin
Consultant / Officier de Sécurité
www.c-a-s-t.org