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Shimon Pérès, Eliane Ketterer
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15/03/08

Sur le site Un écho d’Israël



Shimon Pérès (Persqi, né en 1923), Premier ministre d’Israël dans le gouvernement d’union mis en place après les élections de 1984, puis durant plusieurs mois après l’assassinat de Rabin (novembre 1995).
Ministre des Affaires étrangères jusqu’en novembre 2002, dans le gouvernement d’union, sous la direction d’Ariel Sharon. Assuma également la charge de ministre de la Défense et des Affaires étrangères dans plusieurs gouvernements. Président du parti travailliste (Avodah) durant de nombreuses années. Fut un des architectes de l’accord d’Oslo pour lequel il reçut le prix Nobel de la paix. Il est élu neuvième président de l’Etat d’Israël. Pérès est considéré comme l’un des hommes d’Etat israéliens les plus estimés dans le monde.

Est né en 1923 à Wishniva en Biélorussie, d’une famille non pratiquante aisée. Son père était marchand de bois et sa mère, bibliothécaire et professeur de russe. Pérès monta en Israël en 1934. Il reçut son éducation aux écoles Belfor et Géula à Tel Aviv et au lycée agricole de Ben Shemen. Il étudia ensuite à l’université de New-York et à celle de Harvard. Il fut au nombre des fondateurs du groupe “Alumot”.

Entre 1941 et 1944, il fut secrétaire du mouvement de jeunesse travailliste (“Ha-No`ar ha`Oved”). Il se fit alors connaître des chefs du Yishuv et devint l’un des enfants choyés de David Ben Gourion. En 1947, il fut enrôlé dans les rangs de la “Haganah” et prit en charge l’organisation de la main d’oeuvre et l’obtention d’armes. En 1948, il fut nommé chef des services de l’armée de mer au ministère de la Défense, et se trouva en 1950 à la tête de la délégation du ministère de la Défense aux Etats Unis. En 1952, il revint en Israël, fut alors nommé adjoint du directeur général au ministère de la Défense et après une année, il fut lui-même directeur général de ce ministère. Au cours de sa fonction, il développa la centrale atomique de Dimona, s’occupa du développement de l’industrie aérienne et resserra les liens avec la France. En 1959, il fut nommé à l’Assemblée au titre du “Mapaï” et fut nommé adjoint du ministre de la Sécurité.

En 1965, il quitta le "Mapaï" afin de participer au nouveau parti de David Ben Gourion, le "Rafi" ("Reshimat Po’alé Israel", Liste des travailleurs en Israël). Pérès fut nommé secrétaire général du parti et fut à ce titre membre de l’Assemblée. En 1967, il se sépara de son chef politique, Ben Gourion, et fut membre actif de l’unification entre le “Rafi” et le “Mapaï”. Cette unification entraîna la création du parti travailliste.
Lors de la septième Knesset, Pérès assuma la charge de ministre de l’Intégration, de ministre des Transports et de la Communication, et de responsable du développement économique dans les territoires de Judée et de Samarie.

Lors de la huitième Knesset, il assuma la charge de ministre de l’information. En 1974, il remplaça Moshe Dayan à la fonction de ministre de la Défense dans le gouvernement de Golda Méir. Cette même année, à la suite de la démission de Méir, il se présenta contre Itzhak Rabin à la fonction de Premier ministre et fut défait sur une différence minime de voix. Ce fut le début de la rivalité amère et durable entre les deux hommes politiques. Dans son livre autobiographique “Chronique de service”, Rabin qualifia même Pérès d’“intrigant infatigable”.

Dans le gouvernement de Rabin, Pérès continua d’assumer la charge de ministre de la Défense jusqu’en 1977. En 1976, il participa à la décision de mise en place de “l’opération Entebbé” pour libérer les otages de l’avion d’Air France. En 1977, avec la démission de Rabbin à la suite de l’affaire des dollars de sa femme, il fut choisi comme président du parti travailliste, fonction qu’il conserva jusqu’en 1992.

Pérès conduisit le parti travailliste à l’échec aux élections de 1977 face au Likoud sous la direction de Menahem Begin, qui gagna pour la première fois aux élections à l’Assemblée. En 1981 également, comme chef du partie Maarakh, Pérès échoua lorsqu’il se présenta contre Begin. Après les élections de 1984, Pérès fut nommé Premier ministre dans le gouvernement d’union nationale, fonction qu’il remplit deux années jusqu’à la rotation avec Itzhak Shamir. C’est alors que Pérès fut à la tête du mouvement de retrait de Tsahal du Liban et de son repli dans la ceinture de sécurité. Il agit de concert avec le ministre des Finances d’alors, Itzhak Modaï, pour réduire l’inflation qui secouait toute l’économie israélienne.

En 1987, il conduisit des négociations avec le roi Hussein. Le but était de transmettre au roi Hussein le contrôle de la rive occidentale du Jourdain. Cependant, Itzhak Shamir, alors Premier ministre, rejeta d’emblée le résumé des pourparlers, qui furent connus sous le nom de “Document de Londres”.

En 1988, dans le second gouvernement d’union, Pérès remplit la fonction de vice-Premier ministre ainsi que celle de ministre des Finances. En 1990, il conduisit à l’aide des groupes parlementaires religieux le mouvement de vote de censure du gouvernement de Shamir. Mais le mouvement pour la création d’un gouvernement de remplacement, connu sous le nom de “l’exercice puant” (15.3.90) échoua et Pérès fut obligé de démissionner du gouvernement d’union nationale. A la suite de cet événement, le parti travailliste revint dans les bancs de l’opposition.

A l’occasion des élections de 1992, le parti travailliste choisit Itzhak Rabin comme président du parti. Après la victoire aux élections, Pérès fut nommé ministre des Affaires étrangères et dans cette fonction, il agit pour établir des contacts avec l’O.L.P. en vue d’obtenir l’accord d’Oslo. A la même époque il participa à la conclusion de l’accord de paix avec la Jordanie. A cause des résultats acquis en vue de la paix, Pérès obtint le prix Nobel de la Paix le 12 décembre 1994, en même temps que Itzhak Rabin et Yasser Arafat. Malgré la confrontation permanente entre Pérès et Rabin, les deux dirigeants réussirent à dépasser les difficultés du passé et à travailler ensemble de façon féconde dans le gouvernement de Rabin.

Après l’assassinat de Yitzhak Rabin, Pérès accepta la fonction de Premier ministre, de ministre de la Défense et de ministre de l’Economie et de la Planification. En 1996, il se présenta de nouveau face au Likoud, cette fois-ci lors de l’élection au scrutin direct du Premier ministre, contre Binyamin Netanyahu, le leader du Likoud. Cette fois-ci encore Pérès échoua et passa aux bancs de l’opposition. En juin 1997, Pérès choisit de ne pas se présenter contre Ehud Barak aux élections à la fonction de président du parti travailliste. Ehud Barak fut élu et le remplaça dans sa fonction. Cette même année, il fonda le Centre Pérès pour la Paix, qui a pour but d’essayer de mettre en pratique la vision d’un “nouveau Proche-Orient”.

Malgré des relations tendues, Ehud Barak eut le souci de garantir la place de Pérès dans la liste “Israël uni” à la quinzième Knesset. Dans le gouvernement qu’Ehud Barak mit en place après les élections de 1999, il nomma Pérès à la fonction de ministre de la Coopération régionale.

En l’an 2000, Pérès se présenta au poste de Président de l’Etat, mais il perdit l’élection à l’Assemblée face à Moshe Katsav. En mars 2001, il fut nommé à la fonction de ministre des Affaires étrangères dans le premier gouvernement d’union nationale, mis en place sous la direction d’ Ariel Sharon. En juin 2003, Pérès fut élu président temporaire du parti travailliste après la démission d’Amram Mitzna et assuma la charge de chef de l’opposition après le retrait du parti travailliste du gouvernement.
En janvier 2005, avec la participation du parti travailliste au gouvernement de Sharon, il fut nommé à la fonction de vice-Premier ministre. Le 9 novembre 2005, il est battu par Amir Péretz lors des élections primaires au parti travailliste.

Le 30 novembre 2005, après 46 ans au parti travailliste, le leader historique décide de le quitter pour soutenir Ariel Sharon aux prochaines élections législatives. Il annonce également qu’il ne se présentera pas sur une liste électorale mais après l’hospitalisation de Sharon, il revient sur sa décision et décide de se présenter aux élections de la 17ème Knesset comme numéro deux du parti Kadima. Réélu député, il est nommé vice Premier ministre et ministre du développement de la Galilée et du Néguev dans le gouvernement d’Olmert.

Shimon Pérès est élu président de l’Etat le 13 juin 2007. Au second tour, les deux autres candidats, Colette Avital et Reuven Rivlin se retirent de la course et demandent aux députés de voter pour l’unique candidat. Il obtient 86 voix.

En dépit de ses fonctions et de ses nombreux succès, Pérès échoua à presque toutes les élections où il se présenta. Ses échecs lui valurent les années passant le titre d’"éternel perdant". Cette expression se reflète jusque dans un livre qui lui est consacré et qui porte le titre de "L’homme qui ne sait pas gagner".

Il a publié de nombreux livres, parmi lesquels "L’étape suivante" (1965), "Le journal d’Enntébé" (1991), "La fronde de David" (1970), et "Le Nouveau Moyen-Orient" (1993).
Il a épousé Sonia et est père de trois enfants.

© Un écho d’Israël

 

Mis en ligne le 15 mars 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org

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